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NOUVEAU SITE ACTUALISE QUOTIDIENNEMENT: http://vivelepcf.fr/

 

36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 16:25

MELENCHON sur France 3: « Faire aussi bien que F. MITTERRAND ! »

 

Notre camarade Noël Collet a retranscrit une partie du journal de 13h00 de France 3 du 20 novembre 2011. On y voit et entend Mélenchon faire l’éloge de son inspirateur Mitterrand. C’est édifiant.

 

 

RETRANSCRIPTION – France 3 -  dimanche 20 novembre 2011 - journal de 13h

 

En fin de journal, une séquence d’archive est projetée où Mélenchon, jeune, porte la barbe ; le journaliste lui demande s’il faut un Mitterrand aujourd’hui:

 

« François Mitterrand, il a apporté la preuve notamment pendant les événements de novembre et décembre derniers qu’il a cette capacité d’écoute, d’attention à ce qui est nouveau dans la société française. Pas besoin d’un walkman sur la tête. Il y a une confiance, une sympathie à l’égard de F. Mitterrand, très forte, très profonde. Ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle « tonton » ».

111127_melenchon_barbichu.jpg 

Interviewé par France 3 aujourd’hui:

 

JLM : « J’avais à la main, dans cette séquence, le cartable d’ouvrier de mon beau-père. Quand j’étais sénateur, ce cartable m’accompagnait partout, parce que c’était une trousse à outils et je voulais montrer mon lien avec cette classe ouvrière qui a fait ma vie ».

 

Le journaliste questionne : « Est-ce qu’il manque un François Mitterrand à gauche aujourd’hui ? »

 

JLM : « IL FAUT SUIVRE SON CONSEIL. IL FAUT FAIRE AUTRE CHOSE AUTREMENT, DISAIT-IL ; NOUS VOICI A PIED D’ŒUVRE. »

 

Le journaliste : « François Hollande n’est pas François Mitterrand ? »

 

JLM : « F. Mitterrand, l’essentiel de son œuvre a été le Programme commun, les 110 propositions, notamment la proposition n°38 qui préconise un référendum sur le nucléaire. Ça n’a pas été fait. C’est le moment de le faire. Il a uni la gauche : les communistes, les socialistes, les écologistes. C’est ce que l’on fait au Front de gauche, non ? Bienvenue au Front de gauche ! TACHONS DE FAIRE AUSSI BIEN QUE FRANCOIS MITTERRAND ET MÊME MIEUX ! »

 

 

Commentaires de Noël Collet:

 

« Il faut un sacré toupet pour présenter Mitterrand comme le créateur du Programme commun. L’essentiel a été construit par le PCF (Dans la stratégie continue de l’union, l’union, l’union, les élections au détriment de l’action). Quant aux 110 propositions, il n’en a tenu aucune. Il devait supprimer les agences d’intérim : elles ont crû à tous les coins de rue ! C’est depuis son avènement, que l’on a du « Cac 40 » à toute heure !

Faire aussi bien que Mitterrand ? Démolir la sidérurgie, la métallurgie lourde (Le Creusot), la construction navale (La Ciotat), privatiser les PTT, Air France, la Snecma (avec l’accord de R. Hue, MG. Buffet, JC. Gayssot) etc, etc… Ca promet.

 

MITTERRAND avait pour projet de PRENDRE 3 MILLIONS DE VOIX AU PCF : lors de la réunion de l’Internationale Socialiste qui a suivi la signature du Programme commun, on lui a reproché cette signature. Il a indiqué : « sur 5 millions de voix communistes, 3 millions peuvent voter socialiste ».

MELENCHON veut passer la deuxième couche ! Il reste encore un petit million de voix PCF.

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 16:54

Législatives 2012 : accord EELV/PS – La direction du PCF partie prenante !

 

Les « écologistes » et le PS ont montré le spectacle lamentable de leur négociation politicienne pour les législatives de 2012. Les quelques questions de principe du parti de la candidate Eva Joly, elle-même tentée un temps par le Modem, s’évaporent devant les ambitions électorales de ses ami(e)s. Pas de quoi être surpris.

Communistes, nous devrions pouvoir nous en moquer gentiment tout en mettant en avant des propositions de rupture fort éloignées de ces forces politiques de l’alternance. 

 

Mais nous découvrons, au passage d’un entrefilet de l’Huma du 23 novembre 2011 (page 6) et d’un communiqué de la direction (internet), que notre Parti est partie prenante de l’accord EELV/PS.

Déjà, il serait difficile pour la direction du PCF de donner des leçons vu les marchandages politiciens interminables et inachevés du Front de gauche pour la répartition des circonscriptions avec les « partenaires ».

 

Voilà que nous apprenons que le PS et EELV se sont engagés à ne pas présenter de candidats contre les sortants « communistes » et sont prêts à laisser quelques « bonnes » circonscriptions au Front de gauche.

« Communistes » entre guillemets car l’Huma se plaint d’une candidature EELV potentielle contre François Asensi, député sortant depuis 30 ans de Seine-Saint-Denis, passé à la FASE, groupuscule qui affirme que le PCF n’a plus de raison d’être.

 

Ah bon ! Donc en fait il y a un accord de toute la « gauche » pour l’alternance et une nouvelle « gauche plurielle » après 2012, avec répartition des places.

 

Roland Muzeau chef de file des députés d’origine PCF dans le groupe de la Gauche démocrate et républicaine, présidé par l’anticommuniste Yves Cochet, s’insurge dans le communiqué: Martine Aubry avait promis qu’il n’y aurait pas de candidat PS ou EELV contre les sortants Front de gauche. Ces méchants Verts ne tiennent pas leur engagement !!

 

Donc en fait tout est réglé ! Chacun joue sa partition. Mélenchon hurle dans le vide pour mieux racoler vers le PS. La direction du PCF a déjà négocié avec le PS ses sièges et ses places. On comprend pourquoi elle invite Mélenchon à calmer ses attaques (stériles répétons-le) contre Hollande.

 

C’est inacceptable. Les communistes ne sont même pas informés de ces tractations. Elles révèlent la raison d’être du Front de gauche : rabattre pour le PS de toutes les façons. 

