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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 01:07

34ème congrès. Bilan de la stratégie actuelle en terme comptable : une liquidation !

 

Notre congrès se tiendra 18 mois après le naufrage de la candidature Buffet à la présidentielle.

Il aurait semblé élémentaire que la direction, faillie, remette immédiatement ses mandats. Elle s’en est bien gardée. Pour donner le change, elle a promis un « congrès extraordinaire » pour décembre 2007 sous des formes non statutaires.

Finalement, elle a préféré prendre encore plus de précautions en le transformant en une « Assemblée nationale extraordinaire – ANE » sans base de discussion. Le projet de résolution aura en fait été communiqué trois jours seulement avant l’assemblée.

La direction a visiblement peur des communistes comme de la démocratie.

L’ANE aura quand même permis de montrer l’opposition déterminée des communistes à la remise en cause de l’existence même du parti telle que les principaux dirigeants (dont Cohen-Seat, Dartigolles, Buffet elle-même lors du CN de juin 2007 sans parler de Gayssot…) l’avaient évoqué. La fuite en avant n’a pas fonctionné. Pas entièrement, car la direction a réussi à rester en place et entend rester maîtresse de la préparation du 34ème congrès.

Elle s’efforce d’esquiver du congrès la question cruciale du bilan de sa stratégie du mutation-liquidation dont la présidentielle a été le résultat le plus marquant. Ne laissons pas faire même si 14 mois se sont écoulés !

 

Dans les lignes qui suivent, nous voulons attirer l’attention sur un aspect qui a été très peu commenté : l’aspect financier ou comment la direction du PCF a réussi à dilapider plus de 4 millions d’euros lors de la campagne.

La gravité de cette question apparaît encore plus fortement cet été alors que la direction du Parti sollicite 2 millions d’euros des communistes pour sauver l’Huma et met en location deux étages du Colonel Fabien. 4 millions d’euros, cela représente aussi par exemple le financement pendant un an de 200 postes de permanents…

La cause de la banqueroute est naturellement liée à l’orientation politique de la campagne elle-même. Après l’échec de la candidature unitaire des collectifs antilibéraux, option qui visait déjà à effacer le Parti, la candidature Buffet est présentée, presque à contrecoeur et en tant que candidature de la « gauche populaire et antilibérale ». Il faudra attendre les dernières semaines pour voir le mot « communiste » apparaître. De quoi dérouter les électeurs cherchant à voter PCF. D’autant plus que nos positions de fond, notamment par rapport aux luttes essentielles n’ont pas été mises en avant, que la candidature n’a pas cherché à s’émanciper du PS et des expériences passées, qu’elle est apparue illisible.

Mais le détail des chiffres est lui-même éloquent.

Officiellement, d’après les comptes déposés à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), la candidature Buffet a coûté 4.823.000 euros, auxquels il faudrait ajouter certaines dépenses effectuées directement par les fédérations et celles engagées pour la « candidature unique ».

Certains se sont amusés à compter le ratio euros dépensés par voix obtenue. Record absolu pour Buffet : 6,82 euros ! Besancenot : 0,61 euro ! Bayrou : 1,45 euro ! 

Sur la somme totale, seuls 774.000 euros ont été remboursés, comme à tous les candidats ayant fait moins de 5%. Comment la direction de campagne de MGB, sans que le Conseil national du PCF ait eu son mot à dire, a-t-elle pu prendre le risque d’engager une somme aussi colossale ? L’expérience des 3,37% de Hue en 2002 n’avait-elle pas suffi ? Surtout que jamais un seul sondage n’a donné plus de 5% à MGB ! Et le coût d’une très bonne campagne militante n’a rien à voir avec de tels montants !

Regardons y de plus près ! Pour une candidature qui a toujours refusé d’être une candidature communiste (au point que MGB a temporairement démissionné de son poste de secrétaire nationale), 93,1% des recettes sont provenues directement du PCF !

Le comité de campagne de la « gauche populaire antilibérale », en fait principalement l’équipe dirigeante du PCF, a donc décidé des orientations, des dépenses et a laissé les communistes régler la note. Les « partenaires antilibéraux » n’ont pas dû débourser un centime !

Le détail des dépenses montre aussi combien la campagne Buffet a tourné le dos à ce qu’est une campagne communiste, avant tout militante, de proximité, basée sur la bataille d’idée.

De l’ordre de 300.000 euros ont été dépensés en « marketing électoral » payés à des « conseils en communication ». On a pu voir le résultat : des affiches à la Benetton débilitantes. Comme si les communistes et normalement les directions qui émanent de leurs organisations n’étaient pas plus avisés que des spécialistes de la « com » pour définir le matériel politique ! Non, ils ne sont bons qu’à coller !

Le 1er poste de dépense est celui qui est le plus disproportionné : celui des « réunions publiques » qui absorbe plus de 40% du total, pas loin de 2.000.000 d’euros.

Les deux grands meetings nationaux à Paris en représentent certainement la plus grande partie, rien qu’avec le prix exorbitant des salles, le Zénith et Bercy. Combien a coûté en sus la mise en scène, les trains spéciaux pour faire venir des adhérents et sympathisants de 70 départements de France ? On entend encore Cohen-Séat se réjouir que le meeting de Bercy ait rassemblé plus de monde qu’aucun meeting depuis 1981. Mais quel est l’intérêt de payer si cher pour ne ramener que des convaincus de toute la France ? 1 électeur de MGB sur 50 était présent à Bercy !

Quel intérêt sinon peut-être d’essayer d’associer les communistes, les sympathisants les plus proches à un coulage organisé d’en haut ?

La débâcle du 1,93% n’est pas la défaite des militants ou celle du PCF exposés aux vents contraires du vote utile et du soi-disant « déclin inéluctable ». L’équipe dirigeante en porte la responsabilité accablante par ses choix politiques et la campagne qui leur a correspondu.

L’effacement du PCF, de tout ce qu’il représente, a pris sur le plan comptable un mot qui a aussi un sens politique : la liquidation.

 

PS: Seule Claude Fainzang a abordé cette question au CN d'octobre 2007 où un rapport concernait les finances. On lui a répondu que les sommes "avaient été provisonnées" avant l'élection. Sic.

 

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Published by Vive le Parti Communiste Français - dans PCF
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