Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

A LA UNE

NOUVEAU SITE ACTUALISE QUOTIDIENNEMENT: http://vivelepcf.fr/

 

36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 18:36

Déclaration finale de la 13ème rencontre des partis communistes et ouvriers à Athènes

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La 13ème rencontre des partis communistes et ouvriers s’est tenue à Athènes du 9 au 11 décembre 2011 sur le thème :

 

« Le socialisme est l'avenir !

La situation internationale et l’expérience des communistes, vingt ans après la contre-révolution en URSS. Les tâches à accomplir pour le développement de la lutte de classe dans les conditions de la crise capitaliste, des guerres impérialistes, des luttes populaires et des soulèvements en cours, pour les droits des ouvriers et des peuples. Le renforcement de l'internationalisme prolétarien et du front anti-impérialiste, pour le renversement du capitalisme et la construction du socialisme »

 

111211_rencontres_Athenes.jpg

 

Les représentants de 78 partis venant de 59 pays différents ont pris part à la rencontre. Nombre de partis qui ne sont pas parvenus à participer pour des raisons indépendantes de leur volonté ont envoyé des messages écrits.

 

Nous saluons depuis Athènes la montée des luttes populaires. Elles libèrent un immense potentiel émancipateur contre l'impérialisme, contre l'exploitation et l’oppression capitalistes, pour les droits sociaux, les droits au travail, le droit à la société sociale des travailleurs du monde entier.

 

La rencontre s’est tenue dans le contexte critique où la crise capitaliste, profonde et prolongée, continue de dominer la situation internationale. Elle s'accompagne d'une escalade de l’agressivité de l'impérialisme telle qu’elle s'est exprimée dans les décisions du Sommet de Lisbonne qui a défini la nouvelle stratégie de l'OTAN. Cette réalité confirme les analyses dressées dans les déclarations des 10ème, 11ème et 12ème rencontres internationales qui ont eu lieu au Brésil (Sao Paulo) en 2008, en Inde (New Delhi) en 2009 et en Afrique du sud (Tshwane) en 2010.

 

Il devient de plus en plus évident pour des millions de travailleurs que la crise est une crise du système. Il ne s'agit pas de défaillances au sein du système mais c'est le système lui-même qui est défaillant et qui engendre des crises régulières et périodiques. Cette crise provient de l’aiguisement de la contradiction principale du capitalisme entre le caractère social de la production et l'appropriation privée capitaliste et non de telle ou telle gestion du système ou de tel ou tel dysfonctionnement dû à la cupidité de quelques banquiers ou capitalistes ou encore au manque de mécanismes régulateurs efficaces. Cela souligne les limites historiques du capitalisme et la nécessité de renforcer les luttes pour la rupture anticapitaliste et antimonopoliste, le renversement révolutionnaire du capitalisme.

 

Aux États-Unis, au Japon, dans l'UE et dans d'autres économies capitalistes, les impasses des diverses formes de gestion bourgeoise sont manifestes. D'un côté, les politiques d’austérité mènent à une récession profonde et prolongée. De l’autre côté, les politiques expansionnistes, avec de grands plans d’aides publiques aux groupes monopolistes, au capital financier et aux banques fait grimper l'inflation et gonfler la dette publique. Le capitalisme transforme les faillites privées en faillites publiques. Le capitalisme n'a pas d'autre réponse à la crise que la destruction massive des forces productives et des ressources, les licenciements de masse, les fermetures d’usine, l'offensive généralisée contre les travailleurs et les droits syndicaux, contre les salaires, les retraites et la sécurité sociale, la baisse des revenus de la population, la hausse massive du chômage et de la pauvreté.

 

L'offensive antipopulaire se renforce. Elle se manifeste avec une intensité particulière dans certaines régions. La concentration et la centralisation du capital monopoliste intensifient le caractère réactionnaire du pouvoir politique et économique. Sont mises en avant les restructurations capitalistes et les privatisations pour la compétitivité et la maximisation des profits du capital, pour lui assurer une force de travail à moindre coût et un recul de plusieurs décennies en termes de droits sociaux et de droits des travailleurs.

 

L'intensité de la crise, sa simultanéité à l'échelle mondiale, la perspective d'une reprise lente et faible intensifient les difficultés des forces bourgeoises à gérer la crise, ce qui amène à l'aiguisement des contradictions et des rivalités inter-imperialistes. Le risque de déclenchement de guerres impérialistes s’accroît.

 

Les attaques envers les droits démocratiques et la souveraineté des peuples s'intensifient dans de nombreux pays. Les systèmes politiques deviennent plus réactionnaires. L'anticommunisme se renforce. Les mesures se généralisent contre l'activité des partis communistes et ouvriers, contre les syndicats, contre les libertés politiques et démocratiques. Les classes dirigeantes multiplient les tentatives pour piéger le mécontentement populaire au travers de changements de système politique, en recourant à une série d'ONG pro-impérialistes et d'autres organisations, en tentant de canaliser la colère populaire dans des mouvements soi-disant sans affiliation politique ou même présentant des traits réactionnaires.

 

Nous saluons les luttes et révoltes populaires et ouvrières de grande ampleur pour les droits démocratiques, sociaux et politiques contre les régimes antipopulaires au Moyen-Orient et en Afrique du nord, tout particulièrement celles de Tunisie et d’Égypte. Malgré les contradictions révélées par la situation actuelle, elles constituent une expérience significative que le mouvement communiste doit étudier et dont il doit se servir. Dans le même temps, nous condamnons fermement la guerre impérialiste de l'OTAN et de l'UE contre le peuple Libyen et les menaces d’ingérence dans les affaires intérieures de la Syrie et de l'Iran ainsi que d’autres pays. Nous considérons que toute intervention étrangère contre l'Iran, sous quelque prétexte que ce soit, va à l’encontre des intérêts des travailleurs iraniens et de leurs luttes pour les libertés démocratiques, la justice sociale et les droits sociaux.

 

Ces événements confirment la nécessité de renforcer les partis communistes et ouvriers pour qu'ils jouent leur rôle historique, de renforcer plus encore les luttes des travailleurs et des peuples pour la défense de leurs droits et de leurs aspirations, d’utiliser les contradictions du système et les contradictions inter-impérialistes pour une rupture au niveau du pouvoir et de l'économie qui aille dans le sens de la satisfaction des besoins populaires. Sans rôle dirigeant des partis communistes et ouvriers et de la classe d'avant-garde, la classe ouvrière, les peuples seront à la merci de la confusion, de l'intégration au système et de la manipulation par des forces politiques qui représentent les monopoles, le capital financier et l'impérialisme.

 

Des réajustements importants dans le rapport de force international sont en cours : l'affaiblissement relatif de la position des États-Unis, la stagnation économique générale des pays capitalistes les plus avancés et l'émergence de nouvelles puissances économiques mondiales, notamment la Chine. La tendance à l'intensification des contradictions va en se renforçant, entre les centres impérialistes eux-mêmes et avec les économies dites « émergentes ».

 

L'agressivité de l'impérialisme s'intensifie. Des zones de tension et de guerre existent déjà dans plusieurs régions du monde. Elles se multiplient : en Asie et en Afrique, au Proche-Orient avec l'agressivité croissante d’Israël, en particulier contre le peuple palestinien. Dans le même temps, nous constatons la montée de forces néo-nazies et xénophobes en Europe, des interventions sous plusieurs formes, des menaces et une offensive contre les mouvements populaires et les forces politiques progressistes en Amérique latine. La militarisation se renforce. Le risque d'un embrasement général à une échelle régionale est de plus en plus grand. En ce sens, l'élargissement et le renforcement du front politique et social anti-impérialiste et les luttes pour la paix, qui vont dans le sens de l'éradication des causes des guerres impérialistes, sont fondamentales.

 

Il y a deux voies de développement :

 

·         la voie capitaliste, celle de l'exploitation des peuples. Elle présente des risques lourds de guerres impérialistes, des menaces sur les droits des travailleurs, les droits démocratiques

 

·         et la voie de la libération avec d'immenses possibilités de défense des intérêts des travailleurs et des peuples, de réalisation de la justice sociale, de la souveraineté populaire, de la paix et du progrès. La voie des luttes populaires et ouvrières, la voie du socialisme et du communisme, historiquement nécessaire.

 

Grâce à la contribution décisive des communistes et du mouvement syndical orienté sur des positions de classe, les luttes ouvrières en Europe et dans le monde entier se sont encore renforcées. L’agressivité impérialiste se heurte à une résistance populaire résolue au Moyen-Orient, en Asie, en Afrique et en Amérique latine.

Cette réalité, avec toute l'expérience accumulée jusqu'à présent, en particulier en Amérique latine, les luttes et les évolutions en cours, démontrent les possibilités de résistance, de lutte de classe, permettant aux peuples d’avancer, de gagner du terrain, en infligeant des défaites à l'impérialisme parce qu’ils ont comme objectif le renversement de la barbarie impérialiste.

