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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 15:51

La justice grecque déclare « illégale » la grève des sidérurgistes de Hellenic Halyvourgia : répression contre les luttes, pression sur les élections

Vivelepcf, 7 juin 2012

 

En lien : notre appel de soutien au Parti communiste grec, KKE, avec une deuxième liste de signataires.

 

Depuis neuf mois, les ouvriers de l’usine sidérurgique Hellenic Halyvourgia, à 50 km d’Athènes se battent contre le chantage patronal à la baisse des salaires (- 40% !) au nom de la rigueur et de la compétitivité.

Le 6 juin 2012, un tribunal d’Athènes a déclaré cette grève « illégale » ouvrant la voie à une nouvelle vague de répression et de licenciements de militants syndicaux.

Cette décision judiciaire ne doit évidemment rien au hasard. Le pouvoir au service du capitalisme veut donner un signal à 10 jours des élections législatives.

120606_PAME_Hellenic_H.jpgLa lutte à Hellenic Halyvourgia est en effet devenue un symbole national de résistance, suscitant un élan de solidarité dans tout le pays. Elle est conduite par le syndicat PAME, principalement animé par les communistes du KKE.

Elle montre l’implication totale du capitalisme et du patronat grecs dans la faillite du pays qui doit leur permettre de maximiser leurs profits en écrasant les salaires et les acquis sociaux. Ces profiteurs préfèreraient se ranger parmi les victimes d’un système politique qu’ils contrôlent pourtant et d’une UE et d’un euro qu’ils défendent…

Pour les tenants du système, avant les élections, il faut indiquer au peuple en proie à la colère et la désespérance que l’issue n’est pas dans les luttes, dans les entreprises, dans le pays, mais dans les urnes avec une droite ou avec une « gauche radicale » (Syriza, social-démocratie de substitution) acceptant la tutelle européenne.  

Le KKE, le PAME sont les seuls adversaires conséquents de ce scénario. A sa façon, le jugement du tribunal d’Athènes rend hommage à leur action.

Plus que jamais, soyons solidaires de ceux mènent la lutte des classes du côté des travailleurs !

 

 

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 19:32

Grèce : Ralliement de l’ex-ministre PASOK, Louka Katseli, à Syriza. L’opération politique se précise.  


Vivelepcf, 4 juin 2012


La presse grecque a fait état du ralliement de Mme Louka Katseli et de sa formation politique « Accord social » à la coalition de « gauche » Syriza avant les élections du 17 juin 2012.

120604 Katseli TsiprasMme Katseli n’est pas n’importe qui. Elle a été jusqu’il y a peu une des figures de proue du Parti socialiste, PASOK, le plus disqualifié dans la gestion de la crise. Mieux encore, elle a été elle-même ministre de l’économie de Papandréou de 2009 à 2010, responsable du premier pacte d’austérité avant de passer ministre des affaires sociales, puis, en 2011 de faire le choix de se désolidariser de son parti.

Les termes de l’accord entre Mme Katseli et le leader médiatisé de Syriza, Alexis Tzipras, ont de quoi rassurer ceux qui s’inquiéteraient encore de la « radicalité » affiché par l’alliance de gauche. Voilà le texte de la dépêche de « Athens News Agency » du 1er juin:

«   La présidente de l'Accord social, Louka Katseli, a annoncé officiellement mercredi le soutien de son parti à la SYRIZA sur la base de convergences de programme, à l'issue d'une rencontre avec le chef de file de la SYRIZA, Alexis Tsipras, qui s'est dit convaincu pour sa part que "le peuple tournera la page" le 17 juin.

La discussion de Mme Katseli et M. Tsipras a été centrée sur les axes d'un gouvernement progressiste de gauche, qui ôtera du peuple le nœud coulant du Mémorandum, M. Tsipras informant être convenu avec Mme Katseli que l'enjeu des élections n'est pas le maintien ou non dans l'euro, mais le maintien dans la zone euro avec le peuple vivant avec dignité ou en étant pillé, sans espoir ni droits.

M. Tsipras a parlé également d'un accord sur la nécessité de remplacer le Mémorandum par un plan national pour le redressement du pays, pour la restructuration de la production et pour un assainissement budgétaire juste. »

L’austérité « juste », voilà qui n’est pas sans rappeler François Hollande auquel M. Tsipras a fait appel dès son élection.

Mme Katseli s’est déjà exprimée dans la presse française.

Dans une interview que nous avions commentée dans les Echos du 14 novembre 2011, elle redoutait une « explosion sociale » et une poussée de l’influence communiste :

« On risque aussi des grèves, qu'elles soient explicites ou qu'elles ne disent pas leur nom. Les confédérations syndicales n'ont pas les moyens de prévenir une explosion sociale, car elles sont peu représentatives sur le terrain, notamment dans le secteur privé. Le risque associé est que le Parti communiste [de stricte orthodoxie stalinienne NDLR] capitalise la colère ».

La multiplication des transfuges, parmi les dirigeants syndicaux, du Pasok vers Syriza répond à l’inquiétude exprimée par Mme Katseli. Syriza leur sert à redorer le blason, à retrouver un peu de crédibilité pour garder le contrôle de leurs troupes, tout en conservant la même orientation politique de fond. Syriza s’avère bien une social-démocratie de substitution !

Progressistes français, ne soyons décidément pas les dupes de l’opération Syriza/PGE !

Les Echos du 6 mars 2012 ont repris à nouveau les analyses lucides de Mme Katseli :

« Ancienne ministre des Affaires sociales, cette grande figure du Pasok prédit, elle, une déstabilisation durable du système politique grec, ponctuée par une succession d'élections anticipées. A ses yeux, tous les maux de la Grèce seraient aujourd'hui liés aux mesures d'austérité qui lui sont imposées, et rendant chaque jour plus probable le risque de défaut, car elles tuent dans l'œuf tout espoir de relance. Avec plusieurs autres exclus du Pasok, Louka Katseli travaille à un plan B, qui respecterait les objectifs du nouveau programme européen d'ajustement, mais proposerait d'autres moyens pour y parvenir. »

Ce plan B, c’est le programme partagé avec le Syriza de M. Tsipras !

Voilà pourquoi Syriza est à ce point mis en avant par l’idéologie dominante, en Grèce dans une bipolarisation avec la droite, comme ailleurs en Europe, dont en France où il est présenté comme l’alter ego du Front de gauche de M. Mélenchon.

Après les élections du 6 mai, avant celles du 17 juin, la perspective politique doit être entièrement encadrée entre deux fausses alternatives, toutes les deux inscrites dans le carcan de l’UE, dans l’intérêt des capitalistes grecs et européens.

Plan A : Il reste le pronostic le plus probable. La droite (« La Nouvelle démocratie » - ND) constitue une majorité. Dans le cadre de bipolarisation électorale, la campagne de Syriza pour la sauvegarde de l’euro, attisant les craintes d’une rupture avec l’UE, favorise aussi le vote sur ND, jugée par beaucoup bien plus crédible dans cet objectif. ND élue entreprend alors de mettre en œuvre, au moins encore un temps, le plan de rigueur actuel (le dernier « mémorandum ») sans exclure de l’aménager. Une partie du patronat y a manifestement intérêt comme les possédants dont les biens en euros sont non-délocalisables. C’est aussi l’intérêt immédiat de l’UE, la BCE et le FMI qui gagnent du temps pour aménager la suite de la zone euro, avec ou sans la Grèce…

Plan B : Tsipras est élu. Il interrompt le « memorandum », engage une renégociation du remboursement de la dette et aménage les programmes de rigueur avec le but de desserrer la pression sur le peuple tout en préservant l’euro. Les chances de succès de cette politique de rigueur « juste » sont faibles, sinon nulles dès le départ. Les caisses sont vides et le resteront. Les pays dominants de l’UE ne sont pas disposés à payer, à passer à la politique européenne « de croissance » (au service du capital) tant que la phase de super-austérité ne sera passée partout, ce qui n’est pas encore le cas, notamment dans la France de l’allié Hollande. Enfin politiquement, l’adhésion, l’illusion, électorale obtenue par Syriza sur la base de ses vagues promesses sociales ne durera pas devant l’impossibilité de les tenir hors de toute rupture avec l’UE et l’euro.

La suite du plan B, plus encore que celle du plan A, est un plan C, de plus en plus largement évoqué et préparé par les dirigeants et banquiers européens : celui de l’exclusion de la Grèce de l’euro.

