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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 18:18

Corinne BECOURT

Membre du Conseil National du PCF                                    

Fédération de l’Aisne

Section de Saint-Quentin

CONTRIBUTION /

REGIONALES EN PICARDIE:

Pour  faire vivre et renforcer le PCF…..

 

Sans remonter à 1981…

1997, la gauche plurielle au gouvernement, le coût de notre participation

1999, « Bouge l’Europe» avec Robert Hue, la Mutation, puis 2002

2007 : les collectifs anti-libéraux jusqu’aux présidentielles

Et dernièrement le «front de gauche » aux Européennes

 

Dans les cellules, les sections, de quels éléments disposons-nous pour faire un choix en toute connaissance de cause, quels rappels historiques afin de ne pas reconduire les mêmes erreurs ? A moins que l’on se positionne sur le point de vue : ce n’était pas des erreurs mais une réelle stratégie, le PCF est condamné à disparaître…  J’entends même parfois qu’il n’y aurait plus d’ouvriers dans notre pays.

Les communistes ont tranché lors de la Conférence nationale de décembre 2007, puis au dernier congrès. Ils refusent cette stratégie de destruction, de sabordage du PCF.

Un autre moyen semble être utilisé : « transformer » le parti, le vider de son contenu pour se diluer comme en Allemagne et au niveau européen dans un nouveau parti de gauche, une nouvelle coalition de gauche.

La direction est loin de mettre tout sur la table. Les éléments dont nous disposons sont rares et partiels. On nous fait clairement comprendre qu’il y aurait une ligne et que bien sûr il faut la suivre, mais certainement pas une ligne claire !

Exemple pour les régionales de mars 2010, la direction du Parti navigue à vue… Un jour, à la fête de l’Huma, on tend gentiment la main au PS, le mois d’après, au  Front de Gauche avec une déclaration attrape-tout où il n’y a aucune référence à l’Europe (voir pièce jointe).

Le conseil national des 25 et 26 septembre sur ce sujet a été annulé, preuve de la difficulté dans laquelle se trouve la direction nationale. Les enjeux de pouvoirs et de places pèsent lourd. Je le dis clairement : les élections sont pour moi un moyen et non pas un objectif, ou bien nous devenons comme le PS un parti électoraliste. Notre stratégie doit être définie clairement en fonction de l’attente des communistes et du peuple pour combattre le capitalisme et commencer à rompre avec ses choix.

Le prochain Conseil National se déroulera donc les 24 et 25 octobre pour valider (plutôt acter) les propositions de la direction nationale (l’exécutif).

Les 10 « ateliers » sur toute la France, ouverts à tous vents, loin de nos idéaux et de nos objectifs immédiats, loin des militants, loin des préoccupations de ceux qui luttent, sans débats au sein de nos organisations, (voir pièce jointe) ne font pas le compte.

On n’aborde pas nationalement la question des élections régionales sur la base d’une ligne politique claire, répondant à la situation politique du moment, point de repère pour les camarades dans chaque région. Du coup, la cacophonie règne, au détriment du parti et de sa lisibilité.

Dans certaines régions, des accords se mettent déjà en place avec le PS et dans d’autres avec le Front de gauche. Le Pas-de-Calais et le Nord partiraient sans doute avec une liste communiste.

Et la Picardie ?

Dans l’Oise, le débat est entamé avec la contribution de plusieurs camarades et des comptes rendus d’AG de section (en pièces jointes deux contributions).

Dans la Somme, au niveau de la fédération, aucun retour n’existe, sauf de la direction fédérale elle-même qui milite pour l’union avec le PS dés le 1er tour (des rencontres auraient d’ailleurs déjà eu lieu ?).

Il y a bien sûr aussi la position contraire des 300 communistes en Somme. Le temps est plus que venu de réhabiliter ces camarades ainsi que Maxime Gremetz et de leur rendre leurs droits au sein du PCF. Ils se prononcent pour une liste à l’initiative des communistes au premier tour.

Dans l’Aisne, nous venons de recevoir le journal départemental, l’hypothèse Front de Gauche y est largement défendue et Maxime rendu coupable de tous les maux.

Le compte rendu du dernier comité fédéral d’ailleurs ne permet pas le débat. De Saint-Quentin, nous étions excusés à cette réunion en raison du montage de la Fête de l’Huma.

Dans le journal fédéral, l’annonce est faite de la prochaine réunion du « Comité régional ». Mais quelle légitimité pour celui-ci ? Alors qu’il n’y a eu aucune élection de cette instance depuis 6 ans et que le débat n’est pas engagé dans le parti. 

Le débat se tient donc entre dirigeants, exécutif pour le national (le conseil national servant de chambre d’enregistrement), le comité régional (composé de qui ?), et les secrétaires fédéraux : rencontres avec les autres partis, réunions……….puis il y aura urgence  et on fera voter précipitamment les communistes sur des options qu’ils n’auront pas discutées.