 

Nous saluons les luttes des peuples et des travailleurs et faisons le constat de la nécessité de les renforcer. La situation exige l'intensification de la lutte de classe, de la lutte idéologique, politique, de la lutte des masses pour mettre en échec les mesures antipopulaires et de mettre en avant des objectifs qui répondent aux besoins actuels des peuples. La situation exige une riposte organisée des travailleurs pour une rupture anti-monopoliste et anti-impérialiste, pour le renversement du capitalisme mettant fin à l'exploitation de l'homme par l'homme.

 

Aujourd'hui, les conditions sont mûres pour la construction de larges alliances sociales anti-monopolistes et anti-impérialistes en mesure de vaincre l'offensive et les agressions impérialistes, sous toutes leurs formes, de combattre pour le pouvoir et pour la mise en œuvre de transformations profondes, radicales, révolutionnaires. L'unité de la classe ouvrière, l'organisation et l'orientation de classe du mouvement ouvrier sont des éléments fondamentaux pour la construction de véritables alliances sociales efficaces avec la paysannerie, les couches moyennes urbaines, le mouvement des femmes et le mouvement des jeunes.

 

Dans cette lutte, le rôle des partis communistes et ouvriers aux niveaux national, régional et international et le renforcement de leur coopération sont indispensables. L'activité commune coordonnée des partis communistes et ouvriers, des organisations communistes de jeunesse et des organisations anti-imperialistes auxquelles les communistes apportent une contribution importante constitue un des éléments les plus sûrs pour avancer vers l'élargissement de la lutte anti-impérialiste et le renforcement du front anti-impérialiste.

 

La lutte idéologique du mouvement communiste est d'une importance vitale pour défendre et développer le socialisme scientifique, pour faire reculer l'anticommunisme contemporain, pour affronter l'idéologie bourgeoise, les théories anti-scientifiques et les courants opportunistes qui rejettent la lutte de classe, pour combattre le rôle des forces social-démocrates qui défendent et mettent en œuvre les politiques pro-impérialistes et anti-populaires en soutenant la stratégie du capital et de l'impérialisme. La compréhension du caractère d’ensemble des luttes nécessaires à l'émancipation sociale, nationale et de classe, pour la mise en avant explicite de l’alternative socialiste, exige la contre-offensive idéologique du mouvement communiste.

 

Le renversement du capitalisme et la construction du socialisme constituent une nécessité impérative pour les peuples. A la mesure de la crise du capitalisme et de ses conséquences, les expériences internationales de construction socialiste prouvent la supériorité du socialisme. Nous réaffirmons notre solidarité avec les peuples qui luttent pour le socialisme, avec ceux qui sont engagés dans la construction du socialisme.

 

Seul le socialisme peut créer les conditions de l'éradication des guerres, du chômage, de la faim, de la misère, de l'analphabétisme, de la précarité subie par des centaines de millions de personnes, de la destruction de l'environnement. Seul le socialisme crée les conditions du développement correspondant aux besoins présents des travailleurs.

 

Ouvriers, paysans, travailleurs des villes et des campagnes, femmes, jeunes, nous vous lançons un appel à la lutte, tous ensemble, pour mettre un terme à la barbarie capitaliste. Il y a de l'espoir, il y a une perspective. L'avenir appartient au socialisme.

 

Le socialisme est l'avenir !

Partager cet article
Repost0
13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 16:35

Voir aussi notre article: PCF/Nucléaire : le débat, cela ne consiste pas à minimiser les contradictions !

 

Adresse des militants communistes de l’Energie de la Région Rhône-Alpes, aux fédérations PCF et élus communistes de la région Rhône Alpes.


Les questions de l’Energie, en particulier la production de l’Electricité sont de toutes les actualités, accord PS et EELV, position de l’UMP et interventions permanentes, de Fillon, Besson et Xavier Bertrand… sur le sujet montrant les incohérences de cet accord et mettant toute la gauche dans le même sac, même Marine Le Pen sur le 20h s’exprime sur le sujet du nucléaire. Et nous ??? Est-ce le fait que nous soyons dans le Front de Gauche que nous nous exprimons timidement sur le sujet ? Nous ne pouvons pas nous satisfaire du passage sur l’énergie contenu dans le programme du Front de Gauche qui ne traite pas complètement le sujet. Nous sommes conscient du désaccord qui subsiste à l’heure actuelle et qui n’est pas marginal, avec notamment le Parti de Gauche sur le sujet. Ce dernier s’exprime notamment par ces Elus qui bien font une caricature du sujet, en opposant les salariés de la sous-traitance dans le nucléaire à ceux d’EDF qui défendraient leur prés carré.

Oui pour nous Militants Communistes, la production de l’Electricité ainsi que son accès sont des enjeux de Société fondamentaux. Sans Electricité, pas d’éducation, pas de chaine de froid alimentaire, pas de vaccins, pas d’accès à la santé, pas d’eau potable, pour certain pas de chauffage et sur tout pas de tissus industriel donc pas d’emploi….

Il faut sortir l’accès à l’énergie de la sphère marchande. L’Energie n’est pas une marchandise, la loi de la concurrence ne peut pas répondre aux enjeux environnementaux et sociétaux. On le voit avec la libéralisation du marché en Europe. Donc la question n’est pas d’augmenter le prix de l’Energie pour  obliger à réduire sa consommation ce qui créera encore plus d’inégalités entre ceux qui possèdent et les autres, mais bien l’accès pour tous à l’Energie à un prix le permettant. C’est en autre ce qui a prévalu avec la Loi de Nationalisation d’EDF et GDF en 1946.

En France plus de 3.7 millions de foyer sont déjà en précarité énergétique, soit plus de 10 millions d’habitants. Chaque année 150.000 foyers sont exclus de l’accès à l’Electricité car coupés pour impayés !

Oui bien sur qu’il faut encourager les économies d’Energies, notamment de l’Electricité afin de ne pas gaspiller un bien précieux. Cependant faire croire que grâce à cela, nous répondrons aux enjeux environnementaux et aux besoins de chacun est un leurre. Un petit éclairage sur le sujet, un habitant de Vaux en Velin consomme 3 fois moins d’Electricité qu’un habitant de Charbonnière et pourtant ces appareils Electriques sont bien souvent plus énergétivores.

La consommation d’Electricité va être en augmentation sur toute la planète. Si nous voulons réduire l’impact du charbon et du pétrole pour agir sur la production de CO2, l’Agence Internationale de l’Energie estime qu’il faudra, une augmentation de la production l’Electricité et produire 35.000 TWH contre 27.000TWH actuel, soit +29,62%,(La France produit 550TWH) avec une diminution du poids des Energies Fossiles pétrole et charbon. En 2008, le pétrole et le charbon (32%) représentaient 75% du Mixte Energétique. En 2035 ces Energies Fossiles devraient représenter 55%. Le nucléaire en 2008 représentait 2.731 TWH (13,8%), en 2035 se sera 4.900TWH, soit une augmentation de 50% de la production nucléaire en 30 ans.

La Région Rhône Alpes avec un peu plus de 25% de production est la première Région de France pour la production d’Electricité. Elle consomme environ 63 Téra Watt Heure, soit + de 11% de la production Française. La consommation d’Electricité de l’industrie (très Haute tension et Haute tension) en Région Rhône Alpes est de plus de 44TWH, soit la première Région de France. La consommation basse tension (usagers domestiques, artisans, collectivités locales) est de 18 TWH soit la deuxième Région en France. Pour indication les Centrales Nucléaires de Bugey et de Tricastin produisent annuellement entre 40 à 50TWH de production d’Electricité. Les 130 Eoliennes installées en Rhône Alpes c’est 0.683TWH an. Le Schéma Régional Air Climat Energie a comme objectif très favorable d’installer 350 Eoliennes en Région avec comme objectif de produire 1.5TWH ans.

Il ne faut pas sortir de polytechnique pour s’apercevoir, que les ENR ne peuvent pas remplacer notamment Tricastin et Bugey et que les économies d’Energie ne peuvent pas être la seule réponse au sujet.

Il faut être clair, et dire que si nous voulons garder un tissus Industriel avec des Industries Energétivores (qui au passage mettent en œuvre de nouveaux procédés réduisant leur consommation qu’il faut encore développer) en Région, promouvoir les transports en commun (Métro, Tram, TER) faire le TGV Lyon Turin, transférer les camions sur le rail, avoir une activité touristique en montagne… il va falloir produire au moins autant si non plus d’Electricité. Donc les Centrales Nucléaires nous les remplaçons par quoi, en l’état actuel des Recherches, de nos Connaissances ?

La seule réponse à ce jour, c’est le choix des Allemands soit construire des Centrales Thermique à Flamme, type charbon ou fuel, le gaz pose problème car les canalisations ne sont pas suffisantes pour transporter tout ce gaz. Aussi les investissements dans le réseau seraient énormes, de plus nous achetons déjà pour 12 Milliards d’Euros de gaz annuellement, cela conduirait à acheter pour plus de 36 Milliards d’Euro de gaz. L’achat de l’uranium c’est 1 Milliard d’Euros par an. La question de la balance Economique est aussi à prendre en compte. Pour information la banque Allemande d’investissement estime à plus de 250Milliards d’Euros le coût du choix Allemand de sortit du Nucléaire à l’heure l’ou on nous parle d’explosion de dette dans chaque Pays, une tel mesure serait payée par qui ?

