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NOUVEAU SITE ACTUALISE QUOTIDIENNEMENT: http://vivelepcf.fr/

 

36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 17:24

Faire annuler l’achat par l’armée pour 318 millions d’euros de drones à Israël

Vivelepcf – 7 janvier 2012

Le gouvernement a décidé en juillet 2011 d’acheter des drones militaires (avions sans pilote) pour 318 millions d’euros à la société Israël Aircraft Industry dont l’Etat israélien est actionnaire, le groupe Dassault étant chargé de les équiper.

120107_drone.jpg

Cette décision soulève un vent de protestations auxquelles, communistes, nous ne pouvons que nous joindre.


- Les caisses de l’Etat sont vides, prétend-on, mais on trouve 318 millions d’euros pour des achats d’armement ne correspondant en rien à la défense nationale.
318 millions, c’est l’équivalent de 10.000 postes d’enseignant pour un an.
Les drones ne sont utilisés que dans les guerres d’agression à l’extérieur comme le fait le corps expéditionnaire français derrière les USA et l’OTAN en Afghanistan. Israël a testé son modèle « Heron TP » lors de son attaque criminelle sur Gaza en 2008 et 2009.  


- A l’heure où, hypocritement, les politiciens, en particulier ceux de la majorité gouvernementale, appellent au patriotisme économique et à la défense de l’industrie en France, les mêmes livrent un marché juteux à l’étranger, malgré les compétences françaises (EADS). Cette décision prolonge le processus, dangereux pour le pays, de démantèlement de la souveraineté industrielle en matière de défense et de privatisation des entreprises nationales au profit des marchands de canon.   


- Ce marché rompt ouvertement avec 44 ans de boycott officiel français (depuis la guerre d’invasion des territoires palestiniens de 1967) des importations d’armes en provenance d’Israël. Il constitue une aide directe à un pays qui bafoue le droit international, les résolutions de l’ONU, les droits élémentaires du peuple palestinien, à une puissance militariste, y compris nucléaire, qui menace la paix dans tout le Proche-Orient.

La mobilisation pour remettre en cause ce contrat grandit en France. Elle émane d’associations d’amitié avec le peuple palestinien, d’associations pacifistes, de citoyens de plus en plus nombreux.
Elle provient aussi, pour des raisons autrement intéressées que nous mentionnons mais qui ne nous concernent pas, d’industriels français, jaloux de Dassault, et de parlementaires, membres de la commission de la défense de l’Assemblée nationale (qui penchent pour un achat au lobby militaire américain plutôt qu’à l’israélien…).

Nous dénonçons et appelons à dénoncer le plus largement cette opération scandaleuse en signant la pétition lancée par le réseau « Boycott – investissement – sanctions – BDS » largement soutenue par les associations désignées précédemment (lien cliquez sur l’image).

 

120107 BDS Israël

 

PAS D’ARGENT DES CONTRIBUABLES FRANÇAIS POUR ACHETER DES ARMES DE GUERRE D’AGRESSION ET SOUTENIR LE REGIME D’APPARTHEID ISRAELIEN !

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 11:43

Section PCF de Saint-Martin-d’Hères : vœux et meeting internationalistes le 8 janvier 2012

La section du PCF de Saint-Martin-d’Hères, la plus importante de l’Isère, a décidé de placer la nouvelle année sous le signe des luttes et de la solidarité internationaliste sans perdre de temps.
A l’occasion de ses vœux à la population, elle organise un meeting où interviendront des représentants des partis communistes de Grèce (KKE – Antikos Bellas) et du Portugal (PCP – Jose Roussado).
Dans la riposte aux plans gouvernementaux de super-austérité qui frappent leurs pays sous l’égide de l’UE, de la BCE et du FMI, ces partis jouent un efficace rôle d’avant-garde.  Ils s’appuient sur leur organisation communiste de masse, en lien direct avec le monde du travail, leur refus de toute compromission avec la social-démocratie, qui a dirigé ou dirige les politiques antisociales, leur perspective révolutionnaire socialiste. Leur expérience est d’un intérêt majeur pour les travailleurs et la population français devant les projets du capital et du patronat pour 2012 dans notre pays.
Des communistes du canton suisse du Tessin participeront aussi à la rencontre.


DIMANCHE 8 JANVIER 2012

 
Meeting de luttes et de solidarité internationaliste
Avec la participation de représentants du Parti communiste grec, du Parti communiste portugais, du Parti communiste du Tessin (Suisse)


10h00 – Saint-Martin-d’Hères
A l’Heure bleue, 1 rue Jean Vilar

 

Suivi des vœux de la section du PCF
Et d’un banquet populaire et dansant

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 18:22

Le processus de « transformation » du PCF 1994-201? au miroir de la liquidation du PCI 1989/1991

par Emmanuel Dang Tran

 

Nous reproduisons ci-dessous la préface d’Emmanuel Dang Tran au livre de Guido Liguori, « Qui à tué le Parti communiste italien » (éditions Delga – 2011). Liguori analyse les conditions historiques, les idées, les actes, qui ont servi à la direction du PCI pour saborder le plus grand parti communiste d’Europe occidentale. Dang Tran montre les mêmes discours, les mêmes motivations alimentent le processus, toujours poursuivi, jamais complètement réalisé, aujourd’hui encore, de « mutation-transformation » du PCF par sa direction depuis le début des années 90.

 

 

EN PDF (cliquez sur le lien)


 LIGUORI_DELGA.jpg

 

« Le nom et la chose ». Ce titre de chapitre de Guido Liguori cerne le dilemme qui a concerné et concerne tous les appareils dirigeants des partis communistes qui ont fait ou font le choix du réformisme.

 

Les mots « communiste », « partis communistes » sont des signifiants politiques et historiques extrêmement forts. Ils sont indissociablement liés à la théorie marxiste et léniniste, aux expériences issues de la Révolution d’Octobre qui a fécondé les mouvements ouvriers nationaux. Après la chute du Mur de Berlin et la victoire de la contre-révolution à l’Est, ces références fondamentales deviennent définitivement disqualifiantes pour les dirigeants communistes qui ne voient plus d’autres perspectives que de s’intégrer encore davantage dans la démocratie bourgeoise.

Mais leur problème est que ces « noms », « communisme », « partis communistes », sont aussi des identifiants politiques extrêmement forts des « choses » que cette théorie et cette histoire ont permis de développer. A la fin des années 80, le Parti communiste italien ou le Parti communiste français (le PCF encore de façon atténuée aujourd’hui) sont des réalités très fortes. Leur notoriété est générale. Ils constituent un repère dans la vie politique nationale, dans l’inconscient collectif du pays. Leurs organisations sont encore nombreuses et structurées. Ils disposent d’un acquis électoral, institutionnel, patrimonial considérable.

Comment garder l’héritage de la « chose » pour la transformer, la liquider, en la coupant du sens du « nom » : voilà la préoccupation des « communistes » réformistes. Comment donner tout son sens au « nom » pour défendre l’existence de la « chose », la renforcer : telle est la préoccupation des communistes qui considèrent que les partis communistes marxistes et léninistes conservent toute leur raison d’être et qui entendent assumer l’histoire du mouvement communiste international sans jeter le bébé avec l’eau du bain.

La bataille pour ce que représentent le nom et la chose « PCF » est encore tout à fait d’actualité en 2011. Pour les communistes français, l’histoire de la liquidation du PCI présente un grand intérêt.

 

« Comment s’appeler Parti communiste quand on n’est plus un Parti communiste » ? Guido Liguori retrace le déroulement du coup de force qui a amené en 1989 et 1990 à l’abandon du nom « Parti communiste italien » et la transformation en « Parti démocrate de gauche » (PDS). Ce dernier est maintenant devenu Parti démocrate tout court après son regroupement avec des pans de feu la démocratie chrétienne. Liguori en reprend les étapes dans le détail, les ultimes congrès, les dernières réunions du comité central, les discussions entre intellectuels sur l’identité du Parti, sur l’identité communiste.

 

Le lecteur communiste français est évidemment frappé par les similitudes avec les stratégies des directions du PCF et les débats en France, sinon en 1989, du moins à partir de 1994 et la « Mutation » lancée par Robert Hue. Les termes du débat italien d’alors sont étonnement restés les mêmes qu’aujourd’hui dans un PCF dont les dirigeants cherchent, avec la même obstination, les voies de la « transformation », de l’intégration dans une autre « gauche ».

Ils restent aussi terriblement d’actualité en Italie même, parmi les organisations, issues du PCI, qui n’ont pas renoncé au nom « communiste » mais qui n’ont toujours pas tranché la question de l’identité communiste, au point de ne cesser de s’émietter et de quasiment disparaître de la scène politique nationale.

