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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 09:33

Nous reproduisons ci-dessous une lettre ouverte de jeunes communistes d’Ille-et-Vilaine à MG. Buffet ainsi qu’une réaction qu’elle a suscitée toujours dans la section de Rennes.

Ces lettres datent de l’été et le contexte a légèrement changé. Les questions du sens de la démarche du Front de gauche, élargi ou non, restent posées.

Ces textes, qui n’engagent pas le comité éditorial du site vivelepcf, invitent à poursuite l’échange. C’est dans ce but que nous les mettons en ligne. Ils ne reflètent qu’une partie des débats sur les régionales dans la fédération 35.

 

 

Lettre à Marie-George Buffet, signée de 15 jeunes communistes de la Fédération du PCF d’Ille-et-Vilaine.

 

Le 20 juillet 2009 à Rennes


Chère camarade,
Nous sommes des jeunes adhérents du Parti Communiste Français, de Rennes. Nombres d’entre nous ont adhéré après 2005. Alors que notre Parti est en train de vivre un tournant historique, qui lui permettrait de rebondir et de s’ancrer définitivement à gauche, nous sommes inquiets quant à la tournure que prennent les discussions actuelles.
L’expérience du Front de Gauche pour changer l’Europe a suscité de nombreux espoirs tant chez les militants de la gauche de dépassement du capitalisme qu’au sein de la population. Pour pérenniser cette dynamique, il est important de continuer dans cette logique d’union de la gauche qui refuse le consensus libéral.
Les mois prochains vont être décisifs pour l’avenir du Parti Communiste. Il est temps pour nous de prouver notre intégrité idéologique et d’affirmer notre appartenance à la gauche en s’opposant au capitalisme. Nous, jeunes adhérents du PCF, n’avons pas fait le choix de rejoindre ce parti pour le voir de plus en plus inféodé au Parti Socialiste.
C’est pourquoi, nous estimons qu’il est essentiel pour nous et pour la gauche, de construire un Front de Gauche pour les Régionales au côté de nos alliés des dernières élections européennes. L’élargissement vers le Nouveau Parti Anticapitaliste, est possible et indispensable si nous ne voulons pas perdre d’élus, voir en gagner !
Le Parti Communiste est aujourd’hui face à un choix, celui de l’audace, pour la construction de nouvelles majorités à gauche ou celui du renoncement avec l’affiliation à la Social-démocratie. C’est à ses militants de décider, ils ne doivent pas être laissés à l’écart des négociations en cours.
C’est parce que nous sommes attachés aux valeurs du Parti Communiste Français que nous nous refusons à le laisser sombrer avec le Parti Socialiste.
Dans l’attente d’une réponse, très fraternellement.
· Jeannie Barbier, membre du comité exécutif local de la section Rennes métropole
· François Cadiou, membre du comité exécutif local de la section Rennes métropole
· Morgane Carlotti
· Mona Dorion
· Vincent Haloua, membre du comité exécutif local de la section Rennes métropole
· Vivien Hipeau
· Romain Hipeau, membre du Conseil départemental de la fédération d’Ille-et-Vilaine
· Jean-Marc Lacire
· Yann Le Carff
· Elsa Lafaye, membre du Conseil départemental de la fédération d’Ille-et-Vilaine
· Fabien Paboeuf, membre du comité exécutif local de la section Rennes métropole
· Claire Payen
· Olivier Sarrouy
· Elsa Siffert, membre du Conseil départemental de la fédération des Côtes d’Armor
· Semyon Tanguy-André
· Anatolie Teissier
- Quentin Wald

 

 

Réaction de la camarade Jacqueline Dang Tran, de la section de Rennes

 

Le 29 août 2009,

 

Chers camarades

            Je me permets de répondre à votre lettre du 20 juillet que l’on m’a transmise récemment et qui ne m’était évidemment pas adressée. Cela permettra peut-être d’alimenter le débat à Rennes.

