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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
28 juin 2008 6 28 /06 /juin /2008 10:27

Conseil national du PCF des 25 et 26 juin 2008

Intervention d’Emmanuel DANG TRAN, fédération de Paris

Les faits sont têtus. Les dirigeants sortants du parti semblent être plus encore têtus!

A entendre la préparation proposée du 34ème congrès, j’ai l’impression d’entendre les mêmes termes posés pour le débat qu’au 33ème, au 32ème, … au 30ème de Martigues sinon qu’au 29 et 28èmes.  Sans essayer de tirer le moindre bilan des choix passés.

Les résultats sont pourtant connus : 1,93% en 2007, après les 3,37% de 2002, la perte des quatre cinquièmes de militants organisés… Le choix de la dilution de l’identité du PCF, de l’abandon de ses positions fondamentales, de l’alignement institutionnel sur le PS, de l’abandon de son organisation spécifique a conduit chaque fois à l’échec, au préjudice du Parti, mais aussi et surtout des salariés et du pays. L’expérience des partenaires du PGE en Italie vient encore le confirmer.

Dans la moindre association, l’assemblée générale annuelle donne lieu à un bilan d’activité. Ici, je n’ai pas entendu un mot du résultat des choix du 33ème congrès. En refusant toute remise en cause, ils confirment qu’ils veulent poursuivre dans la même voie. 

Après le désastre des présidentielles, de nombreux dirigeants ont dévoilé l’aboutissement de leur logique dans des déclarations ou des livres, ici même au CN de juin 2007 : la remise en cause de « l’existence même » du PCF.

Heureusement, d’autres faits aussi sont têtus et montrent la persistance du PCF dans le pays. Le refus de la disparition du PCF, l’exigence de son maintien et de son renforcement sont ressortis avec force de l’Assemblée nationale extraordinaire de décembre dernier. Les bons résultats des élections locales, exprimés sur des candidatures identifiées comme communistes, ont balayé la thèse du « déclin irréversible ». Le besoin du PCF, force politique indépendante des compromissions du PS, porteuse d’une perspective d’alternative au capitalisme, tournée vers la lutte, repérable historiquement dans le monde du travail, est toujours aussi vif.

 

Aujourd’hui, il ne saurait s’agir, comme le 14 juin à Tours, de tenter de rassurer les communistes sur le maintien du nom du PCF tout en poursuivant des « transformations » qui le vident de sa raison d’être.

C’est pourtant ainsi que j’interprète le verrouillage, que j’éprouve comme d’autres, de la préparation du congrès : un verrouillage « administratif » dans certaines fédérations, un verrouillage de l’ordre du jour, avec, comme je l’ai dit, l’esquive de tout bilan.

Un verrouillage qui se retrouve aussi dans la polarisation des débats entre des groupes dirigeants qui semblent, ici aujourd’hui, ou dans la presse, se disputer entre eux, mais qui ont porté ensemble le même texte d’orientation au 33ème congrès. La volonté exprimée par certains ce matin d’exclure la possibilité d’un texte alternatif ne marque-t-elle pas la peur d’ouvrir l’expression des communistes sur le principal?

Enfin, la poursuite de la même ligne politique depuis 2007, l’absence d’impulsion d’initiatives de lutte nationales, ne sont pas non plus de nature à ouvrir les débats à l’expérience de ceux qui luttent. 

 

Je voudrais revenir sur le discours prononcé à Tours par Marie-George (publié avec l’Huma du 18 juin), en conclusion d’une « rencontre » nationale bien peu représentative de la diversité du parti. Derrière les formulations, il porte la perspective de la poursuite de la dérive réformiste, d’un « congrès de Tours à l’envers ».

Comment peut-on réduire l’acte des camarades de 1920 et proposer de n’en retenir que « l’espoir d’une société meilleure » ?

Si certaines des 21 conditions d’adhésion à la 3ème internationale sont datées, le choix de 1920 de rompre avec le réformisme pour créer un parti révolutionnaire est plus actuel que jamais.  En remettant en cause l’existence « a priori » des cellules et même des sections, le discours du 14 juin prolonge le contresens des dernières années qui a fait délaisser au parti les organisations situées sur le 1er terrain de l’affrontement de classe.

Contresens toujours, en contradiction explicite avec une décision de 1920, dans la réaffirmation d’un rôle prépondérant des élus et de leurs expériences dans les institutions.

Les congressistes de 1920 avaient rejeté avec force et raison le syndicalisme réformiste. A l’opposé, Marie-George appelle à la collaboration avec la Confédération européenne des syndicats, la CES, organisation ouvertement réformiste, historiquement marquée par son choix de la collaboration de classe et de l’anticommunisme.

Ce choix réformiste se traduit pleinement avec l’UE. Affirmer son adhésion au projet de l’UE, même en voulant le réorienter, le renégocier, mais non plus le combattre, n’est-ce pas exprimer son adhésion à un projet capitaliste ?

L’inquiétude se précise que les élections européennes soient le moyen, après le congrès, d’engager une nouvelle étape dans la dilution du PCF, dans une « gauche » indéterminée suivant la matrice du PGE.

Si la base commune produite d’ici septembre va dans ce sens, comme cela s’annonce, un texte alternatif sera nécessaire pour permettre aux communistes de se prononcer et d’opter pour la fidélité au choix du parti révolutionnaire.

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Published by Vive le Parti Communiste Français - dans Interventions au CN du PCF
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