Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

A LA UNE

NOUVEAU SITE ACTUALISE QUOTIDIENNEMENT: http://vivelepcf.fr/

 

36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 11:50

Nouvelle d'Italie. Dans la précipitation des élections anticipées, la direction de Réfondation communiste et ses alliés tentent d’effacer tout symbole communiste en Italie. Nombre de communistes réagissent et commencent à s'unir.

La fin du symbole communiste en Italie ?

Une dépêche de l’agence italienne ANSA du 13 février nous informe que :

« Les leaders de la « Sinistra Arcobaleno » (Gauche arc-en-ciel, formée par les deux partis communistes Rifondazione Comunista et Partito dei Comunisti Italiani, les Verts et Sinistra Democratica, issue de l’ancien PCI) ont confirmé leur choix d’adopter pour les prochaines élections le symbole de l’arc-en-ciel déjà choisi en décembre dernier pour leurs « états généraux de la Gauche » ». 

La décision a été prise à l’unanimité même si le secrétaire du PdCI, Oliviero Diliberto, n’a pas caché sa perplexité. Il explique qu’il « aurait préféré un symbole unitaire affichant à son intérieur, en plus petit, les symboles des quatre partis participants ». Mais, poursuit-il, « désormais nous travaillons pour l’unité de la gauche ». Le secrétaire du PdCI explique que sa priorité est à présent « la campagne électorale où il ne faut pas disperser une seule voix ».

 

C’est le dernier acte d’une mauvaise pièce que les dirigeants de RC jouent depuis des mois et qui a notamment comporté le renvoi du congrès du Parti et, après cette entorse au règlement interne, l’appel à s’adhérer à la nouvelle formation politique, pourtant non encore définie.

 

Dirigeant du réseau « L’Ernesto », le parlementaire G. Pegolo a fait paraître dans le site de son groupe ( www.lernesto.it ) le communiqué suivant, intitulé
« Les tendances critiques de Rifondazione qui n’acceptent pas cette issue doivent s’unir ».

 

« La survie du Parti est en jeu. L’intention d’en venir à un nouveau parti, renonçant à la référence communiste, est évidente.

Ces jours-ci, notre site croule sous les courriels d’adhérents du Parti protestant contre la volonté du groupe dirigeant de supprimer le symbole lors des prochaines élections. Ces adhérents condamnent la dérive que constitue le Parti unique de la gauche. Ils n’acceptent pas les entorses récurrentes à la démocratie interne du Parti. Il s’agit de camarades de L’Ernesto, d’Essere Comunisti (réseau que dirige C. Grassi) mais aussi d’inscrits qui n’appartiennent pas à des courants ou qui jusqu’à hier se retrouvaient dans les positions de la majorité du Parti.

Ces camarades nous demandent des réponses. Ils ne sont pas particulièrement intéressés aux articulations internes du Parti. Ils veulent un espoir, ils exigent que nous nous battions pour la survie de ce Parti.

Ils ont raison. Ils ont cerné l’essentiel du danger qui pèse sur notre Parti. Leur position est lucide et rationnelle. En effet, un passage décisif est en train de se produire. En diminuer la signification empêcherait d’en saisir la gravité.

Avec les déclarations du secrétaire (F.Giordano, héritier de F. Bertinotti) invitant à se présenter aux élections sous un symbole unique de la Gauche, sans faucille et marteau, avec sa proposition d’entamer immédiatement la campagne d’adhésions au Parti unique de la gauche, a définitivement été éliminée l’idée d’une confédération de Partis, c’est-à-dire la possibilité d’un accord entre les quatre Partis de la « chose rouge » qui préserve l’identité de chacun.

Nous, de L’Ernesto, n’avons jamais cru que cette éventualité puisse se réaliser ; d’autres l’ont prônée. A présent, toutefois, après cette décision de la majorité de Rifondazione la route est tracée. Il est évident qu’après les élections avec le symbole unique commencera la surenchère de « dépassons toute appartenance ! redistribuons les cartes ! laissons entrer la société civile ! etc. ». Recettes éculées qu’on utilise lorsque l’on veut justifier la liquidation d’un parti pour en créer un autre, différent.

De la part de ceux qui, comme nous, ont toujours revendiqué la nécessité de maintenir l’expérience de Rifondazione Comunista, il serait irresponsable de ne pas prendre acte de cette situation exceptionnelle. Je pense à notre tendance, L’Ernesto, mais également à celle d’Essere Comunisti, avec qui nous avons longtemps partagé un parcours commun. La division qui s’est produite dans des circonstances bien douloureuses ne saurait diminuer l’exigence, pressante, de mener ensemble une bataille contre la liquidation du Parti.

Je pense aussi à d’autres sensibilités : en particulier, au mouvement de Florence [cf. l’appel de Florence], expérience extraordinaire réclamant à la fois un renouveau du Parti et une opposition inflexible à son dépassement. Je pense en outre aux camarades qui appartiennent depuis toujours à la majorité du Parti, mais qui ont exprimé en ces derniers mois d’importantes positions autonomes.
Toutes ces sensibilités doivent aujourd’hui se réunir pour conduire une bataille commune pour la survie de RC, de son symbole sur le bulletin de vote, de son nom, mais aussi de sa structure interne et, surtout, de son patrimoine politique et culturel. Elles doivent aussi revendiquer le droit de la base de s’exprimer, en refusant une fois pour toutes d’inadmissibles pratiques antidémocratiques.

Nous l’avons souvent répété : il ne s’agit pas d’un réflexe nostalgique de qui ne sait pas renoncer à son identité ; au contraire, c’est une exigence issue de la conscience que ce qui est supposé remplacer RC est une formation plus modérée, encline à entrer au gouvernement coûte que coûte, hétérogène et bâtie sur l’exigence de survie d’une caste politicienne.

Une force qui, aujourd’hui, peut bien se présenter aux élections seule, mais qui par la suite sera ramenée à un rapport organique avec le Parti Démocrate [formé de l’union des Démocrates de Gauche, ex-PCI, et des partis issus de l’ancienne Démocratie chrétienne], puisque sa raison d’être n’est pas une proposition alternative, mais simplement la possibilité de jouer un rôle sur le marché politique. Il n’y a point d’âme dans la “chose rouge”.

Elle se borne au repêchage d’images déjà vues lors de la dissolution du PCI. On reprend l’exigence de nouveauté, l’acharnement contre les identités, le flou du programme politique, la priorité de la manœuvre sur les contenus. C’est l’histoire qui se répète sous forme de farce, conduisant toutefois au même résultat, malgré tant de discours tonitruants.

L’issue est l’homologation. Voilà pourquoi nous ne nous y prêterons pas et nous voulons que d’autres mènent cette bataille à nos côtés. »

Repost 0
Published by Vive le Parti Communiste Français - dans Mouvement communiste international
commenter cet article
13 février 2008 3 13 /02 /février /2008 18:49
ALLIANCE PCF-PS-Modem :

 

 
PAS EN NOM !

(texte reçu le 1er Février)

        Membres du Parti Communiste Français, nous avons toujours été favorables au rassemblement des forces populaires.

 Cependant, nous apprenons avec tristesse que des sections de notre Parti s'aventurent dans des alliances contre nature en participant à des listes dites « de gauche » avec participation de candidats du Modem comme, dans le département du Nord, à Roubaix par exemple. Mais cela va bien au-delà de cette ville, car des nouvelles peu réjouissantes viennent de plusieurs régions françaises.

