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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 12:42

Conseil national du PCF des 3 et 4 septembre 2011

 

Intervention d’Emmanuel Dang Tran, fédération de Paris, dans le débat général

 

110517 AMIENS EDTLe plan Fillon d’août n’est qu’un simple avant-goût, presque disproportionné par rapport à la dramatisation politique qui l’a accompagné. Ceci dit sans sous-estimer la nocivité des mesures annoncées dont la taxation des mutuelles.

Tout le discours sur les déficits rentre dans une vaste campagne idéologique destinée à préparer le pays au pire. Le jeu politicien du pouvoir sur la soi-disant « règle d’or » consiste à la fois à mettre le PS en porte-à-faux et, en même temps, à le faire passer pour une alternative, alors que leurs choix de fond se confondent.

 

Quelle forme pourra prendre la super-austérité demandée aussi bien par le Medef que par les « marchés »? Un plan d’ajustement structurel à l’allemande (les plans « Hartz » de Schröder et successeurs), une série de coupes sombres dans les budgets sociaux à la Cameron ou bien des plans tels que ceux qui s’abattent sur les pays d’Europe du sud ? Les exemples grec, portugais ou espagnol, le consensus européen, nous indiquent qu’elle pourra venir en France, après 2012, aussi bien de droite que de « gauche ».

 

Le mouvement populaire, les luttes seront seules décisives pour faire barrage à cette politique. Communistes, nous avons autre chose à faire qu’à contempler « l’indignation », nous avons à construire la riposte. L’ « indignation », c’est une prise de conscience mais c’est presque le niveau zéro de l’action. Loin d’être si spontané qu’on le présente, ce sentiment moral est très bien canalisé par l’idéologie dominante et habilement dirigé contre la « forme parti » et toute organisation conséquente des travailleurs.

 

L’interview de Bernard Thibault à l’Humanité-dimanche (1er sept. 2011) traduit à sa façon le blocage de la perspective politique (et syndicale) et nos responsabilités de communistes pour la dégager.

L’objectif envahissant de l’alternance en 2012 enferme la dynamique des luttes.

C’était déjà le cas lors des manifestations pour les retraites. Le mouvement social, en cette année décisive, reste sous le coup de cette défaite. Mais Bernard Thibault se félicite que la mobilisation ait « contribué à rendre le gouvernement très impopulaire, ce qui pèsera beaucoup lors des élections de 2012 ». Il est frappant de constater combien les « dix exigences de la CGT pour la rentrée » restent dans les clous du programme du PS.

 

Cela souligne la nécessité pour notre Parti de mettre en avant des propositions de rupture, de lancer des campagnes nationales pour les porter, en particulier dans cette année électorale.

 

Le choix de Mélenchon comme candidat à la présidentielle ne nous y aidera pas. En 1974, il y avait un enthousiasme dans le Parti, bien déçu ensuite certes, à faire la campagne de Mitterrand en portant nos idées. Cette année, nous aurions du mal avec un programme « partagé » par personne, surtout pas par les communistes. Personne ou presque à ce Conseil national ne parle de Mélenchon, c’est un signe du malaise qui traverse tout le Parti après qu’on a forcé la main aux communistes.

 

Au meeting de Grenoble, fin août, Mélenchon a levé une part de l’illusion qu’il entretient vis-à-vis de son parti d’origine. Cette fois, il n’a pas esquivé la question en pérorant qu’il arriverait en tête de la gauche. Son rôle de rabatteur se précise. Il tend la main au PS. Il intervient même dans les primaires en rejetant Hollande, après avoir rejeté Strauss-Kahn, en feignant d’ignorer qu’Aubry ou Royal partagent le même programme. Il est remarquable que les propositions immédiates de Mélenchon se situent toutes dans la prolongation, sous forme de surenchère, de celles du PS et les légitime : fiscalité, limitation des hauts salaires, UE… Là où Martine Aubry propose la « manifestation dans les urnes », Mélenchon propose la « révolution dans les urnes ». Quel besoin d’un deuxième candidat social-démocrate ?