La sortie de la Grèce de l’euro ne serait pas incompatible avec l’intérêt de branches entières du capitalisme grec, armateurs ayant leur patrimoine placé en euros ou en dollars à l’étranger, patronat des activités de main d’œuvre… Pour les capitalistes ouest-européens, la Grèce n’a plus l’intérêt géopolitique d’autrefois quand elle était une vigie capitaliste à l’est, au milieu des pays socialistes puis post-socialistes. L’essentiel n’est pas l’euro en Grèce mais la préservation de la tutelle de l’UE.

Toute la question pour l’UE et la BCE, c’est d’éviter la « contagion » économique et politique à d’autres pays qui menaceraient l’avenir de l’euro, monnaie de domination, sur le point de s’étendre à la Pologne.

Comme ils l’ont commencé depuis plus de deux ans en restructurant dans les faits la dette publique grecque, ils finissent de préserver les systèmes financiers des autres pays des conséquences d’un défaut de paiement grec.

Sur le plan politique, il leur faut absolument empêcher le précédent d’un peuple qui dit NON à l’euro et NON à l’UE. Si les Grecs doivent sortir de l’euro, c’est indignes, punis, et en aucun cas en s’en étant libérés. Voilà pourquoi Merkel et Sarkozy n’ont pas laissé fin 2011 Papandréou, déjà à bout politiquement, recourir à un référendum sur le plan européen. Le vote aurait été un vote contre l’Europe, aboutissant à s’émanciper de l’euro. Inconcevable !

Aux élections de juin 2012, tout est contrôlé. Le vote Syriza/Tsipras sera un vote pour l’euro et pour l’UE. C’est tout son intérêt pour les capitalistes.

La sortie de l’euro, mais le maintien dans l’UE, pourra d’autant mieux être présentée nationalement et internationalement comme l’incapacité du pays et de son peuple à y rester, à la suite de l’échec du plan B Tsipras/Katseli ou du plan A Nouvelle démocratie/Samaras…

Un seul parti politique en Grèce, au cœur des entreprises et des classes exploitées place la lutte à son vrai niveau : pour ou contre l’UE du capital.

C’est le Parti communiste grec, KKE. Mme Katseli l’a bien identifié comme le vrai ennemi du capitalisme grec et européen.  

Dans notre intérêt en France, soutenons son combat !

Signez la déclaration de soutien à nos camarades !

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 11:41

« Majorité honteuse » à l’Assemblée, le versant moins glorieux de la « révolution citoyenne » !

 

Pour un Parti, la question du soutien à un Gouvernement se pose nécessairement à partir du moment où il dispose de députés à l’Assemblée nationale. L’épreuve de vérité a lieu au moment du vote de confiance ou d’une motion de censure, voire même au moment du vote du budget en cas de minorité de blocage.

 

Or, que vient de décréter le « leader » Jean-Luc Mélenchon, certainement soutenu par les autres dirigeants du Front de Gauche, avant même que les communistes ne se prononcent ?

 

Il a pris un « engagement solennel », « au nom du Front de gauche » (sic !) : « jamais le groupe du Front de gauche (sic !) ne votera une motion de censure déposée par la droiteSans être membre de la majorité, sans avoir demandé ni obtenu quelque poste que ce soit, nous prenons cet engagement solennel ».

 

Notons la contradictionentre le fait de s’afficher en dehors d’une majorité et le fait de ne pas voter de motion de censure, ce qui revient à soutenir le Gouvernement.

 

Et sur le fond, nous sommes en présence d’un Gouvernement maastrichtien d’austérité. Nous pouvons nous attendre à des restrictions et sacrifices divers, au nom des mots « dette publique et sociale », « compétitivité », « libre entreprise », « Europe » ou encore, plus prosaïquement, « responsabilité ».

L’avenir n’est pas écrit pendant les 5 années à venir. Il y aura des turbulences, des mouvements de fond, à gauche comme de droite. Si 3 millions de salariés sont dans la rue pour s’opposer à un nouvel allongement de la durée de cotisation et à l’application concrète de la « règle d’or » des finances publiques, ce qui équivaut à 50 milliards d’économies budgétaires dès la première année, de quel côté de la barricade les communistes devront-ils, sans sectarisme, se placer ? Du côté de Hollande ?

Sans avoir à en revenir à la période « classe contre classe », entre 1988 et 1993, les députés communistes ont voté par deux fois la censure contre Mitterrand-Rocard-Bérégovoy et leur politique de destruction des acquis sociaux.

Il est parfaitement insensé de dire à l’avance « on ne vous bloquera jamais » aux dirigeants PS. Cela donne le signal que les communistes seront les participants loyaux, avec peut-être des états d’âme, à la majorité Hollande-Ayrault-Aubry. Au motif de la « révolution citoyenne » en 2017 ? Ce n’est pas très mobilisateur !
Il n’est pas question de « faire la politique du pire », mais d’avoir la prétention d’incarner l’espoir d’une sortie du capitalisme. Il s’agirait d’engager le rapport de force, dans une vision dynamique et agissante du peuple, et non de se cantonner au rôle de rabatteur institutionnel du Parti socialiste.

L’avenir de la France dépend du niveau de conscience populaire, de la mise en mouvement de la classe ouvrière.Le communisme s’est toujours construit de manière autonome dans la gauche. Il est une gauche à lui tout seul, et non une simple partie de celle-ci. Ses identifiant sont forts et toujours plus d’actualité : respect de la souveraineté nationale des peuples, refus de la guerre et refus du capitalisme.

 

Dans la période à venir, nous aurons certes besoin du plus de députés communistes à l’Assemblée nationale (et non pas « Front de Gauche », encore moins d’un groupe « Front de Gauche »). Nos élus, nous le savons, sont des points d’appui, et non une fin en soit.

 

Mais nous aurons surtout besoin d’un Parti communiste qui réfléchit et analyse sur des bases marxistes et non opportunistes, porteur de propositions offensives et crédibles, un parti d’organisation et d’action, prenant systématiquement l’initiative des luttes, travaillant à une alliance populaire à la base.

 

Gautier WEINMANN, PCF à LEFOREST (62)

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 21:14

MIS EN PAGE EN PDF 

 

Liste des signataires actualisée (9 juin) ci-dessous

Le Parti communiste grec (KKE) ouvre courageusement la voie.

 

Communistes français, nous tenons à saluer le combat des communistes grecs du KKE.

Déclaration, 1er juin 2012

 

Nous félicitons les communistes grecs du KKE pour leur progrès aux élections du 6 mai 2012, obtenu dans les conditions les plus adverses, comme nous saluons les progrès de la Jeunesse communiste grecque aux élections étudiantes. Nous les remercions pour le point d’appui et les repères qu’ils apportent à nos propres luttes et au mouvement communiste international.

Nous observons et étudions avec grand intérêt le travail résolu et rigoureux du KKE dans les entreprises et auprès de toutes les couches exploitées, notamment au sein d’un mouvement syndical dominé par les forces réformistes.

kke-communist-greeceLa Grèce constitue le laboratoire des politiques de super-austérité en Europe.

Main dans la main, le capitalisme grec, l’Union européenne, la BCE et le FMI ont entrepris de liquider tous les acquis du mouvement ouvrier grec, de réduire le pays au sous-développement, à une néo-colonisation.

Ils entendent faire payer au peuple, au prix le plus cher, leur propre crise, la dette publique dont les capitalistes grecs et européens se sont gorgés.

L’euro aujourd’hui est l’instrument de cette politique. L’expulsion de la Grèce de la zone euro le sera éventuellement demain, tant que la sauvegarde de cette monnaie de domination sera assurée en Europe de l’Ouest dans l’intérêt des grands trusts à dominante allemande.

Le KKE rejette globalement l’Union européenne. Nous nous reconnaissons dans son analyse, dans le refus de toutes les illusions sur une réorientation de ses institutions conçues dans l’intérêt exclusif du capital, de « la BCE en organisation de charité » comme le disent ironiquement nos camarades grecs.

L’organisation du KKE et la perspective de lutte qu’il ouvre représentent un obstacle majeur au projet du capitalisme en Grèce, alors que le peuple est partagé entre colère et désespérance. L’action du KKE accuse le discrédit des forces politiques conservatrice et social-démocrate qui se succèdent au pouvoir. La condamnation de l’UE du capital par le KKE rencontre l’attachement fondamental des masses à la souveraineté nationale, si chèrement acquise.   

