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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 22:48

Rencontre internationale les 15 et 16 novembre 2008 organisée par le PCF sur le thème : « Construire un nouvel internationalisme ».

 

Intervention de la représentante du Parti Communiste de Grèce, Diamanto Manolakou, membre du Comité central et députée

 

La nécessité d’un mouvement international de contestation et de rupture avec le capitalisme


(remercions nos camarades grecs pour la traduction qui comprend nécessairement quelques approximations)

Chers camarades,

 

C’est avec grand intérêt que nous prenons part à la rencontre organisée par le PCF avant son 34ème congrès. La formulation de l’invitation [en anglais] suscite à elle seule l’intérêt. Je me réfère au mot « Encounter », qui porte en grec à la fois la notion de la réponse commune, de la rencontre et la notion de conflit, de confrontation, de controverse. Quelle que soit la notion retenue, le débat d’aujourd’hui sur la situation internationale, le rapport de forces mondial, les diverses actions internationales de solidarité, renvoie aux principes et valeurs du mouvement communiste, à la solidarité internationaliste, à l’internationalisme prolétarien, au fameux mot d’ordre de 1848, dans le Manifeste du Parti communiste : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ».

 

Cette question fondamentale renvoie aussi aux débats des années 70 dans le mouvement communiste qui ont été provoqués par les points de vue du Parti communiste italien sur un « nouvel internationalisme ». Bien que le débat concernait la capacité de rassembler le plus grand nombre de forces sociales et politiques possible pour faire face aux problèmes universels communs, il s’en est suivi un affaiblissement de l’unité et de l’internationalisme au sein du mouvement communiste, la contestation du rôle des PC, de la classe ouvrière, etc, conduisant finalement à la création de situations qui ont profité en définitive aux forces impérialistes face aux forces socialistes. Il s’est avéré que, même si de nombreux problèmes étaient communs, les solutions étaient totalement différentes parce que dépendant du système social, de la politique de classe qui jouerait un rôle dominant. Par conséquent, même ces problèmes universels montraient encore et encore la nécessité d’une solution d’opposition fondamentale avec le système capitaliste d’exploitation, et donc le renforcement de toutes les caractéristiques du mouvement communiste et le renforcement du rôle du parti communiste.

 

Dans les conditions actuelles, après le renversement de l’Union Soviétique et le rétablissement du capitalisme dans les pays socialistes d’Europe, cette conclusion se vérifie, à notre avis, de la manière la plus manifeste.

 

Aujourd’hui, nous ne sommes ni en 1989, ni en 1991. Plus de 15 ans ont passé. L’attaque du capital contre les droits et conquêtes des travailleurs dans cet espace de temps a pris des dimensions jamais vues, et tour à tour, a provoqué de fortes réactions et mobilisations, provoqué le « NON » des peuples aux traités et choix fondamentaux de l’UE, des manifestations contre les interventions impérialistes dans les Balkans, en Irak, au Liban, en Palestine et ailleurs.

 

L’environnement, qui constitue aussi un problème en plein essor, est lui aussi la victimes des profits monopolistes, de l’agressivité impérialiste en général. Certaines des menaces les plus caractéristiques sont : le réchauffement de la planète en général et dans l’hémisphère nord en particulier, la destruction des forêts tropicales, la sécheresse, les déchets nucléaires, etc.

 

Les impérialistes sont unis entre eux dans leur attaque contre les travailleurs, alors qu’ils sont en compétition sur les marchés et dans les zones d’influence. C’est dans le cadre de la stratégie unifiée de l’impérialisme que se développent les contradictions inter-impérialistes et antagoniques pour la première place dans le partage des marchés et des sphères d’influence en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique. Ces contradictions s’expriment, directement ou indirectement, sur les fronts de guerre, dans les foyers des conflits nationalistes, dans les conflits en pays voisins. Les centres impérialistes sont en situation d’antagonisme les uns par rapport aux autres. Les forces impérialistes les plus puissantes derrière les Etats-Unis s’emploient à conserver et étendre leur hégémonie.

 

A cette course prennent part d’autres pays capitalistes émergents, revendiquant une plus grande part et un plus grand rôle dans le système impérialiste international. De nouvelles alliances se forment, provisoires ou davantage permanentes, au niveau régional, notamment en Asie du sud-est, en Amérique Latine, afin de se confronter à l’hégémonie des Etats-Unis. Ces alliances aspirent à avoir un rôle plus important, au moins égal, à celui des Etats-Unis dans l’internationalisation capitaliste.

 

La tendance à la dégradation de la position de la classe ouvrière et d’importants secteurs des couches moyennes des pays résulte de l’antagonisme et du déséquilibre régional et international. Dans tous les centres et unions impérialistes (G8, UE, OTAN, FMI ? OMC) apparaissent des contradictions en raison du développement déséquilibré et des reclassements qu’il provoque dans le rapport de forces.