Par ailleurs, les Centrales Thermiques à Flamme, même avec les nouvelles technologies dites "propres", ne sont pas exemptes d'émanations de CO2 et de GES ; dans un cadre mondial de réchauffement climatique, on ne peut pas ignorer que le Nucléaire reste une Industrie sans effet sur le CO2 et les GES"D’ailleurs sur le sujet un intéressant dossier de presse traite d'une étude récente de l'UFE, « quels choix pour la France ? ».

Toujours sur notre Région une Agglomération comme le Grand Lyon c’est un peu plus de 10TWH de consommation annuelle. Une production moyenne de 10TWh (10 milliards de KWH) sur une année peut être obtenue avec l’un des moyens de production suivants (même si les comparaisons entre filières de production sont délicates ; les grandeurs présentées ici ne sont donc que des estimations, reposant sur des moyennes de rendements et de durées de fonctionnement) :

– Thermonucléaire c’est un peu moins de 1.5 x 1 tranche de 900MW (type Bugey, Tricastin, Cruas)

– Eolien 2.000 Eoliennes d’une puissance de 2MW (équivalent de 2.500heures, pleine puissance par an)

– Photovoltaïque 10 millions d’installations de 10 m², d’une puissance de 1kw pour 10m² (rendement annuel moyen de 1MWH/ 10m²)

– Thermique à flamme

Biomasse 16 millions de tonnes de bois

Charbon 3.5 millions de tonnes

Pétrole 2.2 millions de tonnes

Gaz 1.6 milliard de m³

 

Il serait aussi nécessaire d’aborder le Statut de tous les Salariés de l’Energie, le Pôle Public de l’Energie pour des Nouvelles Nationalisations notamment des Energies, les Concessions Hydraulique, le développement des ENR et des Filaires Industrielles ENR Française, les Concessions de Distribution, des Taxes qui pesent sur l’Electricité TCFE (ancienne TLE) la CSPE….. Le sujet est bien plus vaste que le Nucléaire mais celui-ci à l’heure actuelle est incontournable.

Pour ne pas être plus long, nous Communistes de l’Energie nous souhaitons avoir un débat rapidement avec nos Partenaires, en tout état de cause avant les Elections Législatives voir Présidentielles. Non l’Energie Nucléaire n’appartient pas à un Parti. Bien que les Médias mettent en exergue la droite comme défendant le sujet, ces questions d’Energies qui sont inscrites dans le Programme du Front de Gauche qui souhaite un Grand Débat avant un Référendum sur le sujet, mérites effectivement des réponses claires des Partis pour proposer une vraie Politique de Gauche en réponse aux besoins des Populations.

Quid des Candidats Communistes aux Législatives, engagés au nom du Front de Gauche ; sont-ils condamnés à devenir schizophrènes ?"

Dans l’état actuel nous n’aimerions pas nous retrouver à faire le choix lors des Législatives entre une Droite voir UMP et une Gauche (PS, EELV) voir un Front de Gauche sombrant dans l’anti nucléaire.

Les Communistes Militants dans l’Energie de la Région Rhône Alpes.


Signataires au 21 NOVEMBRE 2011

 

Gilles Pereyron, Mickael Fieschi, Michel Servonnet, Daniel Laurent, Georges Blonde, Alain Buet, Pascal Lazarre, Didier Garnier, Maud Millier, Déborah Greffe, Jean Luc Fargier, Gilles Benateau, Gérard Martin, Maxime Villota, Fréderic Puech, Fabien Poncet, Olivier Decocq, Jérome Bation, Héléne Troncin, Sylvain Fallot, Stéphane Berger,

Partager cet article
Repost0
12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 17:40

Législatives 2012 : André Gerin ne se représente pas

 

La presse lyonnaise a fait état (Le Progrès du 8 décembre) du choix d’André Gerin de ne pas se représenter aux élections législatives de 2012. Député depuis près de 20 ans, Gerin avait dénoncé le redécoupage qui élargit la circonscription de Vénissieux à une bonne partie de la ville voisine de Saint-Priest, bastion socialiste.

Au vu des résultats des élections précédentes, le PS apparaît effectivement en situation très favorable pour prendre le siège de député.

 

Le statut de député d’André Gerin a permis de le mettre en avant au niveau national pour porter des expressions politiques très différentes.

111212_gerin_raoult.jpgIl s’est trouvé, tour à tour ces dernières années, représentant des « communistes orthodoxes » aux congrès du PCF, communiste hétérodoxe vantant le « capitalisme des métiers et des savoir-faire », complice de son ami député UMP Eric Raoult, qui a préfacé son livre « les Ghettos de la République ». Ensemble, ils ont animé la mission parlementaire sur la Burqa, commanditée par Sarkozy, Gerin comme président, Raoult comme rapporteur.

 

Gerin a contribué à semer le trouble parmi les communistes, à déconsidérer les communistes qui se battent pour le renforcement du PCF sur des bases de classes.

 

Maintenant, Gerin sera-t-il candidat aux présidentielles ? La question reste en suspens. Il ne l’a pas communiqué à la presse.

 

En janvier 2011, il avait avancé sa candidature dans le cadre de la consultation interne au PCF. Ensuite, il a préféré de ne pas soumettre sa candidature au vote et se défausser sur le député André Chassaigne, qui défend pourtant des positions en faveur du Front de gauche et se rallie à Melenchon.

Cela n’a pas empêché Gerin, après la consultation, d’évoquer à nouveau l’hypothèse d’entrer en lices pour les présidentielles en même temps qu’il lançait une violente diatribe contre l’immigration. 

 

A plusieurs reprises, nous avons exprimé, sur ce site, notre refus d’être associés, d’une façon ou d’une autre, à André Gerin, qu’il soit député ou non.

 

S’il entend être candidat aux présidentielles, ou chef de telle ou telle fraction du PCF, ce sera évidemment sans nous.

 

Le PCF en a assez d’être malade de ses élus !  

Partager cet article
Repost0
9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 16:54

Samedi 10 décembre à 15h00 au local commun résidentiel, 64 rue Maurice Braunstein à Mantes la Jolie, nous vous invitons à participer au débat que nous organisons: "AUGMENTER LES SALAIRES POUR SORTIR DE LA CRISE".

A cette occasion, trois syndicalistes de notre région viendront donner à voir leur propre expérience de lutte (victorieuse) pour augmenter les salaires ainsi que leurs motivations:

  • Pascal Grandjean, responsable syndical local (animation des luttes)
  • Fofana Kehimba, secrétaire du Comité d'entreprise de KP1 à Limay
  • Mohamed Tahri, délégué syndical chez Val-Prim à Mantes la Jolie.

Avec la participation d'Emmanuel Dang Tran, dirigeant national du PCF

ET VOUS .....

 

111210_mantes_debat.jpg

Partager cet article
Repost0
9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 12:02

Il y a 100 ans, Paul Lafargue et son épouse, Jenny Marx, disparaissaient, choisissant de mettre fin à leurs jours le 3 décembre 1911.

 

Paul Lafargue avait été un infatigable propagateur du marxisme en France. On sait qu’il est l’auteur du fameux « Droit à la paresse » qui n’a rien d’une négation du droit au travail.

 

Il fut communard. Il fut plusieurs fois emprisonné, notamment après le 1er mai tragique de Fourmies en 1891. Il fut aussi député du Nord.

 

Des sections du PCF rendent hommage à la mémoire de Paul Lafargue. Elles ont raison.

 

Lénine eut l’occasion de rencontrer Jenny et Paul lors de son séjour en France. Au nom de son parti, il leur rend un hommage à l’occasion de leurs obsèques. Nous le reproduisons dans la traduction officielle de 1968 (tome 17).  

 

 

111209_lafargue.jpgDISCOURS PRONONCE AU NOM DU POSDR PAR LENINE AUX OBSEQUES DE PAUL ET LAURA LAFARGUE, LE 3 DECEMBRE 1911 

 

Camarades,

 

Je prends la parole au nom du POSDR pour exprimer la peine profonde que nous ressentons devant la mort de Paul et Laura Lafargue.  Dès l’époque de la préparation de la révolution russe, les ouvriers conscients et tous les social-démocrates de Russie avaient appris à éprouver pour Lafargue le profond respect dû à l’un des propagateurs les plus doués, les plus profonds des idées du marxisme, ces idées que l’expérience de la lutte des classes lors de la révolution et de la contre-révolution russes a si brillamment confirmées. Le détachement d’avant-garde des ouvriers russes s’est détachés sous le drapeau de ces idées, sa lutte de masse organisée a porté un coup à l’absolutisme, il a défendu et défend les idées du socialisme, la cause de la révolution, de la démocratie, en dépit de toutes les trahisons, intrigues et hésitations de la bourgeoisie libérale.