            J’en suis bien d’accord, les mois prochains vont être décisifs pour l’avenir du PCF. La situation historique que nous vivons, grave crise du capitalisme, extrême tension internationale, y compris au sein de l’UE, impose au parti communiste de se renforcer et de réaffirmer haut et fort ses principes fondamentaux. Jamais la théorie révolutionnaire n’a été autant d’actualité. Mais présenter l’expérience du front de gauche comme un  tournant historique me paraît bien excessif. Si le FG avait suscité tant d’espoirs dans la population, il aurait obtenu plus de voix. Le fait majeur des élections européennes, c’est l’abstention qui comme le non au référendum sur le TCE est le fait surtout des classes populaires que notre parti est censé représenter. Il s’agit d’une abstention de classe.

            Vous posez le problème épineux des alliances et du rassemblement, mais vous le posez, comme le font en général hélas nos dirigeants, en termes uniquement électoralistes et sans référence aux contenus. Le rôle d’un parti politique n’est pas seulement de préparer les élections et de présenter des candidats. Le PC doit être une force d’analyse, de proposition qui, sans se substituer aux syndicats, impulse, soutient , coordonne les luttes et mobilise la population. C’est dans les entreprises et dans la rue que peut se constituer un véritable front populaire.

            Ce sont ces « fronts de luttes » qui peuvent ouvrir des perspectives politiques, soit qu’elles aboutissent et mettent en échec le gouvernement ( cf. le CPE) soit qu’elles influent sur le résultat des élections. Si les militants communistes et leurs partenaires, au lieu de raconter des salades sur les prétendus pouvoirs du parlement européen,  avaient inondé la population de tracts dénonçant la loi Bachelot ou la privatisation en cours du service postal, en montrant bien que ces politiques sont l’application en France des directives européennes qui détruisent les services publics dans tous les pays, s’ils avaient pris part à  toutes les actions menées pour la défense de la poste ou de l’hôpital public , ils auraient peut-être eu  plus de voix et des élus au moins décidés à donner un écho européen à la mobilisation des citoyens. Ces luttes rassemblent des militants politiques, syndicaux, associatifs, des usagers sans appartenance politique tous unis par un même objectif.

            Car on ne s’unit pas pour s’unir. On ne le fait que si l’on est d’accord sur un projet clair. Or rien n’est plus obscur que le mot « gauche » !   C’est  un fourre-tout. Bien sûr le PS s’identifie à la Gauche, alors que, lorsqu’il était au pouvoir, il a servi loyalement les intérêts du capital et qu’il continue de le faire à des degrés divers dans certaines régions ou communes. C’est pourquoi le parti communiste ne peut en effet rester inféodé au PS. Là dessus je suis absolument d’accord. Notre parti s’est décrédibilisé, déconsidéré par sa participation et son soutien indéfectible à la Gauche Plurielle

            Mais est-ce mieux ailleurs ? Les écologistes se déclarent « de gauche » par nature évidemment. On voit surgir de multiples groupuscules « de gauche », dépourvus de militants, mais prêts à entrer dans le FG pour placer leurs grands penseurs, des « personnalités » comme on dit. Ce qui est gênant dans le front de gauche, c’est que l’une de ses composantes principales avec le PC est justement «  le parti de la gauche » qui s’inspire, Mélenchon n’a cessé de le répéter, de Die Linke qui en Allemagne n’est guère qu’un parti socio-démocrate no. 2. Rappelons qu’en 2004 en Ile-de- France, une liste alternative de « gauche populaire et citoyenne » initiée par M.G. Buffet a eu des élus qui se sont montrés d’une docilité remarquable à l’ égard du gouvernement régional. Qui dit qu’il n’en serait pas de même avec les élus du FG ? On n’a pas beaucoup entendu Mélanchon protester au temps de la Gauche Plurielle.