 

La majorité de la direction du PCI est parvenue à trancher la chose vite, à clore l’histoire glorieuse d’un parti de 69 ans en 18 mois. Le résultat de cette expérience donne une idée du point de chute, vertigineux, des développements sur l’évolution de « l’identité communiste » soutenus par les partisans du changement de nom. L’organisation de masse s’est désagrégée. C’était le prix à payer. Le PDS n’a récupéré que moins du quart des adhérents et la moitié de ses électeurs. Mais le PDS, puis ce qu’il est devenu, héritier du grand PCI, est bien devenu un parti de gouvernement dans l’Italie capitaliste.  

Massimo D’Alema, que l’on revoit « centriste » au sein de la haute direction du PCI en 1990, se proclamant attaché à cette décidément flexible « identité communiste » est devenu un bon président du conseil de « centre-gauche » (1998-2000) avant de seconder le libéral Prodi (2006-2008). Ambition réussie aussi pour le communiste droitier Giorgio Napolitano : il est aujourd’hui président de la République alors qu’au Parlement ne siège plus aucun communiste. La rupture avec l’histoire communiste a été vite consommée. Le terrain était préparé.

 

Le 9 novembre 1989, la chute du Mur trouve Napolitano à Bonn avec Willy Brandt et Achille Occhetto, secrétaire général du PCI depuis 1988, à Bruxelles avec le travailliste anglais Neil Kinnock en pleine négociation pour l’entrée du PCI dans l’Internationale socialiste. Le symbole est parlant. Pour un PCI « qui n’est déjà plus un parti communiste », la défaite du camp socialiste est une aubaine. Le changement de nom avait déjà été sérieusement envisagé, mais toujours reporté. Là le coup devient possible. Occhetto hésite puis se lance dans l’achèvement de sa mission liquidatrice.

Ironie de l’histoire ? Le PCI a été, de tous les partis communistes, celui qui s’est démarqué le plus systématiquement de l’URSS et des pays de l’Est. On le retrouve dans les débats de 1989/90 : c’est même une part essentielle de son identité. Elle est mise en avant aussi bien par les dirigeants et intellectuels qui prônent ou acceptent le changement du nom que par certains de ceux qui le refusent.

Pourtant, des grands partis communistes occidentaux, le PCI sera le seul à ployer et à rompre sous le mauvais vent de l’histoire. Il se retrouvera précisément dans la situation des directions des partis « frères » de l’Est, qu’il avait si violemment critiqués et qui se sont sabordés au même moment (à l’exception notable du Parti communiste de Bohème-Moravie en République tchèque).

La contradiction n’est peut-être qu’apparente. Elle montre comment, même pour le PCI, l’existence du « camp socialiste » restait une donnée identitaire fondamentale. Mais n’y avait-il pas aussi une similitude avec les appareils des partis de l’Est qui sont passés, avec plus ou moins de succès selon les pays, d’une administration d’un socialisme sans conviction à la gestion de la restauration capitaliste ? Le niveau d’insertion de l’appareil du PCI dans les institutions de la démocratie bourgeoise italienne les en rapprochait, plus qu’aucun autre parti communiste d’un autre pays capitaliste. Liguori constate : «  les années passées dans le cadre du pouvoir local avaient formé un “parti d’administrateurs” trop enclins au compromis ». Cette évolution n’avait pas atteint le même stade dans le PCF.

 

La comparaison de la situation du PCI et de celle du PCF en 1989/90 montre, au-delà de réelles contradictions, plutôt un décalage qui annonce déjà un processus allant dans le même sens en France mais pas aussi loin. La direction du PCF, derrière Georges Marchais, rejette l’hypothèse du changement de nom après la chute du Mur. Le bureau politique condamne les éléments « reconstructeurs » ou « refondateurs » qui essaient de transposer l’exemple italien. Le 27e congrès de 1991 confirme ce choix. Il demeure décisif aujourd’hui. Malgré toutes les tentatives depuis 20 ans, la différence fondamentale persiste. En 2011, le PCF, même très affaibli sur tous les plans, continue à exister et à être le dépositaire de l’histoire du mouvement communiste en France.

Les raisons de ce choix différent en 1989 sont multiples. Elles sont en lien les unes avec les autres. Il serait essentiel d’analyser le maintien plus solide de l’organisation de classe, de la cellule, de la cellule d’entreprise dans le PCF et la dérive institutionnelle dans le « compromis » plus avancée du PCI. La composition des directions du PCI est déjà marquée par la sous-représentation criante des militants issus de la classe ouvrière, ce qui allait devenir le cas au PCF dix ans plus tard.

Les positions du PCF et du PCI avaient aussi depuis longtemps divergé. Le PCF n’a pas suivi le PCI dans la condamnation répétée de l’URSS (jusqu’à accepter la légitimité de l’OTAN !). Le PCF n’a pas suivi jusqu’au bout l’expérience « eurocommuniste » initiée par le PCI. La conversion à la défense de l’intégration européenne est aussi très précoce dans le PCI.

Les différences, loin d’être entièrement contradictoires, se posent aussi en termes de perspective politique nationale.

Dans un pays comme dans l’autre, dans les années 70, elle est d’abord institutionnelle. Mais la stratégie du PCI (que Liguori appelle « Berlinguer I ») est en 1976 de rechercher un « compromis historique » avec la Démocratie chrétienne. En France, dans les conditions nationales, la stratégie du PCF reste l’Union de la gauche, avec un rôle sinon prépondérant, du moins incontournable, du Parti dans son alliance avec le PS. Elle vise une « démocratie avancée », étape vers le socialisme.

Malgré son échec rapide, la logique du « compromis historique » a marqué. La stratégie « Berlinguer II » n’a pas le temps de corriger selon Liguori. Dans les années 80, l’obsession de larges franges des directions et des élus du PCI est de rechercher des accords avec le PSI pour une coalition gouvernementale. En France, l’échec du Programme commun en 1977 puis de la participation gouvernementale de 81 à 84 amène le Parti à redonner la priorité au mouvement populaire, laissant la perspective d’Union de la gauche en sourdine.

A la fin des années 80, l’écart s’est creusé. La direction du PCI en est à solliciter l’adhésion à l’Internationale socialiste. Le PCF exclut de participer au gouvernement Rocard, ouvert au centre-droit, après 1988.

L’affaiblissement électoral parallèle ne laisse pas non plus les deux partis dans la même situation en 1989. Le PCI reste largement le parti dominant à gauche, deux fois le PSI en voix. Le PCF est à 10%.

Les opportunistes du PCI peuvent rêver au pouvoir dans la démocratie bourgeoise, en allant juste un peu au-delà de la perspective de « compromis historique ».

Les plus opportunistes du PCF ne peuvent envisager n’être qu’une force d’appoint du PS, ce qui allait se passer entre 1997 et 2002 avec la participation au gouvernement Jospin. Le PCF en sortira considérablement affaibli alors qu’il s’était maintenu électoralement (malgré l’Est) à 10% en 1997. En 2002, il tombe à 3%.  Le même sort attendait le parti italien de la Refondation communiste. Le nom « communiste » ne se prête vraiment pas au compromis avec les gestionnaires loyaux du capitalisme.

Pour des raisons tenant à la fois des positions politiques antérieures, de l’état de leur structuration, de la conjoncture politique, les équilibres dans la direction du PCI et du PCF et à la base de ces partis ne sont pas les mêmes. La question du nom du parti, sinon de la rupture avec son essence, ne se pose pas de la même façon, surtout pas au même moment.

En 1990 en France elle est tout simplement inconcevable. Mais en quelques années, les éléments, l’idéologie et la perspective réformistes l’emportent dans la direction du PCF. En 1994, Georges Marchais part et Robert Hue engage le processus dit de « mutation ». Mais dans les conditions de la France, le changement forcé de la « chose » n’a toujours pas aujourd’hui réussi à avoir raison du « nom » et continue, encore aujourd’hui, de s’y heurter.

 

Le militant du PCF qui aura résisté aux multiples campagnes de « mutation », « transformation », « recomposition » de son parti jusqu’à aujourd’hui se reconnaîtra sans mal dans les méthodes et dans les termes du débat italien de 1989/1990. L’offensive de l’idéologie dominante s’effectue par les mêmes voies, avec une grande cohérence. « Théorie des droits plutôt que lutte des classes, horizon démocratique plutôt que finalité socialiste, Révolution française plutôt que Révolution russe », voilà comment un journaliste résume brutalement la pensée d’Occhetto.

Hue, tout comme Occhetto, veut marquer une rupture avec la tradition communiste. Comme lui, il recourt à une « communication » tapageuse, qui se veut moderne. Avec la même insistance, Hue et ses successeurs se lancent dans l’auto-flagellation, le dénigrement et même la criminalisation de l’histoire du mouvement communiste.