 

C’est dramatique. La nécessité d’aujourd’hui est d’élever la riposte, à partir des luttes et du rapport de force anticapitaliste face à la politique de super-austérité qu’elle vienne, de la droite ou de la « gauche », sous l’égide de l’UE.

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 17:25

 

Tract en PDF

 

 

Solidarité avec les Grecs!

Unité des peuples contre les politiques d’austérité, contre l’UE du capital!

 

Ce qui se passe en Grèce nous concerne directement.

La Grèce est le laboratoire des politiques de super-austérité que les gouvernements nationaux, l’UE et les capitalistes veulent infliger aux peuples contre les salaires, la protection sociale, tous les acquis sociaux et démocratiques nationaux.

Au nom des dettes publiques qu’ils ont eux-mêmes creusées. On découvre que les plus grandes firmes grecques sont quasiment exonérées d’impôts pendant que les armateurs stockent des « euros forts » dans des coffres en Suisse. De la même façon en France, les entreprises du CAC 40 arrivent à payer trois fois moins d’impôt sur les sociétés que les PME.

Le plan de Bruxelles n’a rien de « l’aide à la Grèce » que l’on nous présente. Il vise à saigner encore le plus possible le peuple grec pour « sauver l’euro ». Il vise à mettre ce pays et les autres sous la tutelle de l’UE du capital. Prenons conscience que Sarkozy a signé un texte qui prévoit de placer les choix économiques et budgétaires de la France sous le contrôle des institutions européennes.

Le peuple grec résiste aussi de plus en plus fort face aux sacrifices tellement injustes qui lui sont imposés au profit de la finance. Le pouvoir grec est fragilisé. Les révoltes de l’autre côté de la Méditerranée sont toute récentes. Et en Grèce, la colère s’organise grâce à l’action d’avant-garde du Parti communiste grec (KKE) et des organisations syndicales révolutionnaires qu’il inspire.

La montée rapide de ces luttes oblige le premier ministre grec, Georges Papandréou, et les dirigeants européens à changer de stratégie pour continuer à faire passer leur politique.

Les pressions des institutions nationales et internationales sont maximales. Papandréou vient même de changer tout l’état-major des armées. Cette intimidation militaire souligne la gravité de la situation. Les menaces des grands impérialismes européens, d’abord l’allemand, se précisent.

Pour Sarkozy et Merkel, l’obsession est de maintenir un semblant de légitimité à l’Union européenne et à l’euro dans les pays les plus importants de la « zone euro », notamment en France. Les capitalistes européens ont besoin de cette monnaie de domination, de cet instrument pour imposer les politiques antisociales contre les peuples et les démocraties nationales.

Le référendum envisagé un temps par Papandréou cherchait à couper court à la révolte du peuple grec, à lui faire signer lui-même son plan de super-austérité. Il se garde bien de convoquer des élections générales aux résultats imprévisibles. Le Parti communiste grec ne manquerait de progresser fortement (9% en 2008). On va vers une « grande coalition » avec la droite, aussi disqualifiée que les socialistes, le temps de laisser passer le plan de Bruxelles.

Mais pour Sarkozy, Merkel ou Zapatero, toute expression démocratique, même biaisée, d’un peuple sur l’UE est risquée, intolérable. Du Danemark à l’Irlande en passant par les Pays-Bas et la France, les rares référendums organisés ont montré un rejet croissant des travailleurs de l’UE du capital depuis 20 ans. Un vote négatif des Grecs contre l’euro créerait un précédent politique qui ne pourrait qu’inspirer les autres peuples, un symbole de résistance des peuples aux politiques de superaustérité, en pleine crise du capitalisme.

Aussi UE, BCE et gouvernements vont continuer à chercher à imposer par le plan de Bruxelles. Plus que jamais, la logique de l’Union européenne, c’est de mettre les travailleurs européens en concurrence, de dresser les peuples les uns contre les autres dans l’intérêt des capitalistes de chaque pays. Une campagne médiatique est lancée de dénigrement du peuple grec qui ne « mériterait pas l’euro » (comme si c’était une chance !), pour qui les autres « peuples ne devraient pas payer ». Les fils sont gros ! Pour qui les peuples, grec, portugais, italien, mais aussi français et allemands paient-ils de plus en plus cher sur leurs salaires, retraites, protection sociale ? Tous pour les trusts et la finance ! 

Travailleurs, jeunes, retraités français, notre intérêt rejoint celui des Grecs. Nous sommes confrontés à la même politique.

L’UE oppose les peuples contre les autres. Opposons leur une véritable solidarité politique.

Il est très important que les Grecs entendent du peuple français un autre son de cloche que l’obéissance à l’UE du capital. Le consensus est total entre l’UMP, le PS et leurs rabatteurs pour défendre l’UE. Sur le plan économique et social, ils sont dans la même logique politique quel que soit le résultat des élections de 2012. Tout est lié.

Communistes, nous appelons en France, dans l’intérêt du peuple français comme en solidarité avec le peuple grec :

- à combattre le plus fortement les plans d’austérité que se succèdent et toutes leurs dispositions (taxe sur les mutuelles, baisse des remboursements de santé, hausse de la TVA etc.)

- à refuser tout plan de renflouement des banques avec de l’argent public, de « nationalisation des pertes », à exiger leur nationalisation intégrale sans indemnité pour les actionnaires.

- à remettre en cause la dette publique indue et toutes les politiques de cadeaux fiscaux et sociaux aux plus riches et au patronat.

- à refuser l’application du Traité de Lisbonne, des directives et règlements européens, du plan de Bruxelles, illégitimes, qui servent de prétexte et d’instruments aux politiques de casse économique et social en France et dans tous les pays de l’UE

- à remettre en cause l’UE du capital et son instrument l’euro.

Nous avons été plus de 20 millions de travailleurs à rejeter le Traité de Maastricht puis à mettre en échec la « constitution européenne ». Notre parti, le PCF a joué un rôle majeur dans ce résultat. Nous ne laisserons pas ces mobilisations décisives être récupérées par l’extrême droite pour le compte du système !

Solidarité avec les travailleurs et de l’ensemble du peuple grecs ! Unité internationale des peuples contre l’UE du capital !