 

Aux yeux des social-démocrates russes, la personnalité de Lafargue aura réuni deux époques : celle où la jeunesse révolutionnaire de France se joignait aux ouvriers français pour monter à l’assaut de l’Empire au nom des idées républicaines, et celle où le prolétariat français, guidé par les marxistes, a mené la lutte de classe énergique contre tout le régime bourgeois, se préparant à la lutte finale contre la bourgeoisie, pour le socialisme.

 

Nous social-démocrates russes, qui subissons le joug d’un absolutisme pénétré de barbarie asiatique, et qui avons eu le bonheur d’aborder directement, dans les œuvres de Lafargue et de ses amis, l’expérience et la pensée révolutionnaires des ouvriers européens, nous voyons maintenant avec une netteté particulière combien se rapproche le triomphe de la cause à la défense de laquelle Lafargue a consacré sa vie. La révolution russe a inauguré une époque de révolutions démocratiques de l’ensemble du monde civilisé. En Europe même, des indices de plus en plus nombreux annoncent que l’époque de la domination du parlementarisme bourgeois soi-disant pacifique tire à sa fin pour laisser la place à l’époque des batailles révolutionnaires du prolétariat, organisé et éduqué dans l’esprit du marxisme, qui renversera la domination de la bourgeoisie et établira un régime communiste.

Partager cet article
Repost0
30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 17:00

Le groupe « GDR » (comprenant les députés communistes) éclate : le plus tard et pour le plus mauvais motif. 

Demain un groupe "Front de gauche" parrainé par le PS!

 

Le 29 novembre 2011, la majorité des députés du groupe de la « Gauche démocrate et républicaine » a décidé d’évincer l’écologiste Yves Cochet de sa présidence. Les trois députés EELV, restant depuis que Martine Billard est passée au PG, ont décidé de quitter le groupe et de siéger chez les non-inscrits.

 

Depuis 2007, comme de nombreux communistes, nous réclamions que les députés élus par le vote communiste reconstituent un groupe communiste et apparentés. Depuis 2008, avec l’abaissement dans le nouveau règlement de l’Assemblée du seuil d’élus pour constituer un groupe à 15, il n’y aurait même plus à chercher de partenaires.

 

La direction du PCF, la plupart des députés, notamment les députés « refondateurs », passés depuis dans une nouvelle formation politique, la « FASE », ont préféré constituer puis maintenir un groupe avec les élus Verts qui étaient candidats soutenus par le PS dès le 1er tour en 2007. Le groupe communiste a disparu. Le groupe GDR n’était pas que technique. Sa déclaration de constitution met, entre autres, en avant l’objectif de « rassembler la gauche ».

 

Ce qui était impossible hier est devenu possible le 29 novembre. Les députés, élus PCF, ont repris en main le groupe, sans les EELV.

Mais le groupe reste GDR sans redevenir « communiste et apparentés », le but affiché est de passer de GDR à « Front de gauche » après 2012.

Mais l’éviction des députés Verts a lieu à la toute fin de la législature.

Mais, plus grave, le règlement de comptes avec les Verts constitue des représailles politiciennes après l’accord PS-EELV.

 

La direction du PCF ne supporte pas que EELV présente un candidat au premier tour, dans le cadre de l’accord avec le PS, dans la circonscription tenue depuis 31 ans par l’ex-PCF François Asensi (voir notre article du 28/11/11 en lien).

 

Les profondes divergences entre les positions communistes normales et celles des Verts, par exemple sur l’Europe, ou sur la guerre en Libye, n’ont jamais dérangé la direction du PCF et les députés élus par les voix communistes. Combien de fois Noël Mamère s’est retrouvé porte-parole du groupe !

 

Mais là, la menace sur la réélection de M. Asensi, qui ne reverse plus depuis belle lurette ses indemnités au PCF, est un casus belli pour les partisans du front de gauche. Enfin, les Verts ont bien le droit de présenter un candidat comme le PCF de présenter un candidat dans leur circonscription. PCF, PS et EELV, ce ne devrait pas représenter la même chose !

 

Nous découvrons en fait l’étendue de l’accord réel avec le PS et EELV. Martine Aubry a garanti qu’il n’y aurait pas de candidat PS ou EELV au premier tour là où les sortants sont Front de gauche et dans quelques autres circonscriptions. Seule la 11ème de Seine-Saint-Denis, celle de M. Asensi fait exception, au grand dam de Pierre Laurent et Marie-George Buffet.

 

Le futur groupe Front de gauche sera constitué de députés soutenus par le PS au 1er tour ! Un satellite du PS comme le futur groupe EELV !

 

Les communistes sont écartés de cette décision grave. Ce n’est pas admissible. Il difficile de la décrypter à la lecture de l’Humanité.

Le Front de gauche se confirme être une force d’appoint du PS, comme le futur groupe Front de gauche sera une force d’appoint de complaisance à une éventuelle majorité social-démocrate.  

 

L’éclatement du groupe GDR à l’Assemblée nationale ne représente pas une bonne nouvelle.

Il faut forcer le débat dans le Parti sur les législatives.

Partager cet article
Repost0
30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 16:37

Les JC des Bouches-du-Rhône réfléchissent sur le socialisme.

 

La direction du MJCF organisait le 12 novembre 2011 un débat interne sur le socialisme.

 

Les Jeunes communistes des Bouches-du-Rhône, avec de nombreuses autres fédérations, ont porté au dernier congrès de la JC l’exigence de clarification de notre projet révolutionnaire. Nous avons mis en avant l’actualité du socialisme, qui a été intégrée dans la résolution de congrès comme « phase transitoire ». Aujourd’hui, il est nécessaire que toute l’organisation s’approprie cet objectif et le lie avec toutes nos luttes.

Le texte qui suit synthétise nos débats préalables à la journée du 12 novembre. 

 

1.                   Validité théorique du socialisme – nécessité de l’analyse des expériences socialistes

 

Le capitalisme a fait son temps. Ses crises, qui sont parties intégrantes du système, se reproduisent à un rythme de plus en plus rapproché. Elles sont de plus en plus destructrices. Elles affectent maintenant la quasi-totalité de la planète. Dans le même temps, la socialisation (capitaliste) de la production est portée objectivement à un niveau jamais atteint.

Pour autant, il serait naïf de penser que le capitalisme va tomber tout seul, du simple fait de la nécessité historique, céder la place progressivement à un autre système de production. L’expérience nous montre au contraire qu’il sait se régénérer de ses propres crises.

Il y a vingt ans, forts de la victoire de la contre-révolution à l’est, le capitalisme et l’idéologie dominante enterraient le socialisme et affirmaient leur « pensée unique ».

Aujourd’hui, l’exigence d’une transformation radicale de la société revient en force. Mais le système met tous ses moyens pour contrôler, encadrer sa propre contestation, pour étouffer la perspective du socialisme.  

Le réformisme s’évertue ainsi à nier la notion de rupture. Pour nous communistes, la rupture révolutionnaire est la perspective nécessaire et le socialisme est son nom.

Certains mouvements de « gauche » envisage un « altercapitalisme », un capitalisme plus « humain ». C’est impossible. Un objectif comme celui d’un « meilleur partage des richesses » fait accepter la part du capital et légitime le système lui-même.

Dans nos rangs, le débat doit être poussé sur l’utilisation de la notion marxiste de « dépassement du capitalisme » qui ne doit pas être détournée pour nier l’exigence révolutionnaire.  

En rétablissant le socialisme comme « phase transitoire », notre dernier congrès s’est heureusement démarqué d’une autre conception fausse, celle du « communisme tout de suite ». Le formidable développement des techniques avec le capitalisme ne conduit pas mécaniquement à la société d’abondance répondant aux besoins. La domination de classe de la bourgeoisie, pluri-centenaire, ne s’effondre pas d’un coup. L’existence transitoire d’un Etat socialiste, d’une planification socialiste est nécessaire.

Le capitalisme est plus que jamais le mode de production dans notre société. Il a étendu, intensifié sa domination sur les peuples mais il n’a pas changé de nature. Nous devons rejeter les assertions selon lesquelles le « monde aurait changé » et donc que le socialisme que les communistes ont défendu au 20ème siècle serait obsolète.

Plus que jamais, au fondement du capitalisme se trouve la propriété privée des moyens de production et d’échange. Plus que jamais, l’appropriation collective par les travailleurs des principaux moyens de production et d’échange, c'est-à-dire le socialisme, est notre perspective de rupture révolutionnaire. Elle ne se confond pas avec les nationalisations en système capitaliste (que nous défendons selon les rapports de force). Elle ne se confond pas avec l’étatisme.

La notion de « socialisme », profondément ancrée dans la mémoire des travailleurs, revient également en force. C’est une chance historique. Cette théorie est la seule qui a permis, à partir de 1917, de mettre à bas le capitalisme. Cette vérité est essentielle.

A notre niveau, il est de notre responsabilité de ne pas la laisser dévoyer, de réaffirmer clairement les fondamentaux du socialisme.