On retrouve les mêmes réflexions sur le « dépassement » de la « forme parti », au regard de nouvelles exigences « démocratiques ». Elles justifient la déstructuration du Parti de classe et de masse dans les années 90 en France comme en Italie. L’abandon du centralisme démocratique (PCF – 1994) a fait sauter un verrou, comme au PCI, aux transformations. Les directions enchaînent les coups de force, jouant à la fois du légitimisme des adhérents, de leur mainmise sur l’appareil et de la dégradation du débat démocratique dans le parti, notamment dans la préparation des congrès. La suppression des cellules au congrès de Martigues en 2000, doublée de la participation au gouvernement social-libéral, entraîne une hémorragie des effectifs et accélère la déstructuration à la base. Le recul démocratique réel est aussi à placer sur ce plan. 

On retrouve presque mot à mot les développements sur la fin de la centralité de la lutte des classes - avec le développement des technologies et des communications - mise au même niveau que les questions de société. La protection de l’environnement, le féminisme sont instrumentalisées, de façon également pesante, pour accompagner la fin du PCI comme ensuite les transformations du PCF. Dans le même temps, les cadres ouvriers disparaissent des organigrammes du PCF. Au congrès de Martigues, la priorité est ouvertement donnée à la présence dans les institutions sur l’action dans les luttes. La participation à un gouvernement de gestion loyale des affaires du capitalisme est ainsi validée théoriquement ainsi que l’institutionnalisation du Parti, qui devient un « parti comme les autres ».

Parallélisme total aussi des discours sur « l’ouverture » du Parti. Occhetto s’adresse à la « gauche des clubs », à la « société civile », aux non-communistes pour constituer son nouveau parti, de la même façon qu’en France sont justifiées la constitution de la liste « Bouge l’Europe » aux élections européennes de 1999 (50% de non-communistes), puis les Collectifs antilibéraux (2006) ou maintenant le Front de gauche. En fait d’ouverture, c’est le renoncement à l’engagement politique des classes laborieuses et la porte ouverte à la « petite gauche » où prédominent petite bourgeoisie et réformisme.

 

Ces similitudes sont d’autant plus importantes à souligner en France aujourd’hui que l’on voit maintenant le point d’arrivée des héritiers de la majorité du PCI.

Les directions du PCF ont « réussi » à profondément changer la « chose », à la dénaturer mais ils ne cessent de buter sur le « nom ». Leur stratégie, constante depuis 1994, est une suite ininterrompue d’échecs dont un recul électoral sans précédent. L’inadéquation entre le « nom » et la « chose » en est une explication. Même au bout de 20 ans, on n’attend pas du PCF qu’il s’aligne sur la social-démocratie ou sur l’UE du capital. Un parti qui a tant de mal à défendre (à réécrire) son histoire se tire des balles dans le pied alors que l’anticommunisme sévit plus que jamais. La persistance du fait PCF vaut parmi ses adhérents mais aussi ses partenaires et ses adversaires. Un parti communiste qui n’est plus communiste est condamné.

 

Les directions du PCF ont essayé de changer le nom du parti à deux reprises. Avant le congrès de rupture de Martigues, l’idée de lancer le « nouveau parti communiste » a été lancée mais n’a pas pris et a été rapidement abandonnée. En 2007, après la débâcle de l’élection présidentielle (1,9%), Marie-George Buffet remet en cause l’existence même du PCF dans son rapport au conseil national lançant les hypothèses suivantes : « celle de décider la création d’un nouveau parti, de le dépasser pour en fonder un avec d’autres à l’exemple de Die Linke, d’affirmer l’existence du PCF comme préalable à tout débat sur cette question, ou bien de réfléchir à partir du potentiel du Parti communiste, à ce que pourrait être une force communiste aujourd’hui… ».  Les dirigeants enchaînent pendant quelques mois les déclarations sur l’épuisement de la raison d’être du PCF. Mais une vague de fond dans ce qui restent des effectifs du parti (levée notamment par l’appel « Pas d’avenir sans PCF » dont nous étions à l’origine) a mis en échec cette opération. La direction a dû s’y résoudre en s’efforçant de réduire la réaction des communistes à un « attachement » sentimental au parti.

 

Puisqu’on n’arrive toujours pas à changer le « nom », restent deux solutions : l’effacer peu à peu et en changer le sens.

Dans la suite de « Bouge l’Europe », les initiatives de la direction du PCF d’intégrer le parti dans des « Collectifs antilibéraux », en 2006, avec cette « petite gauche » et la « société civile », maintenant dans un « Front de gauche » vont dans le sens de la dilution du Parti. Il pourrait être peu à peu supplanté par cette nouvelle organisation « chapeau », comme, au niveau européen, dans le Parti de la gauche européenne. Les prochains mois avant l’élection présidentielle de 2012, où le PCF s’aligne derrière le social-démocrate Jean-Luc Mélenchon seront décisifs pour le succès ou l’échec de cette nouvelle tentative. Les correspondances avec les débats italiens de 1989 sont à nouveau nombreuses, mais autant avec les réflexions de partisans que d’adversaires du tournant historique. Voilà qui fait sans doute comprendre pourquoi les autres organisations issues du PCI, celles qui ont conservé le nom communiste, en premier lieu le Parti de la Refondation Communiste (PRC), ont suivi depuis lors un parcours très parallèle à celui du PCF.

 

Il est frappant que la plupart des dirigeants et intellectuels qui se sont opposés au changement de nom se placent quand même dans une forme de consensus pour une révision de « l’identité communiste », pour une « refondation » du PCI. La motion d’opposition au congrès final s’intitule : « Pour une vraie rénovation du PCI et de la gauche ». Le PRC, « refondateur », est constitué d’emblée, en rupture avec la continuation du PCI, avec des éléments anciennement socialistes ou trotskystes. Au contraire, c’est le PDS qui prend garde de se placer dans la continuation du PCI en conservant, momentanément, le vieux sigle avec la faucille et le marteau sous le nouveau, un chêne… Comme au sein du PCF, les débats de 1989/90 se reproduisent en boucle sur les mêmes questions jusqu’à aujourd’hui dans le PRC ou dans le Parti des communistes italiens (PdCI - issu d’une scission du PRC). Une sorte de processus infini de scissions, divisions, auto-liquidation semble engagée.  

 

Dans ces processus, la question de l’identité communiste n’est jamais tranchée. La tentation est forte de tordre le sens du « nom », de le dévaluer, en Italie comme en France. De façon récurrente depuis les années 80, on retrouve, aussi à la fin du PCI, cette citation de Marx de L’Idéologie allemande, mise en avant et décontextualisée par Lucien Séve, qui permet de valider toutes les révisions : « nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état actuel des choses ». La « visée communiste » propagée dans le PCF au tournant des années 2000 fait écho à « l’horizon communiste » discuté dix ans plus tôt en Italie. Certains en sont au « post-capitalisme » quand ce n’est pas à « l’altercapitalisme » (le dirigeant du PCF Parny en octobre 2009). Elle permet d’éliminer la notion d’étapes, de ruptures, le socialisme et tout bonnement la perspective révolutionnaire. En juin 2008, Marie-George Buffet affirmait à propos du Congrès de Tours : « Nous sommes au 21ème siècle, le monde a changé, les modèles se sont écroulés. Aussi, dans cette belle ville de Tours, si nous ne retenions de son célèbre congrès qu’une seule chose : le formidable espoir, cette énorme volonté politique de la part de nos camarades de construire une société meilleure. » À quoi fait écho l’actuel secrétaire national du PCF, président du PGE, Pierre Laurent. Sur France Inter, en juin 2011, il ne se formalise pas d’être taxé par un journaliste de « social-démocrate de gauche » et affirme que ce qui « distingue » le PCF, c’est : «  une détermination, quand même farouche, qui reste notre identité, ou ce pourquoi nous existons, à penser qu’il va falloir passer à autre chose que le système capitaliste. [Autre chose de quel genre ?] Il faut que la solidarité devienne le système d’organisation de la société, à la place de la concurrence… ». La « solidarité comme projet de société » : C’est court comme identité communiste !  

 

L’enseignement de l’expérience italienne de 1990 est peut-être qu’il faut aux communistes qui veulent le rester défendre à la fois et « nom » et la « chose », toute la « chose », assumer l’histoire du mouvement communiste international, se ressourcer dans les fondamentaux marxistes et léninistes, faire vivre et renforcer les organisations de nos partis suivant leur raison d’être dans la lutte des classes. Des partis communistes, en Grèce, au Portugal, en Afrique du Sud… ont fait ce choix. En Italie, des communistes développent une base dans ce sens pour « reconstruire le Parti communiste ». En France, nous sommes des dizaines de milliers à défendre le PCF. Il y a 20 ans, l’actualité dominante était la « chute du communisme ». Aujourd’hui, c’est la « crise du capitalisme ».

