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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 21:03

Compte-rendu du Congrès départemental du PCF Paris, 28, 29 et 30 novembre 2008 

 

Au nom de la délégation de la section du 15ème

 

 

Paris n’est pas la France. Le PCF Paris n’est pas une fédération comme les autres.

 

La composition du congrès départemental en témoigne.

Sur les 150 délégués assidus, on comptait plus d’une vingtaine de dirigeants nationaux. Tous les principaux groupes dirigeants étaient directement représentés par des leaders (de Nicole Borvo, Patrice Cohen-Seat à Yves Dimicoli en passant par Pierre Laurent, Patrice Bessac, Jean-François Gau…) ou par des premiers couteaux (Gérald Briant…).

Cet élément a pesé sur l’ensemble des débats et expliquent l’hypertrophie des discussions sur la future direction nationale. La lutte des places a fait rage.

Dans les délégations, on comptait aussi une bonne vingtaine d’élus sur les listes municipales ou régionales de Delanoë et Huchon.

 

En revanche, la particularité traditionnelle de notre fédération, la forte représentation des cellules d’entreprise et des quartiers populaires s’est au contraire largement estompée au fil des congrès. Président une séance, Ian Brossat est allé jusqu’à affirmer que la classe ouvrière ne comptait plus que pour que 3% à Paris, révélant une certaine conception du nouveau parti et du monde du travail.

En ce qui concerne notre délégation, elle était composée de 4 ouvriers, une technicienne, une infirmière et un employé.

 

Le niveau de filtrage politique des délégations a été différent selon les assemblées de section. Dans certains arrondissements comme le 14ème, toute contestation a été éliminée administrativement. Les représentations des sections RATP ou SNCF étaient unicolores. Notre section a été privée de deux délégués sur neuf auxquels elle avait droit. D’autres délégations semblaient au contraire artificiellement gonflées. Impossible de vérifier puisque, contrairement aux statuts, personnes n’a pu consulter la liste départementale des cotisants avant le vote des 29 et 30 octobre. 

 

Dans ces conditions, on ne s’étonnera pas du résultat du vote final : la base commune, amendée sans en changer du tout la portée sinon pour l’aggraver, a été votée par 109 voix contre 19 et 21 abstentions. Les 29 et 30 octobre, les textes alternatifs avaient atteint plus de 35% des votes.

 

Pour autant, les directions sortantes sont apparues en grande faiblesse, incapables de porter la poursuite de leur projet de dilution du PCF sans escamoter le débat et biaiser.

En grande faiblesse aussi du fait des luttes de clans intestines qui les traversent.

C’est un premier enseignement d’un week-end bien peu enthousiasmant. Comme l’a résumé un camarade : le débat était « plat, usant et crispant », à des lieux du débat ce que la situation politique et la crise du capitalisme faisaient attendre.

L’autre enseignement, positif, vient du résultat du vote pour le nouveau conseil départemental. La volonté de tenir à l’écart, de pointer du doigt ceux qui se prononcent depuis toujours pour « faire vivre et renforcer le PCF » s’est retournée contre la direction sortante. Elle voulait évincer plusieurs camarades du CD, tenir à l’écart des militants pourtant incontestables dans leur section. Elle a refusé l’ajout de 8 noms dans ce sens. Finalement 14 ont été élus sur une liste alternative, dans la clarté, reflétant pour la 1ère fois depuis le 30ème congrès de façon un peu plus juste l’état de la vie et des débats dans le Parti à Paris. Cela sera un véritable point d’appui pour l’activité du CD et du Parti dans les arrondissements.

 

Quelques gages pour mieux continuer la stratégie qui sape les fondements du PCF

 

D’une façon générale, les luttes à Paris, l’activité militante des communistes ont été évacuées que ce soit du rapport d’introduction ou des discussions. Ceux qui auraient espéré revenir de ce congrès avec une ligne de lutte sont déçus.

 

L’essentiel a porté sur le parti et ses transformations.

Les prises de positions des dirigeants, les amendements la Commission du texte, directement descendu « d’en haut » ont confirmé la logique de la base commune qui nous a amenés à défendre le texte alternatif « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ».

Le calendrier et le scénario de la poursuite de la stratégie d’effacement de l’identité communiste et de reclassement idéologique se précisent : dilution du Parti dans une coalition de gauche, avec une prochaine étape aux européennes.

 

Dans le même mouvement, les directions sortantes se sont évertuées des gages aux communistes parisiens, plus qu’aux congressistes eux-mêmes, sur le maintien de l’existence du PCF, au moins du sigle et ont pris la précaution de maintenir un certain flou.

