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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 22:05

Italie. Après le désastre électoral de la « gauche arc-en-ciel », les réactions et les initiatives se développent contre la ligne de liquidation des organisations communistes.

L’appel « Communistes, commençons par nous ! », lancé le 17 avril, a recueilli 3000 signatures en 48 heures, montrant le niveau de préoccupation et d’attente des camarades italiens. Il émane principalement de militants communistes du PRC et du PdCI, sans que ressortent des noms de dirigeants. Le texte récuse le projet désavoué de parti de la « gauche » et propose une perspective d’unité et d’autonomie des organisations communistes, partant des mobilisations sociales et anti-impérialistes qu’a connues l’Italie ces derniers mois.

Les similitudes avec la situation française sont évidentes. On retrouve le projet de dilution du PCF dans une gauche indéterminée, alignée sur le PS, les mêmes sanctions électorales. Les démarches de nos camarades italiens contre ces orientations, communes aux partis animateurs du PGE, ne peuvent qu’attirer notre attention et susciter notre intérêt.

Tout en tenant compte d’une différence importante. En Italie, le PCI n’existe plus et les communistes sont éclatés dans différentes organisations. En France, le PCF continue d’exister et d’être dépositaire, malgré les orientations de sa direction, de l’héritage historique du grand parti de masse et de classe des travailleurs.

Traduction de LAS

 

Appel : "COMMUNISTES,partons de nous-mêmes"

Suite à l’effondrement de la Gauche – Arc-en-ciel, nous nous adressons aux militants et aux dirigeants du PdCI et du PRC et à toutes et tous les camarades d’Italie, quel que soit leur positionnement.

Nous sommes des communistes de notre époque. Nous avons choisi de rester dans les mouvements de lutte et dans le conflit de classe.

Nos parcours, nos sensibilités sont divers: nous savons que l’heure n’est pas aux certitudes.

Critiquement conscients de notre histoire, que nous ne renions pas pour autant, nos regards sont cependant tournés vers le présent et l’avenir. Ce n’est pas la nostalgie du passé qui nous meut, mais bien l’envie d’un avenir meilleur.

Les résultats électoraux de la « Gauche – Arc-en-ciel » ont tourné au désastre. Non seulement a-t-elle rassemblé le quart de voix obtenues en 2006 par les trois partis, sans l’apport de la « Gauche démocratique » qui n’existait pas à ce moment, mais en plus elle réunit bien moins que la moitié des voix obtenues il y a deux ans par les deux Partis communistes (PRC et PdCI), qui, à eux deux, ont franchi la barre des 8%. C’est également le tiers des 8,6%, meilleur score obtenu par Rifondazione Comunista avant la scission d’avec le PdCI.

Par rapport à 2006, on a perdu trois millions de voix. Pour la première fois en Italie depuis l’après-guerre, toute représentation parlementaire des communistes est éliminée : aucun communiste n’entre cette fois au Parlement.

La donne électorale a des racines beaucoup plus profondes que le simple appel au « vote utile » : le désarroi vaste et profond du peuple de la gauche et des luttes face à la politique du gouvernement Prodi, ainsi que l’essor, au sein de l’Arc-en-ciel, d’une perspective de liquidation de toute autonomie politique, théorique et organisationnelle des communistes, réduits à composante d’une nouvelle formation non-communiste, non-anticapitaliste, tournée vers des positions et des cultures néo-réformistes. Formation qui n’aurait aucune visée alternative et demeurerait subalterne au projet modéré du Parti Démocrate et à sa logique d’alternance gouvernementale.

                        C’est le temps des choix : voici le nôtre

Nous refusons le projet d’un parti unique de la gauche, dont d’aucuns demandent obstinément une « accélération » en dépit de l’échec politique et électoral. En revanche, nous proposons une perspective d’unité et d’autonomie des forces communistes d’Italie, dans un processus d’agrégation qui, à partir des forces politiques majeures, PRC et PdCI, aille de l’avant et entraîne d’autres sujets politiques et sociaux, sans sectarisme ni logiques autistes.

Aux militants et dirigeants de Rifondazione, du PdCI, d’autres associations ou réseaux, aux centaines de milliers de communistes sans carte qui, en ces années, par les luttes, ont contribué à poser les bases d’une société alternative au capitalisme, nous adressons un appel pour que les organisations communistes ne soient pas liquidées mais qu’au contraire un processus ouvert et novateur soit lancé, afin de construire une « maison commune des communistes ».

