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NOUVEAU SITE ACTUALISE QUOTIDIENNEMENT: http://vivelepcf.fr/

 

36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 08:30

Conseil national du PCF des 3 et 4 septembre 2011

 

Débat sur les questions internationales : résumé sommaire de l'intervention d'Emmanuel DANG TRAN, fédération de Paris

 

 

1- Nécessité d’analyser les nouvelles tensions inter-impérialistes avec la montée de la puissance chinoise. 2- Mélenchon et la Libye : désaccord de fond. Mélenchon dit non à la guerre de l’Otan mais a voté pour le principe d’une intervention (ONU, UE) au Parlement européen. Il nie les intérêts pétroliers. Réaffirmons notre refus de tout « droit d’ingérence » et la nature impérialiste de l’UE. Aucune illusion sur une « Europe puissance humanitaire » ! 3- Nécessité de campagnes de masse : arrêt du nucléaire militaire français, sortie de la France de l’Otan, de la défense européenne intégrée, retrait des troupes françaises de toutes les interventions extérieures. 4- Internationalisme : soutenons clairement Cuba !

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 15:15

Fête de l’Humanité 2011 Faire vivre et renforcer le PCF

 

 

VH.jpgDébats sous l’égide de la revue « Cahiers communistes », des sites internet « Vive le PCF » et « Solidarité internationale PCF »

 

Samedi 17 septembre :

 

11h30 : sous le stand de la section du PCF Paris 15ème, avenue Dolorès Ibarruri : « La nécessité d’une campagne nationale du PCF pour la fin de l’euro ». Présentation de l’initiative.

 

16h30 – sous le stand de la Fédération du PCF de la Haute-Saône, avenue Lise London :

« Avenir du PCF : la nécessité de faire vivre et de renforcer le PCF, ce qu’il représente, sans, malgré ou contre l’opération « Front de gauche » avec Mélenchon. » 

Avec Frédéric Bernabé, membre du Conseil national du PCF, secrétaire de la Fédération du PCF 70, Emmanuel Dang Tran, membre du Conseil national du PCF, candidature présentée collectivement à la consultation interne pour les élections de 2012 (printemps 2011), Dominique Negri, membre du Conseil national du PCF, secrétaire de section de Saint-Martin-d’Hères (Isère).

 

Dimanche 18 septembre :

 

10h45 – sous le stand du Collectif PCF RATP et de la section du PCF Paris 15ème, avenue Dolorès Ibarruri :

« Convergences pour le service public – pas de pause électorale pour les luttes » : pour la défense et les reconquêtes des nationalisations, des monopoles publics, des statuts, le refus de l’application des traités et directives de l’UE, le rapport de force existe. » Débat présenté par Stéphane Chouly, machiniste à la RATP, responsable syndical et communiste.

 

14h00 – sous le stand de la section du PCF de Saint-Quentin, avenue Paul Vaillant-Couturier :

« Grèce, Portugal, Irlande, France : quelle riposte des partis communistes aux plans « d’austérité » de l’UE, de la BCE, du FMI et des gouvernements nationaux ? » : au-delà de « l’indignation » canalisée par l’idéologie dominante européenne, l’analyse et l’action conséquentes des partis communistes. Débat présenté par Anthony Crézégut, avec Eric Jalade, membre du Conseil national du PCF, secrétaire de la Fédération du PCF du Tarn, des représentants du Parti communiste grec (KKE), du Parti communiste portugais (PCP), du Parti communiste irlandais (sous réserves).

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 11:33

Nous reproduisons ci-dessous le texte de l’introduction d’Anthony Crézégut à un débat sur la situation des partis communistes d’Europe (août 2011). 

Dans quasiment chaque pays, chaque parti communiste, les mêmes tentations réformistes, les mêmes résistances communistes se sont affrontées, s’affrontent, dans une âpre lutte.

L’issue est différente suivant les réalités nationales et le niveau des batailles menées. Le PGE, sponsorisé par l’UE du capital, est désormais, depuis 2004, un moyen puissant, politique et financier, pour pousser la mutation-liquidation des partis communistes. Mais le discrédit croissant du capitalisme et de l’UE à son service modifie le rapport de force idéologique.

On constatera que le PCF se situe toujours à la croisée des chemins. Le processus de « mutation-transformation-liquidation » réformiste, après presque 20 ans continue de se heurter à d’importantes résistances, tout en ayant considérablement affaibli le Parti.

On comprend encore mieux pourquoi ce n’est pas un hasard que Pierre Laurent ait été nommé Président du PGE, après un Italien et un Allemand qui ont, chacun à sa façon, parachevé le travail de liquidation dans leur pays respectif. Au même moment, la direction du PCF va chercher un candidat social-démocrate à la présidentielle pour ranger le Parti derrière le « Front de gauche », appellation peu originale en Europe…

La Fête de l’Huma (voir nos débats) sera une nouvelle occasion d’apprendre à connaître l’action des communistes qui ont maintenu ou reconstitué leur parti et qui mènent la bataille contre les politiques d’austérité coordonnées par les gouvernements nationaux, l’UE et le FMI.

Nous ne saurions trop vous recommander par ailleurs la lecture du n°4 des Cahiers communistes consacré au mouvement communiste international. 

 

Coopération internationale entre partis communistes face au projet d’'intégration supranationale dans un bloc réformiste avec le PGE

 

 

            Du 3 au 5 décembre 2010 se déroulait à Paris le 3ème congrès du PGE avec une dizaine de partis de « gauche », héritiers autant d'une tradition communiste que non-communiste voire anti-communiste. Congrès qui voyait l'élection de notre secrétaire-général Pierre Laurent – en concurrence avec les dirigeants anti-communistes du Bloc de gauche portugais et du Synapsismos grec – à la tête de ce « parti politique européen » appelant à « une autre Europe sociale » contre l' « Europe des marchés ». Au même moment, sans que les communistes français en soient informés, avait lieu à Johannesbourg la 12ème rencontre internationale des partis communistes et ouvriers, avec une quarantaine de partis communistes posant la « nécessité de l'alternative socialiste face à la crise capitaliste ».