 

Objectivement, la lutte anti-impérialiste et anti-monopoliste est liée davantage et s’intègre organiquement dans la lutte pour renverser le capitalisme. Il englobe de par sa nature des ruptures qui sapent les fondements de sa domination capitaliste. Il crée les conditions de la conquêtes du pouvoir politique par la classe ouvrière et ses alliés.

 

La stratégie de l’impérialisme vise, d’un côté à faire face à la difficulté que connaît aujourd’hui le système capitaliste à reproduire le capital social de la même façon et avec la même facilité relative qu’il avait avant, et d’un autre côté à empêcher à temps toute contestation du système dans un pays donné, dans une série de pays. A empêcher la marche d’émancipation des peuples en faveur du socialisme.

 

La lutte idéologique aujourd’hui tourne autour de cette contradiction.

 

La dite mondialisation constitue l’idéologisme [sic] central, tant des courants idéologiques opportunistes, à la fois bourgeois et petit-bourgeois, mais ayant un dénominateur commun, à savoir l’effort pour occulter le caractère capitaliste et le caractère de classe. Sous prétexte des rythmes accélérés de l’internationalisation capitaliste qui se manifeste par la hausse effrénée du volume du commerce international et de l’exportation de capitaux, et sur la base aussi de leur impact sur les accords interétatiques et unions, on fait passer l’idée que la nécessité d’une stratégie révolutionnaire au niveau de chaque pays séparément n’existe plus. Et que soi-disant est supprimée ou tend à être supprimée l’organisation de l’Etat-nation, alors qu’est mise en avant, en tant que stratégie au plan régional et international, la soi-disant nécessité d’accepter et de réformer les unions impérialistes.

 

Sur le fond des idéologies impérialistes se développent des théories plus pointues sur la « fin du travail et de la classe ouvrière », sur « la suppression de la propriété capitaliste individuelle en raison des nouvelles technologies », de la « société post-industrielle », voire même des théorie réactionnaires, telles que le « choc des civilisations », le « choc des religions ».

 

Les partis socio-démocrates, les forces du compromis et de l’opportunisme, répandent systématiquement ces conceptions préjudiciables et anti-scientifiques selon lesquelles l’impérialisme aurait cédé sa place à une nouvelle réalité, dans laquelle l’opposition « forces productrices/relations de production » ne jouerait aucun rôle. Il y a un effort systématique aussi de la part de certains qui utilisaient le terme scientifique « impérialisme » pour le supprimer et privilégier la terminologie sans classe de « mondialisation » ou pour faire référence au monopolisme et à l’hégémonie des Etats-Unis. Délibérément, ils méconnaissent la co-responsabilité des autres forces impérialistes et unions interétatiques, à savoir la stratégie unifiée de l’impérialisme, lequel constitue le stade suprême du capitalisme.

 

Jusqu’à tout récemment, certains courants idéologiques avançaient la thèse qu’un nouveau stade de développement socio-économique s’est formé sous l’aspect d’un « empire » qui constituerait « une forme mondiale de domination ». Selon leurs vues, cet « empire » se compose d’une série d’organismes nationaux et supranationaux, sans contradictions et antagonisme, qui irait avec l’affaiblissement jusqu’à la disparition du pouvoir et du rôle de l’Etat national, qui serait dénué de centre territorial de pouvoir.

 

Pour soutenir la théorie d’une nouvelle réalité socio-économique, ils mettent en avant l’argument que le mouvement du capital financier s’autonomiserait du capital industriel.

Mais la réalité confirme que la plus grande partie du mouvement du capital est contrôlée et dirigée par des groupes monopolistes, se trouvant dans les trois plus grands centres impérialistes. Les phénomènes contemporains apparaissant dans la circulation de l’argent sont le produit du développement capitaliste et reflètent le fonctionnement parasitaire de la reproduction capitaliste dans la conjoncture actuelle où s’affirme la nécessité de la propriété sociale des moyens de production.

 

Ils considèrent comme nouveaux sujets révolutionnaires, les divers forums et les multiples organisations non gouvernementales (ONG), dont bon nombre sont l’œuvre des multinationales, en opposition avec l’alliance de la classe ouvrière et des autres couches populaires, en confrontation avec le rôle d’avant-garde révolutionnaire dans le mouvement anti-impérialiste et antimonopoliste, dans la lutte pour le socialisme.

 

Le dénominateur commun des idéologismes des socio-démocrates et des opportunistes modernes, malgré leurs divergences, consiste au fait qu’ils visent à occulter le caractère de l’impérialisme en tant que capitalisme monopoliste dont la continuité historique est le socialisme.

 

Lorsque les supporters de la mondialisation sans classe ou dudit « empire » sont contraints de reconnaître des problèmes liés au capitalisme ou lorsqu’ils exercent des critiques contre la mondialisation, ils proposent comme solution la régulation du marché mondial, avec des recettes de gestion de la crise. Ils propagent un esprit systématiquement fataliste, mais aussi l’illusion, mais aussi l’illusion que les changements radicaux auront lieu soit partout, soit nulle part. Ils incitent la classe ouvrière à renoncer à la lutte pour le pouvoir au plan national, à ne pas l’associer dialectiquement à l’action internationaliste, mais à se détacher de la réalité, optant pour des manifestations internationales de protestation de temps à autres contre les réseaux mondiaux, les sociétés, dans une logique de gestionnaire.

