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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 10:59

Pas d’avenir sans PCF – Rencontre nationale des 29 et 30 août 2008 à Paris

Une synthèse du débat sur le PCF et l’Union européenne


Dès l’origine, le PCF a analysé l’UE comme un outil de coordination des élites capitalistes et un instrument de destruction de la nation en tant que cadre de la souveraineté populaire, des conquêtes sociales, par définition, de la nationalisation de certains grands moyens de production (services publics)…

S’appuyant sur cette analyse, le PCF, ses militants ont pu montrer, encore ces dernières années (traité de Maastricht, monnaie unique, TCE), leur capacité à porter largement et efficacement la critique de l'Europe du capital, en lien avec les luttes politiques dans le pays.

L’action et le discours des militants communistes ont réussi à faire le lien, y compris en 2005, entre la dégradation des conditions de vie à l'approfondissement de la « construction » européenne.

Dans notre discussion, des exemples d’actualité ont illustré combien le rapport politique et idéologique est étroit entre les entreprises de liquidation des acquis sociaux et démocratiques nationaux et la promotion d'une entité européenne : mise en cause des départements dans le cadre de la promotion d'une Europe des régions, Révision Générale des Politiques Publiques, attaques contre des conventions collectives...

L’UE a-t-elle changé de nature avec l’évolution de la situation politique mondiale ? Pour tous les intervenants, la réponse est NON.

La chute du mur de Berlin n’a pas modifié les objectifs de la « construction » européenne. Un camarade rappelle que la « concurrence libre et non faussée » du projet de « constitution » de 2005 figurait déjà dès l’article 3 du Traité de Rome. La nouvelle étape du développement de la mondialisation capitaliste n’a pas modifié mais aggravé les prétentions du projet capitaliste de l’UE et renforcé sa fonction destructrice des acquis sociaux et démocratiques nationaux.  

La réflexion est engagée de savoir si l’UE est, aspire à devenir, un impérialisme secondaire (subordonné à l’Américain) ou une puissance impérialiste autonome. Dans tous les cas, l’intégration européenne est fondamentalement opposée au développement de l’internationalisme.

A l'extérieur, l'UE contribue à la mise en coupe réglée des économies émergentes en association avec les USA et le Japon au sein de l'OMC et suit de près toutes les agressions militaires américaines. La propagande autour de « l’Europe », la promotion d’une « Europe puissance » s’apparentent sur le plan idéologique à un nouveau nationalisme.

A l’intérieur, il est significatif que l’UE détruise les quelques exemples de coopérations internationales réussies, hors de son cadre, entre pays européens comme Airbus ou Galileo et les détournent au profit des multinationales.

Les transferts de pans de souveraineté vers l’UE, nominaux ou réels (monnaie, commerce extérieur) n’ont pas non plus supprimé le cadre national comme cadre principal de l’expression démocratique des peuples. Les référendums irlandais, néerlandais et français le montrent. La résistance à la domination capitaliste, dont l’intégration européenne est un instrument, ne peut se faire que dans le cadre national et international et non dans le cadre de l’UE elle-même, qui est incompatible avec la construction d’une alternative politique.

Des camarades ont aussi démonté le caractère illusoire et trompeur de « l’Europe sociale » ou du concept de « services publics européens », dénommés par l’UE « services d’intérêt général » qui part de la privatisation des monopoles publics nationaux dans l’intérêt des multinationales (ex : Véolia). 

L’adhésion à « l’intégration européenne » traduit la dérive « réformiste » de la direction du PCF.

Depuis les années 90, la direction du PCF a profondément changé sa position sur l’UE. Le renoncement en 1998 à la bataille pour le référendum sur la monnaie unique et le traité d’Amsterdam (que la « gauche plurielle » venait d’approuver), et l’expérience de la « Bouge l’Europe » ont constitué des ruptures.

La direction du PCF s’inscrit aujourd’hui dans le projet d’intégration européenne, auquel elle subordonne la perspective politique en confondant, de façon aberrante, internationalisme et « euroconstuctivisme ». Cette posture se traduit soit par la revendication « d’une autre Europe » soit par celle de la revendication d’une « réorientation de l’Europe ». On se souvient comment ont été désarçonnés certains camarades le soir du 29 mai 2005 en entendant MG Buffet réclamer à la télévision la « renégociation » de la « constitution » qu’ils venaient de combattre.

Un camarade a rappelé comment Francis Wurtz affirme dans les réunions que les services publics nationalisés, « à la française », sont dépassés, « parce que même nos amis européens n’en comprennent pas la conception ».

Un autre a montré comment la posture euroconstructive faisait glisser les positions sur l’OTAN, le Proche-Orient et abandonner des positions anti-impérialistes.

Le tournant « euroconstructif » participe de l'inflexion générale des positions idéologiques de la direction du PCF vers le « réformisme » (cette caractérisation fait l’objet d’un autre débat) depuis au moins le milieu des années 1990.

Le passage d'une analyse de classe de ce qu'est la « construction » européenne à une appréciation humaniste (« mettre l'Europe au service des hommes ») peut néanmoins passer inaperçu auprès de bon nombres de camarades. D'abord parce que le PCF est resté formellement impliqué dans une position hostile aux politiques européennes (bataille du Non au référendum), même s'il demeure une forte ambiguïté entre la position défendue par la plupart des militants et la direction. Ensuite parce que la direction a supprimé une bonne part des lieux de débats idéologiques dans le parti, et saboté les lieux de formation politique des communistes (voir l’indigence des « universités d’été » !).