Aussi les forces du capital, nationales et européennes, sont-elles amenées à recourir à tous les moyens pour sortir de l’impasse politique dans laquelle elles se trouvent en Grèce.

Elles tentent de réhabiliter les partis traditionnels. 

Elles ont ravivé successivement plusieurs partis de droite et d’extrême-droite nationalistes et xénophobes.

Plaçant d’autres fers au feu, elles s’efforcent de développer une social-démocratie de substitution, en remplacement du PASOK disqualifié. Il s’agit d’enfermer toute la vie politique, notamment la gauche, dans le carcan européen.

La promotion de la coalition hétéroclite « Syriza », comme alternative à la droite avant les élections du 17 juin, est à situer dans ce cadre. C’est la branche grecque du Parti de la gauche européenne, le PGE, appointé par la Commission européenne. Syriza a multiplié par 4 son résultat électoral de 2009, récupérant de nombreux électeurs de la social-démocratie. La complaisance du système à l’égard de Syriza contraste avec l’énergie déployée pour diaboliser le KKE. Les ralliements d’anciens du Pasok se succèdent.  

L’affichage « radical » de ce « front de gauche à la grecque » est trompeur. Sa perspective véritable s’est aussitôt révélée quand son leader médiatique Alexis Tsipras s’est tourné vers notre nouveau président Hollande pour l’aider à réformer l’UE, à sauver l’euro… Hollande qui défendait hier le Traité de Lisbonne côte-à-côte avec Sarkozy ! Les leaders de Syriza furent également d’ardents partisans de Maastricht. Tsipras dispute aujourd’hui à la droite la qualité de meilleur défenseur de l’euro et plaide pour une « renégociation » de la dette. La mise en avant de Syriza permet de canaliser la colère du peuple grec dans une logique d’acceptation de diktats européens « renégociés ».

L’autre raison d’être fondamentale de Syriza est de réduire l’influence du Parti communiste grec. C’est dans ce sens qu’il lui propose une participation empoisonnée à une coalition de « gauche » pro-européenne, de gestion de la crise capitaliste.

Cette situation nous incite encore davantage, en tant que communistes français, membres et responsables d’organisations du PCF, à apporter notre soutien au KKE, parti frère au glorieux passé, notre soutien à son action, à son rejet de l’opportunisme, à son combat pour le socialisme.

Nous incitons nos camarades communistes, les militants syndicalistes français à prendre connaissance des analyses et des expériences de lutte de nos camarades grecs. Nous dénonçons les entreprises de dénigrements du KKE relayées dans notre pays par la presse et les médias au service des forces du capital et même, plusieurs fois, de façon inacceptable, par l’Humanité. A leur manière, elles témoignent de la portée internationale du combat de nos camarades grecs.

La meilleure solidarité qu’il puisse exister entre nous est de combattre chacun l’ennemi commun, dans nos cadres nationaux : les capitalismes et impérialismes de nos pays respectifs, leur internationale, l’UE, le Traité de Maastricht et son application.

Illustrant la réalité militante du KKE et de son émanation syndicale le PAME, les banderoles déployées à plusieurs reprises sur l’Acropole d’Athènes constituent un appel formidable à la résistance dans tous les pays. Merci ! 

 

 

Premiers signataires (responsabilités dans le PCF : CD = Conseil départemental ; CN = Conseil national) 

ALLEG Henri (91 – Palaiseau) - AURIOL Stéphane (75 – RATP – ex. CN), BECOURT Corinne (02 – Saint-Quentin – CD/CN), BERNABE Frédéric (70 – Vesoul – CD/CN – Secr. Fédéral), BERTRAND Robert (31 – Verfeil) ; CARPENTIER Laurie (02 – Saint-Quentin) ; CAUVIN Aline (78 – Mantes) ; CHANTRELLE Jean (92 – Malakoff) ; CHANTRELLE Laurence (92 – Malakoff) ; CHATAIN Monique (83 – Carqueiranne) ; COPIN Joël (62 – Rouvroy) ; CREZEGUT Anthony (75 – Paris 15, CD) ;  DANG TRAN Emmanuel (75 – Paris 15 – CD/CN), DARGHAM Pierre (92 – Vanves) ; DAVOISE Olivier (75 – RATP) ; DEBEAUVAIS Fabienne (80 – Amiens – CN) ; DELVAL Jean-Claude (78 - Mantes) ; FAINZANG Claude (75 – Paris 19 – CD/CN) ; FRICOUT Serge (24 – Jumilhac) ; GAGLIANO Michel (42 – cheminot communiste de Saint-Etienne) ; GARCIA Jacqueline (10 – Romilly) ; GARCIA José (10 – Romilly) ; GAWSEWITCH Josette (75 – Paris 15 – CD) ; HAREL Guy (37 – Montlouis) ; Armelle HERVE (78 – Mantes – secr. Section- CD) ;  JALADE Eric (81 – Castres – CN), JAMELOT Joran (75 – Paris 15 – AP-HP) ;  JAMMET Marc (78 – Mantes- CD ) ; JUNG Véronique (70 – Gray) ; LANDAIS Benjamin (75 – Paris 5 – CD) ;  LAROSIERE Jean-François (59 – Douai – CD) ; LE ROY Olivier (31 – Toulouse – JC) ; LIEVIN Fabienne (70 – Vesoul – CD) ; LIEVIN Patrick (70 – Vesoul – CD) ; LLORENTE Marie (78 – Mantes) ; LUBRINA Antoine ( 03 – Désertines) ; MARION Fabien (13 – Aix) ; MARQUES Camille (75 – Paris 14 – CD) ; MATTA Robin (13 – Aix) ; MUZARD Patrice (70- Gray – CD) ; NEGRI Dominique (38 – Saint-Martin-d’Hères – CD/CN) ; NEGRI Jean-Louis (38 – Saint-Martin d’Hères) ; NIEL Guy (94 – Gentilly) ; ODETTI Christiane (81 - Lavaur – Secr.  Section – CD) ; NEGRI Jean-Louis (38 – Gières) ; PERRIN Michel (87 – Limoges SNCF – ex-Secr. fédé) ; RALLIERES Danièle (81 – Bastides - CD) ; RALLIERES (81 – Bastides – secr. Section - CD) ; RICHARD Laurent (38 – Terres froides) ; RIO Paul (58 – Guérigny) ;  ROLLO Stéphane (38 – Saint-Martin-d’Hères – JC) ; SABATTIER Henri (07 – Sud-Ardèche) ; SCHMIDT Jean-Claude (75 – Paris 15) ; TORNER Emile (75 – Paris 15 – ancien déporté-résistant) ; TOURNAY Jean-Luc (02 – Saint-Quentin – Secr. Section) ; TOURNAY Olivier (02 – Saint-Quentin – CD) ; VARENNE Georges (02 – Saint-Quentin) ; YAGHLEKDJIAN Pierre (75 – RATP) ; YATES Russell (77 – Meaux – Secr. Section) ; ZICCHINA Noël (2A – Ajaccio)

  AGIUS Alain (13 – Vitrolles) ; ALI Alain (02 – Saint-Quentin) ; AUTIER Jean-François (33 – ex CD PCF 33) ;  BARDE René (81 – Lavaur) ; BERNARD Nicole (75 – Paris 15) ; BERNATETS Jean-Claude (02 – Chauny) ; BERNATETS Monica (02 – Chauny) ; BOUCHER Sébastien (38) ; CHAUVINEAU Jean-Marc (Etr - Ho-Chi-Minh-Ville) - CHERRUAULT Yann (75 – Paris 14) ; CREUZEVAUT Gérard (01) ; CROS Jacques (34 – Béziers) ; DANG TRAN Jacqueline (35 – Rennes) ; DEFFONTAINE Claude (75 – Paris 16 – CD) ; DIMIER Rémy (83 – Toulon) ; DURAND Raymond (81 – Lavaur) ; FERRIER Martine (69 – Lyon) ; FEVRE Thomas (42 – Saint-Etienne) ; FOURNIER Jean-Pierre (03 – Commentry) ; FRASSIN Claudine (81 – Lavaur) ; GERMAIN Roland (70) ; JEAN Robert (2B – Cap Corse – CD) ; JORQUERA Christophe (38 – Saint-Martin-d’Hères) ; JORQUERA Roger (38 – Saint-Martin-d’Hères) ; LAFLEUR Michel (81 – Lavaur) ; LAFLEUR Marie-Rose (81 – Lavaur) ; LATCHER Jean-Pierre (81 – Lavaur) ; LATREILLE Michel (75 – Paris 15) ; LE GLOHAHEC Yves (73 – Saint-Genis) ; LEMEE Raymond (22) ; MAISSE France (80 – Amiens) ; MILHAS Jacques (77 – Noisiel) ; OUKZIZ Moha (81 – Albi – CD) ; PATE Jean-Claude (50 – Valognes) ; PATTE Jean-François (62 – Arras) ; PICARRETTA Savino (38 – Echirolles) ; PLE Christian (02 – Saint-Quentin) ; PUGNALE Nelly (38 – Poisat) ; REINKINGEN Christian (33 – Sadirac) ; ROULET Régis (etr – Ho-Chi-Minh-Ville) ; TOURNAY Alain (83 – Toulon) ; TOURNAY Josette (83 – Méounes) ; TOURTEAUX Jacques (51 – Reims) ; TRANCHANT Valérie (38) ; WAGNER Ysaline (13 – Marseille) ; WEINMANN Gautier (62 – Leforest) ; YAN Joël (64 – Nay) ;  