            Une question : comment des partis portant l'étiquette « communiste », héritiers de la tradition communiste, peuvent se retrouver pour certains dans l'initiative du PGE, pour d'autres dans celle de la Rencontre des partis communistes et ouvriers ? Qu'est-ce qui les différencie, voire les oppose dans leur ligne stratégique sachant qu'on ne retrouve presque jamais les mêmes partis à ces rencontres.

            Je vais essayer de montrer comment cette division dans le mouvement communiste international (ou chez ses descendants) est le reflet d'une divergence stratégique fondamentale, l'opposition de deux lignes qui se livrent une lutte à mort sans « coexistence pacifique » possible.

 

I)       De quoi le PGE est-il le nom ?

 

            Le PGE naît en 2004 de l'initiative de plusieurs partis « communistes » les plus engagés dans un processus de transformations déjà entamé depuis longtemps mais incomplet (Izquierda Unida), en voie d'achèvement (le PDS est-allemand, futur Linke, avec ses avatars luxembourgeois et autrichiens) ou déjà préparé par une longue mutation (PCF) ou refondation (Rifondazione comunista) ainsi que de partis ouvertement anti-communistes (Bloc de gauche, SYNAPSISMOS, SDS tchèque). Dès sa naissance, pourtant, le projet suscite l'opposition de plusieurs partis communistes influents (le PdCI italien, le KSCM tchèque, le PCP portugais, le KKE grec) qui refusent d'y adhérer ainsi que des partis « de gauche » comme le PS hollandais (extrême-gauche) ou les partis de la gauche rouge-verte nordique. Pourquoi ?

 

            Avant de voir ce qu'il est, voyons ce que le PGE n'est pas : une coordination de partis communistes, voire de « gauche », à l'image du groupe parlementaire européen Gauche unitaire européenne/gauche verte nordique.

 

            Le PGE n'est pas une coordination de partis respectueuse de leurs différences, mais un « parti » en soi tendant à construire des « sections nationales » à son image, à unifier tous les partis nationaux en un seul parti européen. Il n'y a pas différents partis dans le PGE (communistes, verts, divers gauche..), il y a des partis à différents stades de leur transformation en « partis de gauche », en sections nationales du « Parti de gauche européen ».

 

            Si je peux me permettre ce parallèle historique, l'Internationale communiste a été une machine à transformer tous les partis socialistes nationaux en partis communistes (Sections nationales de l'IC), le PGE est une machine à transformer les partis communistes nationaux en partis sociaux-démocrates, des sections nationales du PGE. On peut reprocher beaucoup de choses au KOMINTERN des années 1920-30, mais alors substituer Moscou à Bruxelles comme centre du mouvement communiste international, c'est un tour de force !

 

 

            Un parti politique donc mais « européen ». Comme le PPE, le PSE, les Verts européens, le PGE est un parti politique reconnu par la Commission qui le finance à condition qu'il assure la « promotion de l'idée et de l'intégration européennes » et garantisse que les seules forces capables de s'opposer à l'UE du Capital canalise l'opposition vers... le renforcement de cette Union européenne ! Ainsi, dans le manifeste du PGE, on retrouve comme idée-force du PGE la construction d'une « Europe sociale, écologique, démocratique, pacifique et solidaire », le manifeste se finit même par cet appel : « Ensemble nous disons qu’une autre Europe est possible »

 

 

            Un parti européen « de gauche », qui donc ne vise pas à respecter les différentes options au sein de la gauche, mais à fondre tous les partis dans un même moule : pro-européen, réformiste, allié structurellement à la social-démocratie. Avant de m'intéresser aux transformations organisationnelles, un coup d’œil au plan idéologique. Le PGE n'est pas un « espace de confrontation d'idées entre partis politiques » (Pierre Laurent, rapport conclusif du congrès du PGE), elle est une organisation qui impose sa ligne politique aux partis-membres.

 

            Regardons le document principal du congrès du PGE (Agenda for a social Europe) pour éclairer ce propos, en reprenant exactement les termes de ce document :

 

Deux axes centraux :

 

-         Le refus de lutter contre le système capitaliste. Le PGE oppose capitalisme financier et productif, économie financière et économie réelle. Ainsi, il lutte contre le capitalisme financier et bancaire, contre le « mode de gestion néo-libéral », pas contre le capitalisme dans son ensemble ;

 

-         Le refus de lutter contre l'UE. Bien au contraire, le PGE lutte contre l'euro-scepticisme. Le principal danger est... « la perte de légitimité de l'UE », la mise en péril du « vivre ensemble dans l'UE ». L'objectif fixé par le PGE est de relancer l'idée européenne sur la base de l' « Europe sociale », de combattre la casse sociale européenne avec le mot d'ordre « Une autre Europe est possible » !

 

Si on regarde désormais les revendications concrètes du PGE, notamment sur le plan économique, on y observe une certaine cohérence

 

 

-         Ré-orientation de la BCE et transformation de ses missions : financer les prêts aux États à des taux plus avantageux (sic), instaurer la sélectivité des crédits (donc financer les investissements du capital!) ;

 

-         Réforme de la structure des marchés financiers mondiaux avec la taxe Tobin comme mesure-phare ;

 

-         Relance du marché intérieur par une politique de redistribution des revenus ;

 

-         Création d'une agence de notation européenne pour faire contre-poids aux agences américaines ;

 

-         Émission d'euro-obligations ou euro-bonds (proposition d'Aubry et de Papandreou également!) ;

 

-         Modernisation des services publics ;

 

Un programme européiste, kéynesien-socialdemocrate, alter-capitaliste mais pas un programme anti-capitaliste, encore moins communiste.