Certaines des principales organisations de la collaboration de classe continuent à s’appeler « socialistes ». D’autres penseurs de « gauche » n’hésitent pas à s’approprier le terme, une fois vidé de son sens. C’est un danger que nous devons à tout prix éviter dans notre organisation.

Après 1989, dans le mouvement communiste, la tentation a été grande de plier devant l’idéologie dominante, de pratiquer une sorte « d’autophobie », se traduisant par un rejet total ou par l’indifférence vis-à-vis des expériences socialistes. Cette position révisionniste peut s’allier aujourd’hui, en contradiction apparente, avec une célébration des aspects les plus superficiels de l’histoire de nos organisations et des expériences socialistes : un folklore révolutionnaire cachant l’absence de théorie et de pratique. Notre mouvement doit clairement condamner ces deux travers.

 

Lors de la préparation de nos précédents congrès, nous avons constaté que notre analyse des expériences socialistes issues de 1917, dans leur diversité, d’abord de celle de l’URSS, restaient grandement à faire, d’un point de vue communiste. Cette question doit être mise à l’ordre du jour du MJCF.

Dans le feu de l’histoire, tout en poursuivant notre propre réflexion critique, l’expression de notre solidarité, sans réserves, avec les expériences socialistes actuelles, notamment en Amérique latine, en premier lieu à Cuba, est aussi une obligation politique.

Dans le mouvement communiste français, on est passé progressivement de l’évidence de la perspective socialiste à son éviction totale. Pousser le débat dans nos organisations sur cette question essentielle est absolument nécessaire. 

La référence théorique du marxisme-léninisme, matrice historique de nos organisations, ne peut pas être abandonnée sans autre forme de procès. Nous devons envisager notre rapport à cette théorie comme étant à actualiser, non pour la revisiter, mais pour rendre cette grille d'analyse lisible dans les conditions actuelles.

Dans l'idée d'actualisation et d'appropriation par les camarades de la perspective du socialisme, nous refusons de tomber dans un débat technique et économiste. L'objectif du socialisme ne doit pas être posé comme une question économique mais comme un choix politique. La question centrale est celle du pouvoir, du passage du pouvoir des mains d'une classe à une autre.

Quelles sont les voies possibles vers le socialisme en France ? A quelles exigences d'organisation répond l'objectif du socialisme ? C’est un enjeu majeur de la période.

 

2.                   Voies vers le socialisme en France

 

Le mouvement communiste français (PCF et MJCF) a engagé depuis des décennies la réflexion sur les voies menant au socialisme en France. Cette réflexion a été interrompue dans les années 90. Il faut qu’elle reprenne, sous peine de voir nos organisations continuer à se fondre dans la « démocratie » bourgeoise et ses institutions.

L’exemple de la Russie de 1917 ne s’est pas reproduit. Pourtant, la constitution des Soviets, l’intervention du Parti bolchévik en leur sein, cette forme de démocratie à la base, l’issue révolutionnaire qu’ils ont permise doivent continuer à être analysées dans nos organisations.

Notre lecture de classe de la société est essentielle dans notre conception du rassemblement et de notre parti pour le socialisme.

Si « 99% » de la population ont intérêt à la chute du capitalisme et à l’avènement du socialisme, ce n’est pas au même point, dans les mêmes conditions de prise de conscience de classe. La notion abandonnée de parti d’avant-garde doit être reconsidérée. La raison d’être des organisations communistes de se tourner vers la classe ouvrière (au sens large), la priorité à l’entreprise, restent valables.

Notre pratique politique, dans la JC, doit découler de cette analyse de classe. L’articulation entre nos campagnes, les revendications immédiates et notre projet de société doit être au centre de nos préoccupations.

Notre conception de l'union et de l'unité des travailleurs dépend de cette analyse de classe. Elle ne peut être confondue, comme c’est trop souvent le cas aujourd'hui, avec des alliances électorales.

Quels partis ou mouvements représentent réellement, en dehors des nôtres, la classe ouvrière, les couches intermédiaires ? Comment les organisations communistes peuvent jouer de leurs contradictions pour les amener à une perspective révolutionnaire ?

La stratégie de nos organisations, les alliances, pour aller au socialisme ont varié selon les périodes, l’état du rapport de force. Lors de notre réunion préparatoire, nous avons évoqué deux expériences très différentes : le Chili d’Allende et la « gauche » de Mitterrand en 1981. Elles méritent une analyse complète. Elles ne sont évidemment pas comparables.

Le gouvernement d’Allende, soutenu par le Parti communiste chilien avait pour objectif clair le socialisme. A son arrivée au pouvoir, il nationalise des pans entiers de l'économie et mène une politique en faveur des travailleurs. Cela a représenté un danger immense pour les intérêts des impérialistes qui ont fait payer à Allende et au Chili le prix fort. Mais nous pouvons dire que si Allende et la social-démocratie Chilienne voulait du socialisme, elle ne voulait pas de la révolution. Dans ce sens, elle n'a pas répondu aux appels du parti communiste qui demandait l'armement du peuple pour garantir le pouvoir des travailleurs. Cette distinction, cette contradiction, est cruciale à analyser dans nos rapports avec d'autres organisations qui disent vouloir le socialisme.

L’expérience du gouvernement de « gauche » après 1981 en France n’a évidemment rien à voir. Mitterrand et le PS ont utilisé l’Union de la gauche, le Programme commun, puis sa rupture pour affaiblir le PCF. Le socialisme n’a jamais été leur objectif, comme le « tournant libéral » dès 1983 l’a trahi. Les suites de 1981 ont été désastreuses pour les travailleurs de France, en termes de reculs sociaux, économiques et politiques.

Du côté des organisations communistes, le bilan n'a toujours pas été tiré de cette stratégie. Elle a été reproduite, en pire encore, dans la gauche plurielle après 1997 avec pour conséquence un affaiblissement sans précédent. La question est plus que jamais posée aujourd’hui : pourquoi rechercher une union de la petite gauche d’un côté et une nouvelle union de la gauche de l’autre avec des « partenaires » si éloignés de toute perspective socialiste ?

En 2011, le mouvement communiste français reste à la croisée des chemins. Il ne peut pas s’exonérer de la réflexion sur le socialisme, d’un débat ouvert, contradictoire, ancré dans la réalité du mouvement de classe. Sans reconsidération de la perspective socialiste, le risque se précise de finir de perdre l’acquis historique du mouvement communiste, de tomber dans le réformisme européen (PGE, CES, ENDYL, …) tel que l’idéologie dominante le construit.

Cette réflexion ne peut se limiter à la France. Une des priorités réside dans l’échange la coordination des organisations communistes au plan international. Le débat sur la perspective et les voies pour le socialisme est traverse l'ensemble du mouvement communiste international.

Confrontés à une offensive extrêmement violente du capital, les partis communistes de Grèce ou du Portugal font face. Ils ne s’exonèrent pas d’une réflexion de fond sur leur conception du socialisme en regard de l’histoire du mouvement communiste international. C’est le cas tout autant de leurs organisations de jeunesse. Le MJCF doit s’inspirer davantage de ces démarches.

 

Ce texte n’a pas pour vocation de fixer une position définitive, il est une piste de réflexion. Plus notre organisation se renforce, grâce à notre activité militante, plus l’exigence de préciser notre projet de société socialiste se fait grande.

Partager cet article
Repost0
28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 15:37

PCF/Nucléaire : le débat, cela ne consiste pas à minimiser les contradictions !

 

L’énergie atomique est une question épineuse pour les partenaires du Front de gauche.

Mélenchon a décidé de surfer sur la vague « écolo » et demande la sortie du nucléaire.

La direction du PCF ne peut pas rompre avec un positionnement historique, riche et argumenté, en faveur d’une industrie nucléaire civile nationalisée répondant aux besoins, toujours porté notamment par les militants communistes et syndicalistes d’EDF-GDF.

Entre les deux options, la contradiction est entière.

 

L’accord PS-EELV s’est fait dans les conditions lamentables d’un marchandage de circonscriptions électorales. Les modifications de texte, après coup, ont fait jaser. Toujours est-il que le compromis arrive à une position, sur laquelle nous devons nous prononcer.

 

Sarkozy condamne bruyamment l’accord qu’il interprète comme une marche vers la sortie du nucléaire. Nous savons qu’il défend les intérêts des grandes firmes dont il poursuit la privatisation. Il pratique la même hypocrisie qu’il s’agisse de l’avenir de la filière industrielle en France, de l’emploi, ou des tarifs.

 

Mélenchon, sur son blog, dénonce l’accord pour des raisons inverses. Il regrette que les Verts aient cédé devant Hollande sur leur position initiale : « la sortie du nucléaire en 25 ans avec la fermeture immédiate de tous les réacteurs de plus de 30 ans ». Il continue, plus que jamais, à demander explicitement la sortie du nucléaire, l’abandon immédiat de l’EPR de Flamanville.