 Le PCF, notre Parti, est un parti de classe. Il défend les intérêts du peuple. Nous considérons que le rassemblement est possible et qu’il est souhaitable de nous rassembler avec d'autres forces qui défendent également les travailleurs. Mais il y a en France des partis qui ne défendent que les intérêts de la bourgeoisie : le FN, l'UMP et le Modem par exemple.

 Le centre n'existe pas. Vouloir ne pas choisir entre la gauche et la droite, autrement dit entre le salariat et la bourgeoisie, dans une société de lutte des classes, c'est de fait prendre position pour la classe dominante.

Le Modem de F. BAYROU, comme l'UMP ou le Nouveau Centre, est un parti qui défend les intérêts du MEDEF. L'UDF, dont le Modem est issu, a cautionné la quasi totalité des réformes rétrogrades des gouvernements Raffarin/De Villepin.

Le P.C.F., sous aucun prétexte, et encore moins pour des raisons électoralistes, ne doit en aucun cas se compromettre avec lui et doit faire preuve de la plus grande clarté. Il doit rejeter toute participation des communistes à des listes comprenant un ou plusieurs candidats du Modem (ou toute autre personnalité de droite). L’argument selon lequel notre Parti devrait participer à ces listes dans le but de conserver des élus n’est absolument pas recevable. Les objectifs électoraux ne peuvent pas tout justifier. La participation de communistes à des listes PS-Modem ne pourrait que discréditer le PCF auprès des millions de jeunes et de salariés qui brûlent de haine et de colère contre la droite. A l’inverse, en menant une campagne vigoureuse contre des alliances entre le PS et la droite, et en présentant une alternative claire au réformisme insipide, le PCF trouvera un écho parmi les couches les plus conscientes de la jeunesse et du salariat.

 Nous avions, d'ailleurs, observé avec satisfaction le positionnement national de notre Parti en juin dernier, condamnant toute alliance PS-Modem, et donc, à plus forte raison, du moins le pensions nous, une grande coalition PCF-PS-Modem.

Pour toutes ces raisons, nous refusons que ces alliances contre nature voient le jour. Il reste quelques semaines avant le dépôt des listes. Nous appelons nos camarades, à Roubaix comme ailleurs, à se ressaisir, à renouer avec l’espoir et donc à retirer leurs candidatures de ces listes informes et à rechercher les solutions les plus pertinentes pour construire un rassemblement en faveur des classes populaires.

Repost 0
Published by Vive le Parti Communiste Français - dans PCF
commenter cet article
12 février 2008 2 12 /02 /février /2008 19:27

Municipales à Vesoul, préfecture de la Haute-Saône

22% au 1er tour! En tête de la gauche, première force d'opposition au député maire UMP!

Communiste donc combatif et rassembleur 

undefined
Frédéric Bernabé, membre du Conseil national du PCF, secrétaire de la fédération de la Haute-Saône du PCF, conduit une liste de rassemblement aux élections municipales à Vesoul.

De véritable rassemblement !

La composition de la liste reflète d’abord celles et ceux qui à Vesoul vivent et se battent : ouvriers de PSA, enseignants, artisans, agents des services publics, de l’hôpital… Au centre de la campagne de Frédéric Bernabé et de ses colistiers, se retrouvent les batailles, menées inlassablement ensemble pour l’emploi, le logement, contre les délocalisations, contre la désertification des services publics, contre la remise en cause de la ligne SNCF Paris-Bâle… Autant de conséquences des politiques nationales, approuvées et relayées par le député maire UMP sortant Joyandet.

Rassemblement aussi parce que des citoyens de sensibilités écologiste ou socialiste se reconnaissent dans la dynamique de lutte de l’ensemble de l’équipe et figurent naturellement sur la liste.

Le contraste est frappant avec celle présentée par les dirigeants du PS local, enfermés dans leurs considérations politiciennes et dans les orientations nationales de leur parti, passant largement à côté des préoccupations des salariés et de la population.

Gagner à gauche Vesoul, ville « modérée » mais ouvrière et populaire ? Ce n’est plus impensable. De 1989 à 2001 en passant par 1995, la liste conduite par le représentant du PCF est passée de 6, à 12 puis 15% des voix.

Afficher ses couleurs, s’engager sans retenue dans les luttes, ce n’est pas se replier, c’est unir et rassembler !

Repost 0
Published by Vive le Parti Communiste Français - dans PCF
commenter cet article
9 février 2008 6 09 /02 /février /2008 10:12
 

Conseil national du PCF du 8 février 2008, intervention d’Emmanuel DANG TRAN, fédération de Paris

Pour les communistes, un premier enjeu des élections municipales doit être de consolider le rapport de forces qui existe dans le pays pour mettre en échec la politique de Sarkozy dès le printemps.

Au-delà de la baisse de popularité de Sarkozy dans les sondages, mesurons l’intensification des luttes dont ont témoigné les manifestations des 22 et 24 janvier. Pour la grande bataille des retraites qui s’annonce, malgré les manœuvres de décembre, la forte capacité de mobilisation des salariés des entreprises publiques pour défendre leurs régimes spéciaux reste un atout que nous devons conforter.

 

A cet objectif doit être lié, sinon subordonné, le deuxième, bien sûr essentiel : défendre et gagner des municipalités communistes, des conseillers généraux, des élus en général. Je suis heureux d’entendre ici maintenant que nous devons montrer que notre parti est bien vivant alors que tant imaginaient déjà sa disparition il y a peu.

 

Mais ce ne sera possible que sur une position de lutte, sans ambiguïté sur la perspective politique nationale.

 

Aux cantonales, partout doit être donnée la possibilité du vote communiste.

 

Aux municipales, la diversité des situations locales doit prévaloir pour les stratégies d’alliances, à défaut d’une perspective nationale acceptable.

 

Ce n’est pas la même chose de prolonger des municipalités progressistes d’union dans des listes communes et de cautionner une orientation social-libérale du PS comme c’est le cas, par exemple, à Paris.

 

Aussi, je suis en désaccord avec le mot d’ordre de rechercher dans tous les cas, sans contenu, le « rassemblement de toute la gauche ». Pour construire la riposte nationale à la droite, l’alignement sur le PS est une aberration, dangereuse pour le mouvement comme pour l’avenir du Parti. Cette semaine même, le PS vient de participer au coup de force de Sarkozy, à l’adoption du nouveau Traité de l’UE ! Sans parler de ses positions sur les retraites, l’université… contradictoires avec les luttes.

 

C’est pour cela que la question du Modem n’est pas du tout secondaire! La main tendue par le PS au Modem, à Grenoble, à Roubaix, Delanoë à Paris, est le révélateur de choix « sociaux-libéraux » et d’une recomposition politique où le PCF ne doit avoir aucune place.

 

Je demande que le CN se prononce clairement pour désapprouver toute présence de candidats du PCF au 1er comme au 2ème tour sur des listes PS-Modem.

 

Ne laissons pas l’idée que nos élus sortants sont prêts à toutes les compromissions pour sauver des places ! Arrêtons de laisser de l’espace à ceux qui veulent plumer la volaille communiste !

 

Notre priorité dans la campagne est de mettre en avant nos positions et propositions de lutte, sans concession.