 

« Je me prononce pour le parti communiste » ; « je fais partie des camarades qui ont voté pour le parti communiste [en interne] ». Patrice Bessac, secrétaire départemental reconduit, s’est senti obligé de répéter à plusieurs reprises des affirmations de ce type. Comme si ce n’était pas une évidence !

Dans le même ordre d’idée, un vœu sur le maintien du PCF a été adopté, et quelques amendements comme l’ajout de la phrase : « le PCF aura une présence visible dans la campagne des européennes ».

 

Destinés à rassurer les communistes, ces formules de principe ont plutôt de quoi inquiéter, tant l’orientation du texte de base commune s’est confirmée.

Elles n’en reflètent pas moins une des données les plus importantes du congrès : la poursuite de la stratégie d’effacement du PCF n’est pas validée par les communistes dans leur grande majorité et les directions sont obligées de louvoyer.

 

La base commune, qui cultive la confusion, n’a été approuvée, seulement comme base de discussion, officiellement que par seulement 16% des adhérents au plan national comme à Paris (638 voix sur 3764 adhérents revendiqués).

 

 

Relevé dans la discussion :

 

Dans l’ensemble, les conditions du débat, mal préparé dans les sections, précipité, animé d’une façon outrageusement partiale (Nicole Borvo s’est déconsidérée par morgue!) étaient très défavorables. Vieille astuce de congrès, la tribune a empêché les votes sur les amendements qui la gênaient en faisant voter systématiquement sur le texte retenu par la Commission du texte.

Nous avions décidé d’intervenir sur 6 ensembles de questions, à travers notamment 32 amendements mettant en cause la cohérence du texte.

 

1- Sur la question du bilan des stratégies décidées aux derniers congrès, l’esquive et la confusion sont restées de mise.

Comment expliquer l’affaiblissement sans précédent du Parti depuis 2002 ? Un jeune délégué a expliqué comment toutes les campagnes depuis 2003 (électorales) avaient été menées sous des étiquettes différentes. Un camarade du 12ème, plein d’humour, a comparé les dernières années à un match de football où nos joueurs auraient systématiquement tiré contre leur camp. Bien vu ! En réponse : maintien du texte initial qui se défausse sur la « crise du communisme » et mélange toutes les expériences passées, qui invite à poursuivre et accélérer les « transformations ». C’est pourtant là que se trouve la cause du déclin.

 

2- Sur la question du projet, le débat a été, là aussi, largement escamoté, au nom du caractère « non programmatique » du texte.

Un seul de nos amendements avait été retenu par la Commission, sans doute par peur des réactions des syndicalistes : celui demandant la renationalisation intégrale d’EDF et de GDF, leur fusion et le retour du monopole public de l’électricité et du gaz. Tir de barrage de plusieurs délégués, dont Yves Dimicoli, voulant retirer le mot « nationalisation » et/ou mettre en avant prioritairement la notion de « service public européen ».

Nous n’avons pas été les seuls à démonter cette argumentation fumeuse : pas de coopérations au niveau international entre services publics sans entreprises nationalisées et sans rejet de l’application des directives de concurrence. L’expérience des nationalisations de la Libération parle pour elles. Une camarade du 8ème a dénoncé en particulier la prise de position de la direction nationale se réjouissant l’opération capitalistique de rachat de British Energy par EDF.  Au final, la tribune a choisi de dénaturer notre amendement.

Un débat un peu similaire a eu lieu sur le « pôle public financier ». Comment pourrait-il fonctionner, condition nécessaire même si elle n’est pas suffisante, sans la renationalisation des institutions financières ?

Nos amendements proposant des axes de luttes prioritaires, notamment pour le financement de la Sécurité sociale, ont été évacués.

 

3- Sur l’Union européenne, les défenseurs du texte initial se sont trouvés un peu en difficulté.

 

Le texte initial fait en effet de la « mise en chantier d’un nouveau traité fondateur de l’UE » l’objectif final du « changement de cap très profond » de l’UE. Une formulation trop explicite de l’adhésion, fondamentalement réformiste, à la logique de l’intégration européenne, c'est-à-dire, comme l’a rappelé un camarade du 5ème à un projet capitaliste depuis toujours, dirigé contre les peuples, contre les travailleurs de chaque pays.

Défendant nos amendements, nous avons souligné combien la victoire du NON en France, aux Pays-Bas et en Irlande constituaient des points d’appui réels, au plan national, pour la lutte de chaque peuple, au contraire de l’illusion dangereuse d’un nouveau traité, même rédigé par le prochain Parlement européen.