 

Le Parti communiste de Grèce insiste par conséquent sur le fait que, sans front puissant et structuré contre l’opportunisme, il est impossible de mener une lutte constante contre l’impérialisme. L’opportunisme fait obstacle à la radicalisation des masses les plus larges contre le système de l’exploitation capitaliste. Les traits distinctifs durables de la tactique de l’opportunisme sont l’adaptabilité, le double langage, les manœuvres politiciennes, la création de sensations, le mimétisme, l’attachement à des idéologies qui ont pris des coups, dans la théorie comme dans la pratique, depuis le début du 20ème siècle déjà.

 

La proposition « anti-néolibérale » que met en avant l’opportunisme n’est pas seulement éloignée, mais elle est en opposition fondamentale avec l’orientation anti-impérialiste, anti-monopoliste. L’essentiel et le fondamental de cette idéologie, c’est de dissocier la politique de l’économie, de dissocier les solutions proposées de la réalité concrète que créent les restructurations capitalistes. Ces propositions n’échappent pas à une nostalgie de l’Etat-providence » capitaliste du passé. L’idée centrale de cette proposition, c’est qu’il est possible de réguler le marché capitaliste et d’opérer le mariage des restructurations capitalistes avec une politique sociale en faveur des travailleurs. Bref, une proposition complètement désorientante.

 

L’attitude aussi face à l’UE est d’importance décisive concernant le vrai caractère d’un parti, surtout d’un parti qui prône le socialisme. L’alignement de la politique d’un parti sur la logique de la voie unique de l’UE infirme toute proclamation pour une politique radicale au niveau national, pour une démarcation tranchée avec la social-démocratie.

 

Le développement du mouvement anti-impérialiste, antimonopoliste passe surtout par le règlement des sérieux problèmes qui caractérisent le mouvement communiste international. Il dépend bien sûr également de la marche du mouvement syndical ouvrier qui se trouve lui aussi dans une phase de reclassement.

 

Comme résultat de cette situation, et aussi longtemps que le mouvement communiste n’aura pas fait face à sa crise et n’aura pas affirmé sa propre présence bien distincte, un certain nombre d’autres forces, qui sont sous l’influence directe de la social-démocratie internationale, tenteront d’orienter ces mouvement dans le sens de la coopération de classes er d’un capitalisme soi-disant à visage humain.

 

La création du « Parti de la gauche européenne » (PGE), comme nous l’avons dit, avec la participations de certains partis communistes, exprime cette tendance de soumission dans le rapport de force défavorable aujourd’hui. Il constitue objectivement, indépendamment de choix et de déclarations subjectives, l’acceptation fataliste de la force de la légalité bourgeoise. Le PGE refuse la théorie du socialisme scientifique, les traditions communistes et l’expérience des révolutions socialistes du 20ème siècle. Il choisit la voie dangereuse, menant à l’impasse, de la décommunisation et de l’intégration dans les structures de l’UE. Il entrave de cette façon les efforts de coordination et de coopération équitable des partis communistes, des partis ouvriers et des autres partis de gauche, dans leur opposition avec le centre impérialiste européen et le système capitaliste en général.

 

Dans un monde aujourd’hui très noir, ils avancent un capitalisme « plus moral et humain », dont pourraient profiter en même temps les forces du capital et les forces du travail.

 

Aujourd’hui sous le poids de la crise qui a commencé à partir de la métropole du capitalisme, les Etats-Unis, et qui se répand aux autres centres de l’impérialisme, les tons de l’arrogance et du capital déchaîné, ivre de sa victoire sur les Etats socialistes, sont tombés. A présent, le scepticisme domine à propos de la crise, ainsi que la préoccupation de surmonter la crise à nouveau au profit du système.

 

Dans les conditions actuelles, il est en encore plus clair que le 21ème siècle sera marqué par le passage du capitalisme au socialisme. Evidemment personne ne peut se prononcer contre les mesures ayant pour but de défendre les travailleurs devant les attaques et les escroqueries des banques. D’autre part, il est bien plus important d’être conscient du fait qu’aussi longtemps que e capitalisme continuera à exister, les crises vont se répéter avec une violence de plus en plus accrue. C’est pour cela que les besoins humains peuvent être satisfaits seulement en détruisant le système basé sur l’exploitation humaine. C’est pour cela que du point de vue de la classe ouvrière de chaque pays, la seule réponse possible à la crise capitaliste est le socialisme.

 

C’est dans cette direction que nous renforçons notre action et nous espérons avoir une série d’initiatives communes avec les partis communistes et ouvriers de toutes les parties du monde qui se réuniront du 21 au 23 novembre à Sao-Paulo au Brésil.

 

Merci pour votre attention.

 

 

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Published by Vive le Parti Communiste Français - dans PCF et UE - PGE
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