 

Emmanuel Dang Tran, membre du Conseil national du PCF

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 11:27

1992 : LES RAISONS DU NON A MAASTRICHT SELON LEO FIGUERES

 

Les raisons du NON à Maastricht en 1992 sont les raisons du rejet de l’euro en 2012 !

 

Nous reproduisons ci-dessous l’éditorial du bulletin « Notre Malakoff » de septembre 1992 par Léo Figuères, alors maire et conseiller général de la ville.

 

Dans le cadre de la campagne nationale du PCF, mais avec ses propres expressions synthétiques, Léo Figuères s’adresse aux habitants pour les appeler à voter NON au traité de Maastricht.

On peut vérifier à nouveau combien son analyse était juste et s’est vérifiée, en particulier sur les objectifs réels et les conséquences néfastes de la monnaie unique.

 

On peut reprendre les mêmes arguments aujourd’hui. On le doit si l’on ne veut pas rester à perpétuité dans le carcan de Maastricht, de l’UE et de l’euro.

 

110801 Figuères2 

20 septembre 1992, référendum sur Maastricht

 

LES RAISONS D’UN NON

 

Le 20 septembre, le référendum permettra de donner votre avis sur le traité européen signé à Maastricht. Pour ma part, je vous invite à répondre NON, c'est-à-dire, à repousser le traité et avec lui, les graves périls qu’il comporte pour la France, son peuple et le monde du travail en premier lieu.

Les croisés du oui, qu’ils soient de droite avec Giscard ou au gouvernement avec Bérégovoy, parent Maastricht des plus belles couleurs ; il ouvrirait le chemin de la paix perpétuelle et de la prospérité générale.

Mais un grand nombre d’entre vous ne s’en laissent pas compter et disent leur volonté de voter NON. Ils ont raison.

Maastricht, ce n’est pas la paix ! C’est le risque de voir la France entraînée dans des aventures militaires sous le prétexte de « défense commune » et d’être empêchée de jouer son rôle dans l’action pour un désarmement général et contrôlé, seul gage véritable d’une paix solide.

Maastricht, ce n’est pas la prospérité ! C’est au contraire la voie ouverte à plus d’austérité et de sacrifices pour réaliser l’objectif fondamental du traité : uniformiser les conditions de la concurrence des capitaux et de la course au profit dans les douze pays de la CE.

La monnaie unique et la Banque qui la contrôlera en constitueront les instruments et seront en fait dominées par l’économie la plus puissante, l’économie allemande.

L’on peut s’attendre, dans ce cadre, à la casse de nouvelles entreprises, à la croissance massive du chômage dès à présent annoncée pour les douze pays et à de mauvais coups contre les acquis sociaux, la protection de la santé, le système des retraites, etc.

Avec Maastricht la France abandonnerait une bonne part de sa liberté d’action.

Comme le proclame Giscard, il s’agit bien d’un traité de droite qui corsèterait à tel point notre pays qu’il rendrait difficile tout changement politique réel, toute réforme sociale de fond.

A ce traité de droite, il convient d’opposer un NON de gauche, un NON signifiant que l’on veut une Europe dont les Nations coopèrent librement dans un esprit d’égalité et dans le respect des traditions et des droites de chacune d’elles.

Avec vous, nous voulons construire l’Europe de la Pais et du désarmement, l’Europe des frontières ouvertes aux échanges des hommes et des produits de leur travail, l’Europe du plein emploi et du progrès social.

Que vous soyez jeunes ou plus âgés, ne vous trompez surtout pas le 20 septembre. N’approuvez pas les gens du pouvoir et de la droite à qui Maastricht donnerait de nouveaux moyens de frapper les gens modestes et d’hypothéquer plus encore l’avenir de notre jeunesse.

Vous abstenir par dégoût des jeux politiciens servirait aussi la politique dont vous ne voulez plus.

Il faut qu’à Malakoff, le NON de gauche à Maastricht soit massif et puissant.

C'est-à-dire ce NON que je vous invite.

 

Léo FIGUERES

Maire de Malakoff

Conseiller général     

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 09:46

Section PCF de Verfeil (31): pas de campagne pour Mélenchon même dans la préparation des législatives.

 

Déclaration des représentants de la section de Verfeil aux militants du PCF de la 3ème circonscription de la Haute-Garonne – 1er décembre 2011

 

Le 15 novembre dernier, nous étions présents à la réunion des militants du PCF de la 3ème circonscription dont le but était d’organiser la campagne de notre candidate, Martine Croquette, pour les élections législatives des 10 et 17 juin 2012, qui se dérouleront 5 semaines après l’élection présidentielle des 22 avril et 6 mai 2012.

 

Lors de cette première réunion, nous nous sommes proposés pour participer aux 2 commissions : Robert Bertrand à l’organisation et Christian Rosalie à la communication.

 

Tous les camarades savent l’opposition unanime de notre section à la candidature de Mélenchon pour l’élection présidentielle en tant que représentant du PCF.

 

Personne n’est assez dupe, parmi les adhérents du Parti, pour ignorer que le but poursuivi – et parfois avoué – de Mélenchon et de son Parti de gauche, est, au-delà des péripéties de l’élection, de créer un nouveau parti regroupant tous les adhérents des composantes du Front de Gauche er de rayer ainsi du paysage politique le Parti Communiste Français.

 

Convaincus de cet état de fait, nous avons décidé de ne pas nous associer au soutien à cette candidature quelle que soit la forme qu’il pourrait prendre.

 

Nous ne participerons donc à aucune manifestation (distribution de tracts, affichage, rencontre, réunion, débat…) qui tendrait à soutenir la candidature de Mélenchon.

 

De plus, qui pourrait penser mener une campagne des législatives active, en pleine période de campagne de la présidentielle, en faisant abstraction de cette dernière ? Pas nous en tout cas.

 

Pour preuve, le tract mis à disposition le jour de la réunion du 15 met en avant Mélenchon. Il est intitulé : « Avec notre candidat à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon et nos candidats aux législatives ». Quant à la galerie de photos, en tête Mélenchon, ensuite les candidats aux législatives…

 

En conclusion, nous ne participerons à ce collectif militant qu’une fois l’élection présidentielle passée, c'est-à-dire, au lendemain du 6 mai 2012.

 

Robert Bertrand, Christian Rosalie.

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 21:13

Produire français ? Selon Georges Marchais en 1980 : Nationalisations et planification démocratique!

 

Vivelepcf, 28 décembre 2011

 

Quelle politique industrielle pour le PCF ?

 

Nous sommes en 2011.

Les politiciens de droite, centre inclus, d’extrême-droite et de gauche reprennent en cœur les slogans « produire français », « produire en France » que le PCF portait il y a 30 ans.

Ils ne manquent pas d’air, si vous nous permettez l’expression.

 

Au pouvoir successivement, ensemble sous la bannière de l’UE du capital :

- Ce sont eux qui aident massivement les entreprises qui ferment les usines ou délocalisent.

- Ce sont les mêmes qui privatisent et livrent les marchés publics d’équipement, au moyen d’appels d’offres, à des groupes privés qui produisent souvent à l’étranger.

- Ce sont les mêmes qui sabotent depuis des années l’éducation nationale en général et l’enseignement professionnel en particulier.

- Ce sont les mêmes qui, de concert, droite, centre et PS, imposent en France les traités et directives européens, la libre circulation des capitaux, le libre-échangisme selon l’OMC, la généralisation de la concurrence déloyale et faussée.  

- Ce sont les mêmes qui ont imposé l’euro et entendent maintenant tout faire pour le sauver.

 

Comme les communistes l’ont justement dénoncé dans les années 90 en combattant Maastricht, l’euro a servi et sert à renforcer la mise en concurrence entre les travailleurs et les pays, aussi bien dans la zone euro qu’avec l’extérieur. L’euro favorise les industries les plus structurellement exportatrices, notamment allemandes, et écrase les activités en développement des autres pays de sa « zone ». L’euro « fort » permet aux grands groupes de délocaliser très avantageusement dans les pays périphériques, à coûts encore moindres, y compris pour réimporter les biens produits.

 

En France le résultat est irréfutable : Le solde commercial des produits manufacturés s’est effondré passant de + 5 milliards d’euros en 2000 à - 30 milliards d’euros en 2010.

L’évolution de l’industrie automobile est la plus édifiante. La France est un des seuls pays du monde à posséder (encore ?) une filière automobile complète. Le solde commercial en biens automobiles est passé d’un excédent net de 10 milliards d’euros en 2000 à un déficit inédit de 5 milliards d’euros en 2010. Les aides, les prêts, la prime à la casse, généreusement accordés par les gouvernements n’ont fait qu’accroître les dividendes, faciliter les délocalisations d’abord de la sous-traitance puis des unités de production des constructeurs. 30.000 emplois ont encore été rayés depuis deux ans.