 

Où je veux en venir ? Si on analyse les programmes du Parti de la Refondation communiste, d'Izquierda Unida, du PCF, de Die Linke, du Bloc de gauche : ce sont, presque mot pour mot, les mêmes mots d'ordre, les mêmes axes programmatiques : le PGE est, avec la CES au niveau syndical, le lieu d'élaboration de cette ligne politique réformiste et européiste.

 

           

 

II)    L'offensive liquidatrice depuis 2004 menée par le PGE

 

 

            Passons maintenant à la transformation effective des partis communistes en partis de gauche orchestrée par le PGE. Pour la période avant 2004, notamment pour l'Espagne et l'Italie, je renvoie au numéro 4 des CC voire au numéro 1 (article fondamental sur Izquierda Unida). Je vais insister sur la période après la création du PGE :

 

Le modèle, c'est bien entendu le « Parti de la gauche ». C'est-à-dire, un parti à part entière qui a dissout ses composantes fondatrices (dont celles communistes limitées à un « courant culturel »), une formation qui se reconnaît dans une identité « socialiste de gauche ». Le modèle, c'est « Die linke » en Allemagne. Constituée dès 2005 comme une alliance électorale entre le PDS de l'Est (ex-SED) et le WASG de l'Ouest (ex-SPD), on passe tout de suite à l'étape suivante en 2007 lorsque Linke devient un parti politique liquidant le PDS, héritier du parti communiste est-allemand.

 

            Le modèle est revendiqué par les dirigeants liquidateurs français (Buffet, Laurent) qu'italiens (Bertinotti, Ferrero, Grassi) et imité par les directions autrichiennes, suisses ou luxembourgeoises. Sans grand succès car les directions liquidatrices s'opposent à la persistance du fait communiste et à la singularité d'un modèle importé reposant sur les spécificités du cas allemand.

 

            Le cas italien montre les limites de la marche forcée vers Die Linke. Fausto Bertinotti est le premier secrétaire du PGE, quoi de plus normal, pour un tel « animal politique », socialiste qui se découvre communiste après la liquidation du PCI, il est propulsé de suite secrétaire de « Refondation communiste » dont il liquide toute l'organisation (les cellules mais aussi les sections) dans une perspective mouvementiste, il importe une idéologie éclectique (opportuniste en fait) suivant la vieille recette du minestrone, on mélange toutes les questions (féminisme, écologie, pacifisme non-violent...) dans une bouillie informe dissolvant la lutte de classes. Après 2004, Bertinotti passe de la liquidation de la « chose » à celle du « nom » communiste. Après la participation au gouvernement de l'ancien président de la Commission européenne Prodi en 2006, celui de la guerre en Afghanistan et des privatisations, Bertinotti décide en 2008 de lancer son grand projet : la « Gauche arc-en-ciel » (Sinistra arcobaleno), coalition électorale entre les deux partis communistes, les Verts, une scission des sociaux-démocrates et d'autres formations groupusculaires dont le but affiché est de fonder un nouveau parti politique après un triomphe à deux chiffres (le potentiel électoral de la formation était de 12/13%). Sans le nom ni les symboles communistes, faucille et marteau, une première depuis 1945. Le résultat va livrer une autre première historique : les communistes sortent exclus du Parlement avec un minable 3%. On rappelle que les communistes, seuls, faisaient encore 9% en Italie en 2006. Les liquidateurs sont allés trop loin, trop vite. Bertinotti et l'aile-droite des liquidateurs est, malgré les magouilles, renversée au Congrès de 2008 (à une majorité de 51%!). Le PGE est confronté à son premier échec majeur et change son fusil d'épaule.

 

            Fini le « Die linke » à marche forcée, le PGE re-découvre les mérites de la transition à partir d'une « organisation de type fédérale » dont l'Izquierda Unida fut le précurseur dès 1986. On ne dissout pas le Parti communiste, on le maintient dans le cadre d'une « coalition électorale » qui devient petit à petit une « formation politique » qui se superpose au parti sans le liquider formellement. De fait, le Parti s'efface, disparaît, se meurt : un processus de liquidation passive qui a fait du PCE un parti au bord de la disparition en 2008 (10 000 adhérents) mais qui surtout se révèle en 2008 un fiasco total pour IU elle-même : 3% en 2008, minimum historique, le PCE reste la seule organisation intégrée à IU, toutes les autres sont parties les unes après les autres, IU réduite à une force d'appoint, caution de gauche du gouvernement ultra-libéral de Zapatero. L'IU est en 2008 un cadavre politique au moment où naît dans le PCE un mouvement sans précédent de contestation d'IU, en faveur d'un renforcement du PCE.

 

            La réponse du PGE consiste à relancer le projet « Gauche unie » en Espagne et à l'étendre au reste de l'Europe, quitte à couper les branches pourries (les équipes liquidatrices droitières de Llamazares en Espagne et Bertinotti en Italie). On met aux commandes des dirigeants issus des anciennes directions liquidatrices mais capables de tenir un discours de « gauche anti-capitaliste », anti-PS (Cayo Lara en Espagne et Paolo Ferrero en Italie). Entre 2007 et 2009, naissent trois projets du même format : la refondation d'IU (avec les Verts notamment) en Espagne, la Fédération de la Gauche en Italie (avec PdCI et PRC plus quelques groupuscules) et le Front de gauche en France.