Concernant notre projet pour les régions : les socialistes, le parti de gauche etc… auront leur mot à dire dans des ateliers organisés par le PCF (le programme de la « gauche », ou est le notre ?). Une dernière remarque à ce sujet, Mélenchon et son parti ont déjà écrit et fait  « un manifeste pour les élections régionales ». 

A se demander s’il ne vaut pas mieux être extérieur au Parti pour y faire valoir son avis !

Au sujet des consultations internes, je demande que, comme lors des élections européennes, le vote soit organisé au niveau des sections ou des cellules et non centralisé à la fédération comme cela s’était produit. Je ne vois pas pourquoi il y aurait une géométrie variable en fonction des élections

 

Mon point de vue sur les régionales à ce stade:

Le congrès n’a pas décidé de nous fondre dans une nouvelle structure qui remplacerait le PCF mais d’agir avec d’autres partis de gauche dans le cadre des actions à mener et en gardant chacun son indépendance.

Pour autant, depuis les Européennes, quasiment chaque cantonales, municipales, législative… est menée au nom du « front de Gauche ».

Nous avons rejeté un die-Linke français ou une « gauche unie » à la méthode italienne. C’est le projet de Mélenchon. D’ailleurs la campagne des européennes à montré clairement où il voulait en venir et lui a servi de piédestal. Merci aux communistes qui ont fait le boulot ! Nous sommes communistes et le PCF ne doit pas se taire pour ne parler que d’une seule voix : celle du Front de gauche qui supplanterait le parti

L’identité et les positions communistes sont toujours d’actualité. Elles doivent apparaître le plus clairement pour se développer, y compris lors des échéances électorales. Sur l’UE, « l’Europe des régions », la défense des services publics nationalisés contre la concurrence « libre et non faussée » (voir nos batailles pour la Poste ou la SNCF), pour la défense du potentiel industriel, personne d’autre que les communistes ne défendra nos positions. Il est important qu’elles apparaissent. Si tout le monde parle de changer la société, communistes, nous mettons un contenu derrière cette phrase : appropriation des moyens de productions, nationalisations, autogestion,…

Quel projet pour la Picardie et les Picards, quelles ambitions pour les régions au niveau national ?

Quel bilan de la gauche au pouvoir au niveau régional ? 20 régions gérées  par la « gauche » depuis 2004 : en quoi cela a-t-il changé la vie, en quoi les régions ont-elles servi de point d’appui pour s’opposer à la droite au pouvoir ? Aucune mesure forte, les aides aux grandes entreprises maintenues, de nouvelles taxes créées : un bilan a minima, un bilan conforme à ce que l’on peut attendre de la social-démocratie. En Picardie aussi.

C’est pourquoi je me prononce pour la constitution au premier tour d’une liste de rassemblement à l’initiative des communistes.

Avec un rassemblement qui commence par le rassemblement des communistes et s’appuie sur l’expérience du succès de 2004.

Concernant Maxime Gremetz, Jean Luc TOURNAY et Jean Luc Belpaume, ils ont rempli jusqu’au bout le mandat que leur avait remis les communistes lors de la conférence régionale de 2004, à travers leurs votes et leurs prises de positions mais aussi en étant sur le terrain, à coté du peuple.

Je rappellerai que la décision de ne plus les reconnaître comme groupe communiste n’a pas été le choix des adhérents de l’Aisne. Je regrette profondément que cette décision n’ait pas été prise sans un débat ni une consultation du Conseil départemental et des communistes. Cela n’a fait que nous diviser un peu plus et renforcer les incompréhensions. J’affirme aussi que les communistes n’ont pas eu tous les éléments nécessaires afin de mieux comprendre cette situation.

Nos élus ont préparé un bilan avec les éléments à l’appui ainsi que les pistes à mettre en débat pour notre projet. Je souhaiterais que ces informations soient communiquées à tous par le biais de la fédération.

Que l’on aime ou pas Maxime Gremetz, les sentiments personnels non rien à faire dans notre débat, sa personnalité, son image de fidélité à nos idéaux ont beaucoup contribué à ce que nous fassions prés de 12% lors des régionales de 2004.

Aux dernières législatives, alors que la fédération du PCF de la Somme présentait un candidat contre lui (mais  il a pu compter sur le soutien de très nombreux communistes dont  celui d’Alain Bocquet, député du Nord, président du groupe communiste à l’Assemblée nationale), il a remporté cette législative  avec prés de 66% des voix. Comme quoi le fait de ne pas mettre son drapeau dans la poche et de partir avec son étiquette, ne conduit pas à la catastrophe.

Pour finir, je pense qu’il est temps et largement temps de se préoccuper de l’unité de tous les communistes pour l’avenir du Parti afin d’être en capacité de changer vraiment et en profondeur la donne, dans les luttes comme pour cette prochaine échéance électorale.

Cette unité peut se regagner par un débat constructif, sans faire abstraction des points de vue différents, en n’évitant aucune question, mais aussi en laissant hors jeu les rancœurs, pour que vive le PCF parce que le pays en a besoin.

Fraternellement

Corinne BECOURT

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