 

Par exemple pour la défense et la reconquête de services publics municipalisés ou nationalisés. L’eau mais aussi des transports urbains dans toutes les villes. En Ile-de-France, combattons le choix du Syndicat des transports, STIF, dirigé par des élus PS, de préparer la mise en concurrence des réseaux RATP et SNCF, la privatisation.

 

Sur la question du logement, combattons de même, ville par ville, tout projet de vente de HLM tel que le gouvernement veut l’imposer mais aussi tel qu’il a été dangereusement accepté dans l’accord entre la ministre et l’USH, Union sociale de l’habitat, présidée par l’ancien ministre Delebarre.

Repost 0
Published by Vive le Parti Communiste Français - dans Interventions au CN du PCF
commenter cet article
9 février 2008 6 09 /02 /février /2008 09:55

Conseil National du PCF du 8 Février 2008. Intervention de Claude FAINZANG, résumé sommaire pour l’Huma

Accepter de figurer sur des listes avec le Modem dès le premier tour, ou au deuxième comme peut-être à Paris ! C’est là que l’on voit à quelle dérive mène la mutation réformiste du Parti. On voit vivre concrètement le refus de la direction de donner la priorité au mouvement populaire sur les places dans les institutions. Que veut dire alors le mot d’ordre « battre la droite ? Car le Modem, c’est la droite.

Mes camarades, cela ne va pas dans le bon sens, et cela contribue à nous discréditer.

Le problème n° 1 des gens, outre l’emploi, c’est l’impossibilité de vivre dignement avec des bas salaires ou des petites retraites. Lors de la journée d’action des salariés des grandes surfaces, les débrayages ont révélé à la population des salaires de 1000 euros maxi, ou 700 euros quand ils sont à 30 heures par semaine. Ils criaient « Augmentez nos salaires ! » et faisaient signer une pétition très bien accueillie par la population.

Il est urgent pour le Parti d’engager une campagne d’envergure sur les salaires, contre la précarisation pour rendre les luttes plus efficaces.

Repost 0
Published by Vive le Parti Communiste Français - dans Interventions au CN du PCF
commenter cet article
7 février 2008 4 07 /02 /février /2008 12:29

PS-MODEM à Paris : nous ne serons pas de ce rassemblement-là sur ces idées-là !

Communiqué du secrétariat du PCF Paris 15ème

Bertrand Delanoë a récidivé hier au sortir d’une réunion publique dans le 15ème. Comme le journal Le Monde le précise ce matin, le maire de Paris sortant a déclaré : « Je suis prêt à rassembler, cela peut concerner des forces du centre, le MoDem, je dis les choses." Il y a quinze jours déjà, il avait nettement laissé entendre ce rapprochement dans le Journal du dimanche.

Communistes du 15ème, nous ne serons pas de ce rassemblement-là ! Nous invitons à nouveau les communistes parisiens à intervenir pour que les candidats PCF s’engagent dès à présent à se retirer des listes PS après toute fusion avec le Modem entre les deux tours.

Au-delà de la combinaison politicienne, les propos de Delanoë confirment les affinités avec les idées du Modem qu’il trouve « intéressantes » (cf JDD). Et le Modem, c’est la droite.

Ces évolutions confortent la position des communistes de la section du PCF Paris 15ème de ne pas participer à la liste du PS conduite par Anne Hidalgo (ni à aucune autre).

A Beaugrenelle contre la spéculation et ses conséquences, à Boucicaut, dans tout le 15ème pour le logement social et les équipements de santé, pour la défense de services publics véritablement publics,… nous serons plus utiles pour faire avancer les luttes, dans la campagne comme ensuite, dans l’intérêt des salariés et de toute la population en ne cautionnant pas la dérive « libérale » du PS.

Ce sera aussi notre meilleure contribution pour battre la droite, ses idées et sa politique. 

Repost 0
Published by Vive le Parti Communiste Français - dans PCF
commenter cet article
30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 17:35

Succès électoraux de « la gauche » dans deux régions d’Allemagne

L’exemple de « Die Linke » : ni transposable, ni souhaitable en France.


Des élections régionales avaient lieu dimanche 27 janvier en Hesse et en Basse-Saxe. Pour la première fois depuis plus de 50 ans, des candidats s’affichant à gauche du Parti social-démocrate (SPD) ont été élus à ces deux parlements régionaux de l’ouest de l’Allemagne, comme cela avait déjà été le cas en mai dans la ville-région de Brême. Les listes conduites par le nouveau parti « die Linke », « la gauche », ont dépassé le seuil des 5%. Ces résultats modifient incontestablement la donne politique et ouvrent de nouvelles perspectives à la gauche "anticapitaliste" allemande, notamment des régions de l’ex-RFA, qui s’est investie dans la campagne de « die Linke ». Communistes français, nous nous en félicitons et saluons particulièrement l’élection en Basse-Saxe de Cristel Wegner, membre du parti communiste allemand (DKP).

Pour autant la situation de nos camarades allemands n’est pas la nôtre et le « modèle allemand » de « die Linke » vanté par certains en France ne nous paraît ni adaptable, ni souhaitable dans notre pays. Les travailleurs français n’ont pas besoin d’un nouveau parti social-démocrate, même estampillé « de gauche ». 

Pour le montrer, nous revenons, dans les lignes qui suivent, sur les origines spécifiques, les orientations et les perspectives de « die Linke ».


Le parti « die Linke », « La Gauche », a été officiellement constitué en Allemagne le 17 juin. Ce baptême a suscité l’engouement de certaines personnalités françaises qui y voient un nouveau modèle de recomposition politique « à gauche du PS » applicable à la France après l’essai des « collectifs antilibéraux ».

De nombreux dirigeants du PCF affichent leur enthousiasme. Dans son rapport au Conseil national du PCF du 22 juin, Marie-George Buffet érige le scénario allemand en premier exemple parmi les « idées émises pour examiner sans tabou, ni a priori l’avenir du PCF » : « décider la création d’un nouveau parti, de le dépasser pour en fonder un avec d’autres à l’exemple de Die Linke… ».  

Cherche-t-on à influencer le débat des communistes français avant le congrès de la fin de l’année à partir d’un exemple étranger méconnu et présenté de façon flatteuse ? Une « expérimentation » possible de nouvelle forme politique comme la direction du PCF a tenté de l’imposer dans le texte du mandat de l’assemblée extraordinaire de décembre ? C’est évident. Cela nous invite à nous intéresser plus précisément à cette expérience allemande. Disons-le de suite : elle n’est pas transposable en France et inacceptable pour les communistes français qui entendent le rester.

Un mariage déséquilibré.

Le nouveau parti se présente comme le résultat d’un processus, entamé depuis deux ans et marqué par des candidatures communes aux élections législatives d’octobre 2005, de fusion entre le Parti du socialisme démocratique (PDS) et de « l’Alternative électorale pour la justice sociale » (WASG). La disproportion entre les deux acteurs invite plutôt à parler de transformation du PDS en « die Linke » au moyen de la WASG.  