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 08:03

Conseil national du PCF des 21 et 22 octobre 2011

Intervention de Dominique Negri, fédération de l’Isère

dominiquenegriRupture avec l’UE du capital et son instrument, l’euro : la direction du Parti doit cesser d’esquiver la question.  

L’orientation euroconstructive du Parti de la gauche européenne [d’ailleurs appointé par la Commission européenne] ne peut être transposée, comme ça, dans le PCF, de même que les conceptions de Jean-Luc Mélenchon dont je rappelle qu’il a voté pour Maastricht.

Quand j’entends avancer la perspective d’une réorientation progressiste de la BCE, je vois un mirage réformiste qui contribue gravement à réhabiliter une institution conçue contre les peuples et les démocraties nationales.

Quand j’entends Pierre Laurent redouter que « l’UE vole en éclats si on ne la refonde pas », je suis surprise. Pour moi, si on combat le capitalisme, on combat l’UE !

Les peuples font l’expérience douloureuse depuis 10 ans de l’euro. Tout ce que le PCF avait analysé et dénoncé dans les années 90 se réalise : concurrence accrue entre les peuples, délocalisations, reculs sociaux, renforcement des dominations impérialistes etc.

Depuis plusieurs mois, gouvernements, UE et BCE saignent les peuples pour « sauver l’euro » qui n’a sauvé personne de la crise au contraire.

D’un côté, il y a une « union sacrée » pour « sauver l’euro » et utiliser la crise pour aggraver la tutelle de l’UE sur les nations. Elle réunit aussi bien Sarkozy, Hollande, Aubry, Zapatero, Merkel… La pression de l’idéologie dominante est immense, inédite, pour défendre l’euro.

De l’autre côté, le rejet de l’UE du capital grandit. Son caractère de classe s’affirme encore davantage que lors des référendums nationaux, comme en France de 1992 et de 2005.  

La France n’a pas la même place dans l’UE que la Grèce. La sortie de la France de l’euro signifierait la fin de l’euro.

Une grande campagne politique est possible pour infliger une défaite majeure au capital. Je pense qu’elle est nécessaire, fondamentale pour démasquer et combattre le consensus des forces politiques de l’alternance. Celles-ci ont soigneusement délégué à l’extrême-droite nationaliste le soin de dévoyer l’opposition à l’euro et à l’UE, parfois certaines de nos positions historiques. Il est extrêmement dangereux de laisser faire.

Nous sommes 7 membres du Conseil national à avoir appelé à une campagne nationale du PCF pour la rupture avec l’UE du capital et la fin de l’euro (en lien sur vivelepcf.over-blog.fr). Le lien peut être établi rapidement avec la politique du pouvoir et ses effets.

Il est complètement anormal que ce point de vue, émanant de responsables communistes, ne soit pas publié dans l’Huma, ne soit pas discuté. J’appelle la direction à l’organisation d’un débat au niveau du CN, dans le Parti sur cette question. C’est urgent. Je rappelle que le congrès ordinaire où cette question aurait dû être discutée a été annulé.

La bataille contre l’UE du capital est une bataille internationaliste. Tout ce qui est gagné dans un pays sert les autres peuples. Le PCF a une immense responsabilité à poursuivre son combat historique, pour le rejet de l’application des traité et directives européens, contre l’euro.

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 15:39

Conseil national du PCF des 21 et 22 octobre 2011

Intervention d’Emmanuel Dang Tran, fédération de Paris

 

manu-96pppLe capitalisme utilise sa propre crise à son profit faute d’organisation révolutionnaire suffisamment forte. Voilà qui se vérifie à nouveau, en Tunisie, en Europe, en France.

La super-austérité sera-t-elle au menu avant ou après les élections de 2012 ? Les deux !

Une deuxième série de mesures antisociales est annoncée pour dans quelques semaines après le plan Fillon de la fin de l’été. Le système prépare le terrain à une nouvelle « cure » au lendemain des élections au nom de la récession prévisible et de la dette publique que cette même politique des gouvernements successifs a creusée. Baisse des salaires, « restructurations » ravageuses, privatisations, le patronat a le pied posé sur l’accélérateur.

Pourtant l’autre constat majeur dans la période, c’est la persistance d’une opposition massive à cette politique. Le rapport de force manifesté l’an dernier pour défendre les retraites ne s’est pas évaporé. La journée d’action du 11 octobre n’a pas été l’échec annoncé. La mobilisation des cheminots, à plusieurs reprises, notamment le mouvement spontané des contrôleurs, montre un point de convergence possible des luttes pour le service public, alors que les premiers trains de voyageurs privés doivent circuler en décembre. Le monde le l’éducation a massivement fait grève le 27 septembre. Dans les raffineries, la métallurgie, l’agro-alimentaire, d’importantes luttes se développent qui posent les questions fondamentales de la politique industrielle.

Mais l’enfermement de la perspective politique sur l’échéance électorale, y compris dans les stratégies syndicales, pèse lourdement et anesthésie le mouvement social, décisif pour tout changement.

Communistes, dans le contexte pré-électoral, dans la campagne pour battre la droite et repousser l’extrême-droite, notre priorité est d’élever le niveau de riposte en partant de ces luttes actuelles, bien réelles, dans la perspective de l’aggravation brutale de l’offensive capitaliste comme celle qui frappe tour à tour les autres pays d’Europe.

Le plus contre-productif pour cela est de s’enfermer de même dans la perspective électorale et de rentrer dans la logique de l’alternance.

Que changerait une alternance avec l’équipe de François Hollande ? Se fera-t-elle dans l’intérêt des travailleurs ou des capitalistes ? Nous devons le dire clairement.

Dans tous les pays d’Europe, quand un gouvernement, usé, n’arrive plus à faire passer sa politique au service du capital, il passe la main à l’équipe de réserve, dans un sens ou dans un autre. En France, cette équipe, c’est le PS et ses satellites, nous en avons une solide expérience depuis 30 ans.

L’entourage de Hollande commence déjà à remettre en cause les minces promesses, faussement présentées comme sociales, de son programme.

