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Proposition d’« Initiative citoyenne européenne » : le PGE fait la promotion de l’UE de Lisbonne ! Inacceptable pour le PCF !
Le Parti de la gauche européenne (PGE), maintenant présidé par Pierre Laurent, annonce le lancement d’une campagne européenne de signatures en vue de proposer une « initiative citoyenne » à la Commission de Bruxelles.
Sur la forme comme sur le fond, cette campagne va à l’encontre des positions défendues par les communistes au moment de la lutte contre Maastricht ou contre le TCE. Le PGE s’enfonce un peu plus dans une logique de légitimation de l’UE du capital.
Les « initiatives citoyennes européennes » désignent une disposition prévue par le Traité de Lisbonne.
Au plan national, le PCF a toujours, sauf dans des cas bien précis, condamné le recours au référendum, même d’initiative populaire. Loin d’être une avancée démocratique, il tend à caricaturer les vraies questions politiques et à rentrer dans une logique de plébiscite.
Au niveau de 27 Etats européens, c’est pire.
Les modalités d’application du « droit » d’initiative citoyenne, laissées à la définition du Parlement européen, confirment la mascarade que nous avions dénoncée en 2005. Mais le PGE rentre dans le jeu…
Les dispositions juridiques définitives ne seront adoptées qu’en 2012 ( !). On sait déjà qu’il faudra 1 million de signatures émanant, avec un minimum dans au moins 7 pays, pour, tenez vous bien amis démocrates, pour pouvoir demander à la Commission de Bruxelles de bien vouloir organiser un référendum. Libre à elle de refuser, à condition de donner ses raisons !
Toutes les précautions sont prises pour éviter que voient jamais le jour les seuls référendums que les peuples doivent être en droit d’exiger dans l’UE: les référendums qui remettent en cause les traités de l’UE, la dictature de l’UE du capital.
Le souvenir des victoires du NON au Danemark en 1992, en France et aux Pays-Bas en 2005, en Irlande en 2008, restent décidemment dans la gorge des dirigeants européens. Ils ont permis de montrer, au bénéfice des tous travailleurs de tous les pays, combien cette UE est illégitime, combien les peuples peuvent y résister dans le cadre national.
Mais le projet du PGE n’a pas du tout cet objectif politique. Il est parfaitement recevable par la Commission européenne. Il n’a rien à voir et est même contradictoire avec les belles campagnes en France du PCF pour obtenir un référendum contre Maastricht en 1992, contre la monnaie unique en 1996/7, contre la Constitution européenne en 2005.
Le PGE demande la création d’un fonds d’investissement européen qu’il souhaiterait voir dédier au financement d’investissement pour la recherche, la formation, l’emploi, les infrastructures et bien d’autres choses.
Mais pourquoi un fonds européen ? Comment laisser imaginer que les peuples obtiendront plus d’un échelon qui leur échappe que des gouvernements de leurs pays ?
L’illusion, ou plutôt la supercherie, apparaît encore plus nettement dans les ressources proposées par les spécialistes du PGE pour alimenter le fonds.
Il faudrait d’abord augmenter le budget européen ! Mais d’où viennent ses recettes sinon du prélèvement sur les budgets nationaux ! On voit parfois dans nos villes des panneaux de propagande indiquant que la réfection d’un trottoir a été financée « grâce » à l’UE : en fait c’est avec notre argent !
Il faudrait ensuite créer une taxe sur les transactions financières, les mouvements spéculatifs. Même ATTAC a relativisé sa proposition historique devenue une tarte à la crème, reprise régulièrement à leur compte par les dirigeants du G20. Outre son caractère irréaliste, elle présente une logique perverse : plus il y spéculation, plus il y a de ressources pour le « fonds ».
Enfin, le PGE compte sur la BCE pour abonder le fonds avec une autre politique monétaire. Un FMI de gauche, une BCE de gauche, plus à gauche que Strauss-Kahn et Trichet ? Impossible, la BCE et l’euro ont été conçus pour échapper aux peuples.
Sur tous ces sujets précis, il serait souhaitable que le débat s’ouvre dans le PCF et nous ne demandons qu’à y contribuer. Mais ils ne doivent pas non plus esquiver une question de fond, encore plus imminente.
La proposition du PGE, l’action du PGE, combinée ouvertement avec celle de la Confédération européenne des syndicats (la CES qui défend le Traité de Lisbonne) se placent dans l’acceptation, la promotion du cadre de l’UE. Pour le PGE, c’est même une condition inscrite dans ces statuts pour bénéficier du financement de la Commission européenne.
Les communistes français peuvent et doivent avoir la possibilité de refuser cette dérive, qui trahit toutes les positions historiques du PCF.
L’affiliation du PCF au PGE ne doit pas être une fatalité. Pour nous il est clair qu’il faut en sortir.
D’autres formations ou personnalités commencent à avancer des propositions « d’initiative citoyenne européenne ».
Ainsi, Christine Boutin, représentante de la droite la plus réactionnaire demande un référendum pour que les « racines judéo-chrétiennes » de l’Europe soient plus explicitement inscrites dans les textes de l’UE (tiens comme Gallo ou Gerin !). Voilà qui laisse présager des questions nauséabondes que les « initiatives citoyennes » vont charrier à l’instar des votations en Suisse.
De son côté, le premier ministre et « père la rigueur » socialiste grec Papandreou va lancer une « initiative citoyenne européenne » pour la création d’un fonds européen qui mutualiserait les intérêts d’emprunt et permettrait « de financer des infrastructures », des activités créatrices d’emplois etc.
Papandreou, Pierre Laurent, les esprits se rencontrent !
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