 

Le choix de Mélenchon interroge toute la stratégie imposée par la direction du Parti. La seule perspective politique [assénée par Pierre Laurent ou André Chassaigne] c’est la constitution d’une majorité de gauche dans les institutions (sinon au gouvernement) que le Front de gauche tirerait à « gauche ». Loin de contribuer à battre la droite et la politique au service du capital, de renforcer le dynamisme des luttes, cela conduit à rabattre tout sur les élections et sur un minimum commun à « gauche ».

 

Au lieu de s’effacer dans le Front de gauche, le PCF devrait appuyer où cela fait mal avec le PS, reprendre et prolonger ses positions de toujours. Par exemple :

-          Pour le financement de la protection sociale, refusons bruyamment la hausse de la CSG et sa fusion avec l’impôt sur le revenu et défendons la cotisation sociale.

-          Il serait crucial de proposer une liste de (re)nationalisations démocratiques dans les grands services publics comme dans d’autres secteurs (industrie, commerce…).

-          Il est décisif que notre Parti reprenne ses positions historiques contre l’intégration européenne, l’UE du capital et sa monnaie unique, l’euro.

C’est le cœur du consensus entre les politiciens de droite et du PS. Toutes leurs prises de position sur la dette, même différentes en apparence, réclament plus d’intégration européenne, c'est-à-dire plus de tutelle de l’UE du capital.

Pour notre part, nous ne pouvons pas imaginer remettre en cause efficacement le « Pacte pour l’euro » sans remettre en cause l’euro qui est son instrument.

Le débat doit absolument s’ouvrir dans le Parti sur une initiative nationale pour la fin de l’euro (La sortie de la France de l’euro signifierait politiquement la fin de l’euro).

Toutes nos analyses contre Maastricht et le TCE restent justes. Nous pouvons construire une campagne de masse en lien avec le refus des politiques antisociales nationales.

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Published by Vive le Parti Communiste Français - dans Interventions au CN du PCF
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commentaires

SOUTEIRAT Guy 07/10/2011 22:04


Le site du "FRONT DE GAUCHE" devient" PLACE AU PEUPLE 2012"


Les camarades du Front de Gauche sont dans la merde. Il vont devoir changer de drapeau. Car le site du FdG devient le site du candidat Mélenchon...

En effet lorsqu’on tape :

www.frontdegauche.fr/

on tombe désormais sur ça

www.placeaupeuple2012.fr/


http://bellaciao.org/fr/spip.php?article121063


cotty 10/09/2011 16:26


Excellente démonstration de Gautier Weinmann.Il est bon sur ce site d'avoir les arguments pour remettre le pcf sur les rails de la lutte de classes.


Gautier WEINMANN 09/09/2011 20:44


Tout juste. Le CGT est en panne sèche, et s'en félicite.

Elle prépare des manifestations fantômes pour octobre, avec aucun mot d'ordre national si ce n'est : "la crise, c'est méchant !"

Quel scandale ! Si le camarade Thibault veut être candidat, qu'il le dise, mais il ne gagnera jamais un seul combat social avec cette tactique.

Et les euro-manif : le patronat peut dormir tranquille !

Les 10 propositions de la CGT ne sont pas des propositions, elles ne peuvent mobiliser aucun travailleur. J'ai l'impression que c'est le but, d'ailleurs.

Dire quelles entreprises nous proposons de nationaliser : c'est bien le minimum ! Servier ? BNP ? Sanef ? Les communistes ont le droit de savoir, et de décider !

Prétendre de taxer les banques ou les sociétés d'assurance, comme nous le proposons, sans clairement toutes les nationaliser, c'est leur laisser les mains libres pour répercuter à la hausse la taxe
sur les tarifs, pour protéger le profit. C'est ce que la droite propose : les clients vaches à lait.

Le PCF doit avoir un programme qui se "tient", pas un catalogue démantibulé, flou, non priorisé.

Quant à l'euro, quel communiste a jamais décidé, au cours d'un quelconque congrès du Parti, de le garder ? La direction n'a jamais mis en débat dans le Parti ses propositions actuelles. Les
communistes ne peuvent défendre des propositions technocratiques que seuls des "économistes" comprennent, et qui sont de toute façon des leurres dans l'UE des 27.

Euro, dette, stop ou encore ?