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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 19:46

Force et faiblesses du premier pouvoir ouvrier

 

Par Victor Joannès – Cahiers du communisme du 100ème anniversaire de la Commune de Paris – 1871 - 1971

 

D’après les analyses de Marx, Engels et Lénine (L’Etat et la révolution)

 


En novembre 1831, les canuts lyonnais, agissant pour la première fois comme force autonome, sans que la bourgeoisie les impulse ou les dirige, se rendent maîtres de leur ville. Mais dépourvus d’idéologie comme d’organisation, ils sont incapables d’exploiter leur succès, et cèdent sans combat.

 

En juin 1848, les ouvriers parisiens, à qui on veut voler leur victoire de février, prennent les armes. Par une lutte héroïque, ils occupent la moitié de Paris, les barrières, une partie de la banlieue. En progrès sur les Lyonnais, ils savent ce qu’ils veulent : «  La République démocratique et sociale », dit une de leurs affiches. Mais n’ayant le soutien d’aucune fraction politique et manquant de l’indispensable organisation de base, ils seront écrasés après quatre jours de combats.

 

Tout change avec la Commune. Car elle met « pendant deux mois pour la première fois aux mains du prolétariat le pouvoir politique ». Et c’est là, sans conteste, le fait historique fondamental de l’expérience avortée mais glorieuse de la Commune de Paris, son premier et, à beaucoup d’égards, décisif apport au mouvement ouvrier. 

 

Lénine étudiant les problèmes qui se posaient pour la France, aux lendemains de la guerre contre l’Allemagne, écrit : « dans une période normale de l’histoire, une république démocratique bourgeoise aurait facilement résolu les problèmes énumérés plus haut. Mais quand la bourgeoisie s’y refuse, c’est le prolétariat qui résout ces mêmes problèmes violemment, par une révolution, et la Commune en était une ».

 

Relève si évidente, et qui parut si normale, qu’elle reçut l’accord actif, ou tacite, d’autres couches sociales : « la classe ouvrière fut reconnue ouvertement comme la seule capable d’initiative sociale. Elle fut reconnue comme telle même par l’exemple de la classe moyenne parisienne : les boutiquiers, les artisans, les commerçants, à l’exception des grands capitalistes. »

 

Mais dans le contexte d’une société bourgeoise, capitaliste, la classe ouvrière ne peut dominer politiquement, exercer le pouvoir sans avoir briser les chaînes qui l’attachent au capital, sans réaliser ce que Marx et Engels ont appelé la dictature du prolétariat. C’est précisément devant cette tâche que se trouve placée, dès le premier jour de son existence la Commune de Paris.

 

Un Etat de type nouveau.

 

Bien qu’elle n’est pu remplir cette tâche jusqu’au bout, la Commune entreprit la création d’institutions nouvelles, la création de l’instrument nécessaire pour combattre les forces de la réaction et s’opposer à la restauration de leur pouvoir. Elle créa un Etat de type nouveau, un Etat de classe, agissant au nom de la classe ouvrière et du peuple, pour la classe ouvrière et pour le peuple.

 

Quels étaient les traits principaux de cet Etat ? D’une part, il reposait sur l’arment du peuple substitué à l’armée de caste au service de la bourgeoisie. D’autre part, il remplaçait la haute bureaucratie policière et administrative de l’Etat bourgeois par un appareil démocratique, formé de fonctionnaires issus du peuple et rémunérés selon les mêmes normes que les autres travailleurs. Il instaurait une justice du peuple, faisant des magistrats et des juges des fonctionnaires responsables et révocables par lui. Il supprimait le parlementarisme formel de l’Etat bourgeois et le remplaçait par « des institutions où la liberté d’opinion et de discussion ne dégénère pas en duperie, car les parlementaires doivent travailler eux-mêmes, eux-mêmes appliquer leurs lois, eux-mêmes en vérifier les effets, eux-mêmes en répondre devant les électeurs ». La Commune, comme dit Marx, « devait être un corps agissant, exécutif et législatif à la fois », un gouvernement « de serviteurs responsables de la société », par opposition à l’autorité de type ancien revendiquant une prééminence au dessus de la société elle-même.

 

Bien entendu, la forme politique originale de la Commune parisienne devait être étendue à toutes les villes et villages de France. L’ensemble des communes ainsi constitué aurait élu la délégation nationale siégeant à Paris, chaque délégué au pouvoir central étant également lié à ses électeurs par un mandat impératif et révocable par eux. « L’unité de la Nation ne devait pas être brisé, mais au contraire organisée par la constitution communale ; elle devait devenir une réalité par la destruction du pouvoir d’Etat qui prétendait être l’incarnation de cette unité, mais voulait être indépendant de la Nation même, et supérieur à elle, alors qu’il n’en était qu’une excroissance parasitaire. »

 

Un Etat de ce type n’était plus, ne pouvait plus être l’instrument de domination d’une minorité d’exploiteurs sur l’ensemble de la société. La Commune en remplaçant un ensemble d’institutions par d’autres foncièrement différentes, n’établissait pas simplement une démocratie plus complète, elle innovait, accomplissait par là même une œuvre gigantesque. Comme le souligne Lénine dans « l’Etat et la révolution » : « c’est là justement un cas de « transformation de la quantité en qualité » : réalisée de cette façon, aussi pleinement et aussi méthodiquement qu’il est possible de le concevoir, la démocratie, de bourgeoise, devient prolétarienne ; d’Etat (= pouvoir spécial destiné à mater une classe déterminée), elle se transforme en quelque chose qui n’est plus, à proprement parler, un Etat ».

 

Ce caractère démocratique nouveau, supérieur, de la Commune s’est aussi exprimé dans la façon dont s’exerça le pouvoir. En effet, dans la mesure où la guerre civile lui en laissa le loisir, la Commune essaya de faire participer les grandes mesures populaires à l’administration et d’établir une liaison constante avec elles. Elle favorisa une vie politique intense dans les sections de l’Association internationale des travailleurs, dans les clubs, dans les réunions publiques, dans la presse largement ouverte à la critique de ses actes. Elle fit appel à l’initiative d’en bas, par exemple quand elle demanda aux commerçants et aux comptables d’élaborer eux-mêmes une solution pour le problème des échéances d’effets.

 

La part décisive de la classe ouvrière.