 

Ces nouveaux adeptes du « patriotisme économique » s’efforcent de masquer la responsabilité de leur propre politique. Mais ils partagent un autre objectif : utiliser son résultat désastreux pour mieux poursuivre et aggraver les mêmes orientations!

 

- Au nom de la défense de l’industrie, érigée en « cause nationale », du renforcement de la compétitivité, ils conditionnent les salariés et l’opinion à de nouveaux sacrifices sur les salaires et sur la protection sociale.

- Ils préparent de nouveaux cadeaux aux entreprises sous toutes les formes. Avec la signification progressiste qu’il a prise en France après 1945, le mot « nationalisation » fait peur au patronat et au pouvoir. Mais des « prises de participation publique » pour faire porter les coûts d’investissements et de plans de suppressions d’emploi aux contribuables sont dans les tuyaux.

- Au nom de la « protection » de l’industrie, ils vont même sans vergogne jusqu’à justifier « plus d’Europe » et de tutelle de l’UE.

 

Le PCF a toujours développé une politique de défense de la production industrielle nationale tournée à la réponse aux besoins, en même temps que vers des coopérations internationales mutuellement avantageuses.

Après 1945, dans le contexte des destructions et du sabotage patronal d’un côté, du rapport de forces plus favorable aux travailleurs et aux organisations révolutionnaires de l’autre, le Parti a lancé la bataille de la production, a gagné d’importantes nationalisations et avancées démocratiques que le patronat n’a jamais cessé de remettre en cause depuis.

 

Nous reproduisons ci-dessous les passages du livre de Georges Marchais « L’Espoir au présent » de 1980 dans lequel il explique les positions du PCF alors sur le « produire français ».

Nous le faisons pour alimenter la réflexion et le débat d’aujourd’hui.

 

Le slogan « produire français » prête peut-être maintenant à des confusions contre-productives. « Produire français » ne veut évidemment pas dire gonfler les profits de capitalistes français (qui ne valent pas mieux que les autres) pour qu’ils daignent maintenir l’appareil productif plutôt que de le casser.

Les positions défendues par Georges Marchais sont indissociables. Comme on le relira, « produire français » n’a pas de sens sans « nationalisations et planification démocratique ».  

 

En contraste, la faiblesse des positions du Front de gauche et de son leader Mélenchon sur ces sujets est atterrante. Les propositions semblent bien davantage destinées à donner un alibi « de gauche » à une future politique social-démocrate qu’à contribuer au développement des luttes.

 

Pour soutenir l’activité, il faudrait ainsi moduler les cotisations sociales en fonction de la politique de l’emploi des patrons : cela revient en définitive à rentrer dans le dogme de la baisse du coût du travail. Le salaire différé, les cotisations sociales, les « charges » seraient responsables du chômage et de la casse industrielle et non la course au profit.

Il faudrait créer des fonds pour délivrer aux entreprises des aides mieux contrôlées, notamment via des « pôles publics de l’industrie rassemblant des partenaires publics et privés » (in programme « partagé »). Voilà qui ne peut que légitimer de nouveaux cadeaux publics aux capitalistes. En 2001, Jospin avait déjà fait désigner Hue président d’une commission de contrôle des aides publiques aux entreprises dans ce but.

La formule ambiguë du Front de gauche, « pôles publics », s’applique à éluder la question décisive des nationalisations démocratiques.

Enfin, les porte-parole du Front de gauche, la Maastrichien Mélenchon en tête, ne cessent de défendre l’existence de l’euro et la nécessité de relégitimer l’UE en parfaite contradiction avec les analyses du PCF des années 90 qui se sont pourtant entièrement vérifiées.

 

Avec l’annulation du congrès du PCF pour imposer Mélenchon et le Front de gauche, les communistes ont été privés de réflexion collective sur la politique industrielle et la production. C’est à partir de ses fondements théoriques, de ses positions historiques encore récentes que les communistes doivent la reconstituer.

 

Nous mettons en débat ces pistes :

- Il ne peut y avoir de politique industrielle sans augmentation des salaires directs (SMIC et rétablissement d’une échelle mobile) et différés (cotisations sociales, suppressions des exonérations patronales).    

- La défense et la reconstitution des filières industrielles répondant aux besoins principaux nécessitent une intervention publique multiforme. L’accroissement de l’effort d’éducation, de formation et de recherche est fondamental. La renationalisation des grands services publics et le rétablissement des monopoles publics sont une condition du développement de la production pour la réponse aux besoins. L’orientation de l’épargne et du crédit vers la production nécessite la nationalisation démocratique (et non le renflouement) des institutions financières. Face à la casse industrielle, la nationalisation d’entreprises structurantes, stratégiques, voire leur réquisition (éventuellement au plan local), sera indispensable.

- Seule des luttes intenses et coordonnées, au niveau des bassins d’emploi et au niveau national, permettront d’amener aux salariés et aux populations le contrôle démocratique et les droits nouveaux qui donneront leur sens progressiste aux nationalisations.

- Le développement de l’industrie en France exige de rompre avec l’UE du capital, de s’affranchir des traités et directives européens, de remettre en cause l’euro.

 

Après des années de « mutation », de « transformations », de « métamorphose », de « forums », de « collectifs » et de « front de gauche », retrouvons le fil de l’analyse communiste !

 

 

 

111228_fabriquons_francais.jpg

Extraits de « L’espoir au présent », Georges Marchais, 1980, éditions sociales, page 151 et suivantes

 

Produire français 

 

C’est une illusion de croire qu’on peut parvenir à une grande industrie française en la spécialisant à outrance sur un  nombre limité de « créneaux ». Comment, par exemple, prétendre à la maîtrise de la fabrication de certains articles textiles ou mécaniques si nous devons importer d’Allemagne fédérale les machines qui permettent de les fabriquer ? Comment envisager de prendre une place importante dans les échanges internationaux de matériels électroniques si nous sommes asservis à la technologie américaine ? Il faut donc reconstituer l’industrie française sur des bases nationales en accordant son développement à l’expansion du marché intérieur des biens de consommations, des biens intermédiaires et des biens d’équipement.

 

111228_produire_francais2.jpgCette politique est indispensable pour lever la contrainte extérieure réelle qui pèse sur l’économie française. Je veux parler de l’état de dépendance dans lequel nous place une politique giscardienne qui tient en quelques mots : le « tout à l’exportation », les investissements étrangers en France, l’américanisation de notre technologie, l’intégration européenne et atlantique.

 

Ce que je propose ne veut pas dire que la France doive produire sur son territoire national tout ce dont les Français et notre économie ont besoin. Mais aujourd’hui, du fait de nos assujettissements à l’étranger, toute relance du marché intérieur tend à provoquer un afflux d’importation de biens de consommation et surtout de biens d’équipement. C’est inacceptable. Il faut donc renforcer les capacités de production dans les secteurs où nous sommes le plus vulnérables pour pouvoir diminuer les importations.

 

Mais, au-delà de ces préoccupations tenant à la dépendance de la France à l’égard de l’étranger, le développement des capacités de production française répond avant tout à la nécessité de satisfaire les besoins de notre population et de notre pays. Si on fait des comparaisons internationales de consommation par tête, on s’aperçoit que les Français ne sont pas de gros consommateurs pour la plupart des biens. De même, notre appareil productif national n’est pas – et de loin – l’un des plus gros consommateurs de ciment, d’engrais, de plastique d’acier, etc. Rien ne justifie donc le freinage actuel des investissements privés et à plus forte raison la casse à laquelle se livrent les capitalistes français. Quant aux besoins dans le bâtiment et les travaux publics, la pénurie de logements sociaux, d’équipements collectifs et d’infrastructures de toute nature dit assez que la production française est bien loin du compte.

 

111228_produire_francais1.jpgIl faut donc prendre en compte l’ensemble des demandes qui résultent du redressement de productions trop dépendantes de l’étranger et de productions inférieures au niveau des besoins du pays : c’est la base principale d’une politique industrielle dynamique et authentiquement nationale.

 

Cela signifie-t-il l’autarcie ? Absolument pas. Nous ne fixons à l’avance aucune limite à nos échanges extérieurs, dès lors que les conditions d’un développement des bases productives situées sur le territoire français constituent un ensemble cohérent, solide et efficace. Je pense même que c’est la meilleure façon de se donner les moyens d’une coopération extérieure diversifiée. Pour jouer un rôle, il faut « faire le poids ». Cela n’est pas contradictoire avec la nécessité de défendre les productions nationales, en recourant, s’il le faut, à des mesures de sauvegarde.