Au final la discussion a été vite expédiée. Elle est revenue, sous une autre forme un peu plus tard, au moment de l’examen du passage sur les élections européennes. Un camarade du 20ème soulignant les profondes ambiguïtés des positionnements sur l’UE de certains partisans du « non de gauche », en fait très favorables à l’intégration européenne.

4- Sur les questions internationales, la tribune s’est trouvée encore plus en difficultés et  devant ses contradictions.

Dans la partie 1 du texte, un vote a imposé, par 58 voix contre 54, de spécifier notre solidarité avec Cuba, au grand dam de certains dirigeants.

Un amendement, voisin du nôtre, pour la solidarité avec la Palestine, contre la colonisation israélienne, a été également adopté.

A propos de nos amendements pour le retrait de la France de l’OTAN et celui des troupes françaises d’Afghanistan, la tribune (Pierre Laurent en l’occurrence) a estimé que, puisque nous étions tous d’accord, nous pouvions passer à la suite du texte sans les examiner…

 

Dans le chapitre sur le « nouvel internationalisme », Pierre Laurent a dû reconnaître (par son silence après notre intervention) que, pour la 1ère fois, le congrès du PCF aurait lieu en l’absence de délégations étrangères. Quel signe d’ouverture internationaliste ! De même : l’absence de tout compte-rendu de la rencontre, dont nous avons seuls signalé la tenue, des partis communistes et ouvriers à Sao Paulo du 21 au 23 novembre.

L’évocation de coopérations avec d’autres partis communistes a été gagnée dans le texte. Pour donner le change ?

 

5- La question des alliances et du « rassemblement » a occupé une grande part des discussions.

Nous avons dénoncé la manière sournoise de forcer la main aux communistes et le calendrier savamment étudié.

Avec d’autres, nous nous sommes scandalisés que les orientations pour la campagne et les candidatures aux élections européennes aient été décidées par le CN le 24 octobre, en pleine préparation du congrès, en évitant de demander leur avis aux communistes.

Pierre Laurent a alors répondu usant d’une langue de bois que l’on croyait révolue : maintenant que le vote est passé, les congrès départementaux et le national peuvent décider.

L’opération Mélenchon était bien téléphonée, pour qui en aurait douté. La Commission est arrivée avec des amendements de commande : « la création du parti de la gauche témoigne de la persistance des valeurs de gauche… ».

Les européennes : première phase de recomposition. Nous avons rappelé comment Mélenchon, suivant l’exemple allemand de « die Linke », s’est répandu sur le thème «  je ne peux pas demander au PCF de se saborder tout de suite ». Même s’il a corrigé le discours depuis. Une « Linke » à la française ?  

Un attelage réformiste, niant le Parti de classe et de masse qu’a été le PCF mais restant bien accroché au PS et intégré dans les institutions. En témoigne la phrase maintenue et défendue contre les critiques de plusieurs délégués: « notre objectif demeure une majorité, un gouvernement, une présidence de la République » de gauche.

L’intervention de Ian Brossat sur le Conseil de Paris a été supprimée. Mesure de précaution ? Nous avions prévu d’intervenir contre le suivisme sur Delanoë et Huchon, jusqu’à l’acceptation d’éventuelles alliances avec le Modem en 2007.

Patrice Cohen-Seat a tenté de faire passer un très long amendement pour définir les transformations du PCF dans le sens (suicidaire) de son livre. Nous avons vivement réagi contre ce « cavalier » qui, malgré ou grâce à l’attitude de la présidente Borvo, a été rejeté.

 

6- Le débat sur l’avenir du PCF a synthétisé les discussions précédentes.

Le camarade plein d’humour du 12ème  a été aussi plein de bon sens. Montrant la pleine page du Parisien accordée à Hue, il s’est demandé pourquoi ceux qui suivent exactement la même analyse que Hue au congrès départemental jusqu’à reprendre exactement les mêmes mots (Ainsi Gabriel Gau, élu délégué pour le congrès national au prix d’un malaise perceptible)  ne le suivent pas aussi en cohérence : vers la sortie du CN du PCF voire du PCF.

Comme une illustration, Véronique Sandoval (de la section « 15ème bis » - sic), qui a choisi l‘étiquette « gauche » aux législatives, a exprimé la crainte, du plus profond du cœur, que les transformations du Parti n’aillent pas jusqu’au bout.

 

Toutefois, vu l’attachement massif des communistes à leur parti, le PCF, il est apparu nécessaire de maintenir un flou sur les « transformations » bien que nous ayons été plusieurs à demander des éclaircissements…

La suppression par amendement dans le texte du mot très signifiant de « métamorphose » est finalement allée à l’opposé de notre souci de clarté, puisque cela ne changeait des « profondes transformations », dont on retrouve le sens à d’autres passages : - le procès sans nuances de l’histoire du mouvement communiste au 20ème siècle, ou dans le chapitre intitulé « une force ouverte et renouvelée ».

