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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 09:00

Pas d’avenir sans PCF - Rencontre nationale – Paris, les 29 et 30 août 2008

Intervention de Diamando MANOLAKOU, membre du Comité central du Parti communiste grec (KKE), députée au parlement grec, ancienne députée européenne.

(Version française transmise par nos camarades du KKE – merci pour leurs efforts de traduction)

 

Chers camarades,

Je vous transmets les salutations du Parti communiste de Grèce et des vœux pour un bon déroulement de votre conférence. Nous apprécions tout effort pour la reformation des forces communistes de classe en France. Tous les pas vers cette direction sont précieux ; ils contribuent à la résistance aux attaques contre les travailleurs et leurs conquêtes, aux attaques contre les libertés démocratiques, à la diffamation des communistes et des offres du socialisme.

Les développements récents au Caucase et l’installation des missiles américains demandent l’intensification de la lutte contre la rivalité des impérialistes et le risque d’un conflit armé dans le cadre d’une crise étendue.

Ils demandent la création d’un mouvement fort de lutte contre les monopoles et l’impérialisme, qui sera capable d’apporter le renversement de la corrélation des forces politiques dans nos pays et dans l’Union européenne.

Nous espérons que votre activité contribuera au renforcement de la lutte des partis communistes et ouvriers et des autres forces aux élections européennes de juin 2009, contre l’UE de Maastricht, de l’exploitation, des entreprises multinationales et de la guerre.

Nous nous réjouissons que les développements dans l’UE aient été récemment marqués par le NON du peuple irlandais, qui a apporté l’effondrement des efforts pour rétablir la constitution européenne déjà rejetée par les peuples français et hollandais. Nous nous réjouissons aussi de la montée des luttes des ouvriers et des jeunes, de luttes fortes contre les politiques de l’UE et des pays membres. Il y a une tendance vers des luttes de classe plus intenses. A travers ces luttes et l’intensification des contradictions et des difficultés dans le cadre de ‘UE, l’argument de quelques organisations [à savoir] que l’UE est « une réalité à laquelle on doit obéir » commence à vaciller ; l’illusion que, dans le cadre de l’UE, il puisse y avoir des politiques en faveur des travailleurs ou « qu’une autre UE est possible » s’amenuise. Nous croyons que la rupture de l’édifice de l’Union devient plus possible.        

C’est le but pour lequel nous luttons en Grèce. Nous savons que notre combat pour le pouvoir et l’économie populaires, qui donne lieu au socialisme et à l’abolition de l’exploitation de l’homme par l’homme – ce qui est la raison d’être de notre parti – ne peut être accompli que dans la lutte contre l’UE, l’OTAN et les autres organisations impérialistes. Nous luttons pour que notre pays se dégage des chaînes de l’UE, parce que l’unification capitaliste n’est pas une procédure objective – comme certains veulent nous en persuader – et qu’elle ne peut pas être améliorée en faveur des travailleurs.

Avec d’autres partis communistes et ouvriers, nous avons essayé de développer une action commune contre la Stratégie de Lisbonne et le nouveau traité, contre la militarisation, contre l’anticommunisme et l’attaque des conquêtes démocratiques et sociales, pour l’éducation, les relations avec Cuba et l’Amérique latine, contre les missiles américains etc.

Tout en mettant en lumière les besoins contemporains des travailleurs et les possibilités offertes par l’évolution technologique. Malgré les approches différentes sur quelques sujets, cette action commune avance considérablement, parce qu’elle répond aux besoins des travailleurs et des jeunes et surtout parce qu’elle répond aux attentes des travailleurs [vis-à-vis] des communistes et forces anti-impérialistes de classe.

Nous croyons que la lutte imminente des élections européennes de juin 2009, pour laquelle notre parti a déjà publié ses propositions politiques, constituera un nouveau pas dans le cadre de cette collaboration. Ensemble, avec une série de partis communistes et ouvriers des pays de l’UE, nous sommes déjà d’accord sur un cadre de buts politiques et de formes d’action commune, ouvert à toutes les forces qui ont des aspirations similaires.

