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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 22:45

 

Vous trouverez ci-dessous l’article de la Voix du Nord reproduit sur le site du PCF 59 et le compte-rendu personnel du Gautier Weinmann, entre autres, signataire du texte alternatif « Faire vivre et renforcer le PCF ».

Les conditions et le contenu de l’unité des communistes dans le Nord, même si elles n’effacent pas des contradictions internes comme ailleurs, pourront être largement enviés dans la plupart des fédérations.

 

 

Les communistes du Nord militants de l'anticapitalisme

La Voix du Nord (29 novembre 2008)

Pour la première fois, le texte de la direction nationale du PC n'a pas obtenu la majorité lors de la conférence fédérale des militants nordistes.

À deux semaines du congrès national, les délégués de la fédération du Nord ont donc revu et corrigé le document d'orientation de leur direction nationale qui n'a recueilli que 36 % des suffrages tandis que deux tiers des militants n'ont pas voté.

« Nous recommandons d'abandonner les stratégies d'alliances au sommet, nous voulons donner la priorité à un projet politique alternatif au capitalisme et nous marquons notre attachement à un parti organisé », résume Éric Corbeaux reconduit à la tête de la fédération.

Dans le Nord, avec 7 300 adhérents et près d'un millier d'élus locaux, le PC revendique la place de troisième force politique.

Pour Éric Corbeaux, le PC doit « mener la contre-offensive face à la crise du capitalisme ». Derrière la formule « La Bourse ou la vie ! » les militants sont donc invités à diffuser leurs propositions : relance du pouvoir d'achat, défense des services publics, notamment des hôpitaux, des écoles et de La Poste, refus de l'étranglement des finances locales qui aurait pour conséquences une hausse de la fiscalité et une baisse des politiques sociales... À Douai jeudi prochain comme à Valenciennes mardi dernier, les responsables du PC veulent « dénoncer le double langage de Nicolas Sarkozy  ».

Ils sont persuadés que face à la crise du capitalisme et à la « dérive centriste » du PS, un nouvel espace politique s'ouvre pour tous ceux qui « veulent renverser le pouvoir de l'argent ».

Le premier rendez-vous électoral sur ce créneau antilibéral est fixé aux élections européennes de juin. Dans la région Nord-Ouest, l'ancien maire de Calais, Jacky Hénin, est pressenti pour conduire la liste comme en 2004.

 

 

 

Compte rendu personnel de la conférence du PCF Nord

Les 29 et 30 novembre 2008 au Nouveau Siècle à Lille

 

 

L’organisation matérielle était réussie (accueil, lieux, repas, disponibilité des liasses d’amendements et textes…). 300 délégués étaient présents, émanant des 43 sections du département, qui pèse environ 10 % du parti. Il faut remercier particulièrement les militants, les jeunes et les permanents, qui ont fourni un gros boulot.

 

La question de l’influence du PCF a été au cœur des débats, ce qui tranche avec les magouilles d’alliances au niveau national.


Dans le Nord, le texte de Base commune a été minoritaire en suffrages. Le texte alternatif 3 de Gerin/Karman/Dang Tran avait recueilli 40 % des voix, soit la majorité relative, pour la première fois de l’histoire de la fédé, et le score de La Riposte y était supérieur à celui, déjà honorable, réalisé au plan national.

 

Une certaine tension était perceptible chez certains dirigeants de notre fédération à l’approche du congrès. Celle-ci fût néanmoins relativement vite dissipée.

 

La volonté des adhérents d’avancer collectivement, l’envie commune de maintenir le PCF et de le renforcer, et bien entendu, de placer le débat sur le fond plutôt que les personnes, a été plus forte que les clivages intestins.

 

Dans le Nord, la question de l’organisation du parti reste centrale. Les résultats aux dernières municipales et cantonales, avec un parti à plus de 10 %, mais également la progression aux législatives 2007 par rapport à 2002, sont plutôt encourageants pour tous et sont des facteurs d’apaisement de la diversité des approches.


Les travaux du vendredi soir, en ateliers (monde, stratégie-programme et parti) étaient assez confus, voir peu homogènes. Une irritation a inévitablement résulté d’une incompréhension : il aurait à mon sens fallu dire tout de suite que les ateliers n’avaient pas vocation à se prononcer sur tous les amendements (chose qui était de toute façon matériellement impossible dans mon atelier « stratégie », où plus de 50 étaient présentés, ainsi que beaucoup de résolutions et autres motions).

 

La présentation des animateurs était assez inadaptée, laissant planer un sentiment de dessaisissement chez de nombreux congressistes.

 

La tentative de Fabien ROUSSEL de faire adopter une motion, qui « rassemble largement les communistes », avant même le début des débats, est apparue comme une démarche venant d’en haut. Le débat devait bel et bien avoir lieu sur les amendements et les militants n’étaient visiblement pas près de se faire « endormir ». La lecture de cette courte motion fut néanmoins applaudie par les membres de l’atelier « projet » : l’essentiel était donc là, à savoir, un signe tangible d’unité.