La WASG est un amalgame récent, créé seulement en 2004, de sociaux démocrates en rupture avec le SPD, de militants d’extrême gauche, d’altermondialistes, de responsables syndicaux… Il comptait autour de 11000 adhérents, dont plusieurs milliers ont refusé de rejoindre le nouveau parti. Comme son nom l’indique, la raison d’être d’origine était électorale. Dans le nouvel ensemble, la WAGS présente notamment deux caractéristiques : être une organisation de l’ouest, n’avoir aucune racine communiste. Mais son identité est peu définie. Pour l’immense majorité de l’opinion publique, ce conjoint du mariage est identifié à son leader, Oskar Lafontaine qui l’avait rejoint en 2005. Homme politique de premier plan, Lafontaine a été, entre autres, président du parti social-démocrate (SPD) de 1995 à 1999 et ministre des finances en 98 et 99 jusqu’à sa démission du gouvernement pour désaccord politique avec l’orientation social-libérale de Schröder. Positionné à l’aile gauche de la social-démocratie mais personnalité médiatique déroutante, Lafontaine a défrayé la chronique en 2005 par une sortie détonante affirmant que « l’Etat doit empêcher que des pères ou mères de famille ne deviennent chômeurs parce que des travailleurs étrangers leur prennent leurs places de travail avec des salaires plus bas ». Il a récidivé en septembre 2007 en se prononçant pour une « allocation pour les femmes aux foyers ».

Il est aujourd’hui l’un deux co-présidents de die Linke.

L’autre composante d’origine de die Linke est le PDS. Au moment de la fusion, il compte 60000 adhérents, principalement à l’est. Le PDS est issu de la transformation en 1990 du Parti socialiste unifié (SED) – parti au pouvoir (mais non parti unique) en RDA. Le SED était né en 1946 de la fusion dans la zone d’occupation soviétique de parti communiste d’Allemagne (KPD) et du parti social-démocrate. Le PDS représente donc un partenaire historique naturel du PCF.

A l’ouest, le parti communiste KPD a continué d’exister avant d’être interdit par le pouvoir de la RFA en 1956 et de renaître officiellement, après une période de clandestinité, en 1968 sous le nom de Parti communiste allemand (DKP). Le DKP, parti communiste se revendiquant comme tel, ne s’est pas fondu dans « die Linke ».

Le PDS porte (portait) donc une partie du riche héritage historique du mouvement ouvrier allemand et de l’expérience de construction du socialisme sur le sol allemand à l’est. Successeur d’un parti au pouvoir pendant 50 ans, il est marqué aussi par une culture administrative sinon gestionnaire plus que par une culture de lutte. Paradoxalement, l’anticommunisme d’Etat de la RFA, l’ostracisme et la répression qu’elle a appliqués à l’encontre des anciens cadres de la RDA, ont rendu impossible le recyclage, notamment vers le SPD, même des plus « réformateurs » d’entre eux, à l’opposé de ce qui a pu se passer dans d’autres pays de l’est. Certains se retrouvent au PDS.

Le PDS a acquis et conservé jusqu’à présent une forte influence dans les régions de l’ancienne RDA, avec des résultats électoraux très souvent supérieurs à 20%. Il est apparu pour beaucoup comme le seul parti susceptible de porter la colère et les revendications de nombreux citoyens de l’est. 17 ans après l’annexion par la RFA, ils subissent toujours des salaires inférieurs de 20% et un taux chômage largement supérieur à ceux de l’ouest. Donnée méconnue, la diminution de 15% de la population de ces régions par rapport à l’ancienne RDA illustre les aspects économiques dévastateurs de la « réunification ». Cette influence fait du PDS un parti d’élus : plus de 6000, 10% de ses effectifs.

A l’ouest, le PDS a progressé régulièrement mais lentement atteignant 1% des voix, localement plus et quelques milliers d’adhérents venant principalement de la gauche anticapitaliste et/ou pacifiste, souvent en décalage avec les directions de l’est.

La direction du PDS s’est trouvée confrontée à une contradiction. Seule son implantation régionale à l’est lui a donné un statut de parti national mais dans le même temps, à son corps défendant, elle le limite et l’identifie à un passé, à une option politique dont elle cherche obstinément à se dégager.

L’aboutissement du processus de mutation-disparition du PDS.

L’histoire des 17 ans d’existence du PDS est celle d’une mutation impulsée et imposée par son groupe dirigeant pour passer d’un parti marxiste-léniniste à un parti « de gauche », en fait ouvertement social-démocrate.

La transformation du SED en PDS a eu lieu en 1990 en plein effondrement de la RDA, quelques mois après la chute du Mur de Berlin. La plus grande partie de la direction du SED est alors disqualifiée ou a perdu pied. Le parti connaît une hémorragie des adhérents du « parti-Etat ». Il est même question d’une dissolution pure et simple du SED. Les adhérents de conviction, les communistes sont sous le choc, en plein désarroi.

Dans ce contexte, le courant le plus réformiste, gorbatchévien, parvient à l’emporter et prend une place prépondérante dans la direction du nouveau parti. Après avoir pris le contrôle de l’appareil, il ne la lâchera pas. Dès ce moment, sa figure de proue est l’avocat Gregor Gysi, qui devient alors la véritable coqueluche des media de la nouvelle RFA.

Gysi est désormais l’autre coprésident de « die Linke ».

Dès le départ, les statuts et objectifs du PDS ne sont pas ceux d’un parti révolutionnaire et communiste. Mais l’héritage du SED, les repères idéologiques de la plupart de ses adhérents « de base », les premiers combats pour défendre les citoyens de l’est et les acquis de la RDA, la stigmatisation systématique par les autorités et partis de la RFA, maintiennent de fait dans l’opinion une identification communiste.

C’est surtout après la phase de consolidation électorale (de 4 à 5,1% nationalement entre 1994 et 2002), que se manifestent plus clairement l’orientation réformiste et la première préoccupation stratégique de l’équipe dirigeante : l’intégration dans la vie politicienne institutionnelle de la RFA et ses jeux d’alliance. Elle multiplie les gages de rupture avec tout héritage « communiste » pour se conformer aux normes « démocratiques » de la RFA, devenue toute l’Allemagne.

Révélateur de cette évolution, en 2000, la direction a tenté de faire valider le soutien, au cas par cas, d’interventions militaires allemandes à l’étranger. Les délégués du congrès de Münster avaient alors mis en échec cette résolution soulignant le décalage entre direction et base du parti. Une anecdote significative : en 2002, trois députés qui avait déployé une petite banderole « Mr Bush - Stop The War » à l’occasion d’un discours de Bush devant le Bundestag ont été désavoués par la direction du Parti qui s’est excusée directement auprès de Bush.

Gérer le capitalisme mieux que les autres ?

Cette ligne réformatrice modérée a trouvé sa pleine réalisation à partir de 2002 avec la participation du PDS à deux gouvernements régionaux en coalition avec la social-démocratie dans le Mecklembourg et à Berlin. Le bilan est éloquent. La majorité de « gauche », SPD-PDS à Berlin réussit ce que la coalition droite-SPD n’avait pas osé faire : forte augmentation des impôts locaux, privatisation de milliers de logements sociaux, autorisation de l’ouverture des commerces 24 heures sur 24, suppression de milliers de postes de fonctionnaires, réduction de leurs droits d’intervention dans les organismes paritaires… et cerise sur le gâteau : accord donné à la destruction du Palais de la République (de la RDA) et à la reconstruction à sa place du palais des Hohenzollern. La députée et dirigeante berlinoise du PDS, maintenant de « die Linke », Petra Pau, a bien résumé les choses en déclarant en 2005 : « nous avons fait la preuve à Berlin que nous étions capables d’administrer le capitalisme et même mieux que d’autres ». Cette démonstration d’assimilation au système politique (ouest)-allemand n’a pas convaincu les électeurs. Aux élections régionales de l’automne 2006, le résultat du PDS berlinois a fondu de 22,6 à 13,4%. La direction du parti n’en a pas moins décidé de poursuivre sa cogestion avec le SPD (au Mecklembourg, le SPD a préféré s’allier avec la droite).