 

Pouvoir ouvrier par le caractère des institutions politiques qu’elle mit en place, la Commune le fut aussi par les forces qui la soutinrent, s’efforcèrent de soutenir ses réalisations et combattirent pour elle jusqu’au dernier moment, par l’indiscutable participation numérique des forces prolétariennes à toutes les actions qu’elle put entreprendre. Ainsi, le comité central qui déjoua la provocation versaillaise du 18 mars et libéra Paris, était de composition spécifiquement ouvrière. Jules Vallès le constate dès le 19 mars, et s’en étonne d’ailleurs : « je n’en connais aucun… aujourd’hui une demi-douzaine de garçons à gros souliers avec un képi à filet de laine, sans une épaulette, ni une dragonne, sont, sous ce plafond à cartouches fleuries, le gouvernement. Cette présence des « garçons à gros souliers » et qui vont gérer les affaires en attendant de les transmettre au conseil de la Commune atteste, concrètement, de la maturité des forces ouvrières.

 

En atteste également le fait que les élections de la Commune du 26 mars, faites au suffrage universel et direct, firent entrer dans ce conseil 25 ouvriers sur un total de 80 membres. Cette proportion, jusqu’alors jamais atteinte, déjà remarquable en elle-même, l’est davantage encore si l’on constate qu’il s’agit d’hommes éprouvés ayant joué un rôle actif dans les groupements ouvriers, et notamment dans les Chambres syndicales et dans la section française de l’Internationale.

 

Sans doute, dans le Conseil de la Commune, la majorité n’était pas ouvrière, et cela se verra par la suite de façon très regrettable. Mais ce sont les ouvriers qui dans ce conseil seront les plus efficaces, les plus réalistes, les plus désintéressés. Ce sont des ouvriers : Camélinat, Theisz, Combatz (pour ne citer que les plus connus) qui remirent sur pieds les services municipaux désorganisés par le sabotage systématique de Versailles et les firent fonctionner. C’est l’ouvrier bijoutier Leo Fränkel qui, délégué au Travail et à l’Echange, mit sur pieds le programme social de la Commune, et qui, en dépit de la brièveté du temps imparti commença à le réaliser. C’est l’ouvrier relieur Eugène Varlin qui, à la Commission des finances d’abord puis à partir du 21 avril à la Commission des substances, assuma pour une large part l’organisation matérielle de la ville et de l’armée.

 

Et c’est dans la classe ouvrière que se recrutèrent presqu’exclusivement les forces de la Commune. En  témoignent tragiquement les pertes subies aussi bien au cours des engagements avec les Versaillais et lors de la Semaine sanglante qu’avec la répression qui suivit la défaite. « On évalue à 100.000 le nombre des ouvriers qui, tués, prisonniers, ou en fuite, manquent à Paris en 1871. Cela représente le quart de la population ouvrière masculine. L’analyse de la composition socio-professionnelle des Parisiens arrêtés nous conduit aux mêmes conclusions. Sur un total de 34.722 personnes incarcérées, 5.873 seulement appartinnent à des catégories non ouvrières : petits commerçants, employés (et encore que de petits employés très proches très ouvriers !), professions libérales, rentiers, négociants ».

 

C’est cette prédominance ouvrière dans la masse des insurgés, c’est cette aptitudes des militants ouvriers à prendre en main les affaires de l’Etat et à les analiyser avec lucidité, à s’efforcer de la résoudre correctement, malgré beaucoup d’hésitations et de fauisses manœuvres, sur lesquelles nous reviendrons, qui donne à la Commune son sens de mutation historique, encore précoce et peu durable, mais pourtant décisif. On comprend que Marx analysant ce fait absolument nouveau ait pu y voir « un gouvernement de la classe ouvrière, le résultat de la lutte des producteurs contre la classe des appropriateurs, la forme politique enfin trouvée qui permettait de réaliser l’émancipation économique du travail ». Et on comprend aussi qu’Engels ait pu écrire que la Commune ait été le tombeau du vieux socialisme spécifiquement français, en même temps que le berceau du communisme international nouveau pour la France. » « A contrario, on comprend aussi que toute l’historiographie bourgeoise s’efforce encore aujourd’hui de masquer cette nouveauté, cette modernité de la Commune.

 

Des mesures sociales et démocratiques.

 

Certes, il est vrai qu’en raison du manque de temps et de l’obligation où elle s’est trouvée de se consacrer, presqu’exclusivement à sa défense, la Commune n’a pu qu’amorcer son œuvre dans le domaine économique et sociale. Mais ses décisions en cette matière soulignent, elles-aussi, son caractère prolétarien et démocratique. Leur simple énoncé suffit pour réfuter les affirmations grossières de l’historien américain Manson pour qui la Commune ne fut qu’un épisode dont « les origines sociales étaient vagues et les intentions sociales douteuses », ou celles de M. Laronce pour qui la Commune n’a été qu’un « parlement bourgeois à tendance radicale » ou encore celle de M. Rougerie qui soutient contre toute vérité que dans les documents de la Commune « il n’est nulle part question de supprimer le capitalisme » et cela quand Jules Vallès appelait dans le « Cri du peuple » à en finir pour toujours avec le salariat. Sans législation spéciale et compliquée, simplement par des actes, la Commune s’est attaquée au droit de propriété traditionnelle. Elle a décrété la remise aux associations ouvrières des entreprises immobilisées ou abandonnées par leurs propriétaires ; elle a aboli le système des amendes sur les salaires ; elle a supprimé les bureaux de placement qui étaient de véritables officines policières et confié aux bourses du travail le soin de procurer des emplois ; elle a supprimé le travail de nuit dans les boulangerie ; elle a fait remise aux locataires de leur terme du temps de guerre, tout en procédant par ailleurs à la réquisition pour le logement des sinistrés et des réfugiés.

 

Sur le plan religieux, la Commune a été très nette : liberté de conscience, pas de persécution religieuse. La religion est affaire privée et personnelle, d’où séparation de l’Etat et de l’Eglise.

 

Partant de cette donnée générale, la Commune a posé les principes d’un véritable enseignement laïque, gratuit et obligatoire, nullement vexatoire. Cet enseignement devait être débarrassé des entraves imposées par les gouvernements au service de la classe exploiteuse. « La totalité des établissements d’instruction furent ouverts au peuple gratuitement et, en même temps, débarrassés de toute ingérence de l’Eglise et de l’Etat. Ainsi, non seulement l’instruction était rendue accessible à tous, mais la science était libérée des fers dont les préjugés du pouvoir et de la classe gouvernementale l’avaient chargée ».

