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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 02:58

L’avenir du PCF

 

Par Gilles Mercier (94), extrait du n°58 de la revue « Réflexions »

 

Les élections cantonales et municipales ont été pour les communistes riches d’enseignement. Il n’y eut aucune campagne nationale pour ces élections. Chacun faisait comme il voulait. Partout où le PCF s’est présenté avec son identité et un contenu politique, il a progressé et ceci quelle que soit son implantation.

Ailleurs, il s’est dilué dès le premier tour dans des listes social-démocrates incluant ou non le MODEM continuant la stratégie d’effacement imprimée par l’actuelle Direction nationale, J Cl Gayssot fidèle lansquenet de G. Frèche, soutenu par la Direction fédérale de l’Hérault, appelant même à voter PS à Béziers contre la liste présentée par la section du Parti.

Contrairement aux affirmations des liquidateurs du Conseil national, le sigle PCF n’est pas un boulet et le vote communiste n’est pas un vote de nostalgie.

Partout où il a progressé, il a fallu aller chercher les suffrages des électeurs. Le progrès du Parti est le résultat d’une bataille politique qui a été menée à la base qui a permis de retisser des liens distendus depuis fort longtemps avec l’électorat. Cette bataille, la Direction nationale ne la mène plus depuis longtemps. Les Français veulent que les partis politiques prennent en compte leurs énormes difficultés de vie, qu’ils soient porteurs de leurs problèmes, ils se moquent de savoir si c’est l’UMP, le PS, le PCF qui va le faire pourvu qu’il y en ait un qui le fasse. Bien sûr, ce ne peut être que le PCF, encore faut il qu’il sorte de l’Union de la gauche, c’est la condition sine qua non.

Mais le chemin sera long pour sortir de cette ornière stratégique. L’OPA menée par le PS dans le Val de Marne et la Seine Saint Denis a en partie réussi. S’il a échoué dans le Val de Marne, le PS a pris au PCF le conseil général du 93. Il ne semble pas que la Direction du Parti en tienne rigueur au PS, pourtant la campagne électorale fut sévère. Pas d’esprit de revanche a dit MG Buffet ! Le PS bon prince a contenté le PCF en lui donnant quelques lots de consolation au Conseil général. Pour le Val de Marne ce n’est que partie remise, rendez vous pour les prochaines cantonales, dans 3 ans.

Le succès du PS en Seine Saint Denis est la conséquence de la stratégie du Parti dans ce département. Michel Laurent a dirigé la fédération pendant plusieurs années, c’est bien lui qui dirige « l’Atelier » cette structure informelle composée de communistes et de non communistes visant à faire évoluer (traduire liquider) le Parti !! C’est bien dans ce département qu’officient Braouézec et d’autres élus qui se sont commis avec J Bové, le Savonarole de la campagne, sans oublier MG Buffet qui avait refusé de porter le sigle PCF pour l’élection présidentielle. A telle enseigne qu’il y avait deux groupes communistes au Conseil Général !!

Reconquête d’un coté, effacement et absorption par la sociale démocratie de l’autre. Le problème est que les tenants de l’effacement sont majoritaires au Conseil national !

On peut toujours leur rétorquer que si le PCF est si dépassé qu’attendent ils pour le quitter pour aller vers d‘autres rivages ! N’est pas « camarades » Gayssot, Wurtz, Braouzec, Zarka, etc… Il leur faut rester dans le Parti, sans lui ils ne peuvent être élus, et infléchir de plus en plus la ligne opportuniste de la Direction. Les résultats des élections les obligent à garder le nom du Parti. De fait la bataille pour le congrès devrait porter sur l’orientation, mais faisons confiance à la Direction pour qu’il n’en soit pas ainsi. Lénine disait en 1923 à Monmousseau « La transformation du vieux type de parti européen parlementaire, réformiste à l’oeuvre et légèrement coloré d’une teinte révolutionnaire, en un nouveau type, vraiment communiste, est chose extraordinairement difficile, c’est certainement en France que cette difficulté apparaît le plus nettement » il poursuivait « Si les ouvriers révolutionnaires comme vous entraient au Parti communiste, vous le changeriez. Il deviendra un parti prolétarien, il ne sera plus dirigé par des politiciens. Il n’y a que vous qui puissiez faire cela ». Monmousseau, leader syndicaliste révolutionnaire, adhéra au PCF.