Le cas berlinois n’est pas une anomalie. La présence dans les institutions, au plan national maintenant, est plus que jamais au centre de la stratégie de la direction de l’ex-PDS. Elle a motivé le processus de transformation étalée sur deux ans depuis 2005 en « die Linke » en passant par l’étape intermédiaire du « Linkspartei-PDS » (changement de nom du PDS en « parti de la gauche »). « Die Linke » répond à l’objectif de rupture avec l’héritage et peut-être surtout l’image d’héritier du socialisme de l’est, tout en essayant de conserver le capital électoral dans ces régions, pour devenir un parti de gouvernement de toute la RFA.

Cette aspiration a rencontré la volonté de Lafontaine de se remettre en selle nationalement mais aussi celle de milliers de progressistes ouest-allemands qui n’en finissent plus d’être dégoûtés par le SPD.

Premiers succès (et déboires) électoraux

Les circonstances politiques sont particulièrement favorables au nouveau parti. Le gouvernement SPD-Verts de Schröder a été battu aux législatives de fin 2005 après avoir mené une politique violemment antisociale. Depuis, faute de majorité absolue, le SPD participe, dans le cadre d’une « grande coalition », au gouvernement de Angela Merkel qui poursuit et aggrave la même politique. Le SPD laisse beaucoup de terrain à gauche. « Die Linke » peut aussi espérer servir de débouché électoral (pas forcément politique) aux très fortes mobilisations des salariés, ces dernières années contre le programme de casse sociale appelé « Hartz 4 » (augmentation du temps de travail, démantèlement des retraites…). Cela a commencé à se vérifier.

L’alliance électorale PDS-WAGS a obtenu 8,7% aux élections générales de fin 2005, score qui a créé l’événement. Les élections dans la ville-région de Brême au printemps 2007 ont confirmé le résultat de 2005 avec 8,4% avant les résultats du 27 janvier 2008 en Hesse et Basse-Saxe. Mais le résultat déjà mentionné de Berlin en 2006 entre temps ternit le tableau, d’autant plus qu’il correspond à une sanction de la ligne défendue par la plupart des dirigeants du Parti.

Quel espace peut occuper « die Linke »? Peut-elle jouer un autre rôle que celui prévu de deuxième parti social-démocrate, "de gauche"?

Pour des raisons historiques connues, il n’y a pas en Allemagne capitaliste, depuis l’après-guerre, de parti anticapitaliste de classe et de lutte, ayant atteint une représentation significative dans la vie politique nationale. « Die Linke » peut-il le devenir ?

Certains en ont l’espoir comptant sur une dynamique populaire nouvelle, issue du mouvement social, susceptible de dépasser les objectifs des fondateurs du parti. En tout état de cause, « die Linke » constitue un nouveau cadre politique dont les communistes et l’ensemble des militants « anticapitalistes » doivent tenir compte, à l’image de nos camarades du DKP.

La montée de dissensions entre Lafontaine et les ex-dirigeants du PDS fait partie des éléments imprévisibles. Paradoxalement, Lafontaine affiche des positions beaucoup plus radicalement critiques vis-à-vis de son ancien parti le SPD, notamment en matière sociale et beaucoup nettement anti-impérialistes en matière de politique extérieure (visite à Cuba – contre les interventions allemandes à l’étranger…).

Enfin, même peu organisés et largement évincés des directions, il reste beaucoup d’adhérents de l’ex-PDS, issus du SED, fortement attachés au socialisme et se revendiquant communistes. Dès les années 90, le décalage entre direction et élus d’une part, base des adhérents de l’autre a été souligné par tous les observateurs. Les évolutions du PDS ont suscité des oppositions internes. En 2000, au congrès de Münster, la direction du PDS avait été mise en échec dans sa tentative de faire valider le soutien aux interventions militaires allemandes à l’étranger (sous mandat de l’ONU). Au sein du PDS, plusieurs « plateformes » (tendances), qui se réclament du marxisme et du communisme, se sont opposées à la fusion-transformation en « die Linke », se prononçant pour de simples alliances électorales avec l’ex-WAGS. Elles se sont toutefois intégrées dans « die Linke ». Par ailleurs, les dizaines de milliers d’adhérents qui se sont détournés ou ont été écartés du PDS depuis 10 ans (la moitié des effectifs) resteront-ils sur la touche ?

Quelle capacité peuvent avoir ces forces, dans le contexte de la situation sociale, pour influer sur le cours futur de « die Linke » ? Nous n’avons pas les éléments pour répondre à cette question.

Mais ce qu’il ne fait pas de doutes, c’est que « die Linke » a été conçu comme un deuxième parti social-démocrate « de gauche » et que c’est la volonté de ses dirigeants actuels de le faire exister comme cela dans la suite de leurs options antérieures.

Les textes du congrès fondateur abondent des notions asexuées de « gauche » et d’« antilibéralisme ». Ils portent indiscutablement des orientations réformistes dans la prolongation des positions du PDS. Au-delà d’un vaste catalogue de réformes sociales, les axes programmatiques adoptés définissent un « socialisme démocratique » qui s’accommode de la propriété capitaliste de l’économie, éventuellement régulée. On retrouve la notion que nous avons appris à connaître avec la « Mutation » du PCF de « dépassement », dépassement du capitalisme, dépassement de la logique du profit, dépassement de l’OTAN : le dépassement qui implique l’acceptation. Ce programme d’aménagement du capitalisme est parfaitement compatible avec l’objectif prioritaire : la collaboration à un gouvernement dominé par le SPD. L’expérience berlinoise l’illustre. Ce qui va se passer en Hesse où le SPD (prétendument dominé par son aile gauche dans cette région)  peut avoir besoin des élus de « die Linke » pour former sa majorité sera intéressant à suivre comme confirmation ou contrepoint.

Les repères historiques affichés par les dirigeants de die « Linke » sont également assez éloquents. Lafontaine, social-démocrate lui-même, a réussi au congrès fondateur de juin un amalgame détonnant en associant dans son panthéon personnel Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, les fondateurs du Parti communiste allemand, sauvagement assassinés en 1919 sous la consigne du ministre social-démocrate Noske, à Willy Brandt, chancelier social-démocrate de la RFA dans les années 70, président de l’internationale socialiste de 1976 à sa mort. Pour leur part, Gysi et Bisky, ex-président du PDS, viennent de faire le choix d’honorer le 15 janvier dernier tout en même temps Luxemburg et Liebknecht à l’occasion de l’anniversaire de leur assassinat et « les victimes du stalinisme ».