 

Le ton était donné finalement : il fut celui du rassemblement des communistes du Nord.


Sans volonté de se ghettoïser, les camarades en désaccord avec la ligne de la direction avaient rédigé de nombreux amendements significatifs. La commission « texte » (dont la composition semblait un peu faite « à l’arrache »), était chargée d’émettre un avis sur ceux-ci dans la soirée. Elle a fait un gros boulot d’écrémage.

 

Bien entendu, seule l’assemblée des délégués pouvait valider le travail fourni. D’ailleurs, les intervenants n’ont pas hésité à réclamer un vote de la conférence sur certains amendements initialement retoqués par la commission (certains ont été retenus contre l’avis initial de la commission me semble t’il).

 

Globalement, la commission a essayé de faire un travail de reformulation, pour trouver des compromis. Cette attitude est à saluer, car la longueur des débats, concentrés sur la journée du samedi, n’aurait pas permis un travail complet autrement.

 

Les rapporteurs des ateliers ont donc fait un travail honnête. Les discours des différents responsables fédéraux étaient globalement de qualité, offensifs et ancrés dans l’actualité et les réalités locales, avec notamment la crise de l’automobile, même s’il fallait regretter un certain flou au niveau des propositions.

 

L’idée, avancée par Fabien ROUSSEL, selon laquelle le PCF gagnerait à s’inspirer des méthodes de campagne d’Obama m’a fait assez rire intérieurement. Comme si le PCF péchait uniquement dans sa propagande, comme si la victoire d’Obama n’était pas surtout due au soutien massif des forces du capital en sa faveur, dans ce pays qui attend tellement le « changement » après les années BUSH.

 

Certains camarades n’ont pas apprécié l’expression d’Alain BOCQUET selon laquelle il fallait « siffler la fin de la partie ». Reproche néanmoins vite oublié, devant la qualité de son intervention et son charisme incontestable.


Mais le plus intéressant de cette conférence fédérale, selon moi, a été l’adoption d’un grand nombre d’amendements. Cela n’était pas le fruit du hasard : les intervenants avaient pratiquement tous souligné le flou de la base commune et son retrait par rapport à nos aspirations et nos combats de tous les jours.

 

Le caractère internationaliste du PCF a été rappelé. L’idée d’abroger tous les Traités européens existants au profit de coopérations et d’un nouveau Traité fondateur aussi. Fut également acté le fait que les « institutions de l’Union européennes » étaient les instruments de domination du capitalisme.

 

La base commune a été amputée de paragraphes complètements inutiles et imbuvables. Elle a été précisée et enrichie sur de nombreux points, les congressistes se refusant très majoritairement à créer un autre parti et condamnant sans appel les accords de sommet, illustrés récemment par la pétition commune sur La Poste ou encore les rapprochements inopinés et prématurés avec Mélenchon/Dolez.

 

Sur ce point, je pense que le réveil risque néanmoins d’être difficile : il n’est pas sûr que la stratégie décidée pour les européennes mette la priorité sur le rassemblement populaire. Donc, beaucoup de militants vont encore en être pour leur frais, bien que l’idée que Jacky HENIN conduise notre liste soit avancée par les fédérations de la circonscription électorale.

 

Les congressistes ont mis le doigt sur la nécessité des luttes. De même, l’idée de nationalisations des entreprises qui font le commerce de biens vitaux comme l’énergie et l’eau a été actée, ce qui est un progrès notable par rapport aux « pôles publics ».

 

Oui, nous sommes marxistes et nous refusons le réformisme ! Le droit de véto des institutions représentatives sur les décisions stratégiques a été reconnu, de même que l’idée de conseils d’administration et de surveillance majoritairement composés de représentants des salariés.

 

D’après les communistes du Nord, les licenciements seraient interdits dans les entreprises profitables et il serait mis fin aux dérives les plus criantes de la finance que sont « les stock-options, les parachutes dorés, les paradis fiscaux ainsi que les produits financiers dérivés et la spéculation ».

 

Autre avancée : la nationalisation de toutes les banques et compagnies d’assurance, ainsi que leur gestion démocratique par les usagers, le contrôle public du crédit, ce qui dépasse de loin le « pôle public bancaire » aux contours flous.

 

L’idée que les partis communistes européens entretenaient des liens trop distants a été retenue, de même que celle de retrait de la France de l’OTAN ainsi que celle du retrait des troupes d’Afghanistan et de toutes les bases permanentes à l’étranger, marquant donc une nette différence avec l’ambiguïté de la direction nationale.

 

D’ailleurs, « la gauche », omniprésente et obsessionnelle dans le texte de la direction, a été précisée : on est de gauche quand on lutte contre le capitalisme, ni plus ni moins !