La description par Lénine du jeune PCF est tout à fait transposable au PCF actuel. Le PCF n’existe plus qu’à travers ses élus. Il ne vise plus à conquérir des sièges mais à les garder. N’est ce pas ce qui définit un parti social démocrate ? Comme le PCF n’a plus aucun lien avec le salariat, ses revenus viennent de ses élus. En conséquence c’est eux qui déterminent la stratégie. Comme du temps des féodaux, quand le pouvoir central est affaibli, ces derniers jugent qu’ils n’ont pas de compte à lui rendre. Bien entendu, tous les élus ne sont pas ainsi, mais la stratégie mène à cela. L’électoralisme est devenu la ligne de conduite, il n’y a plus aucune analyse théorique, le PCF ne cesse d’accompagner tout ce qui est un tant soit peu contestataire quel que soit le

contenu. Ce qui l’amène dans la fange de l’obscurantisme. Après avoir été le porte parole

d’Attac, il est en train de devenir sans aucune honte le porte parole des associations

environnementalistes !

Jusqu’où iratil dans cette déchéance ? Le fiasco de Bertinotti en Italie avec son alliance Arc en Ciel devrait éclairer sur l’avenir du PCF à persévérer dans l’opportunisme. Mais pour sortir de l’Union de la Gauche encore fautil avoir une perspective à proposer ! Parler de dépassement du capitalisme ne mange pas de pain, quelle autre société construire en lieu et place du capitalisme ? Aborder cette question amène immédiatement à s’interroger sur les raisons de

l’effondrement du socialisme, sujet que l’on se refuse à aborder. Hormis des voeux pieux et des lieux communs, le PCF n’a aucun projet politique à proposer. Il ne lui reste que l’alliance avec la social-démocratie pour se maintenir à flot.

La conclusion s’impose, pour que le PCF redevienne un Parti communiste, il faut que les élus soient subordonnés au Parti, en plagiant Lénine dans son adresse à Monmousseau, je dirais « Si les salariés ayant une conscience de classe entraient au parti communiste, ils le changeraient. Il deviendrait un parti prolétarien (de ceux qui vivent en vendant leur force de travail), il ne sera plus dirigé par des politiciens, il n’y a qu’eux qui puissent faire cela ».

C’est tout l’enjeu de la bataille en cours à l’intérieur du Parti entre ceux qui dans l’appareil national et les fédérations veulent poursuivre l’orientation socialedémocrate à l’ombre du PS et ceux qui veulent le réorienter sur le chemin de la lutte de classe.

Gilles Mercier

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Published by Vive le Parti Communiste Français - dans 34ème congrès - tribunes
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commentaires

Pingouin094 09/12/2008 23:04

Que le PS ait tenté de prendre la Seine Saint Denis me parait être l'exercice normal de la démocratie, et je ne vois pas en quoi cela devrait être considéré comme inaceptable.

Imaginons qu'une ville ait un maire PS, mais que le parti se renforce au point d'être électoralement devant le PS. Faudrait-il laisser la mairie au PS au nom du fait que la mairie est historiquement au PS, et contre l'avis de la majorité des électeurs ?

Bien sûr que non. Et bien sûr que si les électeurs du 93 ne soutiennent plus le PCF, il est normal qu'ils portent un autre parti au pouvoir. Lequel ferait bien peu de cas de la démocratie s'il ne respectait pas la volonté des électeurs au nom d'alliances électorales.