BELLICHE Karima   (02-Gauchy) ; BELLICHE Nora   (02-Gauchy) ; BERNSSI Zahra (13 – Aix) ; BLONDEL Françoise  (02-Saint-Quentin) ; BRANCOURT Jean Luc (02-Saint-Quentin) ; CARPENTIER Paulette (02-Saint-Quentin) ; CARRIER Serge  (02-Harly) ; CASIER Serge (02 - Saint-Quentin - syndicaliste) ; CHOULY Stéphane (75 – RATP) ; DEGUELDAIRE Jean Michel  (02-Rouvroy) ; DEGUISE Loïc  (02 - Saint-Quentin) ; DENIS Guy  (02-Saint-Quentin) ; MICHEL David  (02-Gauchy) ; DESMIDT Jean Marie (02-Saint-Quentin) ; DUCHET Vincent  (02-Grugies) ; GABERT Jean Jacques (02 - Gauchy) ; GABERT Michèle (02-Gauchy) ; GARNODIER Luc (69 – JC Rhône) ; GIMENEZ Gisèle (81 – Albi) ; GIRARD Joëlle (75 – Paris 13 – CD) ; LAVEILLE Georges  (02-Saint-Quentin) ; LESUR  Alexandre (02-Saint-Quentin) ; PALLIERES Augustin (75 – Paris 5 – CD) ; PECH Jérôme (13 – Pays d’Aix) ; PLE Sabrina   (02-Gauchy) ; POINT Jean Pierre - (02-Gauchy) ; ROLLAND Jean-Louis (17 – La Rochelle) ; ROQUIN François (38 - Saint-Martin-d’Hères) ; RZEPKA Christian (02-Saint-Quentin) ; SAUVET Bruno (02-Saint-Quentin) ; SMAL Jocelyne (02-Saint-Quentin) ; TASSERIT Brigitte (02-Saint-Quentin) ; TENEZE Gilbert (28 – Voves) ; TOURNAY Mauricette  (02-Saint-Quentin) ; VOVARD Jacques (95 – Argenteuil) ;  

BARRE Albert (75 – Paris 15) ; BARRE Morane (75 – Paris 15) ; BEAUDEAU Marie-Claude (75 – sénatrice honoraire) ; BOUCHARD Olivier (75 – Paris 20) ; DICONNE Daniel (75 – Paris 15) ; LE MEUR Cyril (77 – Mitry-Mory) ; LES AMIS DE KARL MARX ASSOCIATION (64 – Le Boucau) ; LEY-NGARDIGAL Djimadoum (60 – Compiègne) ; LUNGINBUHL Anne-Marie (75 – Paris 20) ; MORINEAU Michel (50 – Saint-Lô) ; OLIVER Dany (81 – Castres – CD) ; VACHER Henri (23 – Guéret) ;

Pour s’associer à cet appel,

 

NOM: ……………………………………………………….. Prénom: ……………………………….

 

Adresse: …………………………………………………………………………………………………………………………………

 

Qualité: …………………………………………………………………………………………………………………………………

 

Renvoyer à cahierscommunistes@orange.fr ou Cahiers communistes, 130 rue Castagnary, 75015 PARIS

 

 

 

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 22:06

Le vote Front de gauche n’est pas le vote communiste !

 

Vivelepcf, 26 mai 2012 (copyright pour les cartes)


Certains voudraient voir dans le vote Mélenchon au 1er tour de la présidentielle une résurgence du vote communiste. L’objet de cet article est de montrer que cette assertion est fausse, que la question de la reconstitution du vote communiste, indissociable de l’organisation et de la ligne communistes, est plus que jamais posée.

 

On peut comprendre certains camarades veuillent se remettre du traumatisme du score réalisé par Marie-George Buffet en 2007. Mais ils oublient qu’elle était candidate sous les couleurs de la « gauche populaire et citoyenne ».

 

Une grande partie des dirigeants du Parti se sont lancés dans des comparaisons entre le résultat de Mélenchon, ceux de Buffet et de Hue. Leur intention est claire : faire valider la stratégie du Front de gauche, notamment par les communistes sceptiques, à qui l’on a difficilement extorqué un soutien à la candidature Mélenchon en 2011.

 

On ne manquera pas de remarquer une contradiction : Les mêmes qui situent en interne le vote Front de gauche dans la continuité du vote communiste sont ceux qui effacent le plus, vis-à-vis de l’extérieur, les références au PCF aux législatives… Sur les affiches, le sigle PCF est remplacé presque partout par… la tête du sauveur.  

 

Pour nous, la donnée de départ est évidente. Jean-Luc Mélenchon est socialiste. Le Front de gauche n’est pas un parti communiste. Son résultat électoral à la présidentielle ne peut pas correspondre à celui d’un vote communiste.

 

Arrive-t-il à retrouver le vote communiste passé ? Là encore, la réponse est globalement non.

Nous vous proposons trois cartes pour l’étayer.

 

La première est celle de la répartition du vote Marchais à la présidentielle de 1981, par département, en rapport avec sa moyenne nationale, 15,34%.

120528_carte_gm1981.jpgNous avons retenu cette référence parce qu’elle a souvent été citée pendant la dernière campagne et parce qu’elle est caractéristique de la carte historique du vote communiste.

Le vote communiste a fait l’objet d’un nombre très important d’études en interne et en externe. Il correspond à la place historique du parti de la classe ouvrière, à son implantation militante (qui en découle), en lien avec des particularités régionales telles que la concentration industrielle, la forme d’exploitation agricole dominante mais aussi la persistance des pratiques religieuses ou l’histoire plus récente, de la Résistance par exemple etc.

A peu de choses près, quelques mutations sociologiques géographiques, on retrouve la même carte des années 50 jusqu’à la fin des années 90. Ensuite, à partir de 2002, avec la participation au gouvernement Jospin et la destruction des organisations de base du Parti, le vote communiste se désintègre aux élections nationales.

 

La deuxième carte est celle de la répartition par département du vote Mélenchon à la présidentielle de 2012. Nous avons choisi le même dégradé de couleurs, en rapport avec la même référence, la moyenne nationale, 11,14%.

120528_carte_jlm_2012.jpgUn premier constat saute aux yeux : les deux cartes n’ont pas grand-chose à voir. Un deuxième : alors que les écarts départementaux sont très importants dans le vote communiste (les extrêmes : 4,7% et 27,7%), le vote Front de gauche est remarquablement homogène nationalement (7,1% et 16,9%).

 

La troisième carte traduit la différence, en proportions, entre les scores départementaux de Mélenchon 2012 et de Marchais 1981. Les tonalités les plus foncées marquent les départements, comme le Bas-Rhin, la Mayenne, l’Ille-et-Vilaine, où Mélenchon réalise un pourcentage deux fois supérieur à Marchais. Au contraire, les tonalités les plus pâles marquent les départements, comme le Pas-de-Calais, l’Aisne ou les Ardennes où l’ancien sénateur et ministre socialiste fait deux fois moins en pourcentage que l’ancien secrétaire général du PCF. La couleur intermédiaire correspond à la proportion moyenne nationale entre les 11,14% de JLM et les 15,34% de GM.  

 

 

La troisième carte est quasiment la carte inversée du vote communiste.

