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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 14:46

Fusion-privatisation de GDF-Suez : tirer les enseignements politiques d’une défaite

GDF et Suez viennent finalement de fusionner, après 2 ans et demi de laborieuses tractations. GDF est privatisée de fait, l’Etat gardant pour l’instant 65% du capital de l’ensemble. Une nouvelle étape, grave, est franchie dans le démantèlement du secteur public nationalisé de l’énergie conquis à la Libération. On connaît les conséquences, déjà sensibles depuis longtemps du processus. Elles ne peuvent que s’aggraver aux dépens des agents, de leur statut et de leurs conditions de travail, des usagers du service public, du pays tout entier. Les tarifs s’envolent. Une concurrence aberrante et dangereuse, vu de l’intérêt général, s‘instaure avec EDF. Etc…

On pourrait continuer longtemps. Mais la question est pourquoi, malgré un rapport de force potentiel très important, cette privatisation n’a pas pu être mise en échec.

Du côté politique, la direction du PCF porte sa part de responsabilité, d’autant plus grande que notre parti tient une place historique à GDF comme à EDF.

Quelle bataille nationale a-t-elle engagée contre la privatisation ? Strictement aucune. Toutes les propositions ont reçu une fin de non-recevoir. Pourtant les possibilités de convergences de lutte sur cette question étaient (et restent) très fortes, avec les usagers, les salariés des autres services publics, l’ensemble des citoyens, sensibles à des questions comme l’indépendance énergétique, la sûreté des installations, etc… Les quelques organisations locales du Parti qui se sont engagées ont pu les mesurer et mesurer le gâchis, d’autant que nous avions du temps.

Cette bataille non menée ramène aussi à l’absence d’initiative marquante lors de l’immense mouvement des électriciens et gaziers en 2004. Ils se sont battus contre la casse de leur système de retraite et la privatisation, les deux étant liés. La suite l’a confirmé, également pour les autres entreprises publiques. Qu’a fait la direction du PCF alors pour rassembler dans le pays derrière les agents EDF-GDF ? Rien, sinon un service minimum parlementaire et des déclaration sur le ton « on est avec vous ». Le mouvement s’est effiloché à l’été 2004, laissant une expérience de l’échec.

La défaillance organisationnelle recoupe une défaillance idéologique.

La direction du PCF s’est convertie aux « services publics européens ». Nous avons toujours été favorables au développement de la coopération entre services publics de chaque pays. Mais, il ne s’agit pas de cela. Derrière la notion de « service public européen », on retrouve les « services d’intérêt économique généraux » et l’acceptation des directives européennes de marchandisation et donc de privatisation. La notion même de « service public européen » est une négation de la nationalisation : où est la nation européenne. La notion de « service public à la française », la seule acceptable liant le service public et la propriété nationale est niée (et combattue) par l’UE. Elle est abandonnée par la direction du Parti. L’héritage de Marcel Paul et du programme du CNR ! Qui a tant fait ses preuves.

En 2000, il y avait 60000 manifestants, EDF et GDF, contre la transposition d’une première directive de mise en concurrence. La « gauche plurielle » a réussi à la faire passer.

Pour les prochaines batailles pour le service public qui s’annoncent (SNCF, RATP, La Poste, EDF et GDF toujours…), les communistes doivent réaffirmer leurs positions fondamentales. Le service public passe par des monopoles publics détenu par des entreprises publiques (nationalisées ou selon l’activité municipalisées…). La nationalisation n’est pas synonyme d’étatisation. La privatisation est synonyme de loi du profit.

Les directives européennes n’ont pas de légitimité pour s’appliquer et détruire nos services publics, d’autant moins que l’EU du capital est désavouée par les peuples et que la « libéralisation » a montré ses effets dévastateurs partout dans le monde. Le service public, ce n’est pas, la compensation, aux frais de la collectivité, de quelques activités non rentables, par exemple d’une tarification « sociale » pour les plus pauvres, pendant que les actionnaires s’emparent des bénéfices.  

Sur ces bases, les communistes peuvent être de nouveau à l’aise et efficaces pour défendre et reconquérir des services publics, notamment GDF, en s’appuyant sur les acquis, encore considérables, pour participer à construire les grandes mobilisations et convergences de lutte.

Faisons jouer au PCF son rôle, déterminant, dans ces batailles !

 

PS : Est posée également la question du parti à l’entreprise et des relations avec le syndicat.

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