Bisky a été désigné président du « Parti de la gauche européenne » au congrès de novembre. Communistes français, nous retombons en terrain de connaissance. Nous avons eu maintes fois l’occasion de dénoncer le PGE, promoteur de l’intégration européen et financé par la Commission européenne pour cela. Bisky a succédé à l’Italien Bertinotti dont le parti a participé jusqu’au bout au gouvernement centriste de Prodi, malgré la politique de casse des retraites et de soutien aux USA en Afghanistan et qui tente aujourd’hui de créer un nouveau « parti de la gauche » en Italie. « Gauche européenne », « gauche italienne », « gauche allemande », « gauche française » demain ? Comme MG Buffet en juin, c’est ce que Francis Wurtz préconise. « La gauche sera européenne ou ne sera pas » s’est-il envolé dans son discours comme invité au congrès fondateur de « die Linke ».

Quelles que soient les incertitudes sur le devenir de « die Linke », l’objectif de sa création est clair et la mise en avant comme modèle de cette expérience par les dirigeants français correspond étroitement à leur objectif de sabordage du PCF et de transformation en « chose de gauche », tournant le dos à l’identité révolutionnaire et communiste de notre parti. Communistes résolument déterminés à mettre en échec cette perspective, nous serons amenés probablement à éclairer et dénoncer la réalité du « modèle allemand » et des intentions qu’il porte.

L’exemple de « die Linke » n’est absolument pas souhaitable pour les communistes français. Une transposition n’est pas non plus crédible en France.

Les conditions politiques du moment ne sont pas du tout les mêmes.

Le PS, malgré les avances de Sarkozy, ne participe pas au gouvernement. Même si ses positions sont aussi socio-libérales que celles du SPD, il reste largement identifié comme un parti de « gauche ».

La personnalité, le courant du PS susceptible de jouer le rôle incarné par Lafontaine n’existe pas. Toujours à l’affût, Mélanchon (comme d’ailleurs la créature médiatique Autain) s’est montré à Berlin au congrès fondateur de « die Linke ». Mais l’ex-secrétaire d’Etat de Jospin, issu du PT, ne compte guère de divisions. Pas plus que l’ex rocardienne Lienemann.  Emmanuelli à peine plus. Quant à Fabius, son passé n’est pas vraiment marqué « à gauche ». Ces derniers ont compris d’emblée qu’ils avaient tout à perdre à quitter le PS pour rejoindre un PCF très affaibli mais encore très encombrant politiquement pour eux.

C’est bien là que réside l’impossibilité structurelle d’un scénario à l’allemande. Le PCF n’est pas le PDS. Il ne dispose plus de positions électorales locales prédominantes mais il représente, profondément ancré dans l’histoire de l’ensemble de notre pays, le parti anticapitaliste de masse et de classe que l’Allemagne n’a plus connu depuis 1933.

C’est cet acquis que nous voulons défendre, faire renaître. Plus que jamais, le monde du travail, la France ont besoin du Parti communiste français ! L’échange, la solidarité avec nos camarades allemands seront aussi importants dans cet objectif.

Repost 0
Published by Vive le Parti Communiste Français - dans Mouvement communiste international
commenter cet article
21 janvier 2008 1 21 /01 /janvier /2008 12:01

La moutarde monte au nez des communistes de Dijon. Bravo camarades
par Francis Virlouvet

 

Les communistes de la section de Dijon viennent de décider à la majorité de refuser de faire alliance avec la droite du Modem. Que cette question en elle-même ait pu se poser montre l’état de délabrement idéologique du PCF.

 

L’esclave et le dominateur ont des intérêts divergents est-ce utile de le rappeler ? Nos camarades de Dijon ont l’immense mérite de montrer le chemin et d’ouvrir les portes de l’espoir pour notre parti et pour les couches sociales qu’il est censé représenter.

 

La portée de cet acte politique est tout à fait considérable.

 

Après les renoncements, les humiliations que les communistes subissent depuis des années avec une direction PCF qui brade les valeurs dans lesquelles nous nous reconnaissons.

 

Oui on humilie les communistes. Comment comprendre que Marie George Buffet parle de ses amis et camarades socialistes à France Info et qu’au même moment Bartolone, le bras droit de Fabius, part à l’assaut des municipalités ouvrières de la Seine-Saint-Denis dont MGB est l’élue.

 

Oui on humilie les communistes à Paris 18è dont un des élus était notre regretté camarade Louis Baillot. Le Maire sortant Daniel Vaillant ne proposait aucun siège aux communistes, soyons satisfaits on nous donne un strapontin.

 

Ca suffit!

 

Le temps est venu camarades de reconstruire un grand parti communiste dont notre Peuple a besoin, c’est urgent car des millions de nos concitoyens souffrent, nombre d’entre eux sont à bout.

 

Le capitalisme mondialisé montre ses limites, sa nocivité, son égoïsme. Nous pouvons le constater ces jours-ci avec la crise financière, résultat du toujours plus de fric pour les mêmes. Aucune société humaine ne pourra s’épanouir avec comme référence principale l’argent.

 

Le partage des richesses, l’émancipation de l’homme dans un environnement protégé doit redevenir notre feuille de route.

 

Notre relation avec le PS doit être reconsidérée. Cette alliance néfaste est la cause principale de nos échecs. Les Français ne nous identifient et ne nous entendent plus.

 

Le PS a toujours été partisan du capitalisme, sa politique de collaboration de classe vise simplement à corriger certains effets de celui-ci, alors que nous nous voulons en détruire les causes.

 

Notre parti est victime aujourd’hui d’un grave déficit démocratique. Les militants sont manipulés, mal informés. Il convient de former et d’équiper le plus grand nombre de militants de l’outil informatique et d’internet.

 

Les débats de l’assemblée extraordinaire étaient retransmis en direct sur le site Bellaciao.

 

Pour quelles raisons la proposition de rassembler les militants autour des postes internet n’a pas été entendue. Les comptes rendus malhonnêtes n’auraient pas été possibles.

 

Je rappelle camarades que le fait majeur de l’assemblée, c’est la montée aux créneaux des militants et notamment des jeunes qui ont mis en déroute les fossoyeurs et retoucher sensiblement le mandat initial qui envisageait le sabordage de notre parti.

 

Notre vigilance ne doit pas se relâcher. Comment peut on confier des commissions pour le prochain congrès à des responsables qui ont pour objectif la disparition de notre parti. Je pense précisément à la responsable de la formation des communistes, c’est un comble.

 

Il faut en finir avec cette notion archaïque qui fait que tout doit venir de la fédération ou de Fabien.

 

Comment peut-on proposer aux Français qu’ils prennent leur destin en mains, alors que la vie démocratique du PCF n’est pas satisfaisante.

 

Proposons, communiquons, échangeons entre communistes majeurs !

 

Ensemble reconstruisons un grand parti communiste par la démocratie !

 

Vive le Parti Communiste Français !

Repost 0
Published by Vive le Parti Communiste Français - dans PCF
commenter cet article
17 janvier 2008 4 17 /01 /janvier /2008 21:13

Quel déphasage! 

Le nouvel organigramme de la direction exécutive du PCF, valable d’ici le congrès de la fin de l’année, attribue d’importantes responsabilités à Marie-Pierre Vieu. Dans le cadre de la préparation du congrès, elle a la charge d’animer la « conception du projet » (avec Olivier Dartigolles). Elle chapeaute aussi avec Michel Laurent le groupe « Le Parti, sa vie, son rayonnement » dans lequel elle a été reconduite comme responsable à la formation des communistes. Ces promotions ont suscité quelques remous au CN du 7 janvier. Il ne s’agit évidemment pas d’une question de personne. Mais Marie-Pierre Vieu semble l’une des plus mal placées, par ses positions, pour « animer la mise en œuvre du mandat de l’assemblée nationale extraordinaire du PCF » des 8 et 9 décembre derniers.