Nous nous adressons en particulier:

-         aux travailleuses, aux travailleurs et aux intellectuels des métiers anciens et nouveaux, aux travailleurs précaires, au syndicalisme de classe et de base, aux couches sociales qui, à présent, « n’y arrivent plus » et pour lesquelles la « crise de la quatrième semaine » n’est pas qu’un titre de journal : eux qui, ensemble, représentent la base structurelle de classe essentielle à toute lutte contre le capitalisme ;

-         aux organisations de jeunesses, féministes, environnementalistes, pour les droits civils et de lutte contre toute discrimination sexuelle, dans la conviction qu’à notre époque la bataille pour le socialisme et le communisme ne peut retrouver sa valeur émancipatrice originelle qu’en étant capable d’intégrer en son horizon les problématiques posées par le mouvement féministe ;

-         aux organisations de lutte contre la guerre, internationalistes, qui luttent contre la présence d’armes nucléaires et de bases militaires étrangères dans notre Pays, qui soutiennent les pays et les peuples (comme le peuple palestinien) tâchant de secouer le joug de la tutelle militaire, politique et économique de l’impérialisme ;

-         à l’univers des migrants, représentant l’irruption dans les sociétés les plus riches des terribles injustices que l’impérialisme ne cesse de produire à l’échelle planétaire : car seule la rencontre multi-ethnique et multiculturelle peut donner naissance, par la lutte commune, à une culture et à une solidarité cosmopolite, non-intégriste, antiraciste et ouverte à la « diversité » qui fasse progresser l’humanité entière vers des niveaux supérieurs de coexistence et de paix.

Nous souhaitons un processus qui, dès le début, se caractérise par la capacité de promouvoir une réflexion problématique, voire autocritique. Il faudra examiner les causes ayant empêché qu’une expérience prometteuse et riche à ses débuts comme celle de la « refondation communiste » de bâtir ce Parti communiste dont le mouvement ouvrier et la gauche avaient et ont grand besoin ; comprendre pourquoi ce processus a été marqué par autant de divisions, scissions, défections qui ont finalement déçu et éloigné du militantisme des dizaines de milliers de camarades.

Nous exigeons une réflexion sur les raisons ayant rendu fragile et inadapté l’enracinement social et de classe des partis qui proviennent de cette expérience, mais aussi sur les erreurs qui nous ont amené dans un gouvernement décevant les attentes du peuple de gauche : ce qui est en outre à l’origine du regain des droites. Cette réflexion demande du temps, de la patience et du respect réciproque. Mais, faute ce cela, les fondements de la reconstruction seraient trop fragiles.

Notre engagement ne contredit pas l’exigence légitime et largement ressentie d’une plus vaste unité d’action entre toutes les forces de la gauche n’ayant pas renoncé au changement. Il n’exclut pas, non plus, la recherche de convergences aptes à limiter l’avancée des forces les plus ouvertement réactionnaires. Or un tel effort unitaire à gauche aura d’autant plus de succès que le processus de reconstruction d’un Parti communiste fort et uni, à la hauteur des temps, sera abouti. Un Parti qui sache vivre et s’enraciner dans la société avant de l’être dans les institutions, car seul l’enracinement social peut garantir la solidité et des perspectives de croissance et peu poser les bases d’un Parti organisé de façon autonome, jouant un rôle politique autonome et rayonnant dans les masses, malgré l’actuelle exclusion du Parlement, voire dans l’éventualité de nouvelles lois électorales regressives.

La manifestation du 20 octobre 2007, quand un million de personnes ont défilé avec enthousiasme sous un déferlement de drapeaux rouges arborant les symboles communistes, montre mieux que tout discours que l’Italie d’aujourd’hui possède l’espace social et politique pour une nouvelle force communiste autonome, combative, rassemblée et unitaire, qui sache être le pivot d’une plus large mobilitation populaire à gauche, qui soit à même de parler, entre autres, aux deux cent mille de la manifestation contre la base étasunienne de Vicence, aux délégués syndicaux qui se sont battus contre l’accord du gouvernement sur les services publics et les retraites, aux dix millions de travailleuses et travailleurs qui ont soutenu le référendum sur l’article 18 [licenciement sans juste cause].

Nous souhaitons que notre appel – à travers notamment des rencontres et des occasions de discussion – reçoive une large adhésion dans toutes le villes, les territoires, lieux de travail et d’études, partout où il y ait un homme, une femme, un garçon ou une fille qui ne regardent pas le capitalisme comme l’horizon ultime de la civilisation humaine.

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