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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
11 septembre 2007 2 11 /09 /septembre /2007 09:31

A propos du questionnaire qui sera adressé à tous les communistes avant le congrès de décembre.

 

            Il faut être absolument moderne !!!

 

Il faut innover. Un congrès extraordinaire ne peut se préparer de façon ordinaire ! Après le désastre électoral que nous avons subi et conformément aux statuts de notre parti, nous étions en droit d’attendre un rapport d’activité de nos dirigeants, puis un débat contradictoire suivi d’un vote. Eh bien non ! Les adhérents seront gratifiés d’un questionnaire ! C’est un grand progrès démocratique !

Qui aurait dit que nos dirigeants pouvaient rivaliser avec les instituts de sondage ? Nous le savons bien, les sondeurs ne sondent pas l’opinion, ils la fabriquent. Ils font les questions et les réponses. C’est bien ainsi que procèdent nos apprentis sondeurs. Ils mènent insidieusement leurs lecteurs où ils veulent les mener. Ce questionnaire est une argumentation déguisée.

Le paragraphe 1-A est à cet égard exemplaire. Il porte  sur les fondements théoriques du parti. On nous demande comment il faut qualifier aujourd’hui le capitalisme et si celui-ci a changé de nature. Le lecteur militant ne peut répondre que « oui ». Les qualificatifs ne manquent pas : libéral, financier, mondialisé, on tend d’ailleurs à parler d’économie de marché plutôt que de capitalisme. Sommes-nous bien armés pour combattre cette hydre aux multiples visages, surtout que les communistes n’ont pas attaché assez d’importance « aux questions écologiques et internationales, à la révolution informationnelle »  qui (c’est implicite) a permis la mondialisation. Notre lecteur militant ne peut que se sentir dépassé et vaguement coupable. Au secours les écolos, les altermondialistes ! Quand on lui demande en fin de paragraphe si le parti va devoir renouveler son analyse théorique et pratique, il ne peut que dire encore « oui » !

            Le discours sous jacent des sondeurs est pourtant parfaitement convenu et facile à démonter. L’économie de marché qui existait bien avant le capitalisme, le libéralisme qui a été théorisé au 18ème siècle, le capitalisme financier qui a été prédominant à d’autres époques, ne sont pas choses nouvelles. La mondialisation n’est pas le produit des nouvelles techniques, il est une nouvelle forme de l’impérialisme.

Les différentes qualifications du capitalisme renvoient à des réalités qu’il faut combattre, mais elles ont surtout une fonction idéologique, elles servent dans le discours dominant à masquer l’essentiel : la réalité de l’exploitation. Ainsi le libéralisme qui impose la liberté totale des échanges, la prééminence du marché, « au nom de l’intérêt commun », « c’est gagnant gagnant », masque les intérêts de la classe dominante aux yeux des dominés dont elle achète la force de travail. La spéculation financière n’existe que parce qu’en amont la force de travail est exploitée, ce qu’on oublie trop souvent.

 Non, le capitalisme, même s’il fonctionne selon des modalités diverses, n’a pas changé. Les exploiteurs s’approprient la plus value produite par les exploités. Et l’analyse théorique qu’a portée le PCF, même si elle doit être enrichie, est toujours pertinente.

 

La méthode de nos sondeurs consiste à reprendre ce qui se dit, le discours dominant,  pour démoraliser, culpabiliser le militant lecteur. La classe ouvrière n’a-t-elle pas disparu ? La société française n’a-t-elle pas glissé à droite ? (1-B) Il est bien obligé d’admettre, notre lecteur, que la structure de la société s’est modifiée, que ce que l’on peut appeler « la nouvelle classe ouvrière »  ne paraît pas très combative. S’il revient aux communistes de changer la société, de secouer l’apathie du monde du travail (1-C «  comment redonner du crédit aux idées de progrès social ? »), «  comment reconstituer une solidarité entre salariés ? » etc)  la tâche paraît insurmontable.

  Rien n’est dit des grands mouvements sociaux récents, la lutte contre le CPE et  la victoire du NON au référendum sur l’Europe remportée par les classes populaires contre le gouvernement, contre la plupart des partis politiques, et contre les média. Et si le peuple ne dormait que d’un œil ?

Vient la question de l’identité.( 2-AetB) On renvoie au lecteur l’image du mot « communisme » « dans l’opinion ». Elle n’est pas bonne évidemment. « Faut-il encore s’y référer ? » Etre communiste aujourd’hui, cela a-t-il un sens ? C’est ce que l’on demande à un communiste !

Que faire ? On pourrait changer de nom, changer de projet, de stratégie, d’organisation ! (cf. 3-A) Nos dirigeants ne manquent pas d’audace. Ils donnent à voir aux communistes les dégâts de la mutation qu’ils ont eux-mêmes opérée. Si l’organisation du parti a perdu de son efficacité sur le terrain, c’est bien parce qu’elle a été sabordée par eux dans les statuts et dans les faits. Si le projet communiste ne se définit plus qu’ »en creux », n’est-ce pas parce qu’ils ont abandonné l’objectif du socialisme à la française pour des programmes électoraux étriqués ?   

 On pourrait aussi changer de parti, pendant qu’on y est on pourrait supprimer les partis, si cette forme de militantisme est périmée ! (3-AetB)  A quoi veut-on nous préparer avec ce questionnaire? au sabordage, à une liquidation totale ?