La « gauche » se prépare aussi à poursuivre les contre-réformes structurelles, à faire la part du travail que la droite a plus de mal à faire passer. Souvenons-nous que la RGPP appliquée par Sarkozy contre la fonction publique découle de la LOLF (loi organique relative aux lois de finance) adoptée en commun par la droite et la « gauche » en 2000.

Constatons que depuis 2007, le pouvoir sarkozyste a accéléré le processus de marchandisation des services publics et la destruction des statuts des personnels mais a très peu privatisé. SNCF, Poste… : qui va passer à l’étape suivante ? Nous avons l’expérience de 1997/2002. Le choix récent des socialistes à la Région Ile-de-France de mettre en concurrence la RATP sur plusieurs lignes de tramway est indicatif.

La droite a considérablement dégradé les prestations de la Sécurité sociale en continuant la sape de son financement par la cotisation sociale. Le programme du PS, Aubry comme Hollande, prépare, avec un rôle nouveau de la CSG et sa fusion avec l’impôt sur le revenu, une remise en cause complète, gravissime, de ses fondements mêmes.  

Enfin, droite et « gauche » tirent la même conclusion de la crise : ils veulent « plus d’Europe », plus de « gouvernance européenne », c'est-à-dire de mise sous tutelle des démocraties nationales pour imposer le carcan de l’UE du capital.

Il est remarquable que le grand nombre qui veut se débarrasser à tout prix de la droite au pouvoir ne se fait pas non plus d’illusions sur le PS et l’alternance. Nous l’entendons tous les jours dans nos actions. Alors surtout, ce n’est pas au PCF d’en semer !

Le titre de l’Humanité-dimanche du 20 octobre est dramatiquement révélateur. « Hollande/Mélenchon, la véritable primaire commence ». On dénonce le danger du « vote utile » et on démontre l’inutilité du vote Mélenchon ! Celui qui va gagner, pas de doute, c’est Hollande ! Voilà qui confirme combien Mélenchon n’est qu’un rabatteur socialiste et le Front de gauche une force d’appoint de l’alternance.

Dans le détail, sur le même mode, le rapport du CN met en avant les « propositions de loi qu’une majorité de gauche devrait défendre ». C’est prendre les choses complètement à l’envers, placer les institutions avant les luttes, la victoire électorale de la « gauche » comme seul salut.

Pour sortir de cette impasse stratégique, il faudrait que le PCF affirme haut et fort qu’il exclut toute participation gouvernementale si Hollande est élu.   

De la même façon dans les contenus, Mélenchon et le Front de gauche font le complément du PS. Mélenchon peut promettre un peu n’importe quoi « s’il est élu », « s’il arrive en tête de la gauche ». Mais précisément ses quelques propositions s’apparentent à des surenchères sur le programme du PS qui du coup passe pour insuffisant mais allant quand même dans le bon sens. C’est tout le contraire que le PCF devrait produire dans la campagne : battre en brèche le consensus UMP/PS (et FN), porter les propositions de rupture fondamentales.

Il est heureux d’entendre enfin de nouveau le mot « nationalisation » mais soyons précis. Par exemple sur les banques.Un « pôle public financier », avec les institutions qui restent que la gauche plurielle n’a pas privatisées, c’est une belle illusion réformiste. Quand le PS et la droite voient que la recapitalisation des banques va devenir une nécessité pour « sauver l’euro » de la crise, ils préparent l’opinion à un nouveau renflouement, une sorte de nationalisation des pertes. La présence de quelques représentants de l’Etat en contrepartie dans le Conseil d’administration pour « impulser une autre politique du crédit » ne sera qu’un emballage pour faire passer la pilule. La nationalisation que nous voulons, c’est la nationalisation intégrale de chaque banque, sans indemnité aux actionnaires déjà gavés de dividendes (et la réintégration de la Banque Postale dans La Poste).

Le consensus le plus fondamental que le PCF devrait faire exploser, dans la suite de ses positions historiques, c’est le consensus européen. Que le Maastrichien Mélenchon défende l’UE et l’euro au nom d’une « autre Europe », c’est logique. Mais comment Pierre Laurent peut-il s’inquiéter que « l’UE risque de voler en éclats si elle n’est pas refondée » ? Là encore, il faut arrêter de semer des illusions, de chercher par tous les moyens comme le PGE à relégitimer l’UE dont le but est d’écraser les résistances nationales aux politiques du capital. Une bataille pour la rupture avec l’UE du capital et la fin de l’euro, instrument de la politique européenne d’austérité à perpétuité, peut déboucher sur une victoire politique majeure, quand « sauver l’euro » est l’obsession des dirigeants européens et le moyen de saigner les peuples. Le minimum, c’est d’ouvrir le débat dans le Parti, au CN. UE, Monnaie unique : est-ce que tout ce que le PCF a défendu jusqu’aux années 90 est à jeter aux orties ?  

Le malaise est grand dans le Parti. Cela se reflète également au Conseil national. Mélenchon et les prétentions du Parti de gauche passent très mal chez les camarades. Le Front de gauche profite unilatéralement aux « partenaires ». Ils auraient tort de se priver de ce que leur apporte la poursuite de la stratégie d’effacement du Parti.

Des organisations parallèles du Front de gauche se constituent, avec plus ou moins de difficultés, à tous les niveaux, tendant à supplanter celles du Parti. Elles se créent autour notamment de certains qui l’ont quitté, il y a plus ou moins longtemps, sur une base « droitière », contestant la raison d’être de la forme parti communiste, de personnalités d’obédience socialiste… Englober le PCF, en le vidant de sa substance, dans une organisation vaguement à gauche : le but du Front de gauche se confirme.

On ne peut laisser banaliser, aussi au Conseil national, des déclarations politiques aussi lourdes de signification que celles qu’a prononcées Pierre Laurent à la Fête de l’Humanité.

«  Et permettez-moi un mot à l’attention de mes amis socialistes et d’Europe-écologie/les Verts. Ma franchise sera excusée.

Il y a vingt ans, vous nous disiez : soyez démocratiques et nous sommes devenus démocratiques.

Il y a dix ans, vous nous disiez : soyez écologistes et nous sommes devenus écologistes.

Alors aujourd’hui, à vous amis socialistes et écologistes, nous vous disons : soyez de gauche ».

Les socialistes auraient eu raison ! Le modèle politique démocratique, c’est le PS. Ah non alors !