120528_carte_JLM-GM.jpgMélenchon fait beaucoup mieux que Marchais dans les zones où l’anticommunisme est traditionnellement fort : Alsace, Pays de Loire, sud du Massif Central… Il fait mieux que Marchais ou s’en rapproche dans certaines zones de force du PS : anciennes comme le Sud-Ouest, plus récentes comme la Bretagne.

Ce que l’on ne voit pas sur la carte par départements, sauf pour Paris, c’est les résultats qu’il atteint dans les villes-centres régionales. A Rennes, Marchais avait obtenu 9,1%, Mélenchon obtient  13,4% ; A Toulouse, Marchais : 15,1%, Mélenchon : 15,9% ; A Besançon, Marchais : 10,0%, Mélenchon : 15,5% ; A Strasbourg, Marchais : 4,9%, Mélenchon : 11,4% ; A Montpellier, Marchais : 12,4%, Mélenchon : 15,7%.

En revanche, Mélenchon est très en dessous dans plusieurs zones fortes du vote communiste, singulièrement le Nord et l’Est industriels. Dans le midi méditerranéen, ses scores sont en général plus élevés que sa moyenne nationale mais très en retrait sur ceux de Marchais. Dans le nord du Massif Central, il est également en retrait.

Ces comparaisons géographique traduisent de très grandes différences dans la répartition sociale entre le vote Mélenchon et le vote communiste.

En l’absence de possibilité de vote communiste et avec le soutien de la direction du PCF à sa candidature, ce qui est resté du vote communiste, éclaté, localisé ces dernières années est allé partiellement vers le vote Mélenchon. C’est indéniable. C’est notamment le cas dans les communes à direction PCF subsistantes, notamment en banlieue, où l’implication des équipes municipales a joué, même si le vote Mélenchon reste en retrait du vote Marchais.

Dans ces villes notamment (dans les dits « quartiers populaires », pauvres en fait), Mélenchon a capté une partie du vote des personnes « issues de l’immigration » africaine. Ces voix se sont massivement portées sur la gauche, pour des raisons évidentes, face au discours agressif anti-immigrés de Sarkozy et Le Pen, en grande majorité sur le vote Hollande mais aussi sur le vote Mélenchon. Pendant toute la campagne, ce dernier s’est nettement appliqué à cibler cet électorat.

Mais globalement les caractéristiques sociales du vote spécifiquement Front de gauche se distinguent largement de celles du vote PCF.

Schématiquement, son succès en centre-ville exprime une adhésion des catégories moyennes, plus éduquées, plus « politisées » dans le sens où elles s’intéressent plus à la vie politique, même dégradée. Son échec dans les secteurs industriels montre une défiance de la classe ouvrière pour laquelle le PCF avait constitué une référence politique. 

L’électorat rencontré par Mélenchon possède beaucoup d’analogies avec celui qui peut se reconnaître tantôt chez Besancenot, tantôt chez les écologistes. 

Ce constat ne saurait nous surprendre. Il nous renvoie au fait que Mélenchon est un socialiste, un notable socialiste, dont la campagne a reposé avant tout sur des effets médiatiques, au fait que le Front de gauche, organisation en formation dans l’esprit de l’expérience avortée des collectifs antilibéraux ou du phénomène de  l’indignation, n’a rien d’un parti de classe.

Il montre aussi que la tentative du sénateur honoraire de « faire peuple » en pratiquant un populisme revendiqué, en étudiant la vulgarité de ses formules, c’est-à-dire en méprisant fondamentalement les classes laborieuses, n’a pas pris chez elles.

A supposer que c’était son but, il a échoué par cette voie à contrecarrer la démagogie sociale, alliée au discours de haine, de l’extrême-droite. 

Notre problème n’est pas tant de démentir ceux qui prétendre voir dans le vote Front de gauche la suite du vote communiste que de souligner la gravité de l’absence des positions et de l’organisation communistes telles que le vote communiste les reflétait.

Le vote communiste était un vote structuré, appuyé sur une organisation militant à contre-courant du système capitaliste qui était parvenue à faire agir, à être le Parti jusqu’à ses directions, de ceux qui ont le plus intérêt à combattre le capitalisme : la classe ouvrière.

Voilà ce qu’il faut reconstituer, en écartant les leurres petits-bourgeois gauchistes et socialistes tour à tour ou en même temps, en renversant le processus de mutation-« transformation »-liquidation du PCF en parti comme les autres.  

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 09:27

Licenciements « boursiers » : une notion indéfinissable et dangereuse


Vivelepcf – 29 mai 2012

 

24 mai 2012 : Pierre Laurent, Nicole Borvo et Roland Muzeau, dirigeants du PCF et des groupes Front de gauche au Parlement, adressent une lettre au premier ministre lui demandant d’inscrire à l’ordre du jour de la rentrée parlementaire l’examen de leur proposition de loi contre les « licenciements » boursiers. Jean-Marc Ayrault leur a répondu le lendemain s’engageant, entre autres, à ce que le Parlement « adopte rapidement un certain nombre de mesures précises sur les licenciements boursiers ».  

Un gentil échange de bons procédés avant les législatives !

Du côté de la direction du PCF, la préoccupation est clairement de préparer le terrain au soutien à la future majorité de gauche et, si possible, à une nouvelle participation au gouvernement. Depuis 1997, sinon 1981, le prétexte, l’illusion, théorisés pour justifier cet alignement, serait la possibilité, l’obligation même, de « tirer à gauche » le PS au sein même des institutions. On peut voir ce que ça a donné dans la gauche plurielle, ce que ça donne dans les villes et les régions.

Aux adhérents du PCF, privés de congrès, privés de débat sur les conditions d’une participation au gouvernement, il faut donner quelques gages avant une fausse consultation en 12 heures le lendemain du 2ème tour des législatives.

Avant d’aller au fond, nous faisons constater une fois de plus que les propositions du Front de gauche rentrent impeccablement bien dans les plans du PS : on dirait un programme partagé !

Dès la primaire interne au PS à l’automne 2011, alors qu’il était plus prudent que son ombre, François Hollande s’est  déjà prononcé pour la pénalisation des « licenciements boursiers ».  Les nouveaux ministres Michel Sapin et Benoît Hamon multiplient les déclarations dans ce sens. En demandant ce que le PS a déjà programmé, la direction du PCF a optimisé ses chances d’être exaucée. En échange, le pouvoir gagnera du « Front de gauche » une estampille « gauche » à son début d’action. N’est-ce pas la raison d’être du Front ?

Maintenant sur le fond, la notion de « licenciement boursier » est aussi vague que dangereuse.

Les licenciements « boursiers » seraient des licenciements effectués par les patrons dans le but de faire monter le cours en bourse de l’entreprise.  

Remarquons d’abord qu’à peine 10% des salariés travaillent dans des sociétés cotées en bourse et seraient concernés. De très grandes entreprises ne sont pas cotées, aucune PME ou presque. Ensuite, il est  impossible dans la pratique d’établir le lien entre politique de casse de l’emploi et évolution des cours.

L’expression de licenciement « boursier », en elle-même, renvoie à une analyse fausse et dangereuse de la crise. Ce ne serait pas la crise du capitalisme mais le résultat de la financiarisation de l’économie, au mauvais cholestérol du capitalisme financier, qui empêcherait le capitalisme productif de fonctionner sainement. De Obama, à Sarkozy, maintenant à Hollande, ce refrain de l’idéologie dominante est infligé sans retenue.  Dans l’exposé des motifs de la proposition de loi du Front de gauche, on lit de même : « C’est la logique de financiarisation de l’économie, pourtant à la source de la crise, qui perdure ». Le programme du Front de gauche est sur la même ligne : « l’humain d’abord n’exprime pas simplement une préférence morale, il dit aussi notre stratégie contre la crise. En refusant la domination du capital financier sur le travail… » Dès 1915, Lénine analysait l’interpénétration de la production et de la finance dans le capitalisme au stade impérialiste.

Reportée à la question de l’emploi, du chômage et des licenciements, cette propagande induit l’idée qu’il y a les mauvais licenciements, les licenciements « boursiers » et les autres, regrettables peut-être mais que l’on ne peut éviter.

Mais pourquoi un patron licencie-t-il ? Parce qu’il ne peut pas faire autrement, le pauvre, la mort dans l’âme ? Vraiment ? Et puis le patron est un élément d’un système : le capitalisme !

