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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 15:08

Conseil national du PCF des 25 et 26 juin 2008 - préparation du 34ème congrès du PCF

Intervention de Stéphane AURIOL, fédération de Paris

Les communistes ne peuvent pas accepter que les directions préparent le congrès en dehors de la réalité des luttes, de la place que le PCF devrait y prendre, mais n’a pas prise dans la dernière période. Le 1,93% aux présidentielles correspond à un discrédit profond de la stratégie imposée depuis plusieurs congrès. Militants communistes à l’entreprise, nous le ressentons durement, notamment à la RATP pour ce que je connais le mieux.

Je m’aperçois que la direction cherche à nouveau à faire l’impasse sur son bilan pour mieux continuer, envers et contre tout, dans la même direction : diluer l’identité du PCF, ses positions fondamentales, son organisation spécifique. Après les présidentielles, elle avait mis, ici même, souvenons-nous en, en question « l’existence même » du Parti. Depuis l’Assemblée extraordinaire de décembre 2007 l’a désavouée. Pourtant, s’il n’est plus explicitement question de faire disparaître le parti, le processus qui y mène depuis des années est confirmé à ce stade de la préparation du congrès!

Pour le congrès, on ne peut séparer le projet, la perspective, de la stratégie et de l’organisation. Notre situation à la RATP l’illustre.

Ce matin, j’ai écouté Michel Rizzi. Je suis heureux de l’avoir entendu rappeler la nécessité de défendre la nationalisation, de faire du secteur nationalisé un modèle structurant sur le plan économique comme sur le plan social. Ce sont nos positions de toujours, plus actuelles que jamais, bien qu’elles aient été délaissées ces dernières années au nom d’une conception ambiguë de la mixité des capitaux et de la notion illusoire et dangereuse de « services publics européens ».

Mais comment prétendre défendre ces positions aujourd’hui, et être crédible auprès des salariés, de ceux qui ont été dans le mouvement en novembre par exemple, sans rupture réelle avec la stratégie et la pratique suivies par les directions du Parti ces dernières années ?

JC. Gayssot n’a-t-il pas défendu des privatisations partielles, d’Air France, de France Telecom ? N’est-ce pas Gayssot qui, dans le cadre de la loi SRU, a pris la responsabilité de préparer la marchandisation du réseau RATP. Maintenant, il veut « dépasser le PCF ». Cela fait longtemps qu’il l’a fait!

A la RATP toujours, qui prépare aujourd’hui les nouvelles étapes de mise en concurrence des transports franciliens dans la perspective de la privatisation sinon le STIF, le Syndicat des transports d’Ile-de-France, dirigée par la majorité de « gauche » du Conseil régional, avec un président PS. Les collègues combattent fortement cette perspective et ses conséquences immédiates : suppressions d’emploi, dégradation sans précédents des conditions de travail et de salaire… Sur le RER B, il y a eu plus de 50% de grévistes ces derniers jours.

Mais comment le PCF peut-il jouer son rôle de point d’appui de ces luttes tant que ses dirigeants, ses élus suivent docilement Huchon ou Delanoë ?

Dans la bataille majeure des retraites, quelle initiative a prise la direction nationale en vue de construire la convergence de lutte entre salariés relevant des régimes spéciaux et salariés relevant du régime général ? Lorsque notre collectif PCF-RATP-BUS préparait la bataille sur cette question, la direction s’en détournait. Ensuite, elle a ignoré les revendications rassembleuses des 37,5 annuités pour tous, du refus de tout allongement de la durée de cotisation.

J’observe la même nécessité de rupture sur les questions européennes alors que la marchandisation du service public RATP, toujours comme exemple, est prétextée par un « règlement européen ». Elle doit être mise à l’ordre du jour du congrès. Le NON des Irlandais, après celui des Français et des Néerlandais, donne un nouveau point d’appui, qui pourrait être déterminant, pour finir de délégitimer les traités, directives et règlements dont le gouvernement se sert pour détruire nos acquis. Quel contresens de chercher à relégitimer le projet capitaliste qu’est l’UE en s’inscrivant dans la proposition d’un nouveau traité, d’une renégociation !

Quel contresens aussi d’aller vers la CES, la Confédération européenne des syndicats, comme Marie-George Buffet l’a proposé avec insistance à Tours. La CES : cet ensemble syndical historiquement tournée vers la collaboration de classe, anticommuniste, suppôt du oui à la « constitution » européenne en 2005…

En 1920, l’une des conditions de l’adhésion à la 3ème internationale était la rupture avec les syndicats « réformistes ». Ce choix d’alors, comme les autres qui ont fait de notre parti un parti révolutionnaire, est toujours aussi actuel. Peut-être même davantage encore au moment où la direction de la CGT est tentée, comme le montre sa « position commune » avec le Medef, de passer d’un syndicalisme de lutte à un syndicalisme de compromis.

Plus que jamais, la question de l’organisation communiste à l’entreprise, de la cellule, abandonnée depuis le congrès de Martigues, est posée pour les révolutionnaires que nous voulons être.

La direction sortante du Parti refuse de se remettre en cause malgré son échec. Elle place la préparation du congrès dans la continuité de sa stratégie désavouée, qui a privé le monde du travail de l’organisation efficace dont il a tant besoin dans la lutte des classes. Ce constat, s’il se confirme, m’amènera à faire partie de ceux qui porteront en direction des communistes une alternative à ce choix de poursuivre le processus de disparition du PCF.

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Published by Vive le Parti Communiste Français - dans Interventions au CN du PCF
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