 

            Pour que ce soit clair, les derniers événements en Italie et en Espagne prouvent l'orientation liquidatrice de ces projets « Fédération de la gauche » :

 

            En Italie, Ferrero à la tête de Refondation communiste a su dévoyer le projet d' « unité des communistes » en proposant l'unité certes... mais au sein de la « Fédération de la gauche » (FdS en italien) ! Pourtant, en 2009, la liste communiste unitaire, dans la précipitation et dans un climat de guerre civile (nombre de dirigeants fédéraux de Refondation avaient fait voter massivement pour d'autres listes « de gauche »!), avait obtenu 3,4% aux européennes. Un résultat insuffisant mais honorable vu les conditions, meilleur que celui de la gauche Arc-en-ciel, censé réunir « toute la gauche ». Depuis, la FdS n'a pas dépassé les 3%, aux élections régionales et municipales de 2010 et 2011. Mais on persévère avec la création de comités locaux de la FdS, la question est posée de l'adhésion directe et surtout on met en avant publiquement d'abord par Claudio Grassi (courant « Essere comunisti », identitaire mais réformiste) puis par le secrétaire Paolo Ferrero le projet de « Die linke » à l'italienne au cours de l'année 2010. Il faut rappeler la perspective dressée par Ferrero : faire un grand « pôle de la gauche d'alternative » avec le parti du juge Di Pietro (l'homme de l'opération Mains propres, juge de droite, un peu le Eva Joly italien) et Nichi Vendola, liquidateur de Refondation communiste, démagogue mégalomane, sioniste et papiste, qui devrait se présenter aux primaires du Parti démocrate, et s'est déclaré prêt même à une alliance avec l'ancien fasciste Gianfranco Fini, allié numéro un de Berlusconi. Quel est le but ultime de tout ça ? Faire une alliance avec le PD, libéral et européiste, en espérant le « tirer à gauche ».

 

            En Espagne, l'illusion d'une conciliation des projets « refondation d'IU » et « renforcement du PCE », votés conjointement au congrès de 2008, a fait long feu. Pour les élections locales de 2010, les communistes d'Asturies et d'Extrémadure, expulsés depuis 2005 d'un IU qu'ils avaient eux-mêmes créé, demandent à former des listes communistes indépendantes d'IU. Refus catégorique des directions nationales d'IU et du PCE. Les communistes Asturiens persistent et défendent une liste communiste contre IU dans ce bastion communiste historique. 800 militants communistes sont alors expulsés « temporairement » du Parti. Ils ne sont à ce jour toujours pas ré-intégrés. Le cas de l'Extrémadure est encore plus révélateur. Les camarades n'ont pu porter leur liste communiste. Ils se sont saisi de la liste IU pour y mettre leur contenu : anti-capitaliste et anti-PSOE, officiellement la ligne dont se revendique l'IU « refondée ». Problème : le PS, en décrépitude aux régionales de mai 2011, ne s'est révélé être en mesure de conserver qu'une région, l'Extrémadure, à une seule condition : gagner par une alliance politique avec IU les trois sièges décisifs à son investiture. Avant l'investiture, les communistes d'Extrémadure ont été soumis à d'intenses pressions et menaces de la part des directions du PCE et d'IU. Ils décident finalement, après consultation de la base, de refuser l'alliance avec le PS. Le coordinateur d'IU, Cayo Lara, a entamé une procédure en cours d'exclusion des militants et dirigeants d'IU-Extrémadure.

 

            Dans le même temps, je rappelle qu'au Portugal et en Grèce, le PGE continue de soutenir le Bloc de gauche et Synapsismos contre le PCP et le KKE, ce n'est pas un hasard sir deux dirigeants de ces formations étaient en ballottage avec Pierre Laurent pour être à la tête du PGE.

 

 

III)  La résistance contre le PGE est possible !

 

 

            Je vais conclure sur une note plus optimiste et volontaire car il est possible de résister à cette machine à broyer les PC qu'est le PGE, et car il existe une alternative à la ligne de la résignation.

 

            Tout d'abord, parce que le PGE est confronté à l'échec de sa ligne de formation de puissants « partis de gauche » électoralistes à la gauche du PS. Les derniers résultats le prouvent : 3% pour Izquierda Unida en 2008, minimum historique 3% pour la Gauche arc-en-ciel en 2008, minimum historique (et depuis entre 2 et 2,5% pour la FdS en 2010 et 2011) et même le vaisseau amiral Die Linke s'est écroulé aux dernières régionales partielles de mars 2011 avec 3,1% en Rhénanie-Palatinat (contre 9,4% en 2009) et 2,8% en Bade-Wurtemberg (contre 7,2% en 2009). Pour nous, le critère électoral n'est qu'un critère parmi d'autres. Mais nous pouvons appliquer à des forces électoralistes leurs propres critères. Le PGE est également paralysé par ses propres contradictions : le processus de liquidation des PC confronté d'une part à la persistance du fait communiste, dans la population, la classe ouvrière et la masse des militants du parti, d'une autre part la contradiction entre l'aspiration populaire à une alternative à l'UE et à la social-démocratie et la politique de collaboration du PGE avec le PS et l'UE du Capital. Or, les forces du PGE essaient, encore plus depuis 2008, de concilier l'inconciliable : 1) avec la formule liquidatrice de transition des « Fédérations/fronts de gauche ». 2) avec la relance d'un discours formel anti-PS et anti-UE dont le seul débouché est la défense d'un gouvernement « de gauche » et d'une autre Union européenne.

 

            Ensuite parce que des résistances existent et se développent en Europe contre l'action du PGE, pour le renforcement et la reconstruction des PC. En Espagne, j'ai déjà parlé de ces fédérations qui se sont opposés frontalement à IU (Extrémadure, Asturies), il y a aussi celles qui mettent la priorité sur le renforcement du PCE (Andalousie, Aragon). Depuis le congrès de 2008, le renforcement du PCE est redevenu une priorité du PCE qui a récupéré toutes ses fonctions hormis celle électorale, nerf de la guerre. En Italie, les camarades à partir du PdCI (Parti des communistes italiens) ont lancé un appel pour la « reconstruction du PCI » à l'occasion du 90ème anniversaire. Le PdCI a mis à l'ordre du jour de son congrès d'Octobre la reconstruction du PC. Les JC de Refondation communiste et du PdCI ont déjà annoncé leur volonté de ne former qu'une seule Jeunesse communiste. En Autriche et en Suisse, les communistes reconstruisent leur parti à partir d'une fédération sur une ligne d'opposition à celle du PGE. En Styrie, les camarades autrichiens gardent une organisation de masse et de classe (sur le plan électoral, 4,4% en 2010 contre 0,8% nationalement). Au Tessin, nos camarades suisses ont renversé la direction cantonale pro-PGE et reconstruisent depuis le parti et ils viennent, pour la première fois depuis les années 1970, d'obtenir un élu au parlement cantonal. Dans les deux cas, ce processus part d'une théorie et d'une pratique communiste, à partir aussi de l'impulsion décisive donnée par la jeunesse : les dirigeants du PC Tessinois ont tous moins de 27 ans, la JC Autrichienne a adopté récemment les thèses de la fédération de Styrie. Le camarade Robert Krotzer, qui représentait la Fédération de Styrie du KPO à la rencontre internationale du 26 février à Paris, est aussi secrétaire national de la JC Autrichienne.