La raison d’être des partis communistes, de leurs fondements théoriques, de leur forme d’organisation spécifique, éprouvés par l’Histoire et une longue réflexion inachevée sur le socialisme et la démocratie, est plus grande que jamais pour les travailleurs dans la lutte des classes.

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 15:34

Conseil national du PCF des 21 et 22 octobre 2011 

Intervention de Claude FAINZANG, fédération de Paris

 

claudefainzangIl faut condamner fermement le processus des primaires, régression démocratique largement médiatisée, qui enferme l’alternative politique dans un simple choix électoral de personne en 2012. La forte participation traduit une aspiration au changement ; mais attention, cette primaire a été boudée par les quartiers populaires : 14% à Paris contre 4% nationalement.

La candidature d’Arnaud Montebourg a servi à canaliser une part de la contestation sociale sur François Hollande. Au tour de Mélenchon de rabattre sur Hollande au 2ème tour, comme la couverture de l’Humanité Dimanche du 20 octobre le traduit si bien [Mélenchon/Hollande : la véritable primaire commence].

Je veux rappeler les promesses des dirigeants grecs, avant les élections, d’augmenter les salaires de 5% ; et après les élections, les salaires ont été baissés de 20% ; 40% chez les fonctionnaires.

Les forces de droite comme de gauche canalisent le mouvement de protestation à tour de rôle. Après les élections ils appliquent la même politique. Quand même, camarades, nous ne découvrons pas l’alternance électorale !

Alors soyons clairs. C’est l’exigence minimale que d’affirmer dès maintenant que le PCF ne participera pas au gouvernement en 2012.

Les mobilisations actuelles (enseignants, cheminots, ouvriers de la sidérurgie lorraine ou des raffineries) indiquent la voie indispensable pour riposter à la politique du capital et obtenir un vrai changement : la lutte !

Il y a quelques années, on disait dans le Parti : « priorité au mouvement populaire ». Cela semble bien loin !

A nous, communistes, de faire monter de véritables propositions de rupture : nationalisations démocratiques, affranchissement vis-à-vis de l’UE et de l’euro, défense du financement de la Sécurité Sociale, hausse du SMIC et des salaires (sans attendre), rétablissement d’une échelle mobile des salaires, défense des services publics.

Faire monter le refus de l’application des traités et directives européennes est essentiel.

On voit bien le rôle joué par l’UE, la BCE, le FMI : ils aident les gouvernements à saigner les peuples. Les directives européennes, le traité de Lisbonne, sont des instruments pour coordonner les politiques antisociales, l’euro un instrument pour les imposer.

Nous voyons ce que coûte aux peuples le sauvetage de l’euro. IL serait de notre responsabilité de faire le lien entre l’euro, les politiques nationales antisociales et les problèmes immédiats des gens. Je partage pleinement la proposition de Dominique Negri d’organiser dans le Parti un débat sur la sortie de l’euro, la rupture avec l’UE du capital.

Bien sûr, il faudra battre Sarkozy et l’extrême droite. Mais la question n’est pas QUI va continuer la politique au service de l’argent, mais comment on la combat, comment on commence à la mettre en échec.

Le choix du moins pire ?  NON ! On a déjà donné. Il faut faire grandir des positions de rupture et contribuer au développement des luttes.

A propos du matériel qui sera tiré pendant les campagnes électorales, je demande qu’il y ait du matériel « PCF ». On a vu ce que cela a déjà coûté aux régionales de ne pas le faire.

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 20:34

Papandréou convoque un référendum pour tenter de contenir la révolte du peuple grec. Utiliser toutes les contradictions du capital pour faire avancer nos luttes.

 

Vivelepcf (EDT), 1er novembre 2011

 

La montée de la révolte du peuple grec et de son organisation par le Parti communiste grec et les organisations syndicales qu’il inspire commence à bousculer les calculs des capitalistes européens.

 

Il y a à peine quelques jours, Nicolas Sarkozy et ses collègues chefs d’Etat et de gouvernement européens, globalement soutenus par le PS français, vantaient les vertus de leur plan de Bruxelles pour sauver l’euro : Pour « sauver l’euro » en continuant à pressurer le plus possible le peuple grec.

 

111101_papandreou.jpgMais voilà que le 31 octobre, Georges Papandréou, premier ministre grec, est obligé de les prendre totalement à contrepied. En annonçant la tenue d’un référendum dans son pays sur le plan de Bruxelles en janvier 2012, il le rend caduc dans les faits, au moins jusqu’à cette date.

 

En 24 heures les commentateurs français, journalistes et politiciens, dépités, retrouvent leurs formules méprisantes contre les peuples, celles qu’ils ont utilisées contre les Danois, les Néerlandais, les Irlandais et bien sûr les Français quand, tour à tour, ils ont voté contre l’UE du capital. Ciel, comment donner la parole à des gens qui ne comprennent rien, qui risquent de ne pas comprendre la question posée !

Ils comprennent d’autant mieux que ces donneurs de leçon qu’ils ne sont pas de la même classe sociale !

 

Sans nul doute, l’ampleur de la protestation de couches de plus en plus larges de la population grecque a contraint M. Papandréou.

 

Les travailleurs, les retraités, les jeunes Grecs ne sont pour rien dans la « crise financière ». Comment pourraient-ils accepter de telles coupes dans les salaires, les retraites, les services publics pour les capitalistes et les usuriers, pour une « dette » qui ne cesse de se creuser ? Comment accepter la mise sous tutelle du pays par l’UE, la BCE et le FMI, dont se satisfait bien le gouvernement et que le plan de Bruxelles veut rendre définitive ? Comment accepter l’humiliation et la xénophobie anti-grecque orchestrée par l’UE ?

 

Grèves et manifestations s’amplifient. Le mouvement de désobéissance civile devant les nouveaux impôts iniques gagne. L’économie est paralysée. Les syndicats réformistes commencent à ne plus contrôler la situation sociale. Le pouvoir commence à être fragilisé. Les cérémonies pour la Fête nationale du 28 octobre ont été perturbées, le président de la République devant même quitter la tribune du défilé de Thessalonique devant l’expression de la défiance populaire.