Comme nous l’avons rappelé, le choix de « l’ouverture » depuis la mutation a conduit à une restriction sans précédent de l’influence de notre parti. Le texte prévoir de continuer à « ouvrir » le PCF à des gens de « gauche » à qui on ne demanderait pas de devenir communistes, dont on respecterait les « cultures » différentes. En somme, un Parti communiste ouvert aux non-communistes, à ceux qui ne veulent pas être communistes, ou même qui s’affichent anti-communistes (Noël Mamère dans le groupe à l’assemblée…)? La « transformation » trouve sa signification : le PCF transformé en « parti de gauche » dont ceux qui voudraient continuer à se dire communistes seraient cantonnés dans une réserve d’Indiens comme un camarade du 20ème l’a décrit.

Nos amendements sur le retour de la cellule comme structure de base souveraine de la vie du Parti, orientée vers la lutte, ont été évacués, le mot cellule étant rappelé, de façon significative, mais sans son sens. De même que l’activité à l’entreprise est déconnectée de la lutte des classes.

 

La fin de la discussion sur le texte a ouvert à la discussion sur les candidatures. La thèse « officielle » est que la représentation de la diversité dans les instances de direction aurait paralysé le Parti. Nous sommes intervenus pour rétablir la vérité : les instances, tant le conseil national que le conseil départemental sont entièrement dessaisies des décisions, prises on ne sait plus où depuis qu’il n’y a plus de bureau politique officiel.

Le « respect des décisions majoritaires », rappelé dans la base commune, a été régulièrement bafoué par ceux-là même qui veulent bétonner encore davantage les directions.

En 2006, les communistes se sont prononcés, malgré les « collectifs antilibéraux » pour une candidature PCF assumée aux présidentielles. En décembre 2007, ils se sont exprimés définitivement sur la question de l’existence du PCF. La direction nationale sortante n’a eu de cesse de les ignorer et de les contrecarrer. Comme elle décide sans eux pour les élections européennes.

Pierre Laurent, dernier inscrit, s’est permis une attaque personnelle contre notre secrétaire, Emmanuel Dang Tran que le président de séance Michel Rizzi n’a pas autorisé à répondre. Nous lui avons répondu quand même : à chaque CN, comme Claude Fainzang, qui est intervenue précisément sur ce point l’a rappelé, Emmanuel et elle-même ont, au-delà de nourrir le débat, fait quantité de propositions d’action précises, pendant que d’autres étaient, par exemple, exclusivement obnubilés par la création de « collectifs antilibéraux ». Emmanuel et Claude ont été d’ailleurs soigneusement écartés des collectifs de travail où ils s’étaient inscrits…

A la fin du texte, a été rajouté, par les dirigeants nationaux eux-mêmes, comme nous leur avons fait dire, un paragraphe instituant une « commission nationale » chargée d’impulser les transformations du PCF. Après le congrès, sans les communistes.  

Cela commence bien !

 

Au total cependant, les dirigeants ne sont vraiment pas sortis confortés de la discussion !

 

L’élection des directions : la lutte des places !

 

Le congrès départemental a procédé dimanche entre 11h00 et 16h30 au renouvellement de son Conseil départemental, à la désignation de ses candidats au Conseil national puis enfin à celle de sa délégation au congrès national. Ces discussions se sont déroulées sur la base de deux réunions de la Commission des candidatures dont une consacrée au renouvellement du CN s’est prolongée jusqu’à 4 heures du matin dans la nuit de samedi à dimanche : une sorte de nuit des longs couteaux…

 

1- Le renouvellement du Conseil départemental :

 

Nous avons rappelé dans la discussion combien le CD sortant avait été réduit au rang de chambre d’enregistrement, comment plus de la moitié de ses membres élus n’y assistaient quasiment jamais, combien la vie réelle, la lutte des classes y étaient rarement évoquée…

Nous avons indiqué ci-dessus comment la tentative de bétonner le futur CD s’est retournée contre ses instigateurs. Les 14 élus de la liste alternative, qui ne se laisseront pas classés « à part », aideront sans aucun doute à rendre au CD son rôle véritablement dirigeant, sa capacité de prise d’initiative en lien avec l’activité militante dans les sections, les quartiers populaires et les entreprises.