 

            Et surtout, plusieurs partis de masse et de classe européens ont déjoué dans les années 1990 les projets liquidateurs et s'attachent à faire vivre et renforcer leur PC : le PCP, le KKE et le KSCM. Des partis qui ont résisté aux offensives liquidatrices féroces du PGE, qui apporte un soutien logistique, financier et politique au Bloc de gauche et Synapsismos. Aujourd'hui ces deux formations sont plongés dans une grave crise : Synapsimos est miné par les querelles internes entre courants (trotskistes, sociaux-démocrates, refondateurs etc.), le Bloc est sorti dramatiquement affaibli par son récent revers électoral (perte de la moitié de ses députés et de ses voix en 2011) causé notamment par le dévoilement de sa collaboration avec le PS, puisque le Bloc a soutenu le candidat socialiste dès le premier tour des présidentielles, en 2010. Face à eux, le PCP et le KKE sont des partis en pleine croissance : électorale (8% pour les deux aux dernières législatives avec près de 11% aux élections locales), militante (65 000 pour le PCP, 4 fois plus que le PCE, dans un pays pourtant quatre fois moins peuplé !) et surtout dans leur contribution au mouvement des luttes : la Grèce est le foyer de résistance européen à la politique du capital ; le Portugal est aussi en première ligne. Deux partis, ce n'est pas un hasard, qui ont conservé un lien organique avec un syndicat de masse : le PAME en Grèce et la CGT-P au Portugal. Contraste terrible avec l'apathie du mouvement social en Espagne et en Italie, la glissade progressive des anciens syndicats de classe et de masse (CGIL en Italie, Commissions ouvrières en Espagne) vers la collaboration de classe ouverte, et la crise permanente des héritiers du mouvement communiste dans ces deux pays.

 

            Enfin, je dirais pour conclure qu'il faut regarder plus loin que l'Europe occidentale. Le PGE propose une vision euro-centrique, arrimée au bloc de l'UE et de l'OTAN (cf la révélation Wikieaks sur la rencontre entre le dirigeant de Linke et du PGE Grigor Gysi et l'ambassadeur américain : Gysi rassurant l'ambassadeur sur le caractère inoffensif des mots d'ordre du PGE et de Linke sur la « dissolution de l'OTAN »). D'autres partis communistes la refusent, ceux qui participent à la coordination des partis communistes et ouvriers (ils sont entre 40 et 80 chaque année). Leur rencontre annuelle se tenait à Sao Paulo en 2008, à Delhi en 2009, à Johannesbourg en 2010, elle se tiendra à Athènes en 2011. Un groupe de travail a été mis sur pied en 2010 pour aboutir à des prises de position communes et à des analyses plus approfondies. A sa tête, des partis de masse qui n'ont pas renié leur identité communiste. J'aimerais juste donner quelques exemples de partis qui pèsent dans les luttes et agissent dans des processus de transition potentiellement révolutionnaires :

 

Le PC d'Inde (marxiste) ; un des deux partis communistes en Inde. Il compte à lui seul 1 million d'adhérents, et contrôle historiquement trois États dont le Kerala, hélas perdu cette année. Un parti qui a changé la vie de dizaines de millions d'Indiens dans les Etats qui dirigent, on a parlé du « miracle du Kerala », dans un État aussi peuplé que l'Espagne, avec des niveaux d'éducation et de santé dignes des pays les plus développés. Dans ces Etats comme ailleurs, le Parti communiste reste la principale force d'opposition au consensus dominant libéral Parti du Congrès (centre-gauche) et BJP (droite réactionnaire). Il impulse les luttes populaires contre la hausse du coût de la vie, les privatisations mais aussi pour la réforme agraire et une Sécurité sociale et une éducation nationales publiques, comme au Kerala.

 

Le PC Sud-africain : un chiffre important de 130 000 militants, les effectifs doublent tous les trois ans (ils étaient 5 000 il y a quinze ans, encore seulement 25 000 en 2004). Il participe à la coalition gouvernementale depuis 1994 mais reste une force très critique du tournant libéral de l'ANC. Il n'a jamais abdiqué son rôle de force d'avant-garde des luttes de la classe ouvrière sud-africaine dans la métallurgie et les mines notamment, ce qui explique sa popularité croissante. Il mène régulièrement des campagnes de masse dans les quartiers et sur les lieux de travail, comme celle dite « Octobre rouge » pour une Sécurité sociale nationale par exemple. Le PC Sud-africain avait été (sous la direction de Joe Slovo) un de ces partis qui ont fait le choix, après 1989/1991, de rester fidèle au communisme et de relancer, après sa légalisation, l'activité du parti sur les lieux de travail et dans les quartiers populaires. Aujourd'hui, il est un parti en pleine santé, qui attire chaque année des milliers de jeunes sud-africains vers le communisme.

 

Qui a dit que les Partis communistes étaient morts ?