 

La secrétaire générale de la CGT énergie, Véronique Gensel, dans une interview au Figaro (19 novembre) juge l’accord PS-EELV « irresponsable ». Elle juge que « derrière l’intention affichée, réduire le nucléaire, il y a sortie du nucléaire ». Elle appelle à terminer le projet EPR et à pousser la recherche dans le nucléaire, tout en étant favorable au développement des énergies renouvelables.

 

La direction du PCF s’exprime beaucoup sur la question, l’Huma aussi.

Un communiqué déplore un « accord bâclé », qui « provoque de l’inquiétude et de la colère chez les salariés », qui peut compromettre « l’avenir énergétique de notre pays ». « Le PCF est favorable au maintien d’une filière industrielle 100% publique et mieux sécurisée… ». Voilà, pour une fois une position sur laquelle tous les communistes doivent pouvoir se rassembler.    

 

Mais dans la Drôme le 25 novembre 2011, Pierre Laurent déclare, repris par « Le Dauphiné libéré» : « Je ne suis pas convaincu que nous puissions d’ici 2020 ou 2030, nous passer complètement du nucléaire civil. … Quoi qu’il en soit, il ne peut y avoir de sortie du nucléaire sans scénario alternatif réussi ».

 

Il faudrait savoir. Les communistes ne peuvent pas laisser d’ambiguïté ! Les contradictions fondamentales à « gauche » ne sont pas solubles dans un « grand débat national approfondi, éclairé et sérieux, qui associe tous les acteurs… » ou dans la perspective, absurde sur un tel sujet, d’un référendum.

 

L’UMP et une bonne partie du PS défendent les intérêts capitalistes de la filière nucléaire française. Nous devons leur opposer un secteur nationalisé, délivré des directives européennes.

 

La direction du PS et EELV viennent de s’entendre sur une réduction importante du nucléaire civil d’ici 2025, de 76 à 50% de la production d’électricité avec fermeture de 24 réacteurs non remplacés. Mélenchon demande une sortie « progressive et méthodique du nucléaire ».

L’expression de Pierre Laurent estime donc que « nous ne pourrons pas nous passer complètement du nucléaire d’ici 2020 ou 2030 ». En fait, tout cela semble bien compatible à gauche!

 

Non ! Notre position de communiste, outre la renationalisation intégrale d’un secteur délivré des directives européennes et la sûreté maximale des installations, c’est le maintien, le renouvellement du parc nucléaire français, la poursuite de la recherche. Sans préjudice au développement des énergies renouvelables.

Tant pis, si c’est entièrement contradictoire avec Mélenchon !

 

Notre position, c’est aussi la fin du nucléaire militaire dont personne ne parle ou presque. L’accord PS-EELV ne « remet pas en cause la légitimité d’une dissuasion nucléaire nationale indépendante ». Les écolos anti-nucléaires ? Ah bon !

 

EN LIEN UN MODELE DE TRACT VERS LA POPULATION

Partager cet article
Repost0
28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 12:12

Le FdG inclus dans l’accord PS-EELV pour les législatives (suite) : qui a pris la décision au PCF ?

 

ML pour vivelepcf

 

Communistes, nous venons d’apprendre, incidemment, que les candidatures du Front de gauche étaient combinées avec celles du PS et d’Europe écologie – les Verts (Voir notre article).

Comme il laisse des circonscriptions à EELV, le PS soutiendra dès le 1er tour les députés sortants et quelques candidats du Front de gauche. Le PS parraine un futur groupe EELV et un futur groupe Front de gauche à ses côtés pour l’aider après 2012.

 

Avec de tels arrangements, quel sens peut avoir encore le vote FdG ? Va-t-on vers un parti unique de la gauche, sous différentes appellations ?

 

L’inclusion du FdG dans accord EELV-PS a été trahie par la volonté du maire EELV de Sevran, Stéphane Gatignon, de se présenter dans la 11ème circonscription de Seine-Saint-Denis contre le député sortant FdG, ex-PCF, François Asensi. C’est la seule exception dans l’accord à la « règle » octroyée par Martine Aubry en faveur du FdG, à l’insu des communistes et du CN du PCF..

Pour soutenir Asensi, la direction du PCF, par les voix de Roland Muzeau, Marie-George Buffet et Pierre Laurent, a été obligée de la dévoiler.

 

La situation particulière de la 11ème circonscription de Seine-Saint-Denis ne manque pas de sel. Asensi et Gatignon ont été complices pendant des années au sein de l’aile droitière « refondatrice » du PCF. Ce sont deux transfuges du PCF, Asensi est passé maintenant à la FASE (il ne reverse pas ses indemnités au PCF bien sûr).

 

111128_93.pngAsensi, député depuis 31 ans (rien que ça !), accuse maintenant son ancien bras droit de « trahison » : « Stéphane Gatignon, c’était mon assistant parlementaire. Je l’ai mis à la mairie de Sevran, je l’ai aidé, je l’ai nourri » a-t-il déclaré à France bleu Ile-de-France. On appréciera la pratique de « nouvelle façon de faire de la politique » que n’ont cessé de prôner ces deux soi-disant « novateurs » dans le PCF.

 

Mais il y a mieux encore. Asensi a été élu par le vote communiste en 2007. Il fait partie de ceux qui ont fait blocage à la reconstitution d’un groupe communiste, ce qui a entraîné la constitution du groupe de la « Gauche démocrate et républicaine » avec … les députés EELV. Yves Cochet, député EELV de Paris, anticommuniste déclaré, en est maintenant le président.

 

La disparition évitable du groupe communiste n’avait pas ému MG. Buffet et Pierre Laurent. Les députés EELV ont pu prendre sans problème toute leur place et bien plus que leur place dans le groupe GDR. Mais là, pour défendre Asensi, les dirigeants du PCF annoncent qu’ils vont taper du poing sur la table à la réunion de groupe.

 

MG. Buffet, qui n’aura pas de candidat PS dans sa circonscription,  ne décolère pas devant « l’attitude désespérante du PS et des Verts » (le Parisien, édition du 93, 25 novembre 2011), mettant en balance le risque que le PS ne gagne pas la circonscription de Bondy-Aulnay s’il y a division à Tremblay-Sevran.

A Bondy-Aulnay, n’y aura-t-il donc pas de candidat FdG ? Ou s’il y en a un, ce sera un candidat de complaisance. Merci pour les militants !

 

Quel spectacle lamentable ! Le Front de gauche, initié par la direction du PCF, apparaît une fois de plus pour ce qu’il est : un appendice du PS chargé de ratisser à gauche, un ensemble politicien détruisant le PCF.

 

Dans l’accord PS-EELV, au moins, il y a une base politique, certes très contestée. Dans l’accord PS-FdG, il n’y en a même pas. Au FdG, on ne marchande pas le plat de lentilles, on l’accepte. 

 

Militants communistes, on va nous demander de faire la campagne, dans des conditions localement diverses. Refusons d’être instrumentalisés en force d’appoint de la social-démocratie, continuons à demander des candidatures PCF sur des positions de rupture, faisons vivre nos organisations du PCF en lien avec les luttes.

Partager cet article
Repost0
27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 17:24

Sortir de l'euro?

Introduction à un débat-formation entre communistes, par Marc Jammet, section de Mantes-la-Jolie (lien vers le blog de MJ).


Faire vivre et renforcer le PCF. Stage de formation - 28 août 2011 - Cholonge (Isère)

 

Sortir de l'Euro?

Introduction de Marc Jammet.

 

Le plan.

1. L'euro dans son contexte historique (la CED, la PAC, le traité de Maastricht, le traité constitutionnel).

2. Les enseignements politiques à tirer de cette période historique

3. L'analyse historique du PCF est toujours valable

4. La mutation idéologique de notre direction nationale est une impasse (sortir de l'euro accroîtrait les difficultés? Réorienter la BCE? Initiative du PGE. La reprise des idées du FN? Le masquage des enjeux fondamentaux.)

 

1. L'euro dans son contexte historique - la construction européenne.

 

Dès 1947 - avec l'éviction des ministres communistes sur ordre des USA - avec la constitution de la IV° république et ce qu'on a appelé la 3° force - socialistes, MRP, radicaux et petits partis centristes - pour se maintenir au pouvoir entre "deux feux": celui des communistes, celui des gaullistes avec le RPF créé en avril 1947.

 

Cette "troisième force" oriente la politique de reconstruction dans deux directions complémentaires: l'alliance avec les Etats Unis dans le cadre de la guerre froide et la construction européenne.

 

Projet symbolique de cette troisième force: la CED - communauté européenne de défense - qui est un projet de création d'une armée européenne, avec des institutions supranationales placées sur la supervision du commandant en chef de l'OTAN … lui-même nommé par le Président des Etats-Unis.

Après une intense campagne de notre parti - et l'opposition des gaullistes - le traité instituant la CED, pourtant déjà ratifié par la RFA, la Belgique, le Luxembourg et Les Pays-Bas, est rejeté le 30 août 1954 par l'Assemblée nationale française par 319 voix contre 264 et entraîne la démission du Président du Conseil, Antoine Pinay.

