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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 20:14

Conseil National du 11 Mai 2012 

 

manu-96pppEmmanuel DANG TRAN, fédération de Paris

 

 

La discussion sur les questions européennes est directement connectée avec la situation post-électorale française.

 

Je veux d’abord demander au Conseil national d’adresser nos salutations au Parti communiste grec (KKE)pour son résultat électoral et surtout pour son action politique. Ses militants subissent directement les pressions et la répression pour son combat au cœur des entreprises dans le contexte d’un mouvement syndical dominé par les syndicats de collaboration. Seul, il dénonce la collusion intégrale entre le capitalisme grec et l’Union européenne pour saigner les travailleurs et le pays au moyen de l’euro comme demain, le cas échéant, au moyen de la sortie de l’euro.

Pour les trusts européens dominants, l’essentiel est de préserver cette monnaie unique de domination à l’ouest, tout en préservant le pouvoir de l’UE du capital sur l’ensemble du continent.

Je fais partie de ceux qui ont été choqués par plusieurs articles de l’Humanité qui ont dénigré la résistance du KKE et fait une promotion unilatérale du parti Syriza, filiale grecque du Parti de la gauche européenne. En fait de « radicalité », cet assemblement hétéroclite, alliant gauchistes et socio-démocrates, a trouvé aussitôt comme sauveur après son succès électoral… François Hollande. Dans le même mouvement, son dirigeant, M. Tsipras,  implore et voudrait faire attendre quelque chose à son peuple de … Manuel Barosso et de la Commission européenne.

 

Devant la colère et la désespérance populaires, devant l’action résolue et rigoureuse du KKE, vu le discrédit des partis traditionnels de l’alternance, le système a recours, d’un côté, aux pires nationalistes, de l’autre, à une social-démocratie pro-européenne de substitution, Syriza.

 

Notre CN doit au minimum analyser ces événements de façon contradictoire et affirmer un soutien à nos camarades grecs. Ce qui se passe en Grèce, laboratoire de la super-austérité nous concerne directement. Le meilleur soutien au peuple grec est bien de combattre l’UE du capital dans notre propre pays.

 

La situation au lendemain des présidentielles en France n’est pas sans évoquer la situation en Italie, même si Mario Monti n’est pas arrivé au pouvoir à la suite d’une élection, mais seulement avec une recomposition parlementaire.

Sarkozy, comme Berlusconi, a servi de repoussoir et s’est lancé dans une surenchère droitière au nom de la crise, qu’aucun des deux n’a menée à bien.

Dans un pays comme dans l’autre, le système fait tout pour laisser à l’extrême-droite, nationaliste, régionaliste ou fasciste, le soin de détourner la colère populaire, la colère ouvrière, dans un contexte d’effacement des organisations communistes.

Comme Mario Monti, largement soutenu à « gauche » et au centre, Hollande arrive au pouvoir avec le bénéfice d’une illusion, même molle, qu’il fera moins mal, le moins mal possible dans un environnement défavorable.

C’est le meilleur moyen de faire passer la résignation à l’austérité.

 

La question européenne a été minutieusement esquivée de la campagne électorale des présidentielles en France.

Ce n’est pas un hasard. L’UE sera le prétexte et l’instrument de la super-austérité avec Hollande. En 2005, Hollande et Sarkozy posaient ensemble sur la une de Paris-Match pour la constitution européenne.

La contestation de l’Union européenne, et en particulier de l’euro, a été laissée au FN pour qu’il la dénature sous l’angle du nationalisme et du racisme anti-immigrés.

De son côté le Front de gauche a fait le jeu de Hollande et de l’intégration européenne.

 

Mélenchon, alors sénateur PS, a été un propagandiste acharné de Maastricht. Il l’est toujours. La seule chose qu’il regrette, c’est que Maastricht n’ait pas conduit au fédéralisme européen qu’il appelle de ses vœux. Dans son dernier livre, que j’ai devant moi, il regrette que n’ait pas été établi un budget commun franco-allemand en 2000 comme Fischer et Schröder le proposaient.

 

Le Front de gauche a concentré ses attaques sur le nouveau Pacte budgétaire, cette resucée de Maastricht. Bien sûr, nous devons être totalement contre.

Mais le choix ne peut pas être entre le nouveau pacte et le maintien de Maastricht-Lisbonne. Le rejet de l’un ne peut pas aller sans le rejet de l’autre.

 

La position de la Confédération syndicale européenne, la CES atlantiste et anticommuniste, relayée par un appel signé par Bernard Thibault et François Chérèque en décembre 2011, prétend défendre un soi-disant « modèle social européen », qui serait contenu dans le Traité de Lisbonne. On voit jusqu’où l’adhésion aux thèses de l’UE coïncide avec les pressions vers la collaboration de classe. Ne nous laissons pas influencer ! Souvenons-nous que la base, puis la majorité des organes de la CGT en 2005 aont désavoué la direction confédérale quand cette dernière (Le Duigou/Thibault) voulait appeler à ne pas voter contre le TCE.

 

Maintenant quand Hollande propose gentiment à Merkel de renégocier le pacte budgétaire, avec l’aide, à leur niveau, de Mélenchon et du Front de gauche, il devrait passer pour un contestataire. Et puis quoi encore ?

 

J’entends ici certains demander un référendum européen pour pourvoir demander à la Commission européenne de bien vouloir réorienter les statuts de la Banque centrale européenne.

Illusion technocratique ou volonté de mettre le peuple dans la confusion ?

Déjà en 1992, l’équipe économique du PCF, derrière Herzog, aujourd’hui allié du patronat européen, défendait, contre les communistes, une renégociation-acceptation de Maastricht.

 

Communistes, ayons le courage de nous opposer frontalement au capital, de rejeter les leurres du capitalisme monopoliste à la sauce européenne, fait d’aides massives au grand capital au nom de la production ou de la croissance, de renforcement des instances supranationales antidémocratiques !

 

Hollande va faire de son mieux dans ce sens. Il prévoit notamment une troisième phase de décentralisation pour aller dans le sens de l’Europe des régions qui ruine par exemple l’Espagne.

Il va aller s’arranger à Berlin pour consolider la dictature de l’UE du capital.

 

Internationalistes, comme les communistes grecs, nous avons une autre campagne à mener, nationalement, celle du rejet des nouveaux dispositifs européens, en lien indissociable avec le rejet de Maastricht pour pousser le discrédit populaire de l’UE, dans chaque pays, jusqu’au bout !

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Published by Vive le Parti Communiste Français - dans Interventions au CN du PCF
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