 

Conclusion :

 

Pour conclure, j'espère que ce petit exposé servira à une chose : montrer que le cas du Front de gauche en France n'est pas un cas isolé, qu'il s'insère dans une stratégie européenne de liquidation des Partis communistes, qui applique partout les mêmes recettes, poursuit le même objectif, tout en s'adaptant aux résistances (passage du modèle « Die Linke » à la formule transitoire de « Fronts/fédérations de gauche »). Il faut apprendre des expériences liquidatrices menées dans d'autres pays, comme en Espagne ou en Italie, pour pouvoir s'opposer avec succès à ce même type d'opérations aujourd'hui mises en place en France.

            J'espère aussi qu'il donnera de l'espoir car la stratégie du PGE est confronté à des résistances partout, elle est en ce moment dans une période difficile, tous ces modèles sont en crise, certains au bord de l'implosion. Nous ne sommes pas seuls en Europe : des camarades comme en Styrie et au Tessin mènent la lutte interne contre les directions alliées au PGE et obtiennent des succès encourageants, nos camarades grecs et portugais montrent toute la vitalité et la combativité de partis qui ont fait le choix de rester communistes, même en Espagne ou en Italie, le combat pour la « reconstruction du Parti communiste » est aujourd'hui engagé. Surtout, nous ne sommes pas isolés au niveau international, dans le monde, la plupart des partis communistes refusent la voie du renoncement, et ils sont aujourd'hui encore plus forts qu'ils ne l'étaient dans les années 1989/1991, de 'crise' du mouvement communiste international. A nous de puiser dans ces expériences internationales positives de quoi mener la lutte en France pour faire vivre et renforcer le PCF, lutter contre les manœuvres liquidatrices, dans les conditions particulières de notre pays et de notre parti. 

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 18:08

Mélenchon ne passe pas à la section du PCF Jarny (54)

 

Nous reproduisons ci-dessous la déclaration du Bureau de la section du PCF du Jarnisy dans la Fédération de la Meurthe-et-Moselle.

110831_Melenchon_Chassaigne_univ_ete_2011.JPG(photo – Mélenchon en visite à l’université d’été 2011 du PCF en compagnie d’André Chassaigne)

 

Elections 2012 : déclaration du Bureau de la section du PCF du Jarnisy

En 2012, il n’y aurait donc pas de candidat communiste à l’élection présidentielle ?

Le vote des adhérents qui s’est achevé le 18 juin 2011, et qui intronise Jean-Luc Mélenchon comme candidat aux élections présidentielles de 2012 de la coalition électorale dénommée « Front de Gauche » (Marque déposée du Parti de Gauche), est la conséquence logique des tractations et accords tenus au sommet entre le groupe dirigeant le PCF et les états-majors du PG et le groupuscule Gauche Unitaire. Dans leur principe et sur la forme, ces accords bafouaient le principe de la souveraineté des organisations de base du Parti Communiste Français, socle élémentaire de la démocratie interne du Parti.

La section du PCF du Jarnisy a depuis le début contesté la légitimité de ce processus.

Il est indéniable que le contenu des débats vifs qui se sont tenus lors de la conférence nationale du PCF du début du mois de juin a contrarié les plans du groupe dirigeant le PCF puisque ce dernier s’est vu contraint d’accepter le principe d’une primaire, ce malgré les efforts inédits déployés tous azimuts pour démoraliser les adhérents et leur faire accepter la candidature de J.L. Mélenchon par un véritable coup de force. Le résultat de cette primaire qui semble en apparence faire la part belle au nouveau cheval de course de la direction du PCF, c'est-à-dire au très mitterrandien  J.L. Mélenchon, révèle en fait une fracture profonde au sein du PCF, fracture ou divisions dont le direction du parti porte l’entière responsabilité.

Au niveau national, la candidature d’A. Chassaigne remporte la majorité des votes dans de nombreux départements dont la Meurthe-et-Moselle

Cette fracture n’est pas uniquement une conséquence de la stratégie d’accords au sommet qui préside toujours au fonctionnement de la coalition électorale dénommée « Front de Gauche ». Elle naît du malaise réel causé par les orientations du leader du Parti de Gauche en matière de politique intérieure et de politique internationale, orientations qui font la part belle à la démagogie, à l’opportunisme et au bellicisme de circonstance, des caractéristiques qui s’opposent aux fondements du communisme français.

Le « programme partagé », sorte de programme de gouvernement censé cimenter la démarche électorale dudit « Front de Gauche » n’est finalement partagé en Meurthe-et-Moselle que par une infime minorité de militants peu impliqués dans le mouvement syndical et social.

 

C’est peu dire, mais la démarche globale du « Front de Gauche », trop découplée des mouvements sociaux et essentiellement mue par les appareils politiques ne fait recette ni parmi les militants syndicaux, ni parmi la masse des travailleurs et des classes populaires touchés de plein fouet par la crise capitaliste et la politique du gouvernement Sarkozyste.

Conscient des enjeux actuels, le bureau appelle tous les adhérents du PCF de Meurthe-et-Moselle à entrer dans l’action:  

-pour sortir le PCF de l’ornière de ce cartel politicien qu’est le « Front de Gauche »

-pour empêcher la transformation formelle de ce dernier en parti politique social-démocrate qui signerait le véritable arrêt de mort du PCF

-pour redonner sa couleur révolutionnaire au Parti communiste français en Meurthe-et-Moselle, dans la lignée des héros anonymes de la République des Conseils de 1918, du Front populaire antifasciste de 1936 et concrétisée au niveau national par les réalisations du Conseil National de la Résistance aujourd’hui mises en pièce par le régime Sarkozyste.

Le bureau de section, prend acte de la désignation du socialiste J.L Mélenchon et annonce qu’il ne soutiendra pas cette candidature aux prochaines élections présidentielles (mais laisse le libre choix aux adhérents de faire ou non la campagne)

  

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 06:26
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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 20:58
"Productifs" de tous les pays, unissez-vous ?


Envoyé par Gautier Weinmann (PCF 62)


 

Décidément, avec la crise financière, les masques tombent !

Le projet de société du PS est dévoilé : faire l’austérité à la place de la droite, comme en Grèce ou au Portugal.