            Partout en Europe « la gauche » selon des modalités diverses sert à liquider les partis communistes, à effacer l’identité communiste. N’est-ce pas ce dont rêvent certains  ténors du FG, faire disparaître le PC en douce contre la volonté de ses adhérents ?

            Alors faut-il renoncer à toute alliance électorale ? non sans doute. Faut-il se tourner vers le NPA, comme vous le suggérez ? Pourquoi pas ? Mais n’oublions pas que les trotskistes ont toujours eu dans l’histoire comme objectif principal la liquidation du PCF, parti « stalinien » bien sûr ! Il en reste bien quelque chose. Leurs propositions en général séduisantes, sympathiques, sont souvent soit irréalistes soit racoleuses.

            Alors que faire ? Refuser tout effacement de notre identité. Réaffirmer notre raison d’être. Elle n’a pas changé : œuvrer pour l’abolition du capitalisme et l’instauration du socialisme (dont le régime soviétique n’était qu’une caricature). Nos dirigeants n’osent même plus utiliser ce beau mot de « socialisme ». Nos grandes  orientations qui sont autant de lignes d’action doivent être rappelées. Même si dans le cadre d’une alliance électorale conjoncturelle, nous pouvons accepter certains compromis, nous ne pouvons transiger sur l’essentiel.

            Ces grandes orientations sont (mais je n’ai pas la prétention d’être exhaustive) :

            _l’appropriation collective des moyens de production qui ne peut être que progressive mais qui est possible dans certains cas et selon certaines modalités dans le contexte même de la crise.

            _La défense ou la reconquête des monopoles publics pour toutes les activités qui relèvent des intérêts vitaux des citoyens : santé, communications, transports, éducation nationale, courrier, services de l’énergie, électricité, gaz, service de l’eau…Certaines de ces activités ont été déjà privatisées, ou sont menacées de privatisation. Dans ces domaines nous ne devons faire aucune concession. Pas de partenariat public privé.

            -Le développement d’un pôle public financier pour l’investissement d’intérêt général. Ici aussi aucune concession. Pas de démantèlement de la caisse des dépôts et consignations, pas de privatisation de la banque postale !

            _ Le refus du pouvoir personnel, du régime présidentiel. Un président, c’est fait pour présider, pas pour gouverner. Donc réforme de la constitution.

            _Le rejet de l’Union Européenne, cette machine à exploiter et asservir les peuples, sous hégémonie américaine. Une autre Europe est souhaitable, une organisation solidaire de peuples souverains. Le parti communiste a toujours défendu le droit des peuples à décider de leur destin.

 

            Dans l’immédiat, nous devons surtout nous investir dans le mouvement social. Pour les élections régionales, il est exclu de faire liste commune avec les socialistes, ce serait un ralliement à la social démocratie. Mais un désistement n’est pas exclu au second tour. Pour la constitution des listes et l’éventuelle participation à l’exécutif, la situation diffère selon les régions. Les communistes peuvent présenter des listes de rassemblement  enracinées dans les luttes sociales, comme ils l’ont fait en 2004 en Picardie et dans le Nord-Pas-de Calais, avec succès. Ailleurs il paraîtra préférable de présenter des listes « alternatives » de type Front de gauche élargi. Dans certaines régions, il est impensable que nous gouvernions avec les socialistes, dans d’autres où les socialistes peuvent avoir, au vu de leur bilan, une action bénéfique, pourquoi ne pas travailler avec eux, tout en restant sur nos gardes. Le refus de principe du NPA de participation aux exécutifs régionaux est difficilement soutenable.

            Pas question en tout cas d’accepter l’offre groupée de Mélanchon (cf. L’Huma du 27 aout). Bien de l’eau coulera sous les ponts d’ici 2012, les adhérents du PC décideront en temps utile.

 

Bien fraternellement. 

 

Jacqueline DANG TRAN, adhérente, section de Rennes du PCF

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Published by Vive le Parti Communiste Français - dans régionales 2010
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