Un obstacle important à l’action commune des partis communistes et ouvriers et d’autres forces qui résistent à l’UE est – sans doute – la formation et l’activité du Parti de la Gauche Européenne. Son activité négative, en tant que facteur de sabotage et d’affaiblissement du mouvement ouvrier et populaire, a été prouvée récemment en Italie. Dans ce pays, ainsi qu’ailleurs, on a constaté à nouveau que le rôle du parti communiste révolutionnaire est irremplaçable ; d’un parti lié à la classe ouvrière, avec des fédérations ouvrières, fondé sur le socialisme scientifique et ayant des principes de fonctionnement d’un parti de type nouveau.

Notre critique de la Gauche européenne ne signifie pas que le KKE n’est pas disposé à coopérer avec des forces plus larges, comme c’est le cas au Parlement européen, dans le cadre du groupe GUE/NGL, pourvu que nous gardions notre autonomie et que cette coopération soit caractérisée par des relations de respect et de parité mutuels.

Pourtant, peut-être le savez-vous déjà, ce cadre politique et ce type de relations ne caractérisent pas le Parti de la Gauche Européenne.

Pour cette raison, peremettez-nous d’exposer notre vue sur cette formation.

La formation de la «Gauche européenne exprime la tendance à la subordination complète à la corrélation des forces négatives. Elle constitue un développement négatif et une acceptation fataliste de la « légitimité » impérialiste. La Gauche européenne dénie les traditions communistes, la théorie du socialisme scientifique et l’expérience des révolutions socialistes du 20ème siècle, voire elle s’oppose à toute sorte de résistance populaire au nouvel ordre de l’UE.

Ce que la Gauche européenne promeut, c’est une variation de l’administration sociale-démocrate dans le cadre de l’UE capitaliste et de ses politiques.

La Gauche européenne a été constituée sur la base de l’article 191 du Traité de Maastricht, ayant comme but « l’intégration au sein de l’Union » et la « formation d’une conscience européenne ».

Son activité est contrôlée par le Parlement européen, c'est-à-dire par les forces les plus réactionnaires de l’UE. La Commission européenne, à travers un nouvel amendement du règlement sur le fonctionnement et les fonds des partis politiques européens, leur fournit des aisances nouvelles et augmente les supports financiers.

Dans toutes les déclarations du Parti de la Gauche Européenne, il y a l’angoisse, non pas de l’avenir des peuples de l’Europe, mais de l’avenir de la construction impérialiste qu’est l’UE. Dans ses textes, il essaie de cacher, derrière une phraséologie « antinéolibérale » confuse, des propositions soit utopiques, soit réactives. En même temps, les forces principales de la Gauche européenne veulent participer aux divers scénarios de réformation des systèmes politiques bourgeois et d’embellissement de la social-démocratie.

« C’est regrettable », dit la Gauche européenne, « que que quelques partis de gauche et social-démocrates suivent la ligne de libéralisation des marchés » au nom du « libéralisme de gauche ». De cette manière, la Gauche européenne couvre les responsabilités de ses forces dans l’application des politiques antipopulaires [menées] en collaboration avec les néoconservateurs. La Gauche européenne empêche de plus le dégagement de la classe ouvrière des partis bourgeois et crée des illusions.

D’autre part, sous la pression des luttes et le renforcement de la lutte des classes, la Gauche européenne reconnaît que la vie « elle-même nous pose de nouveau la question du socialisme ou de la barbarie ».

Le problème est que le Parti de la Gauche européenne, aujourd’hui comme dans le passé, n’a aucune relation avec la lutte pour le socialisme, mais se prononce pour la « reformation de la société comme une partie d’une reformation culturelle en introduisant de nouveaux modes de cohabitation ».

C’est caractéristique aussi que les « solutions alternatives » de la Gauche européenne ne se situent que dans le cadre de l’UE de Maastricht, étant donné qu’elle ne pose pas la question de leur abolition ou de leur rejet.