 

Produire, français, c’est cela !

 

Renforcer nos capacités de production 

 

Toutes les grandes branches doivent être développées en France et leur essor doit être coordonné en accordant une attention particulière aux filières majeures de l’agro-alimentaire et de l’exploitation des ressources naturelles (bois, mer, minéraux), de l’énergie, de la métallurgie et des biens d’équipement, de l’électromécanique et de l’électronique, de l’aérospatiale, de la chimie, des véhicules et des transports, du bâtiment et des travaux publics.

 

Ce développement national cohérent ne peut être réalisé à l’initiative des capitalistes. Une politique industrielle ne peut être mise en œuvre sans ces réformes de structures dont j’ai parlé dans un précédent chapitre : les nationalisations et la planification démocratique. 

 

J’ai parlé, par exemple, de nationaliser la sidérurgie. La France a besoin d’une puissante industrie sidérurgique diversifiée sur une large gamme de produits, exploitant en priorité le minerais de fer et le charbon à coke nationaux et débouchant sur des activités métallurgiques de transformation. Pour parvenir à la maîtrise nationale d’ensemble de ces travaux associés, à l’évidence, il faut réaliser une véritable nationalisation du secteur.

 

produire_francais3.jpgDe même, l’indépendance nationale implique la maîtrise des principales industries de pointe. La France a déjà de bonnes positions dans le nucléaire, l’aérospatiale et certains secteurs de l’électronique. Ainsi est-elle bien placée en matière de télécommunications et dans de multiples activités de l’informatique, ce qui représente des points forts dans un monde où vont se poser de plus en plus des problèmes de communication, de liaison, d’automation. Mais c’est une illusion de penser que la Nation pourra en tirer partie sans rompre avec la domination américaine, sans se donner les moyens d’imposer l’intérêt national contre les intérêts particuliers.

 

Le rôle du secteur public est donc appelé à croître. Dès aujourd’hui, ce sont les entreprises publiques qui empêchent la conjoncture économique de s’effondrer et l’appareil productif de trop vieillir en assurant l’essentiel de la croissance des investissements. Elles assument également des fonctions déterminantes aussi bien dans les échanges extérieurs que dans l’effort de recherche et de développement. Le secteur public est l’outil décisif des transformations structurelles nécessaires. Son élargissement par de nouvelles nationalisations et sa démocratisation sont donc à l’ordre du jour.

 

D’autres moyens doivent être mis en œuvre pour renforcer les capacités de production en France. Il s’agit en particulier, des marchés publics dont les modalités sont, aujourd’hui, soumises à un petit nombre de fournisseurs capitalistes. L’ensemble du système d’aides doit être redéployé pour mieux servir les objectifs nationaux d’emploi, de modernisation, d’innovation, de coopération internationale, de développement régional.

Produire français, c’est aussi cela !  

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 08:30

Quand une ancienne ministre grecque met en garde contre l’impact de l’action du KKE

 

Vivelepcf – 27 décembre 2011 

 

Les media français s’efforcent d’occulter la force de la mobilisation et des actions initiées par le Parti communiste grec (KKE) dans cette période de crise.

Parfois quand même, ils n’arrivent pas à éviter la présence d’un drapeau sur une photo ou une référence à une manifestation organisée par le PAME, le mouvement syndical principalement animé par les communistes.

Malheureusement, l’Humanité ne tranche guère privilégiant systématiquement au compte-rendu des initiatives du KKE l’exposé des positions des dirigeants de « Syriza », cet assemblage de groupes réformistes et gauchistes initié par le parti Synapsismos, membre du PGE, adepte de l’Europe sociale et des compromissions électorales locales avec la social-démocratie.

 

Le quotidien économique Les Echos a fait exception dans son édition du 14 novembre 2011 suivant le changement de premier ministre. Son lectorat est sans doute peu enclin à rentrer dans la lutte du côté des travailleurs mais a besoin d’informations moins faussées.

 

Mme Louka Katseli, ancienne ministre PASOK de l’économie et du travail est interviewée. Extrait :

 

« Les E : Quelle forme pourrait prendre une explosion sociale ?

 

Louka Katseli : Tout d’abord, les gens pourraient se trouver dans la situation de ne pas pouvoir payer. Beaucoup de familles reçoivent ces temps-ci des avis d’imposition exceptionnelle sur la propriété immobilière de plus de 700 euros en moyenne. Cet argent peut manquer. Les fonctionnaires ont subi des coupes sévères de leurs salaires. Beaucoup de petits entrepreneurs ont cessé leurs activités. La récession est profonde. Le chômage dépasse déjà les 17%. La première réaction pourrait être de décider de ne pas payer l’impôt. On risque aussi des grèves qu’elles soient explicites ou qu’elles ne disent pas leur nom. Les confédérations syndicales n’ont pas les moyens de prévenir une explosion sociale, car elles sont peu représentatives sur le terrain, notamment dans le secteur privé. Le risque associé est que le Parti communiste [de stricte orthodoxie stalinienne Note des Echos] capitalise la colère. »

 

Bien vu Mme Katseli !

Cette analyse sincère souligne l’impact et la justesse de l’action de nos camarades grecs.

 

Le KKE a été au premier rang dans les initiatives de désobéissance civile, de refus de payer les taxes supplémentaires indues. Le pouvoir fait payer la nouvelle taxe foncière, que mentionne Mme Katseli, sur les factures d’électricité menaçant de couper le courant aux contribuables. Le KKE organise la résistance contre les coupures.

Le KKE fait des priorités de la lutte contre les baisses de salaires, les licenciements et la précarité, du rassemblement des travailleurs autour de la classe ouvrière, notamment des petits travailleurs indépendants, dont Mme Katseli souligne la faillite.

Mme Katseli dit tout haut ce que l’opinion française, même lectrice de l’Humanité ignore : la plupart des syndicats grecs, organisés par branche, sont contrôlés par la social-démocratie voire par la droite. Ils peinent à contenir à contenir la colère des salariés, même en donnant le change par des journées ponctuelles de manifestation. Mme Katseli indique leur limite dans ce domaine. Quand elle redoute des « grèves qui ne disent pas leur nom » et les explosions possibles notamment dans le secteur privé, elle fait implicitement référence au mouvement syndical PAME qui ne cesse de gagner en crédibilité et en organisation.

« Le risque associé est que le Parti communiste capitalise la colère ». On ne saurait mieux dire !

 

L’organisation du KKE, sa recherche du rassemblement le plus large sur des intérêts de classe et des positions anticapitalistes, notamment sa dénonciation totale de l’UE, troublent les scénarios du pouvoir.

Il lui a été ainsi impossible d’organiser des élections anticipées avant l’application du plan européen sous peine d’absence de majorité d’alternance et de poussée spectaculaire du KKE, qui se situe hors compromission électorale.

Le pouvoir en Grèce se trouve obligé de se montrer sans couvert politicien : sociaux-démocrates, droite et extrême-droite ensemble dans un gouvernement technocratique dirigé par un commis de l’UE et de Goldman-Sachs !   

 

Dans les mois cruciaux qui viennent, nos camarades grecs vont encore intensifier leur action. En tenant compte des différences nationales, leur exemple ne peut qu’éclairer les communistes français.

 

111227_kke_illustration.jpgVoir aussi un tract de soutien aux travailleurs grecs à disposition des organisations du PCF : Grèce - Union des peuples contre l'austérité et l'UE du capital!

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 12:17

Pierre Laurent occulté par les médias ou par le Front de gauche ?

 

Dans une lettre ouverte, reprise par l’AFP et publiée intégralement dans l’Humanité du 19 décembre 2011, Pierre Laurent se plaint auprès d’Yves Calvi d’un « boycott » à son égard sur les chaînes de France Télévisions.

Il réclame une augmentation du temps de parole du Front de gauche et de tous ses représentants, de Jean-Luc Mélenchon, dont il « préside le Conseil national de campagne », et des autres.

Il déplore les propos « diffamatoires » sur France 5 de Stéphane Courtois (spécialiste des coups bas anticommunistes s’il en est !) qui l’a traité de « fils d’apparatchik qui a mis les pieds dans les chaussons de son papa ».

Cette lettre ouverte de Pierre Laurent a suscité plusieurs réactions qui nous ont été adressées. Nous reproduisons ci-dessous la lettre à l’Humanité du camarade Jean-Claude Paté de la fédération de la Manche.

Les media au service de l’idéologie dominante ont toujours cherché à minimiser et déformer les actions et l’expression des communistes. La dénonciation de cette injustice fait partie de nos combats permanents à tous les niveaux.