 

Le nom glorieux du délégué à l’enseignement, Edouard Vaillant, homme d’une rare culture, qui fut secondé dans sa tâche, par Elie Reclus, l’un des plus grands géographes de son temps, les noms du grand peintre Gustave Courbet, du journaliste et écrivain Jules Vallès suffisent à rappeler tout ce que la Commune a fait pour l’instruction publique, les sciences et les arts.

 

Ainsi donc la Commune a bien abordé concrètement les problèmes de la démocratie économique et sociale qui sont la base d’une véritable démocratie. Ajoutons que la Commune ne s’est nullement désintéressée du sort des couches moyennes. Elle a pris d’importantes mesures sociales en leur faveur. Par exemple, outre le moratoire des loyers, elle a décrété la remise du paiement des échéances, ce qui signifiait la suspension définitive des traites dont les échéances menaçaient les boutiquiers de faillite. Et ce ne fut certainement l’un des moindres mérites de la Commune aux yeux de la petite bourgeoisie artisanale et boutiquière qu’elle fut un modèle d’ordre public.

 

Comme le faisait remarquer un membre de la Commune, « on n’entendait plus parler d’assassinat, de vol, ni d’agression, à croire vraiment que la police avait entraîné à Versailles toute sa clientèle ».

 

Quant aux paysans, la Commune leur offrait de faire payer les frais de la guerre par ceux qui en étaient responsables ; un gouvernement à bon marché ; l’affranchissement de la tyrannie des représentants de l’Etat bourgeois, préfets, gendarmes, ainsi que des notaires, huissiers, avoués dont les charges seraient devenues celles de fonctionnaires responsables et révocables et comme à tous l’instruction gratuite de leurs enfants.

 

Malheureusement, on le sait, la Commune n’eut ni les moyens suffisants, ni surtout le temps, d’établir des liens étroits avec les larges masses paysannes, ce qui la priva du soutien actif de ces dernières.

 

Mais il reste que l’expérience de la Commune, ses efforts pour réaliser l’alliance avec les couches moyennes des villes, son brillant exemple d’union du travail et des hommes de culture, ses tentatives – même insuffisantes – de contact avec la paysans ont fourni des enseignement précieux sur l’alliance nécessaire de la classe ouvrière avec toutes les autres classes et couches de la nation exploitées par le Capital.

 

Il faut encore insister sur un autre aspect qui a donné à la Commune son caractère de gouvernement ouvrier et, par là national : son internationalisme, et qui fait l’objet de l’étude de Raoul Callas.

Contre le gouvernement de la bourgeoisie responsable de la capitulation et qui pactisait avec l’envahisseur pour écraser Paris, la Commune ouvrit les rangs des combattants de la cause nationale à des ouvriers et des patriotes étrangers qui avaient compris que la victoire de la Commune serait aussi leur victoire, la victoire de la démocratie véritable et de la liberté réelle.

 

Depuis la Commune, la grande bourgeoisie est devenue un élément permanent de trahison de la nation, parce que ses intérêts de classe sont en contradiction avec l’intérêt national. Par contre, la classe ouvrière et son avant-garde communiste sont devenues toujours plus le facteur déterminant de l’unité nationale. Comme l’avait montré la Commune : patriotisme et socialisme vont de pair !

 

Les points faibles du premier Etat ouvrier.

 

Etudiant les causes profondes de l’échec de la Commune, Lénine met en évidence deux données essentielles.

 

La première est le faible développement des forces productives dans la France de 1871, le fait que tout en étant un des principaux Etats capitalistes de ce temps, la France restait encore un pays d’artisans, de boutiquiers et de paysans. La concentration de l’industrie et donc de la classe ouvrière n’avait pas atteint un degré suffisant.

 

La deuxième est l’impréparation politique du prolétariat. Il manquait à la classe ouvrière un parti dirigeant armé d’une théorie révolutionnaire sans laquelle il n’y a pas, il ne peut y avoir, de véritable mouvement révolutionnaire. « Il n’existait pas de parti ouvrier : la classe ouvrière n’avait ni préparation ni long entraînement et dans sa masse elle n’avait même pas une idée très claire de ses tâches et des moyens de les réaliser. Il n’y avait ni sérieuse organisation politique du prolétariat, ni syndicat ou association coopérative de masse ».

 

Ce sont ces circonstances qui sont à l’origine des faiblesses de la Commune et expliquent les fautes qu’elle a commises, fautes qui l’ont conduite à la défaite.

 

L’erreur fatale du prolétariat parisien fut la proclamation de la république le 4 septembre 1870, de conserver des illusions sur le sentiment national de la bourgeoisie. Il n’était pas encore clair pour la classe ouvrière que la bourgeoisie avait achevé son rôle national, que désormais la sauvegarde de ses intérêts égoïstes de classe la dressait contre la nation, faisait d’elle l’instrument de la trahison nationale.

 

C’est en raison de ces mêmes illusions que la Commune ne mit pas à profit, dès le 18 mars, les bonnes dispositions des troupes pour marcher sur Versailles, et faire prisonnier le gouvernement. Marx a souligné le caractère irrémédiable de cette faute : « S’ils succombent, les communards, leur caractère bon garçon en sera cause. Il eût fallu marcher aussitôt sur Versailles après que Vinoy d’abord, et ensuite les éléments réactionnaires de la Garde nationale eurent laissé le champ libre. Par scrupule de conscience, on laissa passer le moment favorable. On ne voulut pas commencer la guerre civile, comme si ce méchant avorton de Thiers ne l’avait pas déjà commencé, en tentant de désarmer Paris ».

 

De même, l’auteur de « La guerre civile en France » signale que dans la lutte qu’elle fut ensuite obligée de mener la Commune resta généralement fidèle aux mêmes errements. Elle ne combattit pas avec la méthode et l’acharnement convenables la nuée de policiers, de provocateurs et d’espions que Thiers entretenait dans la capitale, faisant le plus souvent preuve, à l’égard de ceux qu’elle arrêtait, d’une magnanimité excessive.

Disposant du pouvoir, appuyé par Bismarck, Thiers put ainsi écraser la Commune qui avait été proclamée à Lyon Marseille, Narbonne et dans quelques autres grands centres industriels et isoler Paris de la province. Dans Paris même, avec les difficultés et la sauvagerie de la guerre menée par les Versaillais, la classe ouvrière se trouve également peu à peu isolée de la petite bourgeoisie qui l’avait soutenue au début de l’insurrection. L’alliance étroite, indispensable de la classe ouvrière avec les larges masses paysannes et les couches moyennes des villes que la la Commune avait tenté ne put s’effectuer.