Les patrons et les actionnaires ne poursuivent qu’un objectif : le profit (et non d’abord, les cours de la bourse). Dans ce cadre, ils s’affrontent sauvagement entre eux. La pression sur les salaires, les conditions de travail, l’emploi, la disparition d’activités ou d’entreprise sont des moyens et des effets de cette concurrence à tous les niveaux dans cette quête du profit. Au plan économique général, le capitalisme développe et entretient, dans l’intérêt des possédants, l’armée de réserve des chômeurs.

Ces vérités étant rappelées, nous devons être contre tous les licenciements ! Et écarter radicalement le slogan trompeur, gauchiste, faussement anticapitaliste, de « fin des licenciements boursiers ».

Les rédacteurs de la proposition de loi « Front de gauche » vont loin dans la logique de la collaboration de classe. Se référant à un avis de la Cour d’appel de Paris invalidant, 10 ans après, des licenciements chez LU– le juridique au secours ! – ils se félicitent et reprennent à leur compte sa conclusion « légitime » selon laquelle « la compétitivité du secteur d’activité n’était soumise à aucune menace particulière ». Donc, lorsqu’un patron peut arguer d’une perte de compétitivité dans la concurrence, les licenciements sont légitimes ?

Dans le détail, entreprise par entreprise, dans cadre piégé, dominé par leurs adversaires, les salariés et leurs organisations syndicales ont raison d’utiliser tous les moyens, même juridiques, mais aussi politiques, pour mettre en échec les plans de licenciements.

Que des moyens nouveaux, plus efficaces, soient apportés aux représentants des salariés, à tous les salariés, pour mettre en cause la validité du motif économique d’un plan de licenciements, là, bien sûr, ça va dans le bon sens. Mais n’appelez pas ça la lutte contre des licenciements boursiers !

Le PCF avait des propositions solides comme l’obligation de reclassement, avec maintien du salaire et du statut, le rétablissement de l’autorisation préalable de licenciement, supprimée en 1988, avec des moyens nouveaux pour l’inspection du travail. Une meilleure indemnisation du chômage et des moyens pour le Pôle emploi, avec la suppression des conséquences de la fusion ANPE-ASSEDIC  par la droite: voilà des propositions à élever dans la lutte ! Hollande, le PS et l’UE ne les concèderont pas comme ça !

 

 

PS : Nous reviendrons dans un prochain article sur la question des aides publiques aux entreprises reprise dans la proposition de loi du Front de gauche, qui dans la suite de 1997/2002, de la Commission Hue notamment, les légitime au nom de les contrôler et au lieu de les dénoncer.

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 09:08

 

La Commune de Paris doit toujours éclairer le mouvement ouvrier !


Vivelepcf – 28 mai 2012

 

29 mai 1871 – 29 mai 2012 : Il y a 141 ans,  la Commune de Paris était écrasée dans le sang.

Toujours, nous célébrons le sacrifice des dizaines de milliers de Communards, hommes, femmes, jeunes massacrés aussi férocement que méthodiquement, cette semaine sanglante de 1871, par les troupes de la réaction versaillaise soutenue par les exploiteurs du monde entier.

120527 Commune 15èmeNous célébrons la portée profonde, grandiose, de la Commune de Paris pour l’ensemble du mouvement ouvrier international telle que Lénine l’avait déjà soulignée au début du siècle dernier:

« Le souvenir des combattants de la Commune n’est pas seulement vénéré par les ouvriers français, il l’est par le prolétariat du monde entier. Le tableau de sa vie et de sa mort, l’image du gouvernement ouvrier qui prit et garda pendant plus de deux mois la capitale du monde, le spectacle de la lutte héroïque du prolétariat et de ses souffrances après la défaite – tout cela a remonté le moral de millions d’ouvriers, fait renaître ses espoirs et gagné leur sympathie au socialisme. Le grondement des canons de Paris a tiré de leur profond sommeil les couches les plus arriérées du prolétariat et donné partout une impulsion nouvelle à la propagande révolutionnaire. C’est pourquoi l’œuvre de la Commune n’est pas morte ; elle vit jusqu’à présent en chacun de nous ».

Samedi 26 mai s’est déroulée, comme chaque année depuis 1880, la montée au Mur des Fédérés au cimetière du Père Lachaise. Le souvenir de la Commune a été et reste encore l’un des plus conflictuels.

Le pouvoir et la réaction y sont encore plus allergiques qu’à l’évocation des révolutionnaires de 1793. Dans leur inconscient collectif, les possédants ont encore peur. Ils ont raison ! L’histoire de La Commune porte en elle leur renversement. Dans les programmes et manuels scolaires, cet épisode est toujours minimisé et caricaturé. La commémoration de la Commune était d’autant plus insupportable à la droite que les expériences socialistes issues de la Révolution d’octobre 1917 étaient les héritières directes de sa remise en cause de leur domination universelle.

Depuis 1989/1991, la droite française s’est assouplie. Elle commence à envisager reléguer la Commune dans l’histoire officielle consensuelle, c’est-à-dire privée de son sens politique, un peu comme Sarkozy a été mandaté pour le faire avec le résistant communiste Guy Môcquet. En 2000, Jacques Toubon et Jean Tibéri, alors maires du 13ème et de Paris, inauguraient ainsi la place de la Commune de Paris en appelant à la réconciliation nationale…

Jusqu’alors, ce rôle était dévolu aux socio-démocrates. Après 1920, ils se sont évertués à ne pas laisser cet héritage si important du mouvement ouvrier français au PCF.

La Montée au Mur des Fédérés en 1936, dans les circonstances unitaires du Front populaire dont le PCF était à l’impulsion, en ont été le symbole avec l’intervention de Léon Blum. En 2012, même François Hollande arrive à se référer à la Commune, à côté de Delanoë à la Mairie de Paris, le jour de son investiture.    

Il n’en est que plus important, pour nous communistes, de ne pas laisser avancer l’entreprise de banalisation de l’histoire et des enseignements révolutionnaires de la Commune.

Marx, dans « la Guerre civile en France - 1872 », Engels et Lénine les ont analysés. Ils ont, de façon centrale, à la lumière des Communards, pousser leur analyse de l’Etat. (Nous en rappelons quelques phrases pour inviter à l’étude de ces textes fondamentaux.)

Lénine synthétise dans « l’Etat et la révolution - 1917 ». Il cite la nouvelle préface de Marx et Engels au Manifeste de 1848 : « La Commune, notamment, a démontré que la classe ouvrière ne peut pas se contenter de prendre la machine d’Etat, toute prête, de la faire fonctionner pour son propre compte ». Il précise : « L’idée de Marx est que la classe ouvrière doit briser, démolir « la machine de l’Etat toute prête », et ne pas se borner à en prendre possession ».

Marx, Engels puis Lénine montrent la portée révolutionnaire, novatrice des décisions de la Commune dans ce sens comme « la suppression de l’armée permanente et son remplacement par le peuple en armes », la suppression du parlementarisme : « au lieu de décider tous les trois ou six ans quel membre de la classe dirigeante « représentera » et foulera aux pieds le peuple au Parlement, le suffrage universel devait servir au peuple constitué en communes à recruter des ouvriers, des surveillants, des comptables pour ces entreprises ».

A la fin de l’introduction par Engels de l’édition de 1891 de la « Guerre civile en France », largement citée par Lénine, on lit : « en réalité, l’Etat n’est rien d’autre qu’une machine pour l’oppression d’une classe par une autre, et cela, tout autant dans la république démocratique que dans la monarchie ; le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est un mal dont hérite le prolétariat vainqueur dans la lutte pour la domination de classe et dont, tout comme la Commune, il ne pourra s’empêcher de rogner aussitôt au maximum les côtés les plus nuisibles, jusqu’à ce qu’une génération grandie dans des conditions sociales nouvelles et libres soit en état de se défaire de tout ce bric-à-brac de l’Etat ».

Deux lignes plus loin, à ceux qui l’ont en « terreur », « philistins » d’hier et socio-démocrates d’aujourd’hui, Engels adresse en conclusion : « Eh bien, Messieurs, vous voulez savoir de quoi cette dictature a l’air ? Regardez la Commune de Paris. C’était la dictature du prolétariat ».

Déjà en 1891, l’étude de la Commune de Paris était objet de lutte idéologique.

En 2012, un appel émanant de plusieurs organisations de gauche réclame la « réhabilitation des Communards » par l’Etat. Nous ne pouvons pas partager cet objectif.

L’Etat d’aujourd’hui, sa tutelle l’UE sont autant au service de la bourgeoisie et du capital qu’hier. Que l’Etat ait dû concéder des acquis aux travailleurs au cours de l’histoire de la lutte des classes, comme après la Commune de 1871 la forme républicaine plutôt que la forme monarchique, n’y change rien.