 

Voici pour information leurs noms (qui s’insèrent dans la liste générale):

5ème ardt :     Benjamin Landais

10ème ardt :   Brahim Ben Jilani

11ème ardt :   Marie-Christine Vendeville

13ème ardt :   Joëlle Girard

14ème ardt :   Camille Marques

15ème ardt :   Anthony Crézégut

                   Emmanuel Dang Tran

                   Josette Gawsewitch

16ème ardt :   Claude Deffontaine

18ème ardt :   Christine Carpentier

19ème ardt :   Jonathan Chenal

                   Claude Fainzang

20ème ardt :   Gilles Goulot

                   Pascale Noizet

 

On pourrait rire de l’intégrisme de la parité et du respect de la « diversité ». Notre délégation, qui refuse cette théorie anti-républicaine des quotas, représentait bien la moitié des représentants des « minorités visibles ». Quant à la parité, pour la contourner, la commission des candidatures a prévu d’adjoindre au CD onze invités masculins…

 

2- La délégation au congrès national :

 

La tribune nous a appris que la fédération de Paris avait le droit à 17 délégués au Congrès national. La liste retenue par la Commission des candidatures a été votée en bloc, suivant les statuts.

Dans la discussion préalable, nous avons dénoncé comment les 26% de vote pour le texte alternatif « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps », les votes encore supérieurs contre la base commune amendée dans les sections, se trouvent réduits dans la délégation au congrès à 2 délégués sur 17 (12%): Emmanuel Dang Tran et Claude Fainzang.

Le texte alternatif n°2 est représenté par un délégué.

On n’aura pu que constater combien les deux principaux dirigeants nationaux du groupuscule entriste « Riposte », qui se trouvaient derrière ce texte alternatif, présents au congrès départemental, s’y sont peu fait remarquer, aussi bien dans les débats que dans la discussion sur les candidatures. S’insérer à la vie militante du PCF ne semble pas les intéresser.

 

3- Les candidatures proposées pour le prochain CN

 

Cette partie de la discussion a été interminable. Ce qui pourrait sembler paradoxal alors que le congrès départemental n’est pas décisionnaire.

La discussion de la commission des candidatures dans la nuit du samedi jusqu’à 4 heures a été le théâtre d’un affrontement féroce entre les clans dirigeants, comme Josette Gawsewitch qui représentait notre section ou Claude Fainzang peuvent en témoigner. Avant le congrès national, il s’agissait pour chacun de négocier au mieux le maintien de ses places, l’équilibre des groupes. Le compromis passé, la séance plénière du dimanche après-midi était presque totalement apaisée. Comme Henri Malberg l’aura presque radoté tout le long du congrès, faisant semblant d’ignorer les différends de fond : « aimons-nous les uns les autres ! »

 

La plupart des intervenants n’avaient à la bouche que le « respect de la diversité » pour justifier l’équilibre trouvé.

Etonnamment, les trois membres du CN sortant, Auriol, Dang Tran et Fainzang signataires du texte alternatif ont été écartés des propositions, sans autre motif que leur élection en 2006 sur la liste alternative.

Comme d’autre, nous avons fait remarquer qu’il est bien contradictoire, au nom de la diversité, de retenir les noms de ceux (Borvo, Cohen-Seat, Relinger, Sandoval, Briant…) qui veulent métamorphoser le PCF, le dépasser dans la suite de leur bilan mais de laisser de côté ceux qui depuis des années se battent pour renforcer le PCF et auxquels les communistes ont donné raison à l’assemblée extraordinaire de décembre 2007.

Les sortants « refondateurs » qui ont boycotté le congrès départemental n’ont pas non plus été retenus.

Le vote à bulletin secret a reflété la persistance de fortes tensions : sur 127 exprimés, Briant a été rayé 62 fois, Cohen-Seat 55 fois, Dimicoli 30 fois, Mazet 37 fois, Relinger 35 fois, Brossat 28 fois, Borvo 32 fois… Bessac 12 fois se situant au point d’équilibre des groupes et s’étant gardé de trop afficher de couleur.

 

Dans l’Union sacrée de façade des directions sortantes, qui ont voté la base commune ou se sont abstenues (Dimicoli), doit-on voir l’union sacrée de ceux qui portent à des titres divers mais solidairement la responsabilité de l’affaiblissement sans précédent du Parti ?

 

A Paris comme ailleurs, dans leurs sections, les communistes ont commencé à bousculer cette logique, à inverser dans l’action la stratégie qui mène le parti au déclin, qui prive le monde du travail de sa force politique la plus conséquente dans la lutte des classes qui fait rage.

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Published by Vive le Parti Communiste Français - dans 34ème congrès - préparation déroulement
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