Les communistes ont affirmé leur volonté de faire vivre et renforcer leur parti. Voilà ce qu’en pense MP. Vieu dans une tribune de l’Huma (14 mai 2007) :

  « Je me pose une question et je n’y ai pas pour l’heure apporté de réponse : le parti que nous allons construire dès demain sera-t-il encore un parti communiste ou bien un parti de l’alternative à gauche ?Cette réflexion me paraît d’autant moins incongrue qu’elle croise celle de nos voisins européens. L’expérience allemande du Linkspartei qui arrive à faire converger dans ses rangs, des anciens communistes de RFA et RDA ainsi que des socialistes tel Oscar Lafontaine est bien sûr à mes yeux celle qui revêt le plus d’intérêt car tentant de trouver une voie socialiste d’aujourd’hui. »

De très nombreuses interventions à l’ANE ont insisté sur la nécessité d’améliorer la formation des communistes. Voilà comment MP. Vieu la conçoit, interviewée par le quotidien La Croix.

 

Extrait de l’article « A l’école des partis » publié dans l’édition datée du 24 août 2007 du quotidien « La Croix » :

"La lutte des classes est-elle toujours d'actualité ?"

Le militant du XXIe siècle ne serait-il plus qu’un simple « abonné », pour ne pas dire consommateur ? En tout cas, décentralisation et interactivité sont des mots d’ordre unanimement partagés. Le Parti communiste a démantelé son très strict cursus scolaire, qui allait de l’école élémentaire à l’école centrale en passant par l’échelon fédéral. « On ne peut plus former les militants comme on le faisait autrefois », concède Marie-Pierre Vieu, responsable de la formation des militants au PCF.

Le corps idéologique du parti ouvrier a été revisité, et les moyens financiers réduits. Subsistent un stage par an et des soirées thématiques régulières, filmées et disponibles sur Internet. « Notre formation vise à donner aux militants des éléments de réponse à des questions essentielles : la lutte des classes est-elle toujours d’actualité ? Comment peut-on agir sur les mécanismes économiques mondiaux ? Mais pas à les “formater” ni à répondre à leur place. On ne fait pas du “gavage” de militant, et on ne prétend pas trancher au niveau de la formation des questions complexes qui sont débattues à l’échelle du parti », détaille Marie-Pierre Vieu.

Le Parti communiste forme aussi ses cadres au «management» des fédérations : gestion des ressources humaines, trésorerie… « Mais je n’utilise pas le mot “management” au sens capitalistique », relève Marie-Pierre Vieu en souriant."

La nomination de MP Vieu illustre la volonté de verrouiller l’année de préparation du congrès pour arriver à l’ordre du jour initial mis en échec à l’ANE, la disparition du PCF comme parti communiste. Mais c’est peut-être un peu gros !

Repost 0
Published by Vive le Parti Communiste Français - dans PCF
commenter cet article
17 janvier 2008 4 17 /01 /janvier /2008 21:00

Relire Rosa Luxemburg

Après l’assassinat de Rosa Luxemburg le 15 janvier 1919, Lénine avait demandé la publication de l’ensemble de ses écrits. A l’occasion de la commémoration annuelle des fondateurs du Parti communiste allemand, nous jugeons opportun de relire notamment les deux passages qui suivent.

Quand Rosa Luxembourg dénonçait dans le réformisme l’abandon (ou la négation ?) du socialisme

Dans cet extrait de « Réforme sociale ou révolution » écrit en 1899, en réponse au livre révisionniste d’Edouard Bernstein, « les problèmes du socialisme », Rosa Luxembourg démontre que le réformisme social-démocrate n’est pas une autre voie vers le socialisme, un autre moyen pour un même but, mais la négation du but final : la société socialiste. Si la démocratie donne de nouveaux moyens d’actions et de mobilisations aux révolutionnaires, elle ne les dispense pas de faire la révolution.

« Le sort de la démocratie est lié, nous l’avons vu, au sort du mouvement ouvrier, mais le développement de la démocratie rend-il superflue ou impossible une révolution prolétarienne, c’est-à-dire la prise du pouvoir d’Etat, la conquête du pouvoir politique ?

Bernstein tranche cette question en pesant minutieusement les avantages et les inconvénients de la réforme par la loi et de la révolution, avec la tranquillité d’âme, à peu près, de quelqu’un qui pèserait de la cannelle ou du poivre dans une coopérative de consommation. Dans le cours légal du développement, il voit l’action de l’intelligence, dans son cours révolutionnaire, celle du sentiment ; dans le travail de réforme, une méthode lente, dans la révolution, une méthode rapide du progrès historique ; dans les lois, une force méthodique, dans l’insurrection, une force élémentaire.

On sait depuis longtemps que le réformateur petit-bourgeois voit dans toute chose un « bon » et un « mauvais » côté » et qu’il broute un peu dans tous les prés. Mais on sait aussi depuis longtemps que le cours réel des événements se soucie très peu des combinaisons petites-bourgeoises et que le petit tas des bons côtés de toutes les choses possibles du monde, amoncelé avec soin, il le fait valser d’une chiquenaude. En fait, nous voyons que, dans l’histoire, la réforme par la loi et la méthode révolutionnaire obéissent à des raisons beaucoup plus profondes que les avantages ou les inconvénients que chacune d’elles peuvent présenter.

Dans l’histoire de la société bourgeoise, la réforme par la loi a servi à renforcer progressivement la classe montante jusqu’à ce que celle-ci se sentît suffisamment forte pour s’emparer du pouvoir politique et jeter bas tout le système juridique existant, pour en construire un nouveau. Bernstein – qui fulmine contre la conquête du pouvoir politique dans laquelle il voit une théorie blanquiste de la violence – n’a pas de chance : il prend pour une erreur de calcul blanquiste ce qui constitue depuis des siècles le pivot et le moteur de l’histoire humaine. Depuis qu’il existe des sociétés divisées en classes et que la lutte de classes forme le contenu essentiel de leur histoire, la conquête du pouvoir politique a toujours été le but des classes montantes ainsi que le point de départ et le point d’aboutissement de chaque période historique ; c’est ce que vérifient les longues luttes de la paysannerie contre les financiers et contre la noblesse dans l’ancienne Rome, les lutes du patriciat contre les évêques, et celles des artisans contre les patriciens dans les villes médiévales ainsi que les luttes que la bourgeoisie, à l’époque moderne, libre au féodalisme.

La réforme par la loi et la révolution ne sont donc pas des méthodes différentes de progrès historique que l’on pourrait choisir à son gré au buffet de l’histoire, comme on choisit des saucisses chaudes ou des saucisses froides : ce sont des phases différentes du développement de la société de classes qui se conditionnent et se complètent l’une l’autre tout en s’excluant réciproquement, comme par exemple le pôle sud et le pôle nord, la bourgeoisie et le prolétariat.

Et en effet, à n’importe quelle époque, la constitution légale n’est rien d’autre qu’un produit de la révolution, tandis que la révolution est l’acte de création politique de l’histoire de classes ; la législation n’est autre chose que l’existence politique de la société qui continue à végéter. Le travail de réforme par la loi ne recèle aucune force motrice propre, indépendante de la révolution ; il ne s’accomplit, à chaque période historique, que dans la direction que lui a imprimée la dernière révolution et aussi longtemps que cette impulsion continue à se faire sentir, ou, pour parler plus concrètement, seulement dans le cadre de la forme sociale créée par la dernière révolution. Tel est justement le nœud de la question .