 

L’acte politique de M. Papandréou, disqualifié dans son pays, est très réfléchi. Dans ces conditions qui évoluent vite, face au peuple, imposer le plan de Bruxelles peut faire franchir une nouvelle étape au mouvement populaire. Cela pourrait mettre en échec tout le « sauvetage de l’euro », n’en déplaise à M. Sarkozy et Mme Merkel. Dans le même, cette situation met en évidence des intérêts propres au capitalisme grec, qui ne coïncident pas nécessairement, notamment sur l’euro, avec ceux du noyau européen.

 

Le premier ministre prend garde de convoquer des élections anticipées comme tout le pays le demande.

En organisant un référendum sur le Plan de Bruxelles, il se donne les moyens d’exercer un véritable chantage sur les électeurs, de les associer à la politique du capital, d’obtenir une caution démocratique.

Les pressions vont être maximales pour les faire voter oui, pour leur faire accepter eux-mêmes ce qui sera présenté comme la moins pire des solutions. S’ils votent non, le système les rendra responsables d’un scénario de remplacement qui pourrait être une intervention directe de la BCE contre d’autres sacrifices.

Pour le pouvoir en Grèce, il est trop tôt pour organiser l’alternance. La droite n’a passé la main aux socialistes qu’en 2009. Elle sera moins embarrassée en tant qu’opposition comme en tant que relève gouvernementale après le référendum.  

 

Le Parti communiste grec (KKE) dénonce l’opération politicienne et ses arrière-pensées. Il intensifie son action pour organiser la colère loin des compromissions réformistes et des provocateurs d’où qu’ils viennent. Il fait monter l’exigence du refus des mesures d’austérité, de l’annulation unilatérale de la dette publique, du désengagement de la Grèce de l’Union européenne. La question du rapport de force pour le pouvoir est au cœur de son intervention de masse. Ce n’est pas un hasard si la répression s’abat sur ses militants.

 

La résistance du peuple grec appelle toute la solidarité des travailleurs français. Toutes les luttes nationales servent les autres peuples.

La lutte des Grecs peut faire échouer l’accord de Bruxelles qui prépare l’austérité perpétuelle, la « règle d’or » européenne contre notre propre peuple. C’est un point d’appui même si un autre « plan européen » est à attendre. La légitimité de l’UE du capital ne cesse de se dégrader.

 

En France, le plan Fillon n’était qu’un avant-gout. Déjà un deuxième plan de rigueur est annoncé pour la fin de l’année, un autre est hautement prévisible dès les lendemains des élections de 2012. Amplifions la riposte contre chacune de ses mesures sans nourrir d’illusions sur 2012 !

 

Une part plus grande de la dette grecque va sans doute être effacée. On ne pleurera pas pour les prêteurs qui se sont déjà gavés d’intérêts. Le besoin de recapitalisation des banques françaises va augmenter. Le gouvernement français va devoir se préparer à renflouer les banques avec de l’argent public. Une mobilisation de grande ampleur est possible contre cette « nationalisation des pertes », contre la politique des banques, pour une nationalisation intégrale de chaque banque sans indemnité pour les actionnaires.

 

En France aussi, la question de la remise en cause d’une partie de la dette est plus que jamais posée comme de la politique qui la creuse en multipliant les cadeaux fiscaux et les exonérations sociales au profit des riches et du patronat.

 

« Sauver l’euro » ? Les gouvernements européens ont de plus en plus de mal à défendre cet instrument central de leur politique actuelle et future au service du capital. L’euro est l’instrument de cette politique économique, budgétaire européenne, décidée hors des démocraties et des résistances nationales.

Poursuivons les mobilisations contre Maastricht et contre le TCE !

Si cela ne tenait qu’à la Grèce, cela fait longtemps que les gouvernements européens l’auraient laissée quitter la zone euro. Cela correspond d’ailleurs à l’intérêt d’une partie des capitalistes grecs, handicapés, par exemple dans le tourisme, par « l’euro fort ». D’autres secteurs, comme les armateurs, accumulent les profits en euros et rachèteraient bien leur pays privatisé en drachmes dévaluées.

Mais la sortie de la Grèce de l’euro représenterait une profonde défaite politique pour les tenants de l’UE du capital, la dissipation définitive du mythe de l’Europe solidaire, une menace sérieuse de développement des luttes, de « contagion », contre l’UE du capital dans chaque pays, notamment en France. La fin de l’euro en France, c’est plus d’euro du tout. Ce serait une défaite sans précédent des tenants de l’UE du capital. D’où la pression sur la Grèce et les contradictions qu’elle met en évidence et que nous avons intérêt à exploiter.

 

C’est pour défendre l’UE et l’euro que se manifestent le plus nettement le consensus entre l’UMP, le PS et leurs satellites. Le système a confié à l’extrême-droite nationaliste la mission de dévoyer les positions défendues historiquement par le PCF contre l’Europe supranationale du capital.

Les événements en Grèce nous incitent plus que jamais à les reprendre, à les porter haut et fort parce que nous luttons contre le capitalisme, parce cette lutte ne peut être qu’internationaliste.

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 20:00

« Vive la France soviétique ! » Charles Michels, 22 octobre 1941, Châteaubriant

 

edt pour vivelepcf

 

« Vive la France soviétique » : Charles Michels a pu écrire ces derniers mots sur une planche du baraquement du camp de Châteaubriant où lui et ses 26 camarades attendaient leur exécution. Ces mots, le dirigeant et député communiste, le responsable syndical, les a bien pesés.

111027_charles_michels.jpg 

70 ans après le 22 octobre 1941, l’assassinat des 27 martyrs communistes de Châteaubriant continue de marquer l’histoire et le présent. En témoignent toutes les interprétations et récupérations politiques dont il fait l’objet.

 

A travers la figure juvénile de Guy Môquet et de son émouvante lettre à sa famille, M. Sarkozy et ses conseillers ont essayé d’enrôler les résistants communistes dans un mouvement vague et unanimiste pour mieux nier l’organisation communiste.

La tentative a fait long feu. Le Président n’y revient plus car elle se retourne contre lui.