L’appel des associations de 2012 rappelle à juste titre que la Commune est « la première et seule fois où dans notre pays le pouvoir fut exercé par le peuple et pour le peuple. » Pourquoi aider l’Etat d’aujourd’hui à récupérer son antithèse d’hier ?

On lit dans le texte de ces organisations : « rétablir dans leurs droits les communards, c’est donner un sens à leur combat pour une société plus juste ». Leur combat n’a pas besoin pour avoir du sens d’une validation officielle de François Hollande ou d’une stèle gravée du nom de Tibéri ou Delanoë ! Au contraire !

Dépourvu largement de la théorie du socialisme scientifique, d’un parti communiste – c’était leurs faiblesses - les Communards ont donné au monde un exemple éclatant de prise du pouvoir populaire contre les possédants et leur Etat. Cette perspective révolutionnaire est plus que jamais un phare, un point d’appui dans les luttes de tous les jours.

Communistes, ne laissons pas, pas plus aujourd’hui qu’hier, le souvenir de la Commune de Paris au réformisme, même bien intentionné !

« Tant qu’un homme pourra mourir de faim à la porte d’un palais où tout regorge, il n’y aura rien de stable dans les institutions humaines » (Eugène VARLIN – 1839 – 1871)

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 16:55

Haute-Saône Roland Germain, candidat du Parti communiste français

 

  

Membre du Parti communiste français (PCF), Roland Germain se présente sous cette étiquette aux élections législatives dans la 2e circonscription de Haute-Saône. Il entend principalement défendre l'intérêt des habitants dans les domaines de l'emploi, du pouvoir d'achat et des services publics de proximité.

 

120524_Roland-Germain.jpg«Je défends les idées d'un véritable parti communiste, qui ne se cache pas derrière le Front de gauche». Le maire de Plancher-Bas, Roland Germain, candidat aux législatives en Haute-Saône, met les choses au point d'entrée. Et quand on lui demande si sa candidature – tout comme celle de Frédéric Bernabé dans la 1re circonscription – a pour but de faire de l'ombre au Front de gauche, il répond du tac au tac: «Je ne comprends pas la politique menée par les dirigeants du PCF au niveau national, qui font tout pour effacer notre parti. On veut que notre parti vive, et pour qu'il vive, il ne faut pas se cacher. Nous sommes des humanistes. On a été désigné à plus de 90 % par nos adhérents en Haute-Saône pour représenter le PCF. Les communistes haut-saônois ont choisi notre parti lors de ce vote, pas le Front de gauche, pour lequel ils pouvaient également voter».

S'il est élu, Roland Germain compte avant tout effectuer un travail de proximité: «Il faut s'occuper du milieu rural dans lequel on vit. Un député doit être dans sa circonscription, au service de ses habitants et répondre à leurs préoccupations», souligne-t-il.

Le candidat du PCF entend mettre un terme à la fermeture des services publics de proximité. «Chaque citoyen doit avoir un bureau de poste près de chez lui, chaque personne malade doit pouvoir accéder à un hôpital à proximité», soutient le maire de Plancher-Bas. Même constat pour l'éducation et les écoles, pour lesquelles l'élu propose «d'aider les petites communes à se regrouper dans des pôles éducatifs de trois ou quatre villages».

Roland Germain, candidat du Parti communiste français dans la 2e circonscription de Haute-Saône, 65 ans, retraité. Maire de Plancher-Bas et conseiller communautaire.

Suppléante: Fabienne Liévin, retraitée.

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 09:09

Jean-Luc Mélenchon aurait toute sa place dans le gouvernement Ayrault


Vivelepcf, 22 mai 2012


Jean-Luc Mélenchon évoque fréquemment le combat « homérique » qu’il a dû mener en 2000 pour obtenir un poste de ministre délégué du gouvernement Jospin et non un simple secrétariat d’Etat. Les marchandages entre courants du PS ont alors fonctionné à plein.120523_Jospin_Melenchon.jpg

 

Changement de configuration en 2012 : Mélenchon jure qu’il ne répondra pas à la main tendue de François Hollande et ne rentrera au gouvernement, du moins le dit-il « à titre personnel » sans engager le PG et encore moins les autres composantes du Front de gauche. Il avait dit aussi qu’il ne se présenterait pas aux législatives… Volontiers cynique, il déclare qu’il a déjà assez profité de la « sinécure » que le PS lui a ménagée : 24 ans sénateur, 3 ans ministre...

Mais politiquement, on ne comprend pas comment il peut justifier ce choix sinon comme une posture tactique.  Mélenchon aurait toute sa place au sein du gouvernement Ayrault.


Même s’il s’est fait plus discret ces derniers mois et s’est davantage référé à Mitterrand (nous n’avons décidemment pas le même Panthéon !) qu’à Jospin, le gouvernement de gauche « plurielle » reste son modèle.

Citons Mélenchon dans le texte: « Le gouvernement Jospin a été sans équivalent, non seulement sur le Vieux continent, mais surtout jusqu’à la vague récente des révolutions démocratiques en Amérique latine, dans le monde entier. Jospin a eu la politique la plus à gauche du monde au moment où il gouvernait. » Ou encore, Mélenchon de vanter le « caractère hors du commun de cet homme [son ancien camarade de l’OCI trotskyste] et de son orientation politique » (extraits de « En quête de gauche » - 2007, p 186 à 188).

 

A lire Mélenchon, on ne comprend pas pourquoi les électeurs ont à ce point sanctionné Jospin en 2002 et, par ailleurs, ont désavoué la participation du PCF à son entreprise de casse sociale.

 

Aujourd’hui, on ne voit vraiment pas l’obstacle politique à l’entrée de Mélenchon dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Le « social-libéral » Moscovici est ministre de l’économie. Delors ne l’était-il pas en 1981 ? Mais sinon ?

 

Tous les créneaux du discours de Mélenchon sont occupés.

Fabius, qui avait appelé à voter non à la « constitution » européenne comme lui, Maastrichien comme lui, est ministre des affaires étrangères. Le ministre délégué aux affaires européennes, Bernard Cazeneuve, a aussi mené campagne pour le non.

Michel Sapin, qui échange depuis des années avec des dirigeants du Front de gauche dans des clubs comme « Gauche avenir », est ministre du travail. Fabius, Sapin, Mélenchon faisaient partie de la même promotion gouvernementale nommée par Jospin le 27 mars 2000.

Arnaud Montebourg, égérie de la gauche interventionniste et de la 6ème République, tout comme Mélenchon, est ministre du « redressement productif » (plutôt des aides publiques aux entreprises). Avec Benoît Hamon, les complices de l’aile gauche du PS sont bien placés.

La présence à de bons postes de Christiane Taubira ou de Nadjet Belkacem prive aussi Mélenchon du terrain politique de la défense de la « diversité ».

 

Que reste-t-il au Front de gauche pour se distinguer à gauche du PS ?

 

La direction du PCF, quant à elle, a commencé logiquement à se ranger derrière le nouveau pouvoir. Pierre Laurent a adressé ses félicitations à Ayrault pendant que l’Humanité a fait du zèle en saluant l’absence « d’opportunisme dans la carrière de l’élu de Loire-Atlantique mais son goût du travail collectif » (édition du 16 mai 2012).

 

La période où Mélenchon pouvait se différencier par ses formules oratoires est terminée. Après le soutien « sans conditions » en rase campagne à Hollande, 5 minutes après le résultat du 1er tour, il n’est plus temps de traiter le nouveau président de « capitaine de pédalo ». Et il devient de plus en plus difficile, malgré quelques surenchères gratuites, de masquer à quel point le programme du Front de gauche est partagé, combiné avec celui du PS. Il s’applique à faire passer la gauche social-démocrate comme allant dans le bon sens, comme faisant de son mieux de façon réaliste, dans un contexte défavorable. C’est flagrant sur l’UE. Le Front de gauche s’applique, en refusant de remettre en cause Maastricht, à valoriser les tentatives de renégociations des nouveaux accords budgétaires mimées par Hollande.

 

Donnant un gage de plus au PS, le Front de gauche s’engage à ce que ses députés ne votent pas de motion de censure contre son gouvernement (Mélenchon – 20 mai 2012). Certains d’entre nous se souviennent des débats animés dans le PCF entre 1988 et 1993 qui avaient amené notre parti à voter par deux fois la censure contre Mitterrand-Rocard-Bérégovoy et leur politique de destruction des acquis sociaux. Cette possibilité est exclue d’avance avec le Front de gauche !