Il est tout à fait faux et ahistorique de se représenter l’action réformatrice uniquement comme une révolution étirée en longueur, et la révolution comme une réforme condensée. Une révolution sociale et une réforme par la loi ne sont pas des moments distincts par leur durée, mais pas leur essence. Tout le secret des bouleversements historiques par l’utilisation du pouvoir politique réside précisément dans le passage brusque de simples modifications quantitatives à une qualité nouvelle ou, en langage concret, dans le passage d’une période historique à une autre, d’une forme de société à une autre.

C’est pourquoi quiconque se prononce pour la voie des réformes par la loi au lieu de et par opposition à la conquête du pouvoir politique et à la révolution sociale, ne choisit pas en réalité une voie plus tranquille, plus sûre et plus lente qui conduirait au même but, mais il choisit un but différent : au lieu de l’instauration d’un nouvel ordre social, il choisit d’apporter à l’ordre ancien uniquement des retouches. C’est ainsi qu’en partant des considérations politiques du révisionnisme, on aboutit à la même conclusion qu’en partant de ses théories économiques, c’est-à-dire qu’elles ne visent pas au fond à la réalisation de l’ordre socialiste, mais uniquement à réformer l’ordre capitaliste, non pas à l’abolition du salariat, mais au dosage de l’exploitation, en un mot, elles tendent à supprimer les tumeurs du capitalisme, mais non le capitalisme lui-même.

[…]

Si, pour la bourgeoisie, la démocratie est devenue tantôt superflue tantôt génante, elle est en revanche nécessaire et indispensable à la classe ouvrière. Nécessaire primo, parce qu’elle crée des formes politiques (autonomie administrative, droit électoral, etc.) qui serviront au prolétariat de point de départ et d’appui dans son travail de transformation de la société bourgeoise ; deuxièmement indispensable, parce que le prolétariat ne peut parvenir à la conscience de ses intérêts de classe et de ses tâches historiques que dans le cadre de la démocratie, dans la lutte pour la réaliser, dans l’exercice des droits démocratiques.

En un mot la démocratie est indispensable, non pas parce qu’elle rend superflue la conquête du pouvoir politique par le prolétariat, mais au contraire parce qu’elle rend cette prise du pouvoir nécessaire et que seule elle la rend possible. Quand Engels, dans sa préface aux Luttes de classes en France, révisait la tactique du mouvement ouvrier moderne en opposant aux barricades la lutte légale, il ne traitait pas – ce qui ressort clairement de chaque ligne de cette préface – de la conquête définitive du pouvoir politique, mais de la lutte quotidienne actuelle ; il ne parlait pas de l’attitude du prolétariat vis-à-vis de l’Etat capitaliste au moment de la prise du pouvoir, mais de son comportement dans le cadre de l’Etat capitaliste. En un mot, Engels donnait des directives a prolétariat opprimé et non au prolétariat victorieux. »

 

Contre les écueils de l’ « opportunisme » et du « gauchisme »

Dans ce deuxième extrait de « Réforme ou révolution », Rosa Luxembourg s’attaque aux dangers qui guettent les révolutionnaires : l’opportunisme réformiste, qui abandonne le socialisme et accepte le capitalisme comme horizon indépassable ; et le gauchisme sectariste, qui au nom d’un but final idéalisé, abandonne la lutte quotidienne pour les réformes et se coupe des masses.


« Certes lutte de classes prolétarienne et système marxiste ne sont pas historiquement identiques. Avant Marx et indépendamment de lui ont existé, un mouvement ouvrier et divers systèmes socialistes qui, chacun à sa manière, exprimaient théoriquement les aspirations de la classe ouvrière à s’émanciper, en fonction des conditions de l’époque. Le socialisme fondé sur des notions morales de justice, la lutte dirigée contre le mode de production, les antagonismes de classes conçus comme oppositions entre riches et pauvres, l’effort pour greffer le « coopératisme » sur l’économie capitaliste, tout cela, que nous retrouvons dans le système de Bernstein, a déjà existé autrefois. Et ces théories, en dépit de toute leur insuffisance, étaient, en leur temps, de véritables théories de la lutte de classe prolétarienne. C’étaient les souliers géants dans lesquels un prolétariat encore enfant s’essayait à marcher sur la scène de l’histoire.

Mais une fois que l’évolution de la lutte des classes elle-même et de ses conditions sociales a conduit à se débarrasser de ces théories et à formuler les principes du socialisme scientifique, il ne peut plus – au moins en Allemagne – y avoir de socialisme en dehors du socialisme de Marx. Il ne peut plus y avoir de lutte de classe socialiste en dehors de la social-démocratie. Désormais socialisme et marxisme, lutte d’émancipation prolétarienne et social-démocratie sont des termes identiques. Revenir aujourd’hui à des théories du socialisme prémarxiste ne signifie donc pas qu’on rechausse les souliers du prolétariat encore enfant, non, c’est une rechute dans les savates naines, les savates éculées de la bourgeoisie.

[…]

Et la doctrine marxiste n’est pas seulement à même de réfuter Bernstein sur le plan théorique ; seule elle est capable d’expliquer l’opportunisme en tant que phénomène historique dans le devenir du parti. La marche historique du prolétariat jusqu’à la victoire n’est effectivement pas une chose simple. Toute l’originalité de ce mouvement réside en ce que, pour la première fois dans l’histoire, les masses populaires doivent réaliser leurs idées par elles-mêmes et contre toutes les classes dominantes, mais situer leur objectif au-delà de la société actuelle, par-delà cette société. Or cette volonté consciente, les masses ne peuvent la développer que dans une lutte continue contre l’ordre existant, et dans le cadre de cet ordre. Associer la grande masse populaire à un objectif qui se situe au-delà de l’ordre existant, allier la lutte quotidienne à la grande réforme du monde, tel est le grand problème qui se pose au mouvement social-démocrate. Conséquemment, il doit progresser en évitant deux écueils : abandon du caractère de masse et abandon du but final, retombée à l’état de secte et culbute dans le mouvement réformiste bourgeois, anarchie et opportunisme.

Certes, il y a un demi-siècle déjà, la doctrine marxiste a réuni, dans son arsenal théorique des armes destructrices contre ces deux extrêmes. Mais comme notre mouvement est un mouvement de masse et que les dangers qui le menacent ne germent pas dans les cerveaux humains mais naissent des conditions sociales, la théorie ne pouvait pas d’avance, une fois pour toutes, nous mettre à l’abri des déviations anarchistes et opportunistes. Ce n’est qu’après être passées du domaine théorique au domaine pratique qu’elles peuvent être surmontées par le mouvement lui-même, uniquement, il est vrai, à l’aide des armes fournies par Marx. La social-démocratie a déjà surmonté avec le « Mouvement des indépendants » le moindre de ces deux dangers : la roséole anarchiste. L’autre péril, plus redoutable, l’hydropisie opportuniste, elle est actuellement en train de le surmonter. »

Repost 0
Published by Vive le Parti Communiste Français - dans THEORIE - SOCIALISME
commenter cet article