Une autre faute mise en évidence par Marx consiste dans le respect excessif de la démocratie formelle, héritage comme tant d’autres choses des conceptions petites bourgeoises. La Commune ne tint pas suffisamment compte des conditions difficiles qui suivirent la révolution du 18 mars. « Deuxième faute, écrit Marx, le Comité central se démit trop tôt de ses fonctions pour faire place à la Commune. Encore par un trop grand scrupule d’honneur » !

 

Les mêmes scrupules se retrouvent dans certains aspects de la politique sociale de la Commune. Elle n’osa pas s’attaquer hardiment à la propriété capitaliste. On sait, par exemple, qu’elle s’abstint d’occuper la Banque de France et laissa à peu près intact le trésor national qui aurait pourtant constitué pour elle un énorme trésor de guerre. Engels observe à ce propos : « La banque aux mains de la Commune, cela valait mieux que 10.000 otages. Cela signifiait toute la bourgeoisie française faisant pression sur le gouvernement de Versailles pour conclure la paix avec la Commune ».

 

La Commune perdit aussi beaucoup de temps à des bagatelles, à des querelles personnelles, à des gestes inutiles et même maladroits comme la destruction de la colonne Vendôme ou de la maison de Thiers, place Saint-Georges.

 

Toutes ces indécisions, toutes ces erreurs de la Commune étaient la conséquence des conceptions confuses d’origine proudhonienne et blanquiste qui prédominaient dans le Conseil général, en même temps que du maque d’expérience. « Il va sans dire que la responsabilité des décrets économiques de la Commune, de leurs côtés glorieux ou peu glorieux, incombe en première ligne aux proudhoniens, comme incombe aux blanquistes celle de ses actes et de ses carences politiques ».

 

En outre, sinon chez les principaux dirigeants ouvriers, du moins dans les milieux ouvriers, les vues manquaient souvent de précision. Frankel dira bien le 23 avril 1871 : « nous sommes ici non pour défendre des questions de municipalité, mais pour faire des réformes sociales… Je n’ai accepté d’autre mandat que celui de défendre le prolétariat ». Il précisera le 12 mai : « Nous ne devons pas oublier que la révolution du 18 mars a été faite exclusivement par la classe ouvrière. Si nous ne faisons rien pour cette classe, nous qui avons pris pour principe l’égalité sociale, je ne vois pas la raison d’être de la Commune ».

 

Mais s’il définit aussi immédiatement et aussi clairement le but essentiel, c’est qu’il est marxiste ; et il est, sans doute, le seul.

Lénine a remarquablement résumé ce que furent les faiblesses de la Commune et leurs conséquences : « Deux fautes anéantirent les fruits d’une brillante victoire. Le prolétariat s’arrêta à mi-chemin : au lieu de procéder à « l’expropriation des expropriateurs », il se laissa entraîner par des rêves sur l’établissement d’une justice suprême dans le pays, uni par une tâche nationale commune ; des institutions comme les banques ne furent point saisies, la théorie proudhonienne du « juste échange », etc. régnait encore parmi les socialistes. La deuxième faute fut la trop grande magnanimité du prolétariat ; au lieu d’exterminer ses ennemis, il chercha à exercer une influence morale sur eux, il négligea l’importance des actions purement militaires dans la guerre civile et au lieu de couronner sa victoire à Paris par une offensive résolue sur Versailles, il donna à Versailles le temps de rassembler les forces ténébreuses et de se préparer à la Semaine sanglante de mai.

 

Malgré ses fautes et sa défaite, la Commune de Paris a constitué pour le mouvement ouvrier français et international la plus riche et la plus exaltante expérience jusqu’à la révolution victorieuse d’Octobre 1917.

 

Les réalisations concrètes de la Commune ont montré comment, selon l’expression de Lénine, « le prolétariat sait accomplir les tâches démocratiques que la bourgeoisie ne sait qu’énoncer ». Et ce sont les combats héroïques des communards qui ont rendu impossible en France la restauration de la monarchie et imposé la République, « c'est-à-dire cette forme d’organisation de l’Etat dans laquelle les rapports de classes se manifestent de la façon la moins dissimulée ».

Les leçons de la Commune, les Bolchéviks, sous la direction de Lénine, ont su les premiers les mettre à profit pour conduire à la victoire de la Révolution socialiste, à la création du premier Etat socialiste dans l’histoire.

Et cette intégration de la substance même de la Commune de 1871 dans le contenu de la grande Révolution d’octobre 1917 constitue en quelque sorte l’apport le plus décisif au mouvement ouvrier mondial.

Les communistes français, tous les partisans du socialisme dans notre pays ne sauraient perdre de vue les enseignements de cette première mais si riche expérience de pouvoir ouvrier qui se développa sur notre sol, dans notre capitale.

 

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 19:44


« Le philistin social-démocrate a été récemment saisi d'une terreur salutaire en entendant prononcer le mot de dictature du prolétariat. Eh bien, messieurs, voulez-vous savoir de quoi cette dictature a l'air ? Regardez la Commune de Paris. C'était la dictature du prolétariat. »
 
Londres, pour le 20ème anniversaire de la Commune, 18 mars 1891.
Friedrich Engels.
 
images.jpg Aujourd'hui le 18 mars 2011, 140 ans après, nous devons voir dans la Commune de Paris une première expérience, à célébrer parce qu’elle est toujours riche d’enseignements, de prise du pouvoir par les travailleurs.
 
L’occultation de cet épisode majeur des programmes d'histoire de première et de terminale n'est pas anodine. La Commune fait toujours peur aux tenants du pouvoir d’aujourd’hui comme aux possédants de 1871.
 
La Commune est toujours féconde à l’heure où, par millions, nous refusons la vie de misère, l’exploitation effrénée pour le compte du profit capitaliste. La jeunesse doit surtout ignorer ces combats héroïques et leur sens.
 
Car rien ne fait plus peur aux capitalistes qu'une jeunesse décidée à changer radicalement la société, à se saisir de leur pouvoir.
Le capitalisme d'il y a 140 ans et celui que nous connaissons aujourd'hui ont de commun de n’être ni amendables, ni réformables.
 
La Commune doit nous rappeler aujourd'hui que la lutte pour de nouveaux droits est indissociable d’une perspective révolutionnaire. Le crétinisme électoraliste, dans lesquels le système veut nous enfermer n’amènera rien.
La libération de notre société viendra des travailleurs. Nous avons besoin d’une stratégie et d’un parti révolutionnaire pour faire reculer et mettre en échec le capital et l’Etat qu’il a façonné à son service.
 
La mémoire de la Commune de Paris n’appartient pas aux réformistes « de gauche » qui gèrent loyalement les affaires du capital aujourd’hui. Elle n’appartient pas aux rejetons aventureux de la bourgeoisie en quête d’émotions « révolutionnaires ».
 
Elle appartient aux travailleurs, aux jeunes, aux travailleurs en formation, pour lesquels elle constitue plus que jamais un exemple à méditer pour leur combat émancipateur, pour leurs luttes quotidiennes, nos luttes.
 
Pour alimenter notre action quotidienne, nous vous proposons des morceaux choisis d'analyse de Marx, Engels et Lénine sur la Commune de Paris.
cliquer sur le lien :
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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 15:08

Canton de CASTELNAU DE MONTMIRAL

Canton de LISLE SUR TARN

Canton de SALVAGNIAC

 

110318_cantonales_bastides.jpgRASSEMBLER ET CONSTRUIRE A GAUCHE

 

Madame, Mademoiselle, Monsieur,

 

Les 20 et 27 mars vous êtes appelés à vous prononcer pour élire vos conseillers généraux, une élection qui revêt une importance toute particulière:

 

- Au plan local il s'agit de choisir des représentants «  au plus près du terrain » qui sont les interlocuteurs directs et disponibles pour aborder les problèmes de chacun.

En effet, les domaines de compétence du conseil général  sont multiples et déterminants pour la vie locale. Il intervient en matière:

D’action sociale/solidarité, d’aides aux personnes âgées, d’enfance, d’éducation (collèges), de culture, de logement, d’emploi...

Les choix  des élus à cette instance influent grandement sur le quotidien des habitants des cantons.

Ce vote est aussi un acte important où chacun et chacune pourra, par son bulletin, signifier son insatisfaction de la politique menée depuis des décennies et qui s'amplifie et s'accélère avec la politique ultralibérale menée par Sarkozy et son gouvernement.

 

Avec le vote pour les candidats présentés par le Parti communiste, vous pouvez choisir de battre la droite, de ne pas tomber dans le piège de l'abstention et du vote FN, mais surtout d'exiger et d'engager la construction d'une réelle alternative à gauche en mettant en œuvre immédiatement des choix solidaires et combatifs.

 

Le 27 mai 1943, dans une France occupée se tenait la première réunion du Conseil national de la Résistance. La petite poignée d'hommes rassemblés ce jour incarnait l'espérance, la fidélité, le courage, l'engagement. Les communistes en étaient.

Aujourd'hui avec le Parti communiste nous poursuivons le combat pour de nouvelles conquêtes sociales. Candidats présentés par le Parti communiste, si nous sommes élus, nous porterons ces valeurs.

 

Avec le désengagement de l'État sur sa mission fondamentale: La solidarité entre les personnes, les territoires, le gouvernement nous propose de revenir au temps où une minorité de régnants s'accaparait les richesses communes et où les pauvres devaient les remercier de bien vouloir leur jeter les « restes ».

Pour nous, candidats du Parti communiste français, les principes qui ont guidé la création de la Sécurité sociale en 1945 sont toujours d'actualité:

- Répondre solidairement aux besoins sociaux, sécuriser la vie.

- Financer la solidarité à partir de l'entreprise, lieu de création des richesses.

 

Le Conseil général est mis en position de ne plus faire face à ses prérogatives. Pour le seul département du Tarn, la dette cumulée de l’Etat atteint 83 millions d’euros. Il serait intenable de faire flamber les impôts locaux.

 

Dans le même temps, le budget départemental doit assumer le transfert de nouveaux personnels de l’Education nationale.

L'augmentation des chômeurs, des précaires, des personnes âgées dépendantes est massive.  

L’étranglement des ressources du département veut pousser à l’accaparement des services publics par le privé, à des coupes sombres dans les subventions aux associations, comme cela a déjà été mis en place plusieurs conseils généraux.

 

Ensemble, avec plus élus communistes au Conseil général, exigeons le remboursement de la dette de l'État !

Ensemble, nous avons la force d'imposer d'autre choix pour le canton, le département, mais aussi pour le pays, pour que l’Europe se construise autrement, pour un monde de paix de partage, de coopération.

 

Voilà toute l’importance de voter communiste, de voter pour des conseillers généraux communistes dans la majorité départementale !

 

Votez pour des candidats présentés par le Parti communiste français:

 

Yves RALLIERES, Pascale BIRCK

Danielle RALLIERES, Germain-Elie TRAPAS

Joël CASTEX, Nadine GARDIEN

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 13:47

Extrait de Six-fours.net - Actualité Ouest Var

 


 

 

Louis Cabras défend l'idée de justice sociale

Le candidat communiste du canton de Six-Fours distribuait des tracts dans la zone industrielle des Playes jeudi matin en compagnie d'autres candidats PC: J-P Meyer (canton d'Ollioules), Philippe Himber (Canton Toulon 2) et Anthony Civittini (Canton Nord de La Seyne).

louis-cabras-defend-l-idee-de-justice-sociale-1093-copie-1.jpgJeudi matin les candidats du parti communiste distribuaient le programme du parti communiste pour le département. On retrouvait Jean-Pierre Meyer et sa suppléante Nadine Nazzi (Canton d'Ollioules), Philippe Himber (Canton Toulon 2) et Anthony Civittini (Canton Nord de La Seyne).

Le candidat de Six-Fours a longtemps travaillé sur plusieurs postes au chantier naval de la Seyne avant d'enseigner dans des lycées techniques, terminant sa carrière à Langevin: "nous nous sommes d'ailleurs battus pour que ne ferment pas les sections techniques, la Région voulant à l'époque en faire un lycée général et dispatcher les filières techniques". 
Syndicaliste également, il est aujourd'hui à la retraite et a déjà mené plusieurs campagnes, des cantonales aux municipales de Six-Fours. Sa suppléante se nomme Denise Conte (retraitée de l'éducation nationale). Le candidat nous a expliqué: "je crains l'abstention, nous militons pour la proportionnelle intégrale, au moins tout le monde serait représenté". Il dénonce la politique du tout tourisme menée par le département: "il ne faut pas se leurrer : ce sont des emplois précaires. Ajoutez qu'à cela en 20 ans le département a fait disparaître 16.000 hectares de terres agricoles. Les jeunes agriculteurs n'ont plus de lieu où s'installer. Le constat est simple : il n'y a plus d'emploi il faut une vraie politique de réindustrialisation". Le candidat PC a milité toute sa vie pour plus de justice sociale et entend porter les idées du parti certainement pour une dernière fois: "il faut que la relève prenne le relais, et nous avons des jeunes, notamment à l'Arsenal, prêts à continuer le combat". Tout comme les autres candidats PC, il dénonce la réforme des collectivités territoriales, "un hold up du gouvernement et de l'UMP contre les populations et la démocratie".

Le programme du candidat


Louis Cabras souhaite élargir l'aide aux personnes âgées et l'allocation de solidarité aux personnes âgées à une plus large population ne répondant pas aux critères actuels. Actuellement ces aides sont réservées aux personnes dont les ressources n'excèdent pas 708,65€ pour une personne seule et 1157,46 pour un couple, "laissant à l'abandon de nombreuses personnes âgées". Concernant la santé, il dénonce le morcellement et le déplacement des services de l'hôpital Georges Sand de la Seyne vers Toulon, demandant "sur l'Ouest Var un plateau médical public complet". Concernant le logement, le candidat dénonce la politique de l'Etat: "la contribution nationale au financement du logement social passe de 630 millions en 2010 à 160 millions en 2011. Nous sommes opposés à ce grave désengagement de l'Etat qui remet en cause la gestion départementale du fond de solidarité pour le logement. 70% des Varois sont éligibles au logement social, la moyenne départementale du logement sociale est de 12%, à Six-Fours elle s'élève à 7% alors que la loi SRU impose un minimum de 20%". 
Enfin pour les transports, "nous souhaitons des minibus réservés aux transports à la demande hors des lignes régulières pour les personnes âgées ou à mobilité réduite....nous demandons la gratuité des transports réguliers pour les personnes non imposables, pour les scolaires au prorata des revenus familiaux, pour les chômeurs au prorata des indemnités de chômage...". En conclusion le candidat appelle à la mobilisation: "utilisez notre bulletin de vote dès le premier tour. il faut passer à l'offensive en élisant des conseillers généraux communistes qui sauront faire vivre la justice sociale"   

 

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 19:15

Dans la Haute-Saône, les communistes n'enferment pas le potentiel de rassemblement du vote communiste dans le "Front de gauche"

 

"IL FAUT D'AUTRES FORCES POLITIQUES" - Article paru dans l'Est Républicain du 28 février 2011

 

110317_Fredo.jpg

 

Certes parmi les sept candidats présentés par le PCF en Haute-Saône figure un homme estampillé Front de gauche (Gilles Lazar sur Héricourt Est). « Mais nous ne sommes pas dans une stratégie d’alliance », insiste Frédéric Bernabé, le n°1 du parti à la faucille dans le département, « car je trouve le Front de gauche trop réducteur en terme de rassemblement. En Haute-Saône comme ailleurs, cela n’existe pas en dehors de la personnalité de Mélanchon. »

Stratégie. « Ici, nous voulons rassembler bien plus largement, ce qui n’est pas valable ailleurs. En 2004, nous avions des candidats un peu partout. À Dampierre-sur-Salon, Champlitte, Faucogney ou Fresne-Saint-Mamès par exemple, mais c’était du parachutage, on faisait 1 %. Au niveau national, comme on avait des candidats partout, ça faisait des voix, mais aujourd’hui on n’a plus la force. On essaie désormais de présenter des candidats du cru ».

Politique. « On estime que la bipolarisation de la vie politique n’est pas une bonne chose, il faut que d’autres forces politiques reviennent dans les débats au sein des collectivités territoriales. La proportionnelle nous y aiderait, ce type de scrutin uninominal pénalise les petits partis ». Quant à l’impact du contexte national ? « Il est favorable à la gauche, ça fait 50 %, le reste c’est la personnalité du candidat. Mais il faut dire que c’est une élection bizarre en vue de la réforme des collectivités territoriales, on fait comme si de rien n’était. On va voter pour que les collectivités fonctionnent durant trois ans ». Démobilisateur comme discours, non ? « Oui, mais c’est également une façon de dire aux gens d’aller voter afin de scander qu’ils ne sont pas d’accord avec le projet de l’UMP qui mène une politique de destruction ».

Ambition. « Je perçois deux ouvertures pour le second tour : à Champagney où l’UMP n’est pas présente et notre candidat Roland Germain bien implanté, ainsi que Vesoul Ouest où les choses sont beaucoup plus ouvertes qu’auparavant. Je m’appuie sur nos résultats aux élections municipales de Vesoul dues à notre stratégie d’ouverture et sur le travail de terrain. »

Alliance. Pourquoi pas d’alliance avec la gauche départementale au 1 er tour ? « Chacun a envie de faire entendre sa voix. Pour une ou deux candidatures uniques communistes, il y en aurait douze socialistes ? Il faudrait que chacun s’y retrouve. Et on a des choses différentes à dire. Au 2e tour, on appellera à battre la droite ».

Divergences. « Il faudrait une politique du conseil général beaucoup plus volontariste sur l’emploi, notamment par rapport à l’emploi aidé. Beaucoup d’associations sont en difficulté, je prône plus d’interventionnisme en la matière. Je regrette qu’il n’y ait pas de maison de l’étudiant gérée par le conseil général. En matière de transports, tout est axé sur le TGV, si nous perdons la ligne 4, nous le paierons très cher ». Quant à l’autoroute ? « Si l’option de l’aménagement en 2x2 voies de la RN19 avait été prise, par plans Etat-Région successifs, on serait peut-être à Fayl-Billot. Voilà qui aurait mérité un débat. Quant à l’appauvrissement des départements, je reste persuadé qu’ils ont trop vite accepté des compétences nouvelles dont ils n’ont pas les moyens. La décentralisation, c’est une mise sous tutelle des collectivités. Je m’y oppose car on met les territoires en concurrence ».

Propos recueillis par Sébastien MICHAUX

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 18:28

Extrait des Dernières nouvelles d'Alsace.

 

Un candidat communiste à l’ancienne

110317_canto_hemmerle.jpgLes bons scores de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages et la visibilité médiatique du Front de Gauche laissent André Hemmerlé de marbre.

À 64 ans, le candidat PCFFG au Neuhof déplore les ravages de la « culture des ego » en politique. Et on sent que l’étiquette Front de gauche ne l’emballe pas plus que ça : elle n’apparaît d’ailleurs pas sur le tract qu’il nous remet.

Emploi, logement, formation

« Je suis avant tout un candidat communiste soutenu par le Front de gauche. Je reste sur les bases historiques et les valeurs du PCF : la défense des plus démunis et du monde du travail », martèle le militant syndical, devenu permanent à la CGT en 1977.

S’il n’a jamais délaissé l’idéal embrassé dans sa jeunesse, André Hemmerlé ne vient pas d’un milieu communiste. Son père, tailleur, et sa mère, femme au foyer, « ne parlaient pas trop politique à la maison ». Mais André estime « qu’en bons Alsaciens », ils devaient « voter MRP ».

Ils ont en tout cas eu l’ouverture d’esprit de ne pas décourager l’engagement d’André et de son frère cheminot à la CGT. André Hemmerlé a d’ailleurs fait une belle carrière syndicale, gravissant les échelons locaux avant d’occuper des fonctions au niveau national, puis au sein de structures multilatérales à Prague et Moscou. Un parcours qui ne l’a pas empêché, en 1992, de revenir habiter au Neuhof. Et de consacrer sa campagne aux questions « qui intéressent les gens : l’emploi, le logement, la formation ».

Côté emploi, le candidat propose notamment la création d’une commission départementale « contrôlant l’utilisation des subventions accordées aux entreprises » pour empêcher les délocalisations. En matière de logement, André Hemmerlé condamne les démolitions reconstructions qui repoussent toujours plus loin les populations les plus fragiles.

Le candidat invite les électeurs à dire, d’un bulletin, leur colère et leur révolte.

« Les gens que je croise lors des tractages ne croient plus ceux qui sont aux manettes. C’est même la première fois, depuis les années 60, que je sens un tel rejet de nos institutions et de notre président, avance André Hemmerlé. Ce n’est pas pour ça qu’ils vont voter pour nous. Mais je veux leur dire que l’idéologie haineuse de l’extrême droite ne sera jamais la solution à leurs problèmes. »

La suppléante d’André Hemmerlé, Michèle Bardot, enseignante retraitée, est une des figures du monde associatif neuhofois et un des membres actifs de l’Agate.

MANUEL PLANTIN

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 17:51

Elections cantonales : l’importance du vote communiste

  

Le 1er tour des élections cantonales aura lieu le 20 mars 2011. A Paris, nous ne votons pas puisque les Conseillers de Paris sont à la fois conseillers municipaux et généraux. Mais une partie des salariés travaillant dans le 15ème vote dans des cantons renouvelables de banlieue.


Nous les avons appelés à voter pour les candidats présentés ou soutenus par le PCF.

 

Tous les enjeux du scrutin soulignent l’importance du vote communiste.

 

Il est le moyen de confirmer le discrédit de la politique gouvernementale, après les luttes pour les retraites, de rejeter le consensus droite/PS sur les questions économiques principales.

 

Il est le moyen décisif de ne pas laisser le FN, dont le système fait la promotion de façon éhontée, détourner une partie de la colère populaire par sa démagogie sociale, dévoyer des positions fondamentales comme le rejet de l’UE du capital.

 

Le vote communiste est le moyen d’exprimer le refus du recul démocratique que représentent la réforme territoriale, inspirée par l’UE, et la disparition programmée des départements, éléments importants de l’égalité des territoires, notamment en matière de services publics et sociaux.

 

Il est le moyen, avec l’élection de conseillers communistes, de peser sur la gestion des conseils généraux, dont 58 sont tenus par la gauche, responsables notamment des collèges, de politiques sociales comme le RSA, l’Allocation personnalisée d’autonomie. Il porte par exemple le refus des subventions non obligatoires aux collèges privés, des aides au patronat dans une logique de concurrence entre territoires. La question de l’APA est particulièrement importante dans la perspective d’une nouvelle loi antisociale sur la « dépendance ».

 

Les candidats communistes portent le refus du hold-up sur les finances locales par le gouvernement qui ne compense pas financièrement les prérogatives décentralisées.

 

Les communistes ont toujours suivi une démarche de rassemblement à l’occasion des élections cantonales que le vote communiste a permis aussi de traduire.

 

Il sera temps, mais seulement après le vote, de mesurer combien la stratégie du « Front de gauche », forcée par la direction de notre parti, d’alliances étriquées avec surtout le Pg de Mélenchon, sur une ligne nationale de « gauche », aura pesé sur l’utilité du vote communiste.

 

Nous apportons notre plein soutien à nos camarades, qui partout en France, à l’occasion de cette campagne, font vivre et renforcent les organisations du PCF dont le peuple aura plus que jamais besoin.

 

RAPPEL: en 2008, aux élections portant sur l'autre moitié des cantons, les candidats présentés ou soutenus par le PCF ont obtenu 1,157 million de voix soit 8,9% des suffrages exprimés (35% d'abstention)

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 17:32
Canton d'Arras-Nord : le Parti communiste reprend la main en privilégiant la politique de proximité

jeudi 17.03.2011, 05:02  - La Voix du Nord - extrait du site de la section du PCF Arras, http://pcfarras.over-blog.com/ 


110317_canto_Arras.jpgRené Chevalier et Carole Pezron, candidats du PC, canton Arras Nord: «Les gens, surtout les jeunes, reviennent nous parler.»
| ARRAS NORD |

Sans faire de bruit, René Chevalier et Carole Pezron font de la politique au quotidien auprès de leurs concitoyens les moins gâtés par l'emploi, les salaires, les prêts bancaires, les logements indécents... ...

 

Ils sont, l'un candidat, l'autre suppléante, au poste de conseiller général pour le canton d'Arras Nord. Ce qui leur tient à coeur, « Ce n'est pas de monter les catégories sociales les unes contre les autres, mais d'apporter du mieux-être à tout le monde, ceux qui sont mal surtout », plaide avec fougue Carole Pezron, qui côtoie chaque jour des gens qui ont du mal à joindre les deux bouts et que « la droite continue de pressurer ». Les injustices, les inégalités, le manque d'équité, les expulsions, le Parti communiste ne les supportera jamais : « Que l'argent manque aux ménages d'ici parce que l'État ne paie pas sa dette aux départements auxquels il a transféré beaucoup de charges, c'est inadmissible », peste René Chevalier. Pour verser les revenus de solidarité active, de compensation du handicap ou l'aide aux personnes âgées, le département doit rogner sur les subventions aux associations, culturelles et sportives. Les assos, c'est le coeur de la démocratie ! » La réforme territoriale qui s'annonce ? « Elle va sabrer le pays.

Ce seront les intercommunalités qui seront les décideurs. Quel rôle restera-t-il aux maires ?, s'interroge le candidat. Une chose est sûre : le PC ne lâchera rien sur la dette de l'État », s'enflamme-t-il. Les fermetures d'usines, la privatisation de La Poste, la diminution des postes d'enseignants à la rentrée, la réforme des retraites imposée par un gouvernement sourd aux manifestations de masse sont autant de sujets qui hérissent le poil du PC.

« Être communiste, c'est aider les gens »

Alors, en contrepartie, René Chevalier a des intentions généreuses pour le conseil général : « Augmenter les subventions aux associations, continuer à réhabiliter les collèges, valoriser les actions d'insertion des populations défavorisées. Offrir la gratuité des transports interurbains, de l'accès des moins de seize ans et des collégiens au futur bassin aqualudique d'Arras. » Le Front national a repris beaucoup de nos thèmes, enchaîne la suppléante, « Mais il ne fait rien pour éviter les expulsions, rien pour empêcher les coupures d'eau et d'électricité, les fermetures d'entreprises. Le PC ne médiatise pas : il fait plus qu'il ne dit et pas seulement à la veille des élections. Ce sont toujours les pauvres qui trinquent, même quand ils travaillent. •

D. B.

 

René Chevalier, 52 ans, adjoint technique territorial au collège Curie d'Arras. Adhésion au PC en 1987, à la CGT depuis 36 ans. Candidat aux cantonales de 1998 pour Avesnes-le-Comte. Candidat deux fois aux municipales à Saint-Laurent-Blangy pour la coalition PS + PC, puis sur la liste PC. Et aux municipales à Arras sur la liste Fauquet. Jamais élu.

Carole Pezron, suppléante, 40 ans, secrétaire dans le social. Au PC depuis plus de dix ans. Arrageoise depuis 2008. Première sollicitation de mandat.

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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 16:55

 

 

 

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EDITOS DU 4 PAGES DU CANTON CENTRE:

 

Mettons un coup d'arrêt à la politique de Sarkozy qui ne favorise que les intérêts des riches tandis que la population continue de subir  la crise avec une montée écrasante du chômage. C'est 10 170 inscrits à Pôle Emploi à Saint-Quentin et 500 chômeurs de plus en deux ans. La jeunesse est sacrifiée; on ferme des écoles dans les quartiers populaire de Saint-Quentin (comme partout en France) alors que plus de 21% des habitants des ces mêmes quartiers sont sortis du cursus scolaire sans diplôme. 2010 aura été l'année d'une nouvelle régression pour les acquis sociaux, avec l'application du RSA, la mise en place de la réforme injuste des retraites, la  casse des services publics avec le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux. Et 2011 verra notre pouvoir d'achat   encore amputé par les augmentations inacceptables des loyers des logements sociaux (plus 11% à Saint-Quentin depuis 2008), du gaz, de l'électricité,...

 

Certains de nos concitoyens ne vont plus voter, désabusés de voir se succéder des alternances politiques et de ne pas voir de réel changement de leur quotidien. Pour autant, une autre politique  est possible. Lorsque nous nous organisons et descendons dans la rue, nous sommes en mesure de créer un véritable rapport de force pour sauvegarder nos acquis sociaux et acquérir de nouveaux droits. Et cette lutte doit se prolonger dans les urnes.

 

Les 20 et 27 mars 2011, vous serez amenés à voter pour l'élection du conseiller général du canton centre de Saint-Quentin. Vous pourrez ainsi sanctionner le bilan catastrophique de Colette Blériot, conseillère générale UMP sortante et adjointe aux quartiers, toute dévouée à la politique de Nicolas Sarkozy et Xavier Bertrand. Pour les stopper et pour un programme de changement radical, votez communiste.

 

Olivier TOURNAY

 

 

 

Jamais un gouvernement n'avait frappé si durement: depuis 2007:

·                         Il a sacrifié les services publics (plus de 66 000 postes supprimés dans l'éducation nationale).

·                         Opéré à la réforme injuste des retraites.

·                         Accueilli ou soutenu des dictateurs, des tyrans dans leur pays (liens de Michèle Alliot Marie avec Ben Ali en Tunisie pour ne citer que cet exemple)

·                         Renforcé le discours sécuritaire et la haine de l'autre: débat sur l'identité nationale renforcement des centres de rétention, augmentations des expulsions (tout en montrant du doigt et en supprimant des postes de magistrats, de policiers...).

La liste est longue et partout en Europe et dans le monde, des gouvernements, à la botte du capital, n'agissent pas dans l'intérêt des travailleurs, des précaires...Ils entendent faire payer la crise dont les voyous capitalistes sont responsables, aux états, aux citoyens. Mais partout les résistances se créent, la Tunisie, l'Egypte hier, le Liban, l'Algérie, le Yemen aujourd'hui nous offrent de formidables raisons de croire au changement, à la force du tous ensemble.

On tente de nous culpabiliser, quand nous descendons dans la rue, quand nous nous mettons en grève, quand nous nous organisons pour conserver nos acquis et pour faire valoir nos aspirations de partage du travail et des richesses. « Pensez à la dette publique, aux générations futures » «  la lutte des classes c'est dépassé, il faut se résigner »

 

Aurélie PLE

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 19:14

Mélenchon/PCF/Libye : il faudrait savoir qui défend quelle position !

 

Dans un récent article, nous avons constaté et dénoncé le vote de deux élus du Front de gauche au Parlement européen, Jean-Luc Mélenchon et Marie-Christine Vergiat en faveur d’une résolution invitant les Etats de l’UE à se « tenir prêts » à une forme d’intervention militaire en Libye.

Un article de Jacques Fath dans le supplément « Communistes » de l’Humanité du 16 mars 2011 confirme « l’opposition totale de la direction de notre parti, le PCF, à toute intervention militaire ».

Mais sur son blog, Jean-Luc Mélenchon affirme qu’il a « fixé son vote en accord avec la direction du PCF ». Les deux députés européens, membres du PCF, étaient absents.

 

Il faudrait savoir ! Mélenchon et ses concitoyens du PG ont la fâcheuse tendance à s’approprier les voix et la légitimité du PCF pour défendre leurs propres positions, souvent fondamentalement différentes, sinon de celles des plus ardents partisans du « Front de gauche » dans le PCF, de celles qu’ont toujours défendues les communistes, en l’occurrence l’anti-impérialisme.

 

Ces désaccords, sur des questions aussi importantes ne sauraient être occultés.

Une répartition des positions dans un « Front de gauche » attrape-tout, tiré vers la droite, est inacceptable.

 

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