 

Dès le départ donc, cette construction européenne est le fruit d'un double consensus socialistes-droite: le camp des USA - y compris militairement - et son corollaire; le maintien du capitalisme qu'on veuille officiellement l'aménager ou pas.

 

C'est cette volonté qui va être à l'œuvre pendant plusieurs dizaines d'années malgré les contradictions internes du capitalisme (une partie de ces forces, pour des raisons économiques et/ou idéologiques pouvant s'y opposer - comme ce fut le cas des gaullistes ou des poujadistes).

 

C'est notamment le cas de la PAC - politique agricole commune - créée en 1957 et mise en place en 1962, qui vise, je cite, "à moderniser et à développer l'agriculture européenne", en clair: à la rentabiliser pour le capital (ce sont, par exemple, des milliers d'exploitations familiales qui vont être détruites en France en 2-3 décennies - mettant en cause la capacité d'autosubsistance de notre pays et évidemment ses capacités de coopération avec d'autres pays dans ce domaine).

 

Je vais vite - évidemment trop vite - pour aller aux deux accélérations majeures:

 

Le traité de Maastricht qui va reprendre et amplifier tous les pas faits précédemment dans l'intégration européenne, qui va décréter la libre circulation des capitaux, des marchandises et des hommes à l'intérieur des frontières européennes tout en ne fixant des règles nouvelles que pour les deux premiers termes: les capitaux et les marchandises.

 

Traité de Maastricht - et c'est son innovation principale - qui va instituer la monnaie unique - l'euro - et la création d'une banque centrale européenne, officiellement indépendante des états qui composent le territoire sur lequel s'étend son influence.

 

Une intense campagne - encore et toujours - de notre parti (autour de 10% à l'époque, 7% à la Présidentielle de 1988 avec Lajoinie) conduit, d'une part à obliger François Mitterrand à annoncer la tenue d'un référendum en 1992, d'autre part manque de peu le rejet du traité avec plus de 49% de "non" contre 51% de "oui" obtenus et défendus par des forces aussi diverses que le PRP, l'UDF, Les Verts, l'abstention de Lutte Ouvrière, le parti socialiste - dont Jean-Luc Mélenchon qui multiplie les insultes publiques contre les communsites.

 

Le traité constitutionnel européen qui va, comme nous l'avions dit à l'époque, "graver dans le marbre" tous les traités préexistants et qui ne pourront plus "officiellement" être remis en cause: traité de Nice, 1° traité de Lisbonne .. etc.. 

 

Nouvelle innovation: il décrète la libre concurrence non faussée dans pratiquement tous les domaines, des transports jusqu'à la santé en passant par l'Education nationale.

 

Là encore, l'intervention des communistes est essentielle quoiqu'incohérente au départ.

 

C'est l'époque des affiches "Oui à l'Europe, Non à la constitution européenne" que fait imprimer la direction du PCF … et que les militants communistes découpent avant de ne coller que la 2° partie.

 

Parti de 20% de non - Chirac pense confirmer son leadership à la fois sur la droite et sur la gauche dans une sorte de communion nationale en annonçant le référendum - le "NON DE L'ESPOIR" (nouvelle affiche de la direction du PCF en fin de campagne) gagne peu à peu du terrain et l'emporte largement avec 55% des suffrages en mai 2005.

 

On connaît la suite. Chirac, tout en prenant acte du résultat, poursuit cette politique. Sarkozy, dès 2007, entérine - grâce aux votes des députés UMP, MODEM, Verts et Socialistes - le traité de Lisbonne.

 

2. Quels enseignements politiques peut-on tirer de cette période historique?

 

A l'évidence, le capital tient à ce projet. Il ne s'avoue jamais vaincu. Il recule quand il ne peut pas faire autrement. Il avance d'autant plus vite quand l'opposition à ses projets n'est pas déterminée.

 

S'il le fait, c'est qu'il en a besoin. En termes marxistes, il est confronté depuis les années 70 à une sur-accumulation de capitaux qui cherchent à s'investir dans de nouveaux domaines.

 

Et ce n'est pas par hasard si la libre concurrence non faussée est appliquée prioritairement aux transports (Air France, SNCF ==> lois Gayssot), à l'énergie (EDF, GDF), aux télécommunications (PTT puis P et T puis France Télécom et La Poste), à l'Education nationale (introduction de capitaux privés et mise en concurrence, réformes successives des lycées et des écoles faisant la part belle au privé, écoles privées dorénavant subventionnées obligatoirement par les municipalités), à la santé (loi Bachelot), à la protection sociale (changement de régime des mutuelles pour les adapter aux normes européennes, déremboursements sécu mais liberté des prix pour les médicaments, mise en cause du droit à la retraite avec l'incitation au recours aux assurances privées)…

 

La liste serait bien longue - et elle recoupe directement les secteurs directement de l'autorité de l'Etat ou des pouvoirs locaux - les services publics et ce qu'il restait des entreprises nationales.

 

Autre volet de cette recherche de rentabilité pour une masse toujours plus importante de capitaux: la mise en concurrence des salariés entre eux avec les délocalisations d'entreprises - réimportation de produits. 

Au plan extérieur ==> on fait produire moins cher ailleurs ce qu'on va vendre dans notre pays.

Au plan intérieur ==> heures supplémentaires détaxées qui bloquent les embauches, maintien sur le marché du travail de millions de retraités ou qui pensait l'être - avec l'objectif d'un renforcement de cette concurrence entre les salariés cherchant à s'employer et acceptant sans rechigner des baisses de salaires.

 

Enfin, dernier volet en date - la crise et la dette. Avec deux temps. 

 

Le 1° en 2008: la crise des subprimes. Pour aller vite, les marchés financiers n'ont plus confiance dans leurs produits pour rentabiliser l'immense masse de capitaux dont ils disposent. Alors ce sont les états - dont l'Europe - qui interviennent. Les marchés financiers prêtent aux états des capitaux que les états vont leur redonner - par milliards - en payant les intérêts et en augmentant leur dette puisqu'ils ont emprunté ces capitaux.

 

Deuxième temps. Ce sont les marchés financiers qui vont fixer les taux d'intérêts en fonction de la capacité de remboursement des états. Moins ils estiment qu'ils pourront rembourser, plus les intérêts seront élevés pour compenser "ce risque". C'est le cas notamment de la Grèce avec un taux d'intérêt de 15% et une dette qui s'accroît à chaque plan de sauvetage. Plan de sauvetage qui va revenir, à chaque fois, à faire payer la rentabilité des capitaux aux salariés et à la population (vente du Pirée à Athènes, dégraissage de la fonction publique, baisse des salaires et du salaire minimum, hausse de la TVA - seul impôt sur les marchandises accepté parce qu'il ne joue pas sur les échanges. La TVA est déduite des produits importés de Grèce donc on peut délocaliser tranquillement. Seuls les Grecs paient plus cher leurs produits sans nuire à la "concurrence libre et non faussée".

 

Pour les autres pays - soi-disant - plus chanceux, ceux notés par un rire - A A A - il s'agit de garder cette note, symbole de la confiance des marchés financiers dans leurs capacités de remboursement d'une dette énorme bien que fictive économiquement puisqu'ils n'en ont contracté la majeure partie que pour rentabiliser les capitaux des marchés financiers. Avec les mêmes recettes: privatisations, casse des services publics, baisse des salaires … L'objectif avoué étant de "rassurer les marchés financiers" qui ne le seront jamais parce qu'ils n'ont aucun intérêt à l'être.

 

Sans doute, faut-il ajouter à ces volets économiques, la guerre - enfin les guerres - où on peut revenir à ce que Marx analysait déjà en son temps - la destruction d'une partie de l'appareil de production pour permettre le ré-emploi des capitaux qui cherchent à s'investir.

 

Là aussi l'Europe a fait un pas de plus. Si en 2003, grâce à notre pays, elle n'avait pu s'engager complètement dans la guerre en Irak, elle l'a fait pleinement en Côte d'Ivoire via la France et en Libye (la résolution européenne autorisant les frappes a été votée par les deux députés du Parti de Gauche - dont Jean-Luc Mélenchon -, les deux députés communistes de métropole étant, opportunément, absents).

 

L'euro et la BCE sont des outils précieux pour la capital.

 

Ce dont le capital a besoin, c'est de stabilité pour parvenir à ses fins. L'euro et la BCE sont là pour cela.

 

L'euro et la BCE sont indépendants des états? C'est faux formellement mais cela garantit surtout le capital des soubresauts éventuels des populations dans un état privé de sa politique monétaire et, partiellement, de création monétaire.

 

Dans le même ordre d'idée, les délocalisations sont davantage sécurisées. On sait combien on va payer les salariés avec une monnaie qui a cours dans tous les pays européennes. On est à l'abri d'une dévaluation ou d'une ré-évaluation politiques.

 

Quant à la dette, c'est évident. Avec une dette exprimée en monnaie nationale, une dévaluation permettrait de limiter ses effets puisque la dette, proportionnellement, représente alors moins de capitaux tandis la production est réévaluée.