Du côté du Front de Gauche, on propose un peu plus de taxation de ceci, un peu de rachat de titres de cela : braves gens, faites votre marché !

Dans Le Monde, notre candidat Jean-Luc Mélenchon se félicite que « Europe Ecologie-les Verts, qui dénonce comme nous (sic !) l’oligarchie ou la politique de la BCE » ou encore de la « résistance précieuse » du socialiste (bourgeois) Arnaud Montebourg.

On croit rêver !

Puis il a cette déclaration sur tous les plateaux télé : face à la crise, « ce ne sont pas les marchés qu’il faut rassurer (encore heureux !), ce sont les producteurs, c’est-à-dire les entreprises et les salariés  » (ex : Les Quatre vérités sur France 2 le 11 août).

Tiens donc ! Entreprises, salariés, même combat ?

« Producteurs de tous les pays, unissez-vous », le nouveau slogan de la social-démocratie mondiale !

Un candidat communiste aurait plutôt tendance à sortir du cadre et à annoncer : « les producteurs, ce sont les salariés, tout est à nous, le capitalisme doit cesser ! ».

La finance parasitaire ne sort pas d’autre chose que du mode de production capitaliste : Karl Marx dénonçait un mode de production capitaliste qui a « fait surgir une nouvelle aristocratie de la finance et une nouvelle catégorie de parasites sous forme de faiseurs de projets, lanceurs d’affaires et directeurs purement nominaux ; en un mot, tout un système de filouteries et de tromperies ayant pour base le lancement de sociétés, l’émission et le commerce d’actions ».

Jean-Luc Mélenchon est la coqueluche des grands médias : fondamentalement, il les rassure. Après tout, la finance exagère, tout comme les agences de notation, protégeons la production et tous les productifs qui vont avec !

Et puis, le leader de l’« extrême (Front de) gauche » est bien dans l’air du temps : les ultra-riches ne se disent-ils pas prêts à payer un peu pour que tout continue comme avant ? Le financement des États par la BCE ne commence-t-il pas à être défendu par les économistes du système eux-mêmes ?

Les communistes qui regardent ce jeu politicien doivent se dire : pour combien de temps encore les idées révolutionnaires seront absentes du débat politique national ?

Gautier Weinmann

 

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 01:25

L’écœurant Mélenchon et le mépris des peuples

 

vivelepcf 22 août 2011

 

« Les Français ne vont pas se laisser dépouiller comme des Grecs ! » : Jean-Luc Mélenchon n’a pas trouvé de meilleure conclusion à son interview sur I-Télé le 18 août 2011 que cette formule xénophobe. (lien vers l'émission)

C’est affligeant.

Il reprend le rôle qui échoit dans bien des pays, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Finlande… à la presse de la droite populiste, aux partis nationalistes qui s’évertuent à montrer du doigt les peuples du sud de la zone euro, accusés de toutes les tares. De même que dans les pays du sud de l’Europe, ceux du nord sont taxés par la même presse « d’égoïsme ».

A défaut des immigrés, diriger la colère populaire vers les autres peuples est une vieille méthode des classes dirigeantes.

Dans son populisme revendiqué, Mélenchon s’autorise tous les écarts, même ceux-là.

 

Le mépris des peuples n’est pas nouveau chez lui. Pour la direction, il varie selon son intérêt politicien du moment. Quand il roulait ouvertement, avec son parti le PS en 1992, pour l’Europe supranationale du capital, il n’avait pas hésité déjà, au nom de son parti, à dénigrer le vote des Danois contre le Traité de Maastricht. Aujourd’hui, c’est les Grecs.

Ce mépris des « grands petits peuples » le ramène invariablement au consensus dominant sur la centralité « des relations étroites franco-allemandes » dans l’esprit des « fondateurs de l’Union européenne » (in son livre, « Qu’ils s’en aillent tous », page 118). Une UE, fondée sur l’alliance des principaux impérialismes européens : voilà la belle idée de Mélenchon !

 

Communistes, nous avons une autre conception de la politique que la démagogie électoraliste, fût-elle teintée des couleurs du « Front de gauche » et des positions radicalement opposées sur l’UE.

 

Notre idée de la politique, internationaliste, nous réunit aux luttes déterminées et courageuses du peuple grec, mené par un parti communiste conséquent, contre aussi bien ses capitalistes nationaux que contre leurs alliés de l’UE, de la BCE et du FMI.

Elle nous réunit aux luttes des travailleurs danois contre la remise en cause de leurs acquis sociaux, de leur souveraineté nationale, aux travailleurs allemands contre la sape de leurs salaires et pensions.

Partagée, elle a réuni nos camarades et les travailleurs des autres pays à notre rejet de la Constitution européenne en 2005.

 

Mélenchon n’a décidément rien avoir avec nous. Ce n’est pas un « allié ». C’est un politicien écœurant d’opportunisme et de populisme.

 

Pour nous, c’est clair : Mélenchon c’est non ! Nous laissons à ceux qui, à la direction du PCF l’ont intronisé, le soin d’assumer ses positions.

Pour notre part, nous ne laisserons rien passer de Mélenchon parce que nous voulons défendre, faire vivre et renforcer le PCF dont le peuple aura tant besoin avant comme après 2012.

 

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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 08:16
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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 21:00

Leo-Figueres.png

Un hommage sera rendu, devant la Mairie de MALAKOFF, samedi 10 septembre 2011, à 15h00. Henri ALLEG prendra la parole. 


HOMMAGE A LEO FIGUERES

 

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 19:04

Objet de nos rencontres communistes internationales

Lien vers le bulletin d'abonnement

 

 

Une cahiers communistesQue les célébrations du 20ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin furent tristes en 2009! Pluvieuses et clairsemées ! Le capitalisme n’a pas réussi à manqué la mise en scène de son autolégitimation sur les ruines des pays de l’est.