Le niveau européen : prétexte et instrument à une recomposition politique qui efface le PCF.

L’abandon des positions communistes sur la question européenne va de pair avec l’adhésion sans réserve au Parti de la Gauche Européenne.

La nature du PGE a été cachée aux communistes lors de la consultation interne de 2004 comme depuis. Comme l’ont rappelé plusieurs camarades, ce « parti européen » est subventionné par les institutions européennes sous la condition expresse d’approuver et d’œuvrer à la construction d’une « entité européenne ».

Le PGE est à la fois le modèle et l’instrument de la poursuite de la « mutation » réformiste des partis communistes d’Europe, par ses positions et par son action.

Dans plusieurs pays, il soutient les éléments les plus réformistes des partis communistes membres voire des partis concurrents contre les partis communistes nationaux qui refusent de suivre sa ligne (Grèce, Portugal, République tchèque…).

Ses silences, comme ceux de la direction du PCF, sur les attaques menées dans différents pays de l’Union contre les mouvements communistes sont lourds de signification : aucune action contre l’interdiction de la JC tchèque, pour soutenir la direction, traînée devant les tribunaux, du Parti communiste ouvrier hongrois, rien contre le rapport Linblad.

La direction du PCF a également minimisé l’élection d’un président communiste à Chypre.

Le PCF transformé en « Parti de la gauche » comme le PGE ? ou comme « die Linke » en Allemagne (qui en assume la présidence) ? transformé en « section française du PGE » ? Les élections européennes de 2009 pourraient fournir, après le congrès, l’occasion d’une nouvelle étape dans la stratégie de disparition du PCF.

Au plan international et européen, la coopération internationale entre partis communistes et progressistes existe pourtant, hors du PGE. Elle s’est manifestée notamment à travers plusieurs appels internationaux initiés par les partis grecs et portugais, notamment contre le Traité de Lisbonne.

Signe de la gène de la direction sortante du PCF : elle les occulte (ne les publie pas, ne les traduit même pas en Français) même lorsqu’elle y a apposé la signature du PCF.

Le cadre européen est aussi un bon prétexte pour se tourner vers le syndicalisme de collaboration de classe. Plusieurs intervenants ont dénoncé la mise en avant de la Confédération Européenne des Syndicats, CES, comme notre partenaire syndical normal au niveau européen. Approuvant toutes les étapes de la « construction » européenne, y compris le TCE et le traité de Lisbonne, ce syndicat s’est toujours placé dans l’aménagement de la « concurrence libre et non faussée ». Ses positions, aux antipodes d’un combat de classe, sont donc totalement incompatibles avec les luttes que nous menons.

La recomposition politique au moyen de l’Europe s’est également manifestée, en France, avec l’épisodes des collectifs antilibéraux, issus des collectifs du non de 2005. Même si au plan local, les expériences, comme l’ont illustré certains camarades, n’ont pas toutes été négatives en terme de rassemblement et de lutte.

A l’occasion du 34ème congrès du PCF: réaffirmer le rejet de l’UE et la position internationaliste des communistes.

Notre discussion prenait place dans la perspective de l’élaboration d’un texte alternatif pour le congrès. Les analyses à écrire ne partent pas de rien, mais des positions développées dans le Parti plus ou moins jusqu’aux années 90 et de notre expérience militante.

Tous les camarades s’accordent pour réaffirmer l’opposition à l’Europe du capital, dans la suite du référendum de 2005, dont le résultat est analysé principalement comme un vote de classe.

La bataille contre la politique au service du Medef et du capital en France va de pair avec la dénonciation et le rejet du projet de l’UE, de « l’Europe des marchands », de « l’Europe des multinationales ».

L’expression de ce rejet doit-il se faire sous le slogan de « sortie de la France de l’UE », sous l’affirmation de la souveraineté populaire contre ses prétentions, dans une logique de désobéissance, de délégitimation de l’intégration européenne ?

Les directives qui cassent nos services publics, nos conquêtes sociales n’ont aucune légitimité pour s’appliquer en France et le gouvernement français qui utilise l’UE pour avancer sa politique capitaliste peut parfaitement les rejeter (d’autant mieux que c’est lui-même qui les a signées).

Une de nos préoccupations principales, pour le congrès, mais surtout pour la suite, doit être d’articuler notre rejet de l’UE avec nos luttes nationales, de démonter la légitimité de l’UE du capital.

Une autre est de mettre en avant notre position internationaliste : oui à des coopérations mutuellement avantageuses, librement consenties par les peuples, en dehors du cadre de domination capitaliste. Elles sont de plus en plus nécessaires. L’Amérique latine fournit un exemple politique d’alternative à l’intégration capitaliste.

Nous refusons de nous enfermer dans le dilemme « intégration européenne/repli sur soi nationaliste » en défendant la coopération et de solidarité de classe au niveau international. C’est ce que devront porter les listes présentées par le PCF aux élections européennes.

Cela implique, sur le plan du PCF, de demander la sortie du PCF du PGE et la participation, avec un rôle moteur, de notre parti au développement de la coordination des forces communistes et progressistes au niveau des pays de l’Union européenne, au-delà d’Europe, et du reste du monde. 

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Published by Vive le Parti Communiste Français - dans PCF et UE - PGE
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