 

La supercherie Mélenchon, après leur déception du 1er tour des présidentielles, commence à se dégonfler. Les tenants de l’opération Front de gauche le redoutent et ils prennent des dispositions.

 

Nous saurons peut-être plus tard qui a imaginé de présenter Mélenchon dans le Pas-de-Calais contre Marine Le Pen : Pierre Laurent comme c’est prétendu officiellement? Mélenchon lui-même ? Le PS directement ? En tout cas, le coup politicien est habile dans cette situation.

 

Il permet de maintenir la médiatisation de Mélenchon, de nationaliser la campagne législative du Front de gauche, dans la suite des présidentielles, avec sa personne comme identifiant.

En se transformant en superman anti-Le Pen, en utilisant le FN comme repoussoir et faire valoir, Mélenchon et le Front de gauche se donnent une image de radicalité, « front contre front », sans se découvrir sur leur espace d'accord sur le fond avec le PS.

 

Peu importe qu’il s’agisse seulement de transférer une circonscription acquise au PS depuis 50 ans d’un socialiste à un autre. Une grande partie du PS de la circonscription d’Hénin-Beaumont soutient d’ailleurs Mélenchon dont Ségolène Royal a salué le « combat républicain ».  

Peu importe que cela accorde une publicité supplémentaire à Mme Le Pen. 

Peu importe que cela ridiculise un peu plus la « révolution citoyenne » réduite à un seul personnage en France qui se tient prêt pour le poste suprême en … 2022 !

 

Mais pour le PCF et pour le pays, le choix du Front de gauche se confirme lourd de signification.

A quelques nuances près et de très rares exceptions, Mélenchon est omniprésent sur le matériel de campagne dans les 541 circonscriptions de métropole. Comme s’il était candidat partout ! Pour la 6ème république annoncée rompant avec la personnification de la politique, il faudra repasser…

Plus que jamais pour la direction du PCF, le choix est celui de l’effacement. Le motif électoral, électoraliste, est ouvertement avancé, notamment pour le Pas-de-Calais: se cacher derrière Mélenchon va faire gagner des voix, peut-être des sièges !  

Etre identifié comme communiste mais en refusant d’assumer des positions communistes conduit effectivement à l’expérience du 1,9% de Marie-George Buffet en 2007. Mais la voie de sortie, ce devrait être de les assumer !

Face à l’extrême-droite, comment imaginer que les numéros de bateleur de Mélenchon soient plus efficaces que l’action militante et le glorieux héritage des communistes de la Fédération du Pas-de-Calais ? Ils les dévalorisent !

Le soufflé Mélenchon/Front de gauche ne peut que se dégonfler, tôt ou tard. Son rôle de rabatteur de la social-démocratie et de canalisateur du mouvement social ne correspond pas à l'aspiration au changement que certains, beaucoup, ont cru y retrouver.


Pour les communistes, les réalités des luttes, de la lutte des classes, doivent reprendre le dessus, au-delà des brumes électorales, des calculs politiciens, de l’obligation minimale, sans illusions, de battre la droite. Le temps est à tenir nos positions communistes, à développer nos organisations sur des bases de lutte.


Sans attendre, préparons la riposte, entreprise par entreprise, quartier par quartier, à la politique de super-austérité que prépare Hollande sous l’égide de l’UE.

Faisons vivre et renforçons le PCF ! Assumons nos responsabilités !

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 09:10

Combattre l’extrême-droite : démonter sa démagogie « sociale ». Assumez les positions communistes!

 

Pcf Paris 15 – mai 2012 

 

Le FN prétend se situer « hors système ». Le combattre, c’est démonter cette posture que le système lui fait jouer. C’est combattre la démagogie « sociale » qu’il charge l’extrême-droite de reprendre.

 

Ce n’est surtout pas se lancer dans un concours de populisme et d’invective avec les Le Pen, père et fille. A ce jeu-là, certains espèrent se faire valoir en cachant leurs compromissions politiques. A la fin, c’est l’extrême-droite qui gagne, dangereusement.  

 

Depuis des mois, le pouvoir sarkozyste, le ministre Guéant succédant à Besson dans cette fonction, a tout fait pour banaliser le discours sécuritaire, discriminatoire et anti-immigrés du FN, de « l’identité nationale » à la croisade inventée contre la Burqa.

C’est un choix politique bien réfléchi comme ce n’était pas par hasard que Mitterrand en 1983 assure la promotion de Le Pen à la télévision.

 

En période de crise, le système a besoin de l’extrême-droite. Il lui assigne trois rôles :

 

1-      Diviser les travailleurs, détourner la colère populaire vers des boucs émissaires

2-      Servir d’opposition de façade, stérile, de repoussoir politique pour conforter les forces de l’alternance droite/gauche et valider leur consensus fondamental sur les questions économiques et sociales.

3-      Précisément dévoyer, en les associant au discours de haine, certaines positions politiques, celles qui seront essentielles dans les luttes à venir, en l’occurrence aujourd’hui celles contre l’UE du capital.

 

Pour nous communistes, écarter le danger de l’extrême-droite, au-delà de la dénonciation, c’est proposer une autre perspective politique à la colère populaire, au potentiel de lutte considérable que notre peuple a montré, par exemple contre la casse des retraites en 2010.

 

Point par point :

 

1-      Nous ne tolérons rien des dérapages anti-immigrés ou raciste, d’où qu’ils puissent venir.

2-      Nous nous situons, et nous le montrons, complètement en dehors du consensus droite/PS. Nous appelons ainsi sans ambiguïté à battre Sarkozy mais ne laissons planer aucune illusion sur Hollande. Nous nous opposons à tout arrangement électoral ou gouvernemental avec la gauche « maastrichienne ».

3-      Nous défendons et assumons nos positions de rupture immédiates dans les entreprises et les quartiers où résident les travailleurs, dans une perspective de rupture avec le capitalisme. Nous ne laissons pas un pouce de terrain à la démagogie médiatisée de Mme Le Pen visant à les récupérer, à les dévoyer, à exploiter les compromissions des forces liées au système.

Quand Mme Le Pen et Mme Parisot font semblant de s’écharper, Parisot dans un livre spécial en septembre « Un piège bleu Marine », Le Pen dans ses déclarations, nous ne rentrons pas dans leur jeu. Nous portons nos propres positions.   

-          Pour la défense du système de retraite solidaire, pour une convergence de lutte vers la reconquête de la retraite à 60 ans, nous devons porter plus que jamais les exigences du retour à 37,5 annuités et de la suppression de toutes les exonérations de cotisations patronales. Jean-Marie Le Pen a toujours combattu cette avancée sociale. Voilà que sa fille prône la retraite à 60 ans et l’abaissement des annuités de cotisation. Cherchez l’erreur !  

-          Pour les salaires (salaire net et salaire socialisé), nous devons toujours associer la revendication de l’augmentation du SMIC à un niveau permettant une réponse aux besoins premiers, 1700 euros net tout de suite, avec le rétablissement de l’échelle mobile des salaires, supprimée par la gauche mitterrandienne en 1982/83. Marine Le Pen reprend (et déforme) cette revendication fondamentale du mouvement ouvrier. Là aussi, cherchez l’erreur !

-          Sur l’Europe, notre parti, le PCF, est le seul à avoir combattu systématiquement, de façon conséquente, l’UE du capital. Toute notre argumentation contre Maastricht est validée par les faits, par le pillage des peuples organisé par les trusts au moyen en particulier de l’euro. Plus que jamais, portons ces positions ! Que Mélenchon ait défendu Maastricht et soit un rabatteur pour l’intégration européenne, c’est son problème. En 1991, Jean-Marie Le Pen estimait à la télévision que le bilan de la « construction » européenne était « globalement positif ». Depuis 1992, les nationalistes européens du FN ont pris la posture inverse de s’opposer à Maastricht pour semer le trouble. Le Pen fille est maintenant chargée de légitimer l’UE en associant toute opposition au nationalisme raciste. Là encore, cherchez l’erreur ! Ne laissons pas faire !

 

Face au danger fasciste, comme l’histoire l’a montré, notre pays a besoin des communistes, de leur parti, le PCF, assumant ses positions fondamentales, de sa capacité de rassemblement dans la lutte des classes du côté des travailleurs.

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