Mais aujourd’hui, les dirigeants du PCF noient le Parti et ses positions historiques dans un « Front de gauche » et mettent en avant un politicien comme Jean-Luc Mélenchon, acteur roué de la scène médiatique. Comment, pourquoi, avec ce choix, s’étonner d’être occulté ?

 

Vivelepcf, 26 décembre 2011 

111226_jlm_pl.jpg

 

LETTRE A L’HUMANITE DE JEAN-CLAUDE PATE

 

Jean-Claude PATE

Communiste de la section Valogne-Manche

50630 QUETTEHOU

 

Journal l’Humanité

93528 SAINT-DENIS CEDEX

 

 

Bonjour,

 

L’Humanité a fait paraître la lettre de Pierre Laurent à Yves Calvi [de France-Télévisions – « contre ses discriminations à l’égard du PCF » édition du 19 décembre 2011 – NDLR], voici la réflexion qu’elle m’inspire :

Pierre Laurent écrit et s’insurge auprès de Calvi, car il se considère blessé par les propos insultants tenus par Pierre Courtois lors de l’émission « C’est dans l’air » le 13 décembre.  Celui-ci se serait livré selon Pierre à une attaque violente en disant : « un fils d’apparatchik qui a mis les pieds dans les chaussons de son papa et qui prend la direction du parti, quelque part ça fait presque pitié »

Sauf erreur de ma part, il est le fils de Paul Laurent ayant tenu de hautes fonctions au sein du parti communiste, rappeler ce fait ne souffre à mon sens pas matière à protestation sauf de désaccord avec ce père communiste… ?

Alors, pourquoi ce soudain apparent réveil communiste, lui qui dans sa lettre réclame un temps de parole dans la campagne présidentielle en tant que directeur de campagne du Front de gauche.

Ce « Front de gauche » est une marque déposée par le parti de gauche de Jean Luc Mélenchon.  Ce proche d’Oscar Lafontaine de Die linke, qui a pratiquement fait disparaître le Pc allemand, ne rêverait-il pas pareille aventure ?

D’avancer pour argumenter, que d’autres représentants de parti politique ont eux droit à l’expression, alors que lui en est absent. C’est un fait. Mais ils sont justement représentants de partis politiques engagés dans la bataille présidentielle. Nous non, hormis un rôle de strapontin à la discrétion du candidat Mélenchon.

Et c’est bien la raison pour laquelle un grand nombre de militants et sympathisants déplorent l’absence d’un candidat communiste et certains adhérents rejettent ce Front de gauche imposé par la direction sans jamais avoir été discuté, ni validé lors d’un congrès.

Reprocher que les élus communistes soient écartés des médias, ce n’est pas un fait nouveau, mais il y a aussi un bon moment, que ces mêmes élus font tout pour n’apparaître que derrière un groupe n’ayant plus l’appellation communiste à l’assemblée nationale, alors que le règlement permet la constitution d’un groupe politique à partir de 15 députés.

C’est si vrai, que certains élus comme André Chassaigne ont transformé leur blog communiste en front de gauche.

Pierre Laurent lui-même président du Parti de la gauche européenne avance également masqué au niveau européen. Le Parlement européen a voté l’intervention en Libye, alors qu’étrangement les députés PCF du groupe GUE étaient absents.

Lors des dernières élections cantonales, les démarches infructueuses auprès du ministère de l’Intérieur pour fondre les résultats communistes dans le Front de gauche en sont encore une illustration supplémentaire, d’ailleurs l’Humanité a présenté le résultat sous cette bannière.

Présentant ces résultats comme un progrès, alors qu’une analyse plus fine faisait état d’une augmentation en pourcentage certes, mais d’une chute vertigineuse en voix notamment dans les quartiers populaires.

La future élection législative démontre également la volonté affichée de vouloir présenter à marche forcée les candidats du parti communiste sous une appellation « Front de gauche », autour d’un programme réformiste dit « partagé » loin de correspondre à l’attente, ni des besoins de changement de société, dont pourtant la crise du système capitaliste devrait amener à réflexion.

D’ailleurs, certains candidats, au vu des difficultés à rassembler les militants communistes, commencent à réfléchir à la manière de se présenter, mais une fois élus, ils porteront l’estampille Front de gauche dans ce groupe.

Alors, pourquoi ce long courrier de protestation molle de Pierre Laurent auprès des médias, sauf le fait d’être meurtri dans son égo et de rappeler la règle d’un pluralisme qui n’a jamais existé ? 

Ce besoin de rappel communiste, n’est-il pas fait, pour provoquer la fibre communiste, afin de la réveiller ?

Car force est de constater l’insuffisance d’engagement des communistes dans une campagne électorale dont ils ont été écartés de l’élaboration et dans laquelle ils ne se retrouvent pas.

Ce pamphlet n’aurait-il pas pour démarche de détourner l’attention des communistes supportant de moins en moins le discours général de crise, de toujours plus d’Europe et de rendre oublieux le report du congrès du parti, décidé par la direction dont il est le secrétaire ?

Un congrès qui aurait rendu possible de débattre de l’état de notre société, d’élaborer un plan de lutte, de changement profond à proposer au peuple, pour qu’il se rassemble dans la lutte, et lui donner une perspective d’accéder au pouvoir pour opérer de vrais changements.

De retrouver enfin la base des communistes dans ce qu’ils savent faire : lutter, débattre, organiser, rassembler, mais pour cela il faut vouloir les entendre et leur rendre leur capacité d’analyse, de proposition ?

Fraternellement

Jean Claude Paté

Communiste de la section de Valognes Manche

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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 18:49

Vaclav Havel : mort d’un anticommuniste au masque humaniste

 

EDT pour vivelepcf

 

Vaclav Havel est mort. Communistes français, que l’on ne compte pas sur nous pour nous associer au concert de louanges déployé pour célébrer le « grand homme » et son œuvre. Tant pis pour les tenants de l’idéologie dominante qui ne supportent pas une voix « dissidente » contestant le capitalisme.

 

Vaclav Havel a été toute sa vie un militant politique cohérent et conséquent. Il a consacré sa vie à une cause : la restauration capitaliste en Tchécoslovaquie, la remise en cause des acquis du socialisme, l’anticommunisme.

 

Sa performance personnelle n’a pas consisté à se trouver des appuis : les milieux réactionnaires nationaux et les agents de l’impérialisme occidental, d’abord américain et allemand, ont vite compris qu’il pouvait être l’un de leurs meilleurs porte-voix en Tchécoslovaquie.

Non, là où son talent a brillé, c’est dans sa capacité à rentrer dans le nouveau système de propagande impérialiste dirigé contre les pays socialistes à partir des années 70, à le développer jusqu’à l’incarner presque.

 

Après la prise du pouvoir de 1989, Vaclav Havel devient président d’abord de la Tchécoslovaquie, puis, après un intermède, long de deux petits mois, qui en dit long sur son attachement à l’unité du pays, de la République Tchèque jusqu’en 2003.

L’idéologie dominante l’a érigé mondialement en conscience morale, en héraut de la liberté, comme le théocrate « Dalaï-Lama », qui aura été son dernier visiteur.

 

Comme Président, Havel aura tout soutenu, tout justifié dans son pays: le processus de privatisations, la casse du système social, l’effondrement de l’appareil productif, la mise sous tutelle économique de l’Allemagne et de l’UE.

 

111225_Havel_Bush.jpgFidèle en engagement et en amitié, il apporte son soutien appuyé à George Bush père pour la première guerre du Golfe, à Clinton pour la guerre de Yougoslavie, à George Bush fils pour la guerre en Afghanistan et en Irak, jusqu’à engager des troupes tchèques.

« Des bombardements humanitaires ! Souvenons-nous de Munich ! » osait proférer Havel.

 

Pour cette politique, pour le choix de la guerre, il a pris soin d’éviter de demander l’avis du peuple tchèque. En mars 1999, il a décidé l’adhésion de son pays à l’OTAN, 60 ans jour pour jour après l’invasion hitlérienne et la première mort de la Tchécoslovaquie consécutive justement à ces sinistres accords de Munich. Pour Vaclav Havel, la démocratie, forcément bourgeoise, ne vaut que si l’intérêt du capital l’emporte. L’intégration dans l’UE du capital allait suivre.

 

Acharné, malgré la maladie, il consacre les dix dernières années de sa vie à combattre Cuba socialiste, les expériences émancipatrices d’Amérique latine.

 

Ces actes de l’homme d’Etat ont déçu certains naïfs de « gauche » notamment en France. Mais non, Havel est bien resté le même !

 

A partir des années 60/70, la bataille idéologique fait toujours rage mais les conditions changent avec la « détente », la coexistence pacifique, la montée de contestations nouvelles du capitalisme, le début de la stagnation économique des pays de l’est.  