En ces temps de crise aigüe du capitalisme, l’engagement réfléchi, malgré le jeune âge, du lycéen communiste ne peut qu’aider le sentiment de révolte de la jeunesse d’aujourd’hui à se structurer à retrouver les voies de l’organisation léniniste qui était la sienne.

 

D’autres, en phase avec l’air du temps, c'est-à-dire de l’idéologie dominante, voudraient – quel conformisme ! – assimiler l’engagement de ces grandes figures communistes à de « l’indignation », leur perspective révolutionnaire à un simple parti pris « humaniste ».

 

De l’indignation, oui il y en a eu en 1941 à Châteaubriant : l’indignation de la population castelbriantaise, dans une région pourtant largement dominée politiquement par la réaction. L’exécution de nos camarades souleva un mouvement profond de solidarité devant l’injustice, le crime de l’occupant et de ses valets. Grâce à l’action notamment de quelques communistes, souvent institutrices et instituteurs, des réseaux de résistance conséquents se constituèrent, aidèrent aux évasions d’autres internés dans les mois et années suivants, sabotèrent.

 

Mais le 21 octobre 1941, la réflexion de nos 27 camarades n’est pas celle d’indignés de la veille. Elle est celle de militants communistes hautement conscients du combat à venir. Les collabos qui les ont arrêtés dans leur travail de reconstitution du PCF en 1940 ne se sont pas trompés. Le ministre collabo Pucheu ne s’est pas trompé en sélectionnant précisément le nom des otages à exécuter. Les nazis ne sont pas trompés en les assassinant. Entre communistes et fascistes rien d’autres ne peut couler que des rivières de sang.

L’exemple qu’ils voulaient donner est encore aujourd’hui un Exemple pour les travailleurs et la jeunesse.

 

Dans leur dernière nuit, nos camarades comprennent que toute résistance physique est vouée à l’échec. Ils réfléchissent, notamment Charles Michels, à comment leur mort pourra avoir la signification maximale pour continuer la bataille dont ils pressentent les développements. Jusqu’au bout, l’organisation communiste, indissociable de la perspective du socialisme, dont l’URSS est le symbole et la réalisation, fait de ces hommes, d’âges et d’expériences différents, des militants si hautement conséquents, si hautement communistes.

 

Organisation révolutionnaire et perspective révolutionnaire : voilà ce qui a conduit les 27 à cet acte héroïque, si réfléchi.

Ils étaient communistes, matérialistes, non point idéalistes, indignés, humanistes ou que sais-je encore. C’est pour cela que Pucheu les a choisis, que les nazis les ont tués, que Sarkozy et d’autres tentent de déformer leur mémoire, que, communistes français, nous les honorons.

 

Avec Charles Michels, clamons : « vive la France soviétique ! »    111027_chateaubriant.jpg

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 15:43

Manifestations du 11 octobre : sortir le mouvement social du carcan électoral

 

par EDT pour vivelepcf - 13 octobre 2011 

 

111011_manif_.jpgLa journée d’action, de grève et de manifestation interprofessionnelle du 11 octobre 2011 n’avait pas encore commencé que tous les commentateurs, parfois même syndicaux, décrivaient son échec, son caractère « symbolique ».

Ce n’est pas ce que nous avons vécu dans les rues. Evidemment, il y avait beaucoup moins de monde qu’il y a douze mois pour les retraites et cette défaite continue à peser très fortement. Mais dans de nombreuses villes de province comme à Paris, il y avait bien plus de monde que les « habitués » à défiler.

A la SNCF, cela se confirme, la mobilisation est forte dans ces mois où s’accélère la marche à la concurrence et à la privatisation. Les taux de grévistes, 30% en moyenne, ont pu atteindre 100% dans certains établissement (ex : le tramway T4 en Ile-de-France). Comme l’an dernier, la participation de salariés du privé a souvent été remarquée, au moment où, dans l’industrie PSA annonce 10% de suppressions d’effectifs, Arcelor ferme les derniers hauts-fourneaux lorrains, les pétroliers liquident la filière raffinerie etc.

 

L’aspiration au changement politique est immense dans le monde du travail. Beaucoup ont conscience que cela ne pourra passer qu’avec les luttes, par les luttes.

 

Mais tous est fait, du côté du pouvoir, des media, comme des organisations réformistes, pour enfermer la perspective politique dans le cadre des élections, de l’alternance en 2012. Le temps des luttes suspendrait son cours. Les manifestations ne pourraient plus avoir pour but que d’affirmer l’opposition de catégories de salariés à la politique de la droite au service du Medef et d’essayer d’influer sur le programme et la politique éventuelle d’un futur pouvoir de gauche.

 

Déjà l’an dernier, au moment du mouvement pour les retraites, l’ombre de 2012 a lourdement pesé. Le refus par les responsables syndicaux d’exiger le retrait du projet de loi Woerth, la demande « d’une autre réforme », aux contenus à définir et réalisée nécessairement par un gouvernement ultérieur, n’a pas aidé à concentrer le rapport de force, considérable, capable d’obtenir une victoire immédiate qui aurait été décisive. La personnification, par beaucoup d’acteurs, de la politique du pouvoir sur Sarkozy (« il s’obstine, il n’écoute pas, il le paiera » ou en plus grossier le démobilisateur « Casse toi pov’ con ! » du Parti de gauche) a détourné le mouvement vers l’échéance électorale. La recherche à tout prix de l’unité des organisations, y compris CFDT et PS, qui acceptent l’allongement de la durée de cotisation, a réduit les possibilités de rassemblement pour la retraite à 60 ans. Là aussi, la perspective sous-jacente, était déjà celle d’une majorité électorale en 2012.

En 2009, la très forte mobilisation pour La Poste a également été déviée vers la perspective électorale, avec l’organisation d’une « votation » pour un « référendum », renvoyant mécaniquement aux élections suivantes. Les initiateurs avaient pris soin de ne pas la faire porter sur l’application de la directive européenne de mise en concurrence du courrier pour ne pas gêner l’unité de la « gauche ».

 

Cette stratégie réformiste s’oppose à la construction, à partir des revendications dans les entreprises, de rassemblements capables d’imposer des positions de rupture, de commencer à faire reculer la politique au service du capital.

 

Communistes, ce sont précisément nos objectifs.