Sa critique du Traité de l’UE et de la stratégie de Lisbonne ne dénonce pas le caractère de classe, impérialiste et antipopulaire. Ce qui gène la Gauche européenne, est que leur orientation « vers la concurrence mondiale » n’est « ni économiquement raisonnable, ni efficace ». Il semble que cela ne la gène pas que ces conditions soient favorables aux monopoles et aux puissants, dirigées contre les intérêts des travailleurs, de la jeunesse et contre leurs besoins.

Leur solution « alternative » se contente du fait que « La Gauche européenne lutte pour la démocratisation de l’UE ». L’UE des monopoles et de l’impérialisme est considérée comme le véhicule de réalisation … de leur proposition « en faveur des peuples ».

Leur incorporation totale se voit dans leurs buts et demandes précis. Ils demandent une miette de services publics restant dans le secteur public, [par exemple] quelque chose concernant les ressources d’énergie renouvelable (un domaine où ils se trouvent en accord complet avec la politique et les arrangements de l’UE), quelque chose pour l’harmonisation des impôts ( !), l’augmentation du budget communautaire ( !), le … contrôle démocratique de la Banque européenne (§§) et ils font même une proposition pour « une politique active d’industrie et de recherche européenne liée à un secteur public européen capable de colaborer avec le secteur privé ». Les industriels seront d’accord !! Pourtant, les travailleurs, comme producteurs de la richesse, doivent « être suffisamment rémunérés ( ! – sic), le minimum en fonction de l’augmentation de leur productivité ( !!) », exactement comme le désire la stratégie néolibérale des restructurations capitalistes.

A part tout cela, les positions de la Gauche européenne justifient la campagne anticommuniste et considèrent que la lutte des classes et la lutte anti-impérialiste sont des choses dépassées.

A côté de déclarations connues anticommunistes et contre Cuba de ses divers dirigeants, se trouve son silence caractéristique à propos du mémorandum anticommuniste du Conseil de l’Europe, l’interdiction de l’activité de la Jeunesse communiste tchèque, le procès contre la direction du Parti communiste ouvrier de Hongrie, alors même que ce dernier parti est membre du PGE, etc…

Dans le capitalisme actuel, selon da Gauche Européenne, il n’y a plus de production matérielle et d’exploitation capitaliste. Le profit a comme source « l’investissement capitaliste dans les biens immatériels (connaissances, information, communication, formation, loisirs, culture), dont l’utilisation par un « consommateur » n’empêche pas l’utilisation par d’autres « consommateurs », contrairement aux biens matériels.

Ainsi, on dépasse le but du renversement des relations de production. Que reste-t-il, donc, comme but au mouvement ouvrier et à la « gauche » ? Rien du tout ! « Aujourd’hui, le but fondamental de la gauche doit être de revendiquer la connaissance comme un bien public et de lutter pour implémenter ce principe ». Mais, même avec cette propositions, la Gauche Européenne ne défens pas une éducation complètement publique et gratuit, ni l’abolition de toute sorte d’intrusion des entreprises dans le secteur de l’éducation.

La Gauche Européenne confirme qu’elle ne peut rien offrir de nouveau et de positif aux luttes qui se développent. Le problème est de savoir comment, dans sa descente, elle n’entraînera pas de forces communistes et radicales, de forces syndicales de classe et d’autres forces qui se radicalisent et cherches à se joindre à la lutte organisée.

Dans plusieurs pays, ils [PGE] poursuivent une stratégie sournoise en essayant de changer le caractère des partis communistes. Quelque fois, ils n’attaquent pas directement le caractère [la dénomination] communiste des partis mais leur identité.

Chers camarades, selon notre expérience, l’opportunisme a plusieurs visages. Méthodiquement et systématiquement, ils transmutent progressivement leur politique et leurs principes.

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Published by Vive le Parti Communiste Français - dans PCF et UE - PGE
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