L’impérialisme a compris qu’il fallait monter un anticommunisme moins caricatural, plus décontracté, disons « de gauche ». Exactement ce que Havel avait aussi compris. Le temps du Maccarthysme est loin. Les nouveaux anticommunistes seront anticonformistes (en apparence), amateurs de rock, de mœurs libérés (toujours en apparence). Ils paraîtront intellectuels de « gauche » pour mieux séduire les intellectuels de gauche notamment d’Europe de l’ouest.

 

Le succès de l’œuvre du dramaturge Havel tient vraisemblablement à cette mystification. Chacun peut avoir son jugement littéraire. Mais constatons que son théâtre de l’absurde, de l’ambiguïté, collait exactement à la propagande « antitotalitaire » développée par l’intelligentsia occidentale.

Son droit-de-l’hommisme n’est pas sans évoquer en France celui d’une caricature bouffonne, le philosophe capitaliste, qui, lui, n’a jamais eu à se battre, Bernard Henri-Lévy.

 

Havel n’a pas vaincu la Tchécoslovaquie socialiste à lui tout- seul, on s’en doute. Comme individu, Gorbatchev a bien plus de responsabilités.

La victoire de la contre-révolution à l’est a des raisons profondes, également internes, que nous nous faisons une priorité d’étudier parce que nous restons communistes plus que jamais.

 

Les événements de 1968 à Prague font partie de ces sujets de réflexion. Les débats étaient intenses déjà au sein d’un PCF très concerné. Ils devraient toujours l’être.

L’intervention militaire soviétique ne pouvait pas représenter une sortie de crise satisfaisante devant des aspirations réelles à un socialisme plus approfondi, à un Parti plus directement en phase avec les masses. Sur le mode hypocrite, Vaclav Havel saura ensuite finement les exploiter, les retourner, se jouer des failles du socialisme tchécoslovaque et du camp socialiste dans l’affrontement de classe mondial.

Mais en 1968, soutenues par l’ouest capitaliste, les forces réactionnaires commençaient à prendre le dessus, préparaient ouvertement la restauration de la propriété privée des grands moyens de production, un renversement d’alliances.

Rappelons que l’intervention s’est faite sans quasiment de morts et avec l’appui d’une large partie de la classe ouvrière tchécoslovaque.

 

Acteur secondaire du « Printemps de Prague », Vaclav Havel en révèle l’issue 21 ans après, dans le cadre de la défaite du socialisme soviétique et de la contre-révolution, dite de « velours », parce qu’elle n’a rien d’une révolution. En 1989, il s’adjoint Alexandre Dubcek, pour assurer une continuité historique avec 1968.

Le couvert hypocrite, lié à des conditions historiques datées, du « socialisme à visage humain » révèle son objectif réel : la restauration capitaliste, la soumission à l’impérialisme.

 

Capitaliste lui-même, Vaclav Havel ne s’est pas oublié, traduisant sa conception de classe de la société. Il s’est accaparé de nombreux immeubles praguois dont sa famille richissime était propriétaire avant 1948.

 

La célébration exacerbée, presqu’unanime, de la mémoire Vaclav Havel prolonge sa fonction propagandiste. Mais en 2011, elle sonne faux, en République Tchèque, en Slovaquie, comme en France. Elle traduit un état de faiblesse.

Les mythes portés par un Vaclav Havel ou un Lech Walesa sont usés par les faits, par la révélation de la réalité de ces personnages.  Dans un monde unipolaire, le capitalisme, qu’ils ont défendu et rétabli, déploie ses crises pour exploiter de plus en plus durement les peuples, leurs peuples.

 

Communistes au 21ème siècle, le socialisme est notre projet révolutionnaire. Vaclav Havel fut un ennemi acharné du socialisme, c'est-à-dire de l’émancipation des travailleurs, des peuples, de l’avenir. Nous ne le pleurons pas.

 

 

 

PS : Nous exprimons notre réprobation et notre colère devant le communiqué du 18 décembre 2011 signé de Pierre Laurent (ci-dessous) qui reprend tous les poncifs de l’idéologie dominante pour tresser des couronnes à feu Vaclav Havel.

De tels reniements des positions historiques du PCF, une telle absence d’esprit critique sont extrêmement préoccupants de la part du secrétaire national.

Combien de camarades se retournent dans leur tombe ?

Des communistes, il y en a aussi de bien vivants qui veulent un PCF qui assume son histoire et ne reprenne pas plus aujourd’hui qu’hier à son compte les vérités officielles d’où qu’elle vienne.

 

"Décès de Vaclav Havel : réaction de Pierre Laurent

À l'annonce de la disparition de Vaclav Havel, je veux saluer la mémoire du co-fondateur de la Charte 77 qui aspirait à ce que « l'amour et la vérité [vainquent] la haine et le mensonge ».Sa vie aura incarné le drame tchécoslovaque et au-delà, celui du socialisme dans les pays de l'est européen. Ecrivain, philosophe, il n'a cessé de porter ce combat : sans démocratie réelle, aucun pouvoir ne peut s'exercer légitimement.Hier dissident du régime communiste, puis premier président de la Tchécoslovaquie post-socialiste, monsieur Havel ne ménageait pas aujourd'hui ses critiques à l'égard du libéralisme. Son humanisme ne se satisfaisait d'aucun dogme politique quel qu'en soit le nom.La vie de Vaclav Havel restera pour les communistes français le témoignage de ce dont leur idéal de combat ne peut être privé : la liberté et l'émancipation humaine."

 

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 10:23

Libération de Salah Hamouri : enfin !

 

vivelepcf – 15 décembre 2011

 

Les autorités israéliennes ont fait connaître que Salah Hamouri ferait partie du second contingent de 550 prisonniers palestiniens libérés, le 18 décembre 2011, en échange de la libération du soldat israélien Gilat Shalit.

 

111215_Salah_Hamouri.jpgEnfin ! Salah Hamouri, 26 ans, est détenu depuis 7 ans dans les geôles israéliennes à la suite d’accusations infondées et d’un procès inique par un tribunal militaire d’occupation. Israël l’aura même gardé en prison plusieurs semaines après le terme de sa peine, comme tant d’autres.

 

La double nationalité palestinienne et française de Salah Hamouri a occasionné une large campagne pour sa libération en France, menée notamment par les militants de la Jeunesse communiste et du PCF.

Nous partageons tous aujourd’hui la joie et le soulagement de sa famille.

 

L’action pour Salah aura permis de dénoncer plus fortement, d’incarner, le scandale de l’emprisonnement arbitraire de milliers de Palestiniens, de l’oppression permanente que subit un peuple dans la négation de ses droits.

 

Un parallèle s’est établi avec la situation de Gilat Shalit. Il faut en souligner les limites.

 

Gilat Shalit dispose lui aussi de la nationalité française à côté de la nationalité israélienne. Jeune, il s’est trouvé également privé de liberté, pendant 5 ans jusqu’en octobre dernier.

Mais les similitudes s’arrêtent là. 

Le sort, individuellement regrettable, d’un malheureux trouffion de l’armée d’occupation israélienne, pris les armes à la main, n’a rien à voir avec celui de Salah Hamouri, jeune étudiant et militant palestinien arrêté injustement.

 

Dans ce cas, comme en général, il est impossible de renvoyer dos à dos oppresseur et opprimé.

 

On aura constaté, avec gravité, que les autorités françaises sont même allées au-delà.

Le sommet de l’Etat, comme la Mairie de Paris, a déployé un activisme bruyant pour soutenir la cause du soldat « Franco-israélien ».

Mais il a constamment manifesté des réticences aux demandes des proches du Franco-palestinien. L’intervention de la diplomatie française dans la libération de Salah ne s’est concrétisée qu’après la libération de Gilat Shalit et la fin de la peine de Salah Hamouri.

 

La lutte continue. Salah Hamouri doit retrouver l’intégralité de ses droits, pouvoir continuer ses études, témoigner, notamment en France.

Plus de 6000 prisonniers politiques palestiniens croupissent toujours dans les prisons israéliennes, dans des conditions indignes.

Malgré l’écho de la campagne pour l’adhésion de la Palestine à l’ONU, la situation réelle du peuple palestinien, ses libertés, son droit à disposer de lui-même, la paix n’avancent pas.

Le blocus maintient des conditions de vie critiques à Gaza. La colonisation de la Cisjordanie s’étend chaque mois.

 

Communistes français, nous amplifierons encore notre action pour la libération des prisonniers politiques en Israël, pour un Etat de Palestine, libre, souverain et indépendant, avec Jérusalem comme capitale, pour le droit au retour des réfugiés, pour une paix juste et durable.

Nous nous situons dans la suite du combat courageux que Salah Hamouri n’a jamais interrompu, mais au contraire mûri, dans la prison israélienne!

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