 

3. L'analyse historique du PCF est toujours valable.

 

Contrairement à l'image qu'ont voulu plaquer sur nous les autres forces politiques, nous n'avons jamais prôné le repli sur soi, le rejet de l'autre, les frontières hermétiques.

 

Nous sommes - et je parle là aujourd'hui des communistes, pas forcément de la direction - pour la paix, pour l'indépendance nationale, pour des coopérations mutuellement avantageuses. Et pour coopérer, il faut exister. Et pour coopérer, il faut s'affranchir dans le même mouvement d'un système qui, par essence même, prône la compétition et la confrontation.

 

C'est la raison pour laquelle nous nous sommes opposés depuis le début à la construction et l'intégration européenne - et donc à l'euro.

 

Je ne vais pas reprendre tout ce que je viens de dire parce que l'analyse marxiste y est en filigrane mais simplement pointer quelques éléments.

 

L'euro facteur de développement? Comme le Parti le dénonçait dans les années 90, l'euro favorise les capitalistes dominants. Il renforce encore la concurrence "libre et non faussée" au sein de la zone euro, écrase les activités en développement. Il encourage les délocalisations dans des pays ateliers, aux marches d'Europe de l'Est ou plus loin.

 

L'euro, possible outil du changement? C'est exactement le contraire. Tout simplement parce que la perspective de changement de société saute du cercle national au cercle européen. Changer la politique monétaire et économique portée par l'euro, c'est reporter le changement au niveau de l'Europe. Bien entendu la monnaie nationale n'est pas le socialisme. Elle reste sous le contrôle des capitalistes nationaux, des banques nationales mais elle n'est pas hors de la portée politique des peuples.

 

4. La mutation idéologique de la direction nationale du PCF est une impasse ou une tentative consciente de leurrer les militants.

 

Depuis maintenant un an, les déclarations de la direction se sont multipliées pour dénoncer la "fausse bonne idée" de sortir de l'euro (Pierre Laurent, Fracis Wurtz, Yves Dimicoli et les économistes).

 

"Sortir de l'euro ferait redoubler les difficultés et la spéculation, exacerberait les rivalités en Européens et, au total, consoliderait la domination mondiale du dollar, elle-même en crise très profonde" - Tract Jean-Marc Durand, économiste, dans la Drôme.

 

C'était pourtant le cas avant l'année 2.000 et c'est bien portant, en plein règne de l'euro, que la crise américaine des subprimes éclate et touche aussitôt les pays de la zone euro. C'est bien pourtant en plein règne de l'euro que les spéculateurs s'attaquent directement aux états (Grèce, Portugal, Espagne) en faisant exploser les intérêts de leur dette (contractée, pour rappel, pour rentabiliser les capitaux des marchés financiers). Alors y'a-t-il une différence entre une monnaie nationale et l'euro gérés tous deux par les capitalistes? Il y en au moins une. Avec une monnaie nationale, on peut agir pour diminuer la dette (dévaluation) voire même l'annuler tout ou partie. Et même si les capitalistes nationaux, le droite ou le PS s'y refusent, ils peuvent y être contraints par le mouvement populaire. Avec l'euro, cet outil disparaît.

 

"Il ne faut pas sortir de l'euro mais réorienter les missions de la BCE vers le plein emploi et le social" Yves Dimicoli.

 

Sortir de l'euro est sans doute un objectif ambitieux - notamment au regard de l'état de l'opinion - mais il n'est pas irréaliste. Tout simplement parce que si la France sortait de l'euro, cela signifierait à l'évidence et immédiatement la fin de la monnaie unique européenne. Comme dit précédemment, cela n'est pas hors de la portée politique de notre peuple.

 

Réorienter les missions de la BCE est évidemment vouée à l'échec d'un point de vue marxiste. Tout simplement parce qu'elle est faite pour le contraire et que penser cela, c'est aussi penser qu'on peut convaincre le capitalisme d'œuvrer pour le plein emploi au détriment de sa recherche de profits. Cela voudrait tout simplement dire que le lutte de classes n'existe plus ou n'a jamais existé.

 

Le PGE propose une initiative européenne pour s'opposer à la crise.

 

Une pétition va être proposée proposant la réorientation des missions de la BCE notamment vers la création de fonds régionaux qui abonderaient un système de "sécurité-emploi-formation".

 

Outre le fait que cette proposition s'inscrit totalement dans la construction européenne actuelle qui dessaisit les nations de leurs prérogatives au bénéfice des régions - et donc milite pratiquement pour une Europe fédérale -, l'initiative annoncée mardi ou mercredi dans l'Huma n'est pas nouvelle. Elle a déjà quelques mois.

 

Cette pétition s'appuie sur le traité constitutionnel européen ou Lisbonne qui prévoit le droit de pétition. C'est cette même argumentation qui a été utilisée par les partisans du "oui" pour affirmer qu'ils s'engageaient - enfin ! - dans la construction d'une Europe sociale sous le contrôle des citoyens. Argument qui avait été démonté à l'époque par les partisans du "NON DE GAUCHE".

 

En l'occurrence, cette mesure n'étant toujours pas en œuvre, il faut attendre le 1° janvier 2012 pour lancer cette pétition.

 

Cette pétition devra atteindre 1 million de signatures dans 12 pays européens minimum avec un minimum de 86.000 signatures pour la France (1 adhérent du PCF sur 2 - sacrée campagne!).

 

Une fois le million atteint, elle sera communiquée à la Commission européenne pour qu'elle examine la demande lors d'une de ses prochaines réunions.

 

Et, comme l'écrivait le journaliste de l'Huma il y a quelques mois "et si la Commission européenne ne veut pas l'examiner, il faudra qu'elle s'en explique!". De quoi faire tressaillir d'horreur nos dirigeants européens comme on le voit!

 

Et si la commission s'en explique? Et si elle examine la pétition mais la rejette? On refait une autre pétition? Comme action révolutionnaire ou simplement efficace, on peut peut-être espérer mieux.

 

Demander la sortie de l'euro, ce serait reprendre les idées du Front national ? 

 

Cette position a souvent été véhiculée par le PS et Les verts, elle l'est maintenant, c'est nouveau, par des dirigeants nationaux du PCF avec la même mauvaise foi et la même incohérence vis-à-vis de la lutte de classes.

 

On a connu cela pour Maastricht et le traité constitutionnel.

 

Tout simplement parce que le Front national est un outil politique - dangereux d'ailleurs comme l'étaient les nationaux-socialistes ou les fascistes qui se déclaraient anti-capitalistes - aux mains des capitalistes.

 

Car ce n'est pas le PCF qui reprend les idées du Front national (pas plus que ce n'est le mouvement de résistance n'a repris le nom de ce parti raciste mais bien le contraire) mais le Front national qui tente de s'emparer des idéologies progressistes pour mieux les dévoyer.

 

La lute des classes, c'est selon lui la lutte des fonctionnaires contre les producteurs - dans lesquels il place .. les patrons.

 

Rejeter le traité constitutionnel en 2005 ne signifiait pas pour lui une véritable action de coopération et d'amitié entre les peuples dans le respect des identités nationales mais de dire non à l'entrée de la Turquie musulmane dans l'Europe chrétienne.

 

Et, comme par hasard, les micros et les caméras se sont tendus à ses propos et à ses images. Beau repoussoir pour celles et ceux qui refusaient cette Europe supranationale, facteur de guerre mais qui ne voulaient surtout pas apparaître aux côtés de ce parti xénophobe et raciste.

 

C'est un piège - important et qui marque vite les consciences. Raison de plus sans doute pour y répondre, argumenter plutôt que de baisser la garde et affirmer en filigrane que nous nous sommes laissés entraîner par Le Pen pour Maastricht, le traité constitutionnel et notre refus de la construction européenne.

 

Une impasse politique qui vise à masquer les enjeux fondamentaux.

 

Refuser le rejet de la monnaie unique, c'est aussi bien pratique parce que cela élude des questions fondamentales.

 

En effet, le rejet de la monnaie unique ne peut être un slogan rabâché sans contenu.

 

Il ne peut être que lié avec une série de propositions fondamentales: remise en cause des dettes publiques indues, renationalisation du secteur financier, renforcement de nos services publics et leur développement (notamment la gestion de l'eau), détricotage ou retrait de notre pays des traités successifs qui le bâillonnent et remettent en cause  son indépendance nationale (notamment en matière agricole, en matière de défense nationale), interdiction de fait des délocalisations et de la réimportation y compris par des taxes dissuasives, développement d'une coopération internationale respectueuse des autres et favorisant la sortie du sous-développement .. etc.

 

Ce sont des questions fondamentales - dont nous pouvons nous saisir à l'intérieur du Parti et dans l'expression publique de nos organisations du Parti.

 

C'est en tout cas le débat que nous vous proposons pour cette  séance - à la fois pour ce qui concerne:

- l'état de l'opinion

- le caractère de classe du rejet de l'UE

- et, lié aux deux premiers termes, comment agir?

Partager cet article
Repost0