 

Au cours des échanges, les membres à la tribune ont parfois paru sur la défensive face à l’assemblée : la faute à un travail éreintant, à une certaine fatigue, et aussi, sans doute, à une composition trop « restreinte » de la commission texte et pas assez représentative de toute la diversité.

 

Sous la pression d’un amendement condamnant sans détour les accords avec le MoDem aux dernières municipales, il a été dit que « le PCF excluait naturellement toute alliance avec le MoDem », mettant sur le dos de « l’inédit », ce type d’accords locaux. Si cette explication en me convient guère, comme dit le proverbe : « faute avouée, à moitié pardonnée ».

 

Le droit à la formation à tous les niveaux a été attribué (à voir dans la pratique) ainsi que la nécessité des cellules locales et d’entreprise.

 

Sur la composition du nouveau Conseil départemental, ce que je peux dire, c’est que ce dernier a été nettement réduit, passant de 120 à 80, et faisant une large place au renouvellement, avec la sortie des membres les moins présents, à ce que j’ai cru comprendre.

 

Les propositions d’une coordination décentralisée au niveau des arrondissements et de la mise en place rapide de commissions thématiques, ouvertes à l’extérieur, ont été avancées.

 

Selon Charles BEAUCHAMP, le CD droit retrouver un nouveau souffle et a vocation à redevenir la véritable direction départementale, avec une réunion par mois, ce qui est une charge pour ses membres et non une étiquette pour faire bien.

 

Un bureau, de 30 membres, se réunirait une fois toutes les deux semaines, et le secrétaire de la fédé serait épaulé par un secrétariat restreint, à ce que j’ai compris, cependant, j’avoue ne pas connaître grand choses de ces questions.

 

Les 5 membres du CN seront : Eric CORBEAUX (également prolongé en tant que boss de la fédé, Alain BOCQUET (en grande forme : la crise économique actuelle est pour lui une cure de jouvence !), Louis MAZUY, Fabien ROUSSEL, orateur très bon sur la forme aux idées « atypiques », et Nadine SAVARY, seule femme, ce qui a été déploré.

 

Les interventions d’Eric BOUCHER, pour notre journal « Liberté Hebdo » et d’Alain BRUNEEL, pour l’ADECR (900 élus dans le Nord), n’étaient pas mal du tout, dans des styles bien différents.

 

A noter : toutes les interventions ont été votées pour alimenter la réflexion nationale.

 

Enfin, un amendement « historique » a été adopté :

 

« Poursuivre le Parti communiste français, c’est répondre avec force que les travailleurs, le peuple de France ont plus que jamais besoin d’un parti communiste. C’est faire le choix de continuer les luttes glorieuses de générations de militants, héritiers d’une longue et fructueuse tradition humaniste, révolutionnaire, républicaine et progressiste française. C’est empêcher de saborder les progrès historiques qui ont pu être arrachés. C’est faire le choix de continuer à défendre les libertés, la démocratie, le progrès, la souveraineté nationale et la solidarité internationale, c’est faire le choix de la transformation progressiste de la société, de l’anti-impérialisme, de l’anti-colonialisme, de l’antimilitarisme, du pacifisme, de l’antiracisme et de l’antifascisme.

 

Notre utilité n’est plus à démontrer : c’est toujours quand le Parti communiste a été fort que d’importantes conquêtes ont été possibles, c’est quand le Parti communiste a su se faire entendre que la gauche s’est unie sur la base d’un programme ambitieux. C’est pourquoi, si l’heure n’est pas à l’autosatisfaction, elle n’est pas à se renier mais à continuer notre combat communiste dans les conditions de notre temps.

 

Soucieux de répondre aux enjeux de notre temps et tout en portant un regard critique sur nos erreurs et nos échecs, le PCF se situe bien aujourd’hui dans la continuité historique du mouvement communiste en France, celui de la commune de Paris, du front populaire, de la résistance, du refus de la guerre, des luttes anticoloniales, des grands mouvements ouvriers et des combats pour le progrès social ».

 

Ce texte est à l’image d’un mouvement entamé à Lille ce week-end là : celui d’un PCF fraternel, qui retrouve l’envie, en cette période de crise en France et redevient lui-même, assumant son héritage et se tournant résolument vers l’avenir, à l’image de Yann LEROY, tête des JC, et dont le discours, très applaudi, était étonnant de réalisme et de maturité.

 

Enfin, à noter également, l’omniprésence et la bienveillance de tous les parlementaires communistes du département au cours des travaux de notre conférence fédérale, à savoir Michelle DEMESSINE, Alain BOCQUET et Jean-Jacques CANDELIER.

 

 

 

Gautier WEINMANN

 

 

Comité de section de Guesnain

 

Membre entrant au Conseil départemental

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Published by Vive le Parti Communiste Français - dans 34ème congrès - préparation déroulement
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