Le dernier paragraphe sur « le rassemblement et les alliances » est moins radical. Il rejoint le discours de M.G.Buffet (cf. Humanité du 5 septembre). Il faut que le parti se situe « au sein de la gauche ». Il s’agit encore une fois de « rassembler les forces de gauche », de « construire une gauche moderne ». Les expériences calamiteuses de la gauche plurielle et du rassemblement antilibéral n’ont donc pas suffi.

Bien sûr les communistes ne doivent pas s’isoler. Il faut se battre contre la privatisation de GDF, contre le démantèlement de nos systèmes de protection sociale et de retraites, contre les atteintes portées au code du travail… avec d’autres, les syndicats, certaines associations, d’autres partis politiques, dans la rue, voire dans le cadre institutionnel, à la faveur d’alliances électorales conjoncturelles.

Mais les communistes ne peuvent se contenter de combattre le libéralisme pour réguler le capitalisme. Ils doivent tendre à l’affaiblir, à le fragiliser. Etre communiste aujourd’hui comme hier, c’est refuser d’admettre la légitimité des profits réalisés par un certain nombre de personnes qui s’approprient la plus value produite par les travailleurs, et c’est essayer de préparer l’après capitalisme en tirant les leçons du passé.

Nous refusons absolument de fusionner avec des partis ou des mouvements pour qui il n’est d’autre horizon possible que le capitalisme, nous refusons toute dilution dans une nébuleuse prétendument « de gauche ». Les perspectives de recomposition politique, y compris les collectifs antilibéraux (ou de riposte), vont dans le sens de ce qui se passe en Allemagne et en Italie. Le PDS allemand vient d’officialiser sa dissolution dans le parti de la gauche social démocrate. « Refondation communiste » s’est ralliée à Prodi qui est un parfait libéral. M.G.Buffet nous propose peut-être une sorte de PGE à la française, le PCF pourrait devenir une section du PGE ! Or le PGE est une organisation ouvertement réformiste placée sous la tutelle statutaire et financière de la commission de Bruxelles. Comme la Confédération européenne des syndicats, elle est plus soucieuse de freiner les luttes que de les impulser.

Or aujourd’hui la perspective politique est dans les luttes. Pour cela nous avons besoin d’un parti communiste fort. Contre la stratégie suicidaire de notre direction, défendons et reconquérons notre parti. Faisons vivre l’expression et l’organisation communistes. C’est nous qui sommes modernes !

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commentaires

dupuy 13/10/2007 09:24

Bonjour Camarade,

En effet, ton constat est juste mais voilà l'heure et maintenant à une réaction prompte et spectaculaire de notre part. moi, je suis sur Toulouse Nord Est, et seule dans mon discour. Comment puis-je être efficace en réunion à partir de la semaine prochaine ? Merci pour ton aide.

Fraternellment

JULES MOLINA 11/09/2007 19:37

Contribution au Congrès extraordinaire

Le document préparatoire de la direction du Parti « Ouvrons le débat » pose plus de 50 interrogations mais pas une seule d’entre-elles ne porte sur la nécessaire recherche des causes de l’affaiblissement du Parti et de la chute incessante de ses résultats électoraux depuis des décennies. La « mutation » qui fut la ligne politique fondamentale du Parti pendant toutes « les années Robert Hue » y est complètement ignorée. Le mot même ne figure nulle part ! Pas question de s’interroger sur les erreurs qui ont été commises tout au long de cette période dans la stratégie d’alliance avec le PS, et bien entendu sur la nécessité aujourd’hui d’en changer radicalement l’orientation. Au contraire, « Ouvrons le débat » pose carrément la question de « l’utilité » du PCF, de sa « forme parti », et jusques et y compris de la référence même au mot « communiste » qui constituerait un obstacle majeur à son influence.
Ce document peut apparaître comme ayant été conçu et rédigé afin d’obtenir en douceur l’accord des militants sur la dissolution du Parti et son remplacement par une organisation social-démocrate « attrape-tout ».
Taisant obstinément l’évidence, la « gauche » y est toujours présentée comme un tout, en opposition à la droite. Ainsi que l’on soit partisan ou adversaire du capitalisme - pardon, du libéralisme - la condition nécessaire et suffisante pour adhérer au « nouveau parti de la gauche » est de se déclarer « de gauche » . Rocard, Strauss-Kahn, Kouchner, Royal, Lang, Voynet, Tapie ou Mélenchon, tous seront les bienvenus. Les communistes et les trotskistes sont invités à se remettre en cause au nom des « changements intervenus dans le monde » et à s’intégrer dans ce nouveau parti.
Enfin comment ne pas remarquer que le document de la direction pose la question de l’éventualité d’un « nouveau parti » mais ne dit rien du contenu politique à lui donner ni d’un programme minimum acceptable. La porte y est largement ouverte aux options « socialistes » des Blair, Schröder, Zapatéro, ou Clinton, et bien entendu à une seconde « gauche plurielle » baptisée autrement.
Le PCF est né en 1920, au Congrès de Tours, d’une scission de la social-démocratie. La direction du Parti nous propose aujourd’hui, 87 ans après, de réintégrer cette dernière ! En quelque sorte un Congrès de Tours « à l’envers » ! Où sont les dinosaures ?
Mais quelles que soient les décisions qui seront prises dans les deux prochains Congrès les militants communistes, dans leur immense majorité, n’oublieront pas le rôle glorieux et décisif joué par le PCF pendant la période du Front populaire, dans la résistance à l’occupation et la lutte antifasciste, dans les avancées sociales de la libération, pour la défense des travailleurs, ou contre les guerres coloniales et pour la paix.
Ils n’oublieront pas qu’il a été longtemps le premier parti de France. Ils s’acharneront à le faire revivre et à en corriger les dérives.
J. Molina