 

Quel contraste entre la volonté de changement exprimé dans la rue ce 11 octobre, partagée par des millions d’autres qui n’ont pas vu de perspective suffisante pour se déplacer, et simultanément le jeu politicien des primaires du PS ! Tout le battage rabat vers un « champion de la gauche » porteur du consensus libéral européen. Le PS a laissé passer le plan de renflouement des banques en 2008, vient de voter le plan européen d’étranglement du peuple grec avec l’UMP, a ratifié avec la droite le traité de Lisbonne etc.

 

Dans les mois qui viennent, malgré l’écrasement de la perspective politique avec le jeu de rôles des présidentielles, communistes, nous continuerons à construire la riposte, sur des positions de rupture fondamentales : nationalisations démocratiques, défense du financement solidaire de la sécurité sociale, rupture avec l’UE du capital et son arme, l’euro...           

 

Portons l’action et le débat sur les sujets où toute démagogie électoraliste est impossible !

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 12:12

Dimanche dernier, je n'ai pas voté. Je n'irai pas voter dimanche prochain.

Par Marc Jammet (PCF Mantes-la-Jolie) http://marc.jammet.over-blog.com


Plus de deux millions d'électeurs se sont déplacés pour participer à la primaire du Parti socialiste. Je n'en ai pas fait partie dimanche dernier. Je n'en ferai pas non plus partie dimanche prochain pour plusieurs raisons:

  • je ne suis pas membre du Parti socialiste, ni sympathisant et je n'ai donc aucune raison de m'ingérer dans la désignation du candidat socialiste.
  • Avec cette primaire, il s'agit justement de désigner le candidat socialiste et non celui de toute la gauche. En confondant volontairement dans ses tracts son candidat et celui de la gauche, le Parti socialiste tente une OPA sur cette dernière. Ce n'est pas acceptable et c'est anti-démocratique. C'est à l'issue du premier tour de l'élection présidentielle en avril 2012 que les électeurs - tous les électeurs - décideront du candidat de gauche arrivé en tête.
  • Ce véritable coup de pub, avec l'appui volontaire des services de l'Etat et l'engagement de tous les médias, au profit d'un seul parti - désigné à l'avance comme le seul devant compter à gauche - est également une entorse très grave à l'égalité de traitement entre les partis dans notre société.
  • Et cette entorse grave à l'égalité de traitement entre les partis est, à mon avis, sciemment organisée: fin 2.000 réduction du mandat présidentiel à 5 ans et coïncidence entre les élections présidentielle et législatives (la première devant "déterminer" la deuxième), primaires du PS que l'UMP annonce déjà vouloir copier dans 5 ans .... Ce qui est en ligne de mire, c'est d'imposer deux forces politiques - et deux seules! - aux programmes nuancés mais tout à fait compatibles - hors desquelles les électeurs n'auraient plus le choix. Cela a un nom: c'est une dérive vers un système à l'américaine qui, quel que soit le choix des électeurs, laissera inchangée la politique menée comme on a pu le constater avec Bush et Obama.
  • Contrairement à ce que le nombre d'électeurs de cette primaire le laisse entendre, une telle dérive serait un recul important de la citoyenneté et de la possibilité d'intervention des citoyens. On confond volontairement ici le choix à faire entre quelques candidats (désignés préalablement par des écuries politiciennes) et l'intervention des citoyens eux-mêmes, leur réflexion, le débat lui-même. Cela a la couleur de la démocratie, cela peut en avoir le goût mais c'est avant tout remiser les électeurs dans un choix stérile dont ils ne maîtriseront pas les contours.

Dans tous les pays soumis aux dictatures, les peuples se lèvent pour remettre en cause la mainmise d'un parti unique sur la société. 

En Tunisie, ce sont plus de 100 partis politiques qui ont été déclarés en quelques mois. C'est une formidable aventure, une formidable richesse démocratique.

Allons-nous, en France, décider (ou laisser décider pour nous) de réduire notre démocratie à un choix entre deux candidats de deux partis et ce, une fois tous les 5 ans?

Non seulement ce serait anti-démocratique mais extrêmement dangereux pour la démocratie elle-même.

Est-ce un hasard si c'est justement après la réforme constitutionnelle de 2.000, après 5 années de pouvoir de la gauche où le nombre de privatisations n'a jamais aussi élevé ... que Jean-Marie Le Pen accède au second tour en 2002 et élimine le candidat de la gauche?

Au lieu de pleurnicher et d'avancer la seule idée qu'il faut dorénavant limiter le nombre de candidats - c'est à dire réduire la démocratie -, les partis politiques n'auraient-ils pas dû réagir de manière efficace sans toucher à la démocratie: instaurer un seuil (10% par exemple) à partir duquel un candidat peut se présenter au deuxième tour de la Présidentielle (et laisser ainsi le libre choix aux électeurs), s'engager à modifier leur comportement fait alors de davantage d'écoute des citoyens, de courage politique et de refus des compromissions - c'est à dire élargir la démocratie?

Cela aurait pu être un des enjeux majeurs de cette élection présidentielle avec un candidat communiste portant notamment ces valeurs.

La direction nationale du PCF, en s'appuyant sur un simulacre de démocratie interne, a malheureusement cédé aux sirènes de la pensée unique en préférant l'addition des étiquettes politiques avec le "Front de Gauche" et son programme qui n'est ni populaire ni partagé, au vrai dialogue en grand avec les citoyens, leur intelligence et leurs espoirs.

Une telle démarche est d'autant plus nécessaire qu'une partie de plus en plus importante du patronat (et des financiers) français verrait d'un bon oeil l'élection d'un président de gauche qui, profitant de son "état de grâce", décrèterait des mesures impopulaires (comme en Espagne ou en Grèce) que Sarkozy n'arrive plus à imposer.

Il y aura bien besoin alors d'un parti qui continue à porter la revendication d'une société débarrassée du capitalisme, qui contribue à construire, à faire vivre, et à rendre incontournable cet espoir que la majorité des partis politiques tente de détruire à l'occasion de cette présidentielle.

Autrement dit: plus que jamais, il y a - et il y aura - besoin en France d'un parti communiste digne de ce nom.

Marc Jammet. 

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