Au contraire, sa crise réveille l’actualité du socialisme. Un peu partout dans le monde, en Afrique du Nord, en Europe, une recherche nouvelle se manifeste vis-à-vis du communisme, un intérêt nouveau pour son histoire, sa forme d’organisation. Des partis communistes renaissent, se redéveloppent. L’image des immenses banderoles du Parti communiste grec au dessus du Parthénon, appelant à la riposte, ont fait le tour du monde, dans un des pays sur lequel l’exploitation capitaliste s’abat le plus violemment.  

 Pour autant, 20 ans, 30 ans après, l’état du mouvement communiste international  reste délabré. Les dégâts de l’offensive idéologique succédant aux années 1989/91 demeurent, sur fond d’affaiblissement antérieur. Suivant les réalités nationales, l’histoire du mouvement ouvrier de chaque pays, certains partis se sont dissouts, ont changé de nom, d’autres ont ployé accumulant les reniements théoriques et les compromissions avec le système et la social-démocratie. Mais un peu partout, des éléments, des partis résistent.

Confronter ces expériences, dans la diversité des situations nationales mais dans l’unité d’objectif de lutte, tel était l’objet de la rencontre communiste internationale organisée à Paris les 25 et 26 février 2011, à l’invitation de 7 membres du Conseil national du PCF, sous l’égide de notre revue « Cahiers communistes » et du site internet « Solidarité-internationale-PCF ».

Des représentants de 6 partis communistes y ont participé ainsi qu’un représentant de l’ambassade de Cuba, dont la présence, le 25, a été l’occasion de souligner le rôle    central de la solidarité avec Cuba socialiste. Plusieurs autres partis ont envoyé des messages de soutien, témoignant du niveau d’attente vis-à-vis des communistes français et de leur Parti, historiquement si glorieux.

Il faut dire qu’au niveau international, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a pris la présidence du « Parti de la gauche européenne » en décembre 2010.

Le PGE, appointé par la Commission européenne, collaborant avec les syndicats réformistes européens réunis dans la CES, apparaît de plus en plus clairement comme la forme de coordination internationale et comme l’instrument du processus d’effacement des partis communistes en Europe. Nous le vivons directement. Transformer les partis communistes en partis de gauche euro-compatibles, les diluer dans des « Fronts de gauche » : voilà l’objectif. Le PGE va jusqu’à sponsoriser des partis opposés aux partis communistes ne suivant pas sa ligne (Bloc des gauches au Portugal, Synapsismos en Grèce…).

Dans chaque pays, la bataille pour la légitimité de ce que représentent les partis communistes historiques bat son plein. Nos situations, différentes, sont très parallèles sous bien des aspects.

En Italie, la direction du PCI a réussi à imposer dès 1991 la conversion de l’organisation historique en formation social-démocrate puis démocrate. L’histoire des communistes depuis est celle d’innombrables et hasardeuses recompositions politiques, plombées par des éléments opportunistes et trotskystes. L’action actuelle pour l’Unité des communistes ouvre l’espoir d’arrêter cette spirale sans fin dans le pays de l’ouest où le PC était le plus fort. 

En Espagne, l’opération « Izquierda Unida », « Gauche unie », sonne comme un avertissement pour les communistes français confrontés au « Front de gauche ». Depuis 25 ans, IU s’est peu à peu substituée au PCE, a laissé son organisation se déliter, son point de vue s’effacer, sa perspective s’enfermer dans le carcan institutionnel et les alliances inconditionnelles avec le PS. Plusieurs fédérations tentent maintenant de rendre son indépendance au PCE pour le reconstruire.

Plus qu’un mouvement salutaire de révolte, le mouvement actuel des « indignés » est la cruelle manifestation de la faillite de la stratégie d’IU, sabotant le parti révolutionnaire, laissant le mouvement syndical sous hégémonie réformiste, collaborant avec le PSOE de Zapatero.

En Autriche, la direction du KPÖ observe fidèlement la politique du PGE et de Die Linke. Mais sa plus grosse fédération, celle de Styrie réussit à maintenir une organisation de classe autonome avec de bons résultats. Elle travaille en lien étroit avec l’organisation nationale de la jeunesse communiste, en plein renouveau.

Au Luxembourg, les camarades sont parvenus à préserver l’organisation historique et son patrimoine, des griffes de « la gauche ». « Dei Lenk », conçue au départ comme simple alliance électorale, s’était vite révélée être le moyen pour les éléments opportunistes de noyer le KPL dans une gauche de salon. L’opération a échoué.

L’expérience du Parti communiste grec, KKE, dans des conditions nationales très difficiles, fait référence. La fidélité au marxisme-léninisme se traduit par une influence de masse croissante. L’intervention efficace des communistes dans le mouvement syndical appelle la réflexion.

Notre rencontre se situait en plein dans le contexte des grands mouvements sociaux d’Afrique du Nord. Les analyses de notre camarade algérien du PADS ont su faire précisément le lien entre notre discussion sur l’organisation communiste et les luttes actuelles dans les pays arabes. Pendant des décennies, les régimes en place se sont appliqués à détruire les partis communistes, s’appuyant parfois sur leurs éléments les moins solides. Aujourd’hui, ils sont cruellement affaiblis devant les manœuvres de l’impérialisme pour garder la mainmise malgré le mouvement populaire.

Faire vivre et renforcer nos Partis communistes, c’est possible, c’est une nécessité. La venue plus importante de jeunes, de jeunes travailleurs vers les Partis communistes est un énorme encouragement.

Les voies d’abandon ouvertes par le PGE ne sont pas les seules. A Johannesburg, en décembre 2010, se réunissaient pour la 12ème fois des délégués de dizaines de partis communistes et ouvriers.

Le PCF ne peut se situer en dehors de ce mouvement, en contradiction avec sa raison d’être. Solidarité internationaliste ! Rendez-vous à la Fête de l’Humanité. 

 

A